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La nouveauté de l’événement Jésus-Christ chez Irénée de Lyon (130-202 e.c.)

mercredi 26 février 2014 par Phap

Table des matières


Tenir ensemble rupture et continuité

[1.] La position des chrétiens est une position en tension, où il faut à la fois tenir la rupture et la continuité qui résultent de l’événement Christ quand il vient s’insérer dans la trame de l’histoire humaine, comme venant du ciel (rupture) et en même temps capable d’être accueilli par la terre (continuité).
Ainsi, nous dit Irénée, dans l’Évangile de Luc, Zacharie adore Dieu de manière nouvelle lorsqu’il entonne le nouveau cantique du Benedictus, mais il n’adore pas un autre Dieu.  [1]

Exemplaire est à ce titre le Concile de Jérusalem, tel que le rapporte Irénée :

 » Il résulte clairement de tout cela que les apôtres n’enseignaient pas un autre Père, mais qu’ils donnaient un Testament nouveau de liberté à ceux qui, d’une manière nouvelle , par l’Esprit Saint, croyaient en Dieu.
D’ailleurs, par le seul fait qu’ils se demandèrent s’il fallait encore circoncire les disciples ou non, ils montrèrent avec évidence qu’ils n’avaient pas même l’idée d’un autre Dieu »  [2]


La continuité est celle entre l’alliance ancienne (la 3°) et l’alliance nouvelle : il s’agit bien du même Père, et du même Dieu que celui qui a donné la Loi à Moïse, et qui a demandé la circoncision comme signe (et sacrement diront même les Pères avec Augustin) d’appartenance au Peuple d’Israël qui est le peuple choisi par Dieu.
En même temps, il y a bien rupture, ce qui a entraîné la réunion de ce qu’il est convenu d’appeler le Concile de Jérusalem : il y a une alliance nouvelle, dite « de liberté », il y a une manière nouvelle de croire en Dieu, qui passe par l’Esprit saint et non pas par la circoncision : Corneille a reçu l’Esprit saint qui l’a incorporé au peuple des croyants en Jésus Christ, sans avoir été circoncis – et avant même d’avoir été baptisé !

[2.] Il faut lire la suite pour mesurer combien rupture et continuité sont liés dans un rapport de conditionnement mutuel :

« S’il en avait été autrement, ils [les apôtres au Concile de Jérusalem] n’auraient pas eu une telle révérence à l’égard du premier Testament , au point de ne pas même vouloir manger avec les gentils. Car Pierre lui-même, quoique ayant été envoyé vers eux pour les instruire et tout impressionné qu’il fût par la vision qu’il avait. eue, leur parla cependant avec une grande crainte « Vous savez vous-mêmes, leur dit-il, qu’il n’est pas permis à un Juif d’avoir contact avec un étranger ou de l’approcher. Mais Dieu m’a montré qu’il ne faut dire aucun homme souillé ou impur. C’est pourquoi je suis venu sans faire d’objection ». Ces paroles indiquaient qu’il ne serait pas allé chez eux s’il n’en avait reçu l’ordre . Peut-être ne leur eût-il pas non plus donné si facilement le baptême, s’il ne les avait entendus prophétiser sous l’action de l’Esprit Saint qui reposait sur eux. »  [3]


Irénée montre les apôtres si convaincus de la grandeur de la troisième alliance, qu’il faut que ce soit le même Dieu, celui qui a fondé la troisième alliance, qui leur ordonne de passer par dessus les préceptes de pureté de ce que Irénée appelle le « premier testament », c’est-à-dire la 3° alliance. Et pour ce faire, Dieu leur en intime l’ordre par des visions extraordinaires. (cf. vision de Pierre lors de l’histoire de Corneille).
Autrement dit, la rupture n’est recevable et accueillie que parce qu’elle est reconnue comme venant s’inscrire dans la volonté de salut divine déjà manifestée dans l’histoire précédente : le sens de l’événement naît de sa valorisation à partir de l’histoire dans laquelle il s’inscrit, alors même qu’il convoque cette histoire à se dépasser. L’événement prend son sens salvifique de ce qu’il continue l’histoire de salut qu’il vient accomplir et dépasser.

[3.] Irénée semble même aller jusqu’à dire que l’ancienne alliance (la 3°) continue de valoir et d’exiger l’obéissance, du moins pour les chrétiens issus du peuple d’Israël, si l’on veut bien pousser le passage suivant dans ce sens :

« Quant à Jacques et aux apôtres qui l’entouraient, ils permettaient bien aux gentils d’agir librement , nous [les non-juifs, dont Irénée] confiant à l’Esprit de Dieu ; mais eux-mêmes, sachant qu’il s’agissait du même Dieu , persévéraient dans les anciennes observances »  [4].


Nous retrouverions alors le plan de salut à deux branches de Lohfink, les prescriptions de l’ancienne alliance continuant de jouer au moins pour ceux des chrétiens issus du peuple d’Israël, et ce en parallèle de la « nouvelle » façon de croire.
Il y a cependant rupture, dans la mesure où les chrétiens issus des Nations (autres qu’Israël) ne sont pas liés par les prescriptions anciennes : ils passent directement à l’ « alliance nouvelle de liberté », sans être tenu par la première.

[4.] La rupture concerne tout autant les Juifs que les païens, bien que sur un mode différencié  [5] :

  •  les païens ont à découvrir et le Dieu Créateur unique (et donc à renoncer aux cultes idolâtriques), et Dieu comme Dieu Père, Fils et Esprit saint ;
  •  les juifs connaissent déjà le Dieu créateur unique : ils ont à confesser que le personnage historique connu comme l’homme Jésus était à la fois le Christ annoncé et prophétisé par les Écritures de l’Ancien Testament, et qu’il était aussi le Fils de Dieu, (ce qui implique que Dieu est à la fois Père, Fils et Esprit saint).


L’absolue nouveauté de l’événement Christ : renouvellement et récapitulation

[5.] Il faut essayer de reprendre la théologie de l’histoire d’Irénée en réévaluant mieux la nouveauté de la quatrième alliance. Dupuis avait bien perçu l’enjeu de cette évaluation, lorsqu’il citait Irénée :

Pour Irénée, l’économie du salut était constituée en entier par les multiples manifestations de Dieu à travers le Verbe ; cependant, il demeurait vrai que l’incarnation du Verbe en Jésus Christ – qu’il [le Verbe] avait « répétée » à travers ses engagements précédents dans l’histoire – avait apporté « quelque chose d’entièrement nouveau », (omnem novitatem attulit seipsum afferens) (Adv. Haer. IV, 34, 1) parce qu’elle avait marqué la venue du Verbe de Dieu en personne dans la chair  [6].


Dupuis le précise bien, pour Irénée l’événement-Christ est « entièrement nouveau », autrement dit il introduit une rupture qualitative dans le plan de salut divin, il n’est pas seulement la prolongation du même porté à son sommet.
Dupuis atténue aussitôt cette rupture en rappelant que les précédents événements de salut – les précédentes alliances qui ne sont que les facettes d’un unique déploiement salvifique de la volonté du Père de sauver tous les hommes – « répétaient » cette venue du Verbe dans la chair.

[6.] Manifestement, Dupuis n’entend pas cette répétition dans le sens où Irénée l’entendait. Par répétition, il faut entendre ici une des possibles traductions du mot « récapituler » employé par Irénée.
La répétition de l’événement Christ peut s’entendre dans le sens où les événements précédents de salut prédisaient la venue dans la chair du Verbe : l’événement-Christ récapitule ainsi les événements de salut précédents, dans la mesure où il accomplit ce qu’ils prédisaient.
La nouveauté est donc que ce vers quoi les événements de salut « orientaient », ce qu’ils « préparaient », à savoir la venue en personne du Verbe dans la chair, a bien été accomplie : c’est bien ce que dit Irénée à la suite du passage cité par Dupuis :

Mais alors, penserez-vous peut-être, qu’est-ce que le Seigneur a donc apporté de nouveau par sa venue ? — Eh bien, sachez qu’il a apporté toute nouveauté, en apportant sa propre personne annoncée par avance car ce qui était annoncé par avance, c’était précisément que la Nouveauté viendrait renouveler et revivifier l’homme  [7] .


[Nous avons vu que Dupuis avait évolué depuis son ouvrage de 1989 :
Jésus-Christ à la rencontre des religions, "Jésus et Jésus-Christ" n° 39. Paris, Desclée, 1989 p. 151-160
Dans cet ouvrage, Dupuis valorisait les anciennes alliances comme « préparations » à l’événement Jésus-Christ. Cette notion de « préparation », de même que celle d’ « orientation » qui en résulte, a disparu complètement de l’article de Leuwen de 2003.]

[7.] Irénée disait déjà cette nouveauté lorsqu’il décrivait la quatrième alliance :

la quatrième enfin, qui renouvelle l’homme et récapitule tout en elle , celle qui, par l’Évangile, élève les hommes et leur fait prendre leur envol vers le royaume céleste  [8].


La nouveauté se dit à la fois en terme de continuité et de rupture.

  • continuité, puisqu’elle vient après les trois autres : celles-ci préparent la venue du Roi, du Seigneur, en pré-annonçant la venue du Verbe en personne. Irénée considère que ces alliances sont des logophanies où le Verbe déjà se dévoile, se communique – mais seulement dans un mode figuratif, symbolique.
  • rupture, puisque l’autocommunication de Dieu en son Verbe, promise par Dieu dans l’alliance précédente, se réalise dans l’événement-Christ, avec l’incarnation, mort et résurrection : ce qui n’était avant qu’en figure advient là en personne.

[8.] Dans tous les cas, Juifs comme païens trouvent dans l’événement-Christ le remède de l’apostasie  [9] : le salut s’entend toujours comme un mouvement d’éloignement, d’arrachement (terminus a quo), conjoint à un mouvement d’envoi, de rapprochement (terminus ad quem). L’apostasie chez Irénée traduit la situation universelle de tout homme depuis la faute d’Adam, savoir le fait de se tenir loin de Dieu, loin de sa présence vivifiante (Dieu seul vivifie, Dieu seul est « zoopoete », nous dit la Bible).
Or, dit Irénée en reprenant saint Paul, l’homme ne peut par lui-même s’arracher à sa situation de péché :

En effet, comme il n’était pas possible que l’homme , une fois vaincu et brisé par la désobéissance, fût modelé à nouveau et obtînt le prix de la victoire, et comme il était également impossible qu’eût part au salut cet homme ainsi tombé sous le pouvoir du péché, le Fils a opéré l’un et l’autre : lui qui était le Verbe de Dieu, il est descendu d’auprès du Père, il s’est incarné, il est descendu jusque dans la mort, et il a ainsi consommé l’économie de notre salut  [10].


L’événement Christ n’est donc pas seulement le plus grand parmi tous les événements de salut, il est celui sans quoi aucun autre événement ne peut sauver.
L’on ne voit pas alors comment soutenir qu’une tradition religieuse extra-biblique pourrait procurer le salut par elle-même, indépendamment de cet événement-Christ. C’est parce que le Verbe s’est fait chair qu’une tradition religieuse peut procurer le salut à ses adhérents.

[9.] L’événement du Verbe fait homme en Jésus ne se serait-il pas produit que, du moins si l’on suit Irénée, aucune des traditions religieuses extra-bibliques n’aurait pu procurer le salut... ni même d’ailleurs la tradition religieuse de la Loi de Moïse.
En fait, il s’agit là d’une hypothèse impossible, nous dit indirectement Irénée : c’est parce que de toute éternité Dieu prévoyait de sauver l’homme en son Fils, dans l’événement historique de Jésus Christ, qu’il a créé Adam à son image et ressemblance.

Dieu a donc usé de longanimité devant l’apostasie de l’homme , parce qu’il voyait d’avance la victoire qu’il lui donnerait un jour par l’entremise du Verbe car, tandis que la puissance s’est déployée dans la faiblesse, le Verbe a fait apparaître la bonté de Dieu et sa magnifique puissance  [11].


De même, le don de la Loi vaut salut à ses adhérents dans la mesure où celle-ci renvoie et oriente vers l’événement Christ. Et, pour prolonger cela, il faut dire cela aussi des autres religions.

Plus fondamentalement, cela signifie que l’événement Christ, qui inaugure la fin des temps et la victoire finale de Dieu sur les puissances hostiles, c’est-à-dire le règne universel de Dieu sur sa création, avec la mort, le dernier ennemi à être vaincu par Dieu, engloutie pour la création comme elle l’est déjà pour Jésus Christ ressuscité et glorifié, cet événement donc est la cause quasi formelle de la création : Dieu créé l’homme en regardant le Verbe incarné.

[10.] Positivement, la quatrième alliance accomplit deux choses : le renouvellement de l’homme et la récapitulation en elle de toutes choses (c’est-à-dire du cosmos). Irénée accole à ces deux actions du Verbe incarné l’entrée dans l’intimité divine des hommes, leur filiation adoptive à Dieu(en reprenant le vocabulaire et l’image platoniciennes de l’âme qui s’emplume en paissant les plaines de la Vérité chez Platon, – cf. Phédon de Platon) – qui est emplumée pour Irénée, et pas seulement l’âme, mais l’homme en tant que tel (le corps glorifié participe de l’immortalité divine).

Irénée dit ainsi l’unicité de ce qui se joue dans la quatrième alliance : l’homme par lui-même ne peut s’envoler dans les demeures divines, il a besoin de l’événement Christ pour recevoir la capacité à s’envoler (les plumes).
Pour ce faire, il doit se laisser transformer, « plumifié », et cela, les alliances précédentes en étaient incapables. L’événement Christ introduit une rupture ontologique, dans la mesure où, en la personne de Jésus Christ, un homme participe pleinement de la vie divine, et rend possible aux autres hommes cette participation : l’adoption filiale n’est possible que dans la transformation de l’homme à l’image et la ressemblance unique de Dieu qui est donnée et manifestée en Jésus Christ.

[11.] Irénée dira cette incapacité de l’homme à entrer dans la vie divine d’une autre façon, lorsqu’il mobilisera les catégories conceptuelles grecques du couple « incorruptibilité – corruptibilité ». Le Verbe-fait-homme, parce qu’il fait l’unité en sa personne de Dieu et de l’homme, rend possible l’accès à l’incorruptibilité pour ce qui est corruptible, l’accès à l’immortalité pour ce qui est mortel.

Car telle est la raison pour laquelle le Verbe s’est fait homme , et le Fils de Dieu, Fils de l’homme c’est pour que l’homme, en se mélangeant au Verbe et en recevant ainsi l’adoption filiale, devienne fils de Dieu . Nous ne pouvions en effet avoir part à l’incorruptibilité et à l’immortalité que si nous étions unis à l’incorruptibilité et à l’immortalité. Mais comment aurions-nous pu être unis à l’incorruptibilité et à l’immortalité, si l’incorruptibilité et l’immortalité ne s’étaient préalablement faites cela même que nous sommes, afin que ce qui était corruptible fût absorbé par l’incorruptibilité, et ce qui était mortel, par l’immortalité, afin que nous recevions l’adoption filiale  [12] .


En Jésus Christ, et en lui seul, l’homme a accès à Dieu : ce n’est pas par le Verbe en tant que tel, mais par la personne du Verbe qui se laisse saisir en la personne de Jésus Christ qui est identiquement la personne du Verbe, que l’homme peut entrer dans la vie éternelle, dans l’immortalité, dans la filiation divine. Les traditions religieuses ne peuvent procurer le salut à leurs adhérents que dans la mesure où ceux-ci trouvent Jésus-Christ en elles, si l’on suit la logique d’Irénée.

[12.] La venue du Verbe de Dieu introduit une rupture qui est aussi une rupture épistémologique, en ce sens que Dieu se donne à voir, Dieu se communique sensiblement dans le Verbe incarné. C’est seulement ainsi que les hommes peuvent reconnaître en Dieu leur Roi et leur Juge, celui qui donne la gloire (de l’incorruptibilité, de la vie éternelle) et qui prononce le jugement :

Il n’y a donc qu’un seul et même Dieu, le Père de notre Seigneur c’est lui qui, par les prophètes, a promis d’envoyer le Précurseur, et c’est lui qui a rendu son « Salut », c’est-à-dire son Verbe, visible pour toute chair , en le faisant chair lui-mème, afin qu’il se manifestât au milieu de tous les êtres comme leur Roi ; car il fallait que ceux qui seraient jugés vissent leur Juge et connussent Celui par qui ils seraient jugés, et il fallait aussi que ceux qui recevraient la gloire connussent Celui qui leur octroierait le don de la gloire  [13] .


[13.] Dupuis soutenait que le Verbe incarné ne peut épuiser la capacité de révélation du Verbe en tant que tel. Irénée renverse la proposition : le Verbe ne peut pas se révéler autrement qu’en devenant homme, car c’est de cette façon là, déterminée et limitée spatio-temporellement, que le Père donne ses dons aux hommes, de telle sorte qu’ils puissent les recevoir, eux qui sont engagés dans le temps et l’espace.

(...) ce même Dieu [créateur] octroie aussi au genre humain, dans les derniers temps, par l’entremise de son Fils, la bénédiction de la Nourriture et la grâce du Breuvage, lui, l’Incompréhensible par Celui qui peut être compris , lui, l ’Invisible , par Celui qui peut être vu, car ce Fils n’est pas en dehors de lui, mais se trouve dans le sein du Père  [14].


[14.] Le Breuvage et la Nourriture renvoient sans aucune équivoque à la célébration eucharistique. Le Verbe incarné, parce qu’il se tient des deux côtés, dans le sein du Père et en même temps et pour toujours depuis l’Incarnation du côté des hommes, et cela en personne comme la deuxième Personne de la Trinité, peut faire que l’invisible soit saisissable dans le visible, que ce qui ne peut être pris par rien puisse être pris par les hommes.

[15.] Le passage suivant va dans le même sens, et il nous permet de préciser ce que Irénée entend par « récapitulation ».

Il n’y a donc qu’un seul Dieu, le Père, comme nous l’avons montré, et un seul Christ Jésus, notre Seigneur, qui est venu à travers toute l’ « économie » et qui a tout récapitulé en lui-même. Dans ce « tout » est aussi compris l’homme, cet ouvrage modelé par Dieu : il a donc récapitulé aussi l’homme en lui, d’invisible devenant visible, d’insaisissable, saisissable, d’impassible, passible, de Verbe, homme . Il a tout récapitulé en lui-même, afin que, tout comme le Verbe de Dieu a la primauté sur les êtres supracélestes, spirituels et invisibles, il l’ait aussi sur les êtres visibles et corporels , et que, en assumant en lui cette primauté et en se donnant lui-même comme tête à l’Église, il attire tout à lui au moment opportun  [15].


La récapitulation reçoit chez Irénée son sens étymologique : « mettre sous un chef », dit le grec, de même que le latin si l’on se souvient que caput signifie chef. L’événement Christ constitue le Verbe comme chef, (comme Roi avons nous vu plus haut), non seulement du monde invisible mais aussi du monde visible : nous l’avons déjà vu plus haut, en s’incarnant, le Verbe se rend visible et il peut ainsi asseoir sa royauté, sa seigneurie sur toutes les créatures, invisibles (Irénée semble dire que cette seigneurie est déjà établie avant l’incarnation) et visible.

[16.] La quatrième alliance s’inscrit bien en continuité (c’est le même Christ Jésus qui est identiquement le Verbe, - comme personne - qui est venu à travers toute l’ économie, autrement dit qui est venu dans toute l’histoire universelle. Irénée peut dire cela parce qu’il entend Jésus Christ au sens de la deuxième personne de la Trinité, au sens de la personne du Verbe : pour lui, cela n’a pas sens de distinguer la personne du Verbe incarné qui est cet homme Jésus, et la personne du Verbe.
En même temps, il y a rupture : en s’incarnant, le Verbe se rend visible et assoit sa royauté aussi sur l’ordre sensible, car il peut être reconnu par les hommes. Devenu ainsi la tête [nous ne discutons pas du sens du mot « Église » chez Irénée, par manque de ressources], il peut faire passer toutes choses et le cosmos dans l’ordre invisible – et même dans l’ordre incréé, en Dieu.

[17.] Irénée parle d’une récapitulation achevée : en venant – en étant venu – dans la chair, le Verbe a récapitulé en lui le visible et l’invisible. Cette récapitulation achevée en lui par l’événement Christ amorce et inaugure la récapitulation finale et cosmique de la fin des temps, si on lit la dernière phrase : « il attire tout à lui au moment opportun » dans un sens eschatologique.
La mention de l’Église introduit de fait l’entre deux d’une économie en train de se réaliser, à partir du « déjà là » de la récapitulation pleine et entière réalisée par l’événement Christ vers le pas-encore et à venir de la récapitulation cosmique, qui n’est que l’extension à l’échelle de l’univers de ce qui s’est joué dans la personne de Jésus Christ qui est identiquement la deuxième personne de la Trinité.

[18.] La récapitulation peut aussi s’entendre comme le « résumé », la « sommation en abrégé », la « reprise en abrégé » : Jésus-Christ reprend en sa personne, dans tout ce qui lui arrive, tous les éléments de l’histoire humaine pour la faire déboucher sur le salut. Ce qui était donné dès l’origine en Adam se retrouve à la fin en Jésus Christ, savoir l’image et la ressemblance de l’homme à Dieu :

(..) lorsqu’il [le Fils de Dieu] s’est incarné et s’est fait homme , il a récapitulé en lui-même la longue histoire des hommes et nous a procuré le salut en raccourci [in compendio, en suntomo], de sorte que ce que nous avions perdu en Adam, c’est-à-dire d’être à l’image et à la ressemblance de Dieu, nous le recouvrions dans le Christ Jésus  [16].



[19.] C’est dans la mesure où les hommes, et les traditions religieuses, se laissent attirer par le Christ Jésus qu’ils entrent dans ce mouvement de récapitulation qui s’achèvera lorsque le Christ sera tout en tous, afin que Dieu soit tout en tous.

là, il n’y a plus Grec et Juif, circoncis et incirconcis, barbare, Scythe, esclave, homme libre, mais Christ : il est tout et en tous . [Col 3,11 dans la T.O.B.]
Et quand toutes choses lui auront été soumises , alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a tout soumis, pour que Dieu soit tout en tous . [Cor 15,28 dans la T.O.B.]
[20.] Paul dit l’événement Christ comme instaurant la seigneurie du Fils de Dieu d’une autre façon :

Cet Évangile, qu’il [Dieu] avait déjà promis par ses prophètes dans les Écritures saintes, concerne son Fils, issu selon la chair de la lignée de David, établi, selon l’Esprit Saint, Fils de Dieu avec puissance par sa résurrection d’entre les morts , Jésus Christ notre Seigneur. [Rom 1,2-4 dans la T.O.B.]


Il ne s’agit pas de dire que l’événement Christ constitue un homme nommé Jésus comme Fils de Dieu (ce serait verser dans l’hétérodoxie adoptianiste) : Paul dit que le Fils de Dieu a été établi « Fils de Dieu avec puissance » lorsqu’il a été relevé d’entre les morts : l’événement Christ ne constitue pas l’identité relationnelle qui lie le Fils au Père, il constitue le nouveau rapport du Fils sur l’ordre créé, comme « Seigneur des vivants et des morts ».

Car c’est pour être Seigneur des morts et des vivants que Christ est mort et qu’il a repris vie. [Rom 14,9 dans la T.O.B.]



Le particulier ne s’oppose pas à l’universel – au contraire

[21.] On peut lire dans Irénée l’affirmation de l’unité de la personne du Verbe, qui est Jésus sans reste : il n’y a pas Jésus d’un côté, le Verbe de l’autre, après l’Incarnation.
Irénée refute ainsi par avance l’idée d’une double personnalité, celle de Jésus et celle du Verbe, comme l’idée d’une personnalité (celle du Verbe) qui aurait phagocyté, dissout la personnalité de Jésus (telle la goutte de miel dans la mer, dans l’image d’Eutiyches ) :

Car il n’y eut pas alors une descente d’un prétendu « Christ » sur Jésus, et l’on ne peut prétendre qu’autre ait été le Christ et autre Jésus ; mais le Verbe de Dieu, le Sauveur de tous et le Seigneur du ciel et de la terre — ce Verbe qui n’est autre que Jésus , ...pour avoir assumé une chair et avoir été oint de l’Esprit par le Père, est devenu Jésus-Christ  [17] .


[22.] L’idée d’un Verbe en surplomb de l’humanité de Jésus semble étrangère à Irénée, dans la mesure où il maintient l’unité de la personne : pour le formuler de manière anachronique par rapport à Irénée, Jésus Christ est le Verbe incarné, unité en la deuxième personne de la Trinité des deux natures divine et humaine, « sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation » [IV° Concile Œcuménique de Chalcédoine en 451].

[23.] Irénée semble soutenir l’impassibilité du Verbe pendant la Passion, comme s’il était en surplomb et ailleurs alors que l’humanité de Jésus souffrait.

Car, de même que le Seigneur était homme afin d’être éprouvé , de même il était aussi le Verbe afin d’être glorifié : d’un côté, le Verbe se tenait en repos lorsque le Seigneur était éprouvé, outragé, crucifié et mis à mort ; de l’autre, l’homme était « absorbé » [absorto katapinomenou] lorsque le Seigneur vainquait, supportait la souffrance, montrait sa bonté, ressuscitait et était enlevé au ciel  [18].


La lecture serrée du passage montre qu’il n’en est rien : pour Irénée, c’est la même personne, celle qu’Irénée appelle « le Seigneur », qui souffre et qui est glorifiée, à savoir la deuxième personne de la trinité ; dans ce passage, il faut entendre par « Verbe » la « nature divine » et par « homme » la « nature humaine ». Irénée n’a pas encore la conceptualisation théologique des Conciles œcuméniques postérieure, mais il a du moins le sain(t) sensus fidei.

[24.] Le Verbe ne répugne pas à venir dans la nature humaine et dans le cosmos, car l’ordre du créé ne lui est pas étranger : lui qui en est le « façonneur », le « plasmateur » des choses créées, il en est le Roi, et quand il vient dans la condition spatio-temporelle humaine, il vient dans son propre bien (in sua) et non dans une terre étrangère (in aliena [19].
Irénée tient cela pour contrer les Valentiniens, qui tiennent pour indigne que le Logos soit le médiateur de l’acte créateur du Père, et qui refusent au Verbe sa participation à l’acte créateur de Dieu. Leur position s’explique par la caractérisation négative de la matière : ils pensent ainsi élever d’autant la grandeur de Dieu qu’ils abaissent l’ordre de la création. Irénée s’oppose à cela, dans la mesure où la création résulte de l’activité divine elle-même.
[25.] Irénée perçoit bien la tension entre deux figures de Dieu :

  •  le Dieu créateur de toute la terre, le Dieu de toutes les nations, et qui en Adam assure l’unité du genre humain  [20], tous les hommes étant appelés à la même vocation car tous étant créés capables d’entrer en alliance avec Dieu, de mener une vie commune avec Dieu dans l’adoration du culte.
  •  le Dieu sauveur, qui fait alliance avec un personnage particulier, avec un peuple particulier entre tous les peuples, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu d’Israël, le Dieu qui se choisit une nation parmi toutes les nations pour qu’elle soit son peuple et que lui soit son Dieu  [21].
    [26.] Mais pour Irénée, l’élection n’est pas synonyme d’exclusion : les « quelques uns » s’entendent au sens inclusif de « tous dont quelques uns », et non pas au sens exclusif de « quelques uns mais pas tous ». Cette affirmation est importante pour Irénée dans le cadre de sa lutte contre les Marcionites, car elle lui permet d’affirmer que le Dieu de toutes les nations est identiquement le Dieu qui fait élection d’une nation, autrement dit il n’y a qu’un plan de salut (agir divin) comme il n’y a qu’un seul et unique Dieu à l’origine de ce plan :

    Et quand cet homme aura rejeté de sa pensée une aussi monstrueuse erreur et un tel blasphème contre Dieu [en distinguant entre le Dieu créateur de l’Ancien Testament et le Dieu de Jésus Christ], il retrouvera de lui-même la raison. comprenant que la Loi de Moïse aussi bien que la grâce du Nouveau Testament , toutes deux adaptées à leurs époques respectives , ont été accordées pour le profil du genre humain par un seul et même Dieu  [22].


    Le point important pour notre propos est que l’alliance mosaïque ne concerne pas exclusivement le peuple d’Israël, mais qu’à travers l’élection de ce peuple là, Dieu vise le bonheur, le profit universel du « genre humain ».


Conclusion

[27.] Nous ne voulons pas nous montrer injustes envers J. Dupuis. Il a voulu ouvrir une voie. D’autres, moins prudents et moins fidèles au Christ que lui, risquent reprendre ses traces et se retrouver loin de ce qu’il est possible de tenir en régime chrétien.
Ils risquent en effet de rendre inutile l’événement-Christ, à force de l’avoir relativisé. Irénée aurait alors prophétisé à leur sujet, lui qui écrivait :

Dans une telle perspective [où les apôtres auraient dispensé un enseignement conforme au croyable disponible de leurs auditeurs], il n’y aura de règle de vérité chez personne , mais tous se verront attribuer par tous la connaissance de cette vérité , puisqu’on aura parlé à chacun pour abonder dans son sens et selon sa façon de voir.
Superflue et sans objet apparaîtra dès lors la venue du Seigneur, s’il est vrai qu’il n’est venu que pour autoriser et conserver l’idée que chacun se faisait jusque là de Dieu  [23].


[28.] Le christianisme ne peut pas ne pas tenir pour central, unique au sens absolu, l’événement Jésus Christ comme événement de salut des hommes et du cosmos.
La rupture, car il y en a une, doit cependant s’entendre aussi et en même temps comme un radical accomplissement, comme la révélation et la manifestation de ce qui habite la création au plus intime d’elle-même : quand l’événement Christ révèle et manifeste Dieu d’une manière absolument unique, il révèle en même temps à la création et aux hommes – et aux traditions religieuses – leur mystère le plus intime :

Car l’Auteur du monde, c’est en toute vérité le Verbe de Dieu. C’est lui notre Seigneur : lui-même dans les derniers temps, s’est fait homme, alors qu’il était déjà dans le monde et qu’au plan invisible il soutenait toutes les choses créées et se trouvait imprimé en forme de croix dans la création entière , en tant que Verbe de Dieu gouvernant et disposant toutes choses.
Voilà pourquoi « il est venu » de façon visible « dans son propre domaine », « s’est fait chair » et a été suspendu au bois, afin de récapituler toutes choses en lui-même  [24].


La croix du Christ manifeste visiblement qui est Dieu, celui qui a créé l’univers et qui vient le sauver. La croix visible du Christ manifeste la croix invisible à l’intime de toute la création.
L’événement Jésus Christ révèle ce qui habite et anime les traditions religieuses, les cultures et les réalisations des hommes qui habitent cette terre : la présence de celui qui les fait être par grâce. Radicale rupture, radicale continuité.


© esperer-isshoni.fr, mai 2007

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C’est en ces termes que Zacharie, délivré du mutisme qu’il s’était attiré par son incrédulité et rempli d’un Esprit nouveau, bénissait Dieu d’une manière nouvelle. Car tout était dorénavant nouveau, du fait que le Verbe venait, par un processus nouveau, d’accomplir l’s économie » de sa venue dans la chair’, afin que l’homme, qui s’en était allé hors de Dieu, [cf. apostasie supra] fût réintégré par lui dans l’amitié de Dieu. Et c’est pourquoi cet homme apprenait à honorer Dieu d’une manière nouvelle, mais nullement à honorer un autre Dieu ... »
Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 III,10,2 p. 121

[2Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - III,12,14 p.245

[3Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - III,12,15 p.247

[4Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - III,12,15 p. 249

[5Cf. Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - Liv III,5,3 p61-63

[6For Irenaeus the entire economy of salvation was made up of various divine manifestations through the Word ; yet it remained true that the Incarnation of the Word in Jesus Christ - which he had been "rehearsing" through his previous involvements in history - brought "something entirely new" (omnem novitatem attulit seipsum afferens) (Adv. Haer. IV, 34, 1), because it marked the personal coming into the flesh of the Word of God. [p. 467 ]

[7Irénée de Lyon, Contre les Hérésies, Livre IV Tome II, Édition critique sous la direction de A. ROUSSEAU, Sources Chrétiennes N°100, Cerf, Paris, 1965, IV,34,1 p.847-849. La suite immédiate parle ensuite de la « préparation » de ceux qui auront à accueillir le Seigneur, le Roi.

[8Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - Liv III,11,8 p.171 En latin : ; quartum uero quod renouai hominem et recapitulat in se omnia, quod est per Euangelium, eleuans et pennigerans homines in caeleste regnum.. En grec : anakefalaiousa pour « recapituler », anakainizousa pour « renouveler ».

[9Cf. Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - Liv III,5,3 p63

[10Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - III,18,2 p.345

[11Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - III,20,1 p.383

[12Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - III 19,1

[13Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - III,9,1 p.103

[14Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 III,11,5 p.155

[15Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - III,16,6 p. 313-315

[16Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - III,18,1 p. 343 345

[17Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 - III,9,3 p.109

[18Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974, III,19,3 p.379

[19Cf. Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974, III,11,2 p.145

[20

Dans ce passage [le discours de Paul à Athènes dans les Actes], Paul ne leur annonce pas seulement le Dieu Créateur du monde, et cela en l’absence des Juifs, mais il déclare encore que ce Dieu a fait habiter un seul genre humain sur toute la terre..
Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 III,12,9 p.221

[21.

Tout l’enseignement des apôtres annonce donc un seul et même Dieu, qui a fait émigrer Abraham, lui a promis l’héritage, lui a donné l’alliance de la circoncision au temps opportun, a rappelé d’Égypte sa descendance conservée d’une façon visible grâce à cette circoncision — car c’est comme un signe que Dieu la leur avait donnée pour qu’ils ne fussent pas semblables aux Égyptiens — et c’est ce Dieu-là qui est le Créateur de toutes choses, c’est lui le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, c’est lui le Dieu de gloire.

Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974 III,12,11 p.227-229

[22Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974, III,12,11 p. 231

[23Contre les Hérésies, Livre III Tome II, Édition critique par A. ROUSSEAU et L. DOUTRELEAU s.j., Sources Chrétiennes, N°211, Cerf, Paris,1974, III,12,6 p. 201

[24Contre les Hérésies, Livre V Tome II, Édition critique sous la direction de A. ROUSSEAU, Sources Chrétiennes, N°153, Cerf, Paris, 1969V,18,3 p. 245


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