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La contestation par la modernité - l’avènement de la science

jeudi 6 mars 2014 par Phap

Table des matières


1§ Dans la seconde moitié du deuxième millénaire de l’ère chrétienne, le christianisme va devoir répondre aux questions posées par la « modernité ».

2§ La modernité : tout le monde sait ce que ce terme veut dire, mais sa définition n’est pas simple à formuler, tant son usage est mouvant. Nous dirions que la modernité se pense elle-même positivement comme un mouvement d’approche « scientifique » de la réalité : la vérité moderne est acquise à travers un processus d’expérimentation reproductible et soumis à la validation d’un débat de la communauté scientifique. L’investigation moderne des phénomènes se veut « objective », autrement dit conditionnée par une appréhension de la réalité à travers des méthodes et des mesures objectives reconnues par tous (le mètre, la seconde, le gramme, etc..).

3§ La modernité peut aussi se définir négativement par réaction aux approches antérieures de la réalité : la modernité leur reprochera leur démarche déductive, basée sur un ensemble d’affirmations posées arbitrairement et autoritairement : la modernité se pense alors en opposition avec une ancienneté perçue comme enfermée dans la reproduction des solutions passées, incapable de rendre compte rationnellement des phénomènes physiques ; la modernité passe alors du registre de la méthode au registre de la valeur : être moderne, c’est bien, ne pas être moderne, c’est mal.

4§ Les modernes ont ainsi discrédité la pensée des anciens qui reposait sur un au-delà de la physique, sur une « métaphysique » littéralement, qu’elle soit religieuse ou philosophique.
L’explication métaphysique est ainsi tournée en dérision dans le Malade imaginaire de Molière :

« quelle est la raison pour laquelle l’opium fait dormir ? (..) parce qu’il y a en lui une vertu dormitive »  [1].

5§ L’explication d’un phénomène : pourquoi l’opium fait dormir ?, s’appuie sur des notions métaphysiques aristotéliciennes (les « vertus ») qui, en fait, n’ont pas de valeur, ni démonstrative ni prédictive ni explicative : l’explication n’est qu’une tautologie : l’opium fait dormir... parce qu’il fait dormir : A = A.
Contre cela, la science moderne se donne comme objectif de rendre compte du monde phénoménal à partir de lui-même, sans avoir à s’appuyer sur des raisons supra-mondaines qui échappent à l’observation et à l’expérimentation communes et qui sont donc discutables à l’infini. « le phénomène et lui seul, rien au dessus, rien en dessous » pourrait dire le moderne  [2].

6§ Nous dirons que la modernité, comme méthode et comme valeur, apparaît en Occident pendant la seconde moitié du deuxième millénaire de l’ère chrétienne. Le christianisme va devoir composer avec la modernité afin de continuer à jouer un rôle dans l’élaboration de la culture contemporaine  [3].

7§ Illustrons concrètement cette problématique : le christianisme doit rendre compte, selon sa cohérence propre, de deux photographies qui sont entrées dans la perception commune mais qui n’y existaient pas il y a cinquante ans. Nous voulons parler des images de la planète Terre vue de l’espace  [4]. Autre image qui n’existait pas il y a cinquante ans : l’image de la fécondation in vitro  [5]. Nous passons de l’échelle cosmique à l’échelle microscopique, mais il s’agit encore d’une rondeur, celle de l’ovule après celle de la Terre.

8§ L’apparente banalité de ces images ne doit pas nous tromper sur l’ampleur de ce qui s’y joue : ces photographies disent la puissance d’une culture technoscientifique, capable de sortir l’homme de son milieu ambiant pour se regarder à distance (la photo de la Terre vue de la Lune), capable de donner à l’homme le moyen de se reproduire à l’extérieur de lui-même (la photo de la fécondation in vitro, dans une éprouvette de verre). Cela peut être l’occasion de se réjouir d’une maîtrise accrue de son milieu par l’humanité. Cela peut être aussi l’occasion de s’inquiéter de l’utilisation de cette puissance.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme  [6] »,


écrivait Rabelais (1493 ? - 1553) dans son Pantagruel. Pouvons-nous faire l’économie d’une réflexion à l’échelle d’une humanité qui se sait maintenant une et fragile, une réflexion sur ce qu’il est bon ou non de faire, aussi bien à l’échelle microscopique qu’à l’échelle macroscopique ?

9§ Il y a sans doute une urgence à cette réflexion, qui n’est plus d’ordre scientifique mais d’ordre moral : l’instrumentalisation du label scientifique par les théories racistes du XIX e siècle constitue l’une des raisons de cette urgence. Il faut aussi parler ici de choses dont les promoteurs ont voulu qu’il n’y ait pas d’images, et qui ont été pensées, planifiées, organisées volontairement au plus haut niveau du pouvoir étatique. Le système d’anéantissement des Juifs en constitue un sommet dans son aspect d’organisation rationnelle jusqu’au détail par l’appareil nazi.

10§ La modernité a produit la démultiplication du pouvoir de l’homme et elle lui a ouvert des champs de possibles nouveaux : pour le meilleur et pour le pire. Pour la promotion de l’humain ou au contraire pour sa dégradation et son avilissement. Le christianisme, comme d’ailleurs les autres religions institutionnelles, doit jouer sa partie dans ce débat désormais planétaire, débat qui est aussi un combat : en faveur de l’humain, ce sur quoi on peut débattre, mais aussi contre ce qui est inhumain – et l’inhumain ne se débat pas, il s’impose comme quelque chose d’insupportable – telle est notre position de principe.


Quand la culture scientifique et les données traditionnelles du christianisme entrent en tension


a) La controverse de Galilée ou une nouvelle vision du cosmos

11§ La photographie de la planète Terre vue de l’espace fait partie des images de la conscience planétaire actuelle. Il n’en a pas toujours été ainsi, et l’histoire nous permet de mesurer quelle révolution a été nécessaire pour passer à la cosmographie actuelle.

12§ Jusqu’au XVIe siècle, la représentation du cosmos était celle développée par Aristote (mort en 332 avant Jésus-Christ) et perfectionnée par le Grec Ptolémée (mort en 168 de l’ère chrétienne) dans son ouvrage l’Almageste. Aristote distingue entre le monde sublunaire, marqué par la corruptibilité, le devenir, et le monde céleste, fait d’un élément incorruptible appelé l’éther. Le monde céleste est immuable, les astres décrivent des courbes parfaites, des cercles, autour du centre, le lieu terrestre. Monde sublunaire et monde céleste sont enclos dans une sphère, la sphère des fixes, où sont épinglées les étoiles.

13§ Pour Aristote, le cosmos est fini et rempli de matière – la nature a horreur du vide. Le mouvement des astres s’explique par des contacts physiques de sphères en mouvement. Ptolémée perfectionne le système aristotélicien afin d’expliquer les anomalies du mouvement des corps célestes (on ne parle pas encore de « planètes ») qui ne cadrent pas avec la théorie aristotélicienne. Ce système va être reçu pendant plus de quinze siècles dans la chrétienté, mais aussi dans la civilisation islamique. Il est d’autant mieux reçu qu’il correspond à l’évidence sensible : tout le monde voit le soleil se lever à l’est et se coucher à l’ouest selon une trajectoire circulaire.

14§ Au XVIe siècle, Copernic puis son partisan Galilée remettront en cause le modèle géocentré du cosmos, mais sans aller jusqu’à considérer le cosmos comme infini, à l’encontre d’un Nicolas de Cuse ou d’un Giordano Bruno. Notons que ces derniers pratiquaient une démarche philosophique et spirituelle, à la différence de Copernic et Galilée qui s’appuyaient davantage sur la géométrie et l’observation. Ce faisant, Copernic puis Galilée rencontreront l’opposition de la hiérarchie ecclésiastique catholique (voir plus bas la chronologie) : celle-ci, s’appuyant sur un passage de la Bible interprété littéralement  [7], considérait que les Écritures affirmaient la course circulaire du soleil autour du lieu terrestre. Galilée sera alors contraint de se rétracter.

15§ Il faudra attendre 1822 pour que l’héliocentrisme puisse être enseigné dans les universités catholiques. Enfin, le 32 octobre 1992, le pape Jean-Paul II louera l’attitude de Galilée qui a su interpréter la Bible mieux que des théologiens patentés de son époque : citons longuement Jean-Paul II  [8].

« (..), la représentation géocentrique du monde était communément admise dans la culture du temps comme pleinement concordante avec l’enseignement de la Bible dont certaines expressions, prises à la lettre, semblaient constituer des affirmations de géocentrisme. Le problème que se posèrent donc les théologiens de l’époque est celui de la compatibilité de l’héliocentrisme et de l’Écriture. Ainsi la science nouvelle, avec ses méthodes et la liberté de recherche qu’elles supposent, obligeait les théologiens à s’interroger sur leurs propres critères d’interprétation de l’Écriture. La plupart n’ont pas su le faire.
« Paradoxalement, Galilée, croyant sincère, s’est montré plus perspicace sur ce point que ses adversaires théologiens. « Si l’Écriture ne peut errer, écrit-il à Benedetto Castelli, certains de ses interprètes et commentateurs le peuvent et de plusieurs façons ». On connaît aussi sa lettre à Christine de Lorraine (1615) qui est comme un petit traité d’herméneutique biblique. »

16§ Jean-Paul II situe donc la question dans l’ordre de la culture et non de la foi. Il reproche aux théologiens du temps de Galilée de ne pas avoir su interpréter la Bible en tenant compte de la nouvelle culture de l’époque, une culture qui devenait scientifique. Inversement, le pape loue Galilée d’avoir su interpréter la Bible de manière compatible avec les questions scientifiques du moment.  [9]

17§ Cela dit, si Jean-Paul II met Galilée au dessus de ses adversaires du moment, il ne l’exonère pas de tout reproche :

« comme la plupart de ses adversaires, Galilée ne fait pas de distinction entre ce qu’est l’approche scientifique des phénomènes naturels et la réflexion sur la nature, d’ordre philosophique, qu’elle appelle généralement. C’est pourquoi il a refusé la suggestion qui lui était faite de présenter comme une hypothèse le système de Copernic, tant qu’il n’était pas confirmé par des preuves irréfutables. C’était pourtant là une exigence de la méthode expérimentale dont il fut le génial initiateur. »

18§ La critique est d’ordre épistémologique. De fait, Galilée n’a pas su apporter de preuves scientifiques du double mouvement de la Terre (autour d’elle-même et autour du soleil). Cette preuve sera établie scientifiquement au début du XIXe siècle, soit presque deux siècles plus tard.


b) la controverse de Darwin ou une nouvelle vision du vivant

19§ La controverse avec Galilée a secoué l’Église catholique. Plus de deux siècles plus tard, la controverse avec Darwin va secouer l’Église anglicane.

20§ Avant Darwin, la vision du vivant est simple, elle s’appuie sur une interprétation littérale de la Bible : le Dieu créateur a fait la terre et les êtres animés en six jours. Les espèces étaient toutes déjà crées au sixième jour, et aujourd’hui survivent celles qui ont résisté aux cataclysmes dont le plus fameux est le Déluge. Toutes les espèces existaient donc au complet au sixième jour, qu’on peut faire remonter, d’après les calculs basés sur la Bible, à quelques millénaires.

Dans cet ensemble constitué, l’être humain occupe le sommet, il est le lieu-tenant de Dieu sur la terre, lui seul est créé à l’image et ressemblance de Dieu, selon ce que dit le premier chapitre du livre de la Genèse dans la Bible. L’être humain se distingue des autres êtres vivants par une différence qualitative et non pas quantitative : à lui est dévolu un rôle spécial, qu’aucun autre vivant ne partage.

21§ Darwin va remettre en question cette vision hiérarchique et statique du vivant. Son voyage autour du monde avec le Beagle va constituer un événement décisif : en particulier, il découvre des variétés de pinsons différentes dans les îles des Galapagos [à vérifier] : or ces variétés appartiennent toutes à la même espèce. Il propose alors une théorie selon laquelle l’espèce de pinson d’origine de toutes ces variétés a évolué différemment selon les îles : en fonction des ressources propres de chacune des îles, les individus disposant d’une différence marginale qui les avantageait dans la captation de ces ressources ont pu survivre et se reproduire, alors que les autres disparaissaient. Darwin pensait que ces évolutions se produisaient sur de longues échelles de temps, comme pour les modifications géologiques.

22§ Darwin a esquissé un croquis fameux en 1837. Il s’agit d’une arborescence qui part d’un nœud pour se ramifier en branches : certaines s’arrêtent, d’autres continuent de pousser et de se ramifier elles-mêmes en sous-branches. Darwin dessine là un « arbre de la vie »  [10]. La conception darwinienne du vivant comme un processus évolutif très long semblait démentir la vision traditionnelle d’un monde créé d’un seul coup ; par ailleurs, cette nouvelle conception situait l’homme à l’intérieur du règne animal, comme le produit d’une évolution naturelle dont il était un fruit à l’instar des autres espèces vivantes : que devenait alors sa place unique dans le vivant, où se situait la différence qualitative entre lui et le reste du vivant ?

23§ Il en est résulté une grave polémique entre Darwin et l’Église anglicane. Cette polémique se poursuit encore aux États-Unis avec un lobby de chrétiens « créationnistes » qui combat les théories évolutionnistes. Curieusement, cette polémique n’a pas enflammé la chrétienté catholique, à la différence de sa consœur anglo-saxonne.


c) chronologie

168 de l’ère chrétienne Mort du grec Ptolémée, dont l’ouvrage l’Almageste fera autorité en matière de cosmologie jusqu’au XVI e siècle
1440 Nicolas de Cuse (mort en 1464) écrit De la docte ignorance. L’univers est indéfini, son « centre est partout sa circonférence nulle part ».
 6 novembre 1500 éclipse partielle de la Lune à Rome, observée à l’œil nu par Copernic (1473-1543 ou fin 1542 ?)
1512 - 1517 5e concile de Latran. Copernic participe en 1515 à la commission de réforme du calendrier sous le pape Léon X (1513-1521)
 1541 publication de De Revolutionibus] de Copernic, avec une préface du luthérien Osiande, dédié au pape Paul III. Osiander décrit le système copernicien comme une « hypothèse ».
1542 Paul III institue la « Sacrée Congrégation de l’Inquisition universelle », ou « Saint Office »
1557 Première publication de l’Index librorum prohibitorum (l’ « Index des livres interdits »). Ces livres ne doivent pas être lus sous peine de faute grave
1582 Adoption par l’Occident du calendrier grégorien (du nom du pape Grégoire XIII qui l’a promulgué) et non plus julien (« julien », de Jules César)
1584 Giordano Bruno écrit De l’univers infini et des mondes. Il décrit l’univers comme infini, le soleil étant une étoile parmi d’autres autour de laquelle tourne la terre. Son point de vue est philosophique et non pas « scientifique »
1609 1610 Galilée (1564-1642) tourne vers le ciel sa lunette perfectionnée (grossissement de 30). Il écrit le Sidereus nuncius, le « Messager sidéral », dans lequel il annonce sa découverte de 4 astres gravitant autour de Jupiter
1615 lettre de Galilée à Christine de Lorraine, grande-duchesse, où il plaide pour une interprétation de la Bible opposée à une lecture qui se veut littérale : La Bible ne dit pas comment va le ciel, mais comment on va au ciel - Galilée cite ici une formule attribuée à Baronius  [11]
1616 condamnation par Rome de l’ouvrage de Copernic. La même année, l’ex-dominicain Giordano Bruno est brûlé comme hérétique à Rome.
1623 élection du pape Urbain VIII (1623-1644), l’ancien cardinal Maffeo Barberini, ami personnel de Galilée
1630 mort de Johannes Kepler (1571-1630). Kepler a trouvé la description des orbites planétaires sous forme d’ellipses dont un des foyers est le soleil (modèle plus précis qu’un modèle basé sur les cercles concentriques  [12].
1632 Publication du Dialogue sur les deux grands systèmes du monde avec imprimatur de Galilée
 2 juin 1633 Galilée est condamné par le Saint-Office à l’église Santa Maria Sopra Minerva à Rome. La légende, à partir de 1761, lui fera dire : « et pourtant elle tourne »
1635 traduction en latin du Dialogue de Galilée en Hollande
 8 janvier 1642 Galilée meurt
1732 Rome autorise l’édification d’un mausolée à Florence en l’honneur de Galilée par les Médicis
1822 L’héliocentrime peut être enseigné dans les universités catholiques.
1832 – 1836 Charles Darwin (1809 -1882) entreprend un tour du monde sur le navire « Beagle »
1859 Charles Darwin publie «  On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life  » (« De l’origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle, ou De la conservation des races privilégiées dans le combat pour la vie  ». Le titre sera abrégé plus tard en (« Origin of Species » (« L’origine des espèces »)
1870 Le concile inachevé Vatican I affirme que foi et raison ne s’opposent pas
1890 Le père Lagrange o.p. (1855 1938) fonde l’École biblique de Jérusalem au couvent Saint-Étienne de Jérusalem, sur le modèle de l’EPHE. Il s’agit d’étudier la Bible à partir des sciences de l’histoire, de l’archéologie, de la philologie.
1965 Vatican II reconnaît la légitimité du travail exégétique scientifique
1966 L’Index est supprimé. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi remplace le Saint-Office qui est supprimé lui-aussi.
 31 octobre 1992 Le pape Jean-Paul II prononce un discours à l’Académie pontificale des sciences. Son discours clôture les travaux de la commission pontificale d’étude sur le cas de Galiléo Galiléi. ( 1981 1992 ), travaux effectués à la demande de Jean-Paul II

© esperer-isshoni.fr, février 2011

[1Citons plus largement :
« Bachelierus « Mihi a docto Doctore « Domandatur causam et rationem quare « Opium facit dormire : « A quoi respondeo, « Quia est in eo « Virtus dormitiva, « Cujus est natura « Sensus assoupire.
Dans Molière, Le malade imaginaire, troisième intermède

[2Ce type de démarche, absolutisé, aboutit à un monde plane, bi-dimensionnel, sans profondeur ni hauteur – un monde « désenchanté ». Question : l’homme peut-il vivre dans un monde qu’il ne veut voir que comme un monde de surface ? Autre question : comment répondre à la question précédente, à partir de quel protocole, de quels critères ?

[3nous ne discutons pas ici du concept de post-modernité

[4voir les images d’un coucher de terre vu de la lune rapportées par la sonde de l’Agence spatiale japonaise Jaxa. Voir la video sur Youtube d’un lever de terre à partir de la lunede Jaxa et la NHK

[6La citation gagne à être replacée dans son contexte plus large :
« Mais parce que, selon le saige Salomon, sapience n’entre poinct en ame malivole et science sans conscience n’est que ruine de l’ame, il te convient servir, aymer et craindre Dieu, et en luy mettre toutes tes pensées et tout ton espoir, et par foy formée de charité, estre à luy adjoinct, en sorte que jamais n’en soys désamparé par peché. Aye suspectz les abus du monde »
[Pantagruel, chap. VIII cité dans http://fr.wikisource.org/wiki/Pantagruel ]

[7Luther fait lui aussi référence à ce passage biblique dans un « propos de table » (Tischrede) : « .. l’Écriture sainte nous le dit, c’est au Soleil que Josué a commandé de s’arrêter, et pas à la Terre ». (Propos de table, IV).

[9Plus loin dans son discours, Jean-Paul II continuera en louant un dominicain le père Lagrange (1855 1938), pour avoir su répondre aux interrogations scientifiques de la culture moderne concernant la Bible.
Citons le discours de Jean-Paul II :

« Une crise analogue à celle dont nous parlons peut être ici évoquée. Au siècle passé et au début du nôtre, le progrès des sciences historiques a permis d’acquérir de nouvelles connaissances sur la Bible et le milieu biblique. Le contexte rationaliste dans lequel, le plus souvent, les acquis étaient présentés, a pu sembler les rendre ruineux pour la foi chrétienne. Certains, dans le souci de défendre la foi, ont pensé qu’il fallait rejeter des conclusions historiques sérieusement établies. Ce fut là une décision précipitée et malheureuse. L’œuvre d’un pionnier comme le Père Lagrange aura été de savoir opérer les discernements nécessaires sur la base de critères sûrs. »


[10Actuellement, on parle plutôt d’un « buisson » constitué de trois troncs principaux partant d’une souche unique

[11Voir la traduction de la lettre dans : Revue d’histoire des sciences et de leurs applications, 1964, vol. 17, n°17-4, pp. 338_368. Le texte cité dit précisément : « Je dirais ici ce que j’ai entendu d’une personne ecclésiastique se trouvant dans un très haut degré de la hiérarchie, à savoir que l’intention du Saint-Esprit est de nous enseigner comment on va au ciel et non comment va le ciel ».
En note, le traducteur François Russo précise : « L’Édition Nationale indique en note que cette formule est de Baronius. Nous n’avons pu contrôler cette référence ». (op. cit. p. 346)

[12rappel : un cercle est le cas limite d’une ellipse dont les deux foyers sont confondus en un seul point qui devient le centre du cercle


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