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Écritures confucéennes – Mencius (372-289 b.c.)- Florilège n°2 - (français - English – 中文)

mercredi 26 février 2014 par Phap

Table des matières (2)

Voir aussi le florilège première partie


Le livre de Mencius fait partie du canon néo-confucéen des "4 écrits et 5 classiques" (四書五經, 四书五经, Sìshūwǔjīng).
Il est émouvant de penser que des générations d’étudiants chinois ont étudié ce texte dans le cadre des examens de recrutement de l’administration impériale chinoise pendant presque un millénaire.


pour une traduction récente en français :

  • Le livre de Mencius, traduit du chinois par André Lévy, Rivages Poche n°615, 2008, 304 pages

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孟子曰:「有天爵者,有人爵者。 VI.I.16. Meng tzeu dit : Il y a des dignités conférées par le Ciel, et des dignités conférées par les hommes. Mencius said, ’There is a nobility of Heaven, and there is a nobility of man.
La bienveillance, Benevolence,
la justice, righteousness,
la sincérité, self-consecration,
信, la bonne foi, and fidelity,
樂善不倦, une ardeur infatigable pour faire le bien with unwearied joy in these virtues ;
此天爵也; sont des dignités conférées par le Ciel. these constitute the nobility of Heaven.
公卿大夫,此人爵也。 Celles de prince, de ministre d’État, de grand préfet sont des dignités conférées par les hommes. To be a gong, a qing, or a da fu ; this constitutes the nobility of man.
古之人修其天爵,而人爵從之。 ╓579 « Les anciens donnaient leurs soins aux dignités conférées par le Ciel, et les dignités humaines leur venaient d’elles-mêmes. The men of antiquity cultivated their nobility of Heaven, and the nobility of man came to them in its train.
今之人修其天爵,以要人爵; Les hommes de notre temps donnent leurs soins aux dignités conférées par le Ciel, en vue d’obtenir les dignités humaines. The men of the present day cultivate their nobility of Heaven in order to seek for the nobility of man,
既得人爵,而棄其天爵,則惑之甚者也,終亦必亡而已矣。」 Quand ils ont obtenu les dignités humaines, ils négligent celles qu’ils ont reçues du Ciel. C’est le comble de l’aveuglement. A la fin, ils perdent tout [35]. and when they have obtained that, they throw away the other - their delusion is extreme. The issue is simply this, that they must lose that nobility of man as well.’


宋牼將之楚,孟子遇於石丘。 [36] VI.2.4. Soung K’eng voulait aller dans la principauté de Tch’ou. Meng tzeu le rencontra à Cheu k’iou, et lui dit : Song Keng being about to go to Chu, Mencius met him in Shi Qiu. ’
曰:「先生將何之?」 — Maître, où allez‑vous ? Master, where are you going ?’ asked Mencius.
曰:「吾聞秦楚構兵,我將見楚王說而罷之。楚王不悅,我將見秦王說而罷之,二王我將有所遇焉。」 Soung K’eng répondit : — J’ai entendu dire que les princes de Ts’in et de Tch’ou se font la guerre. Je veux voir le prince de Tch’ou, et l’engager à cesser les hostilités. Si ce conseil ne lui plaît pas, je verrai le prince de Ts’in, et l’engagerai à déposer les armes. Mon avis sera agréé de l’un de ces deux princes, sinon de tous les deux. Keng replied, ’I have heard that Qin and Chu are fighting together, and I am going to see the king of Chu and persuade him to cease hostilities. If he shall not be pleased with my advice, I shall go to see the king of Qin, and persuade him in the same way. Of the two kings I shall surely find that I can succeed with one of them.’
曰:「軻也請無問其詳,願聞其指。說之將何如?」 Meng tzeu dit : — Je désirerais vous entendre exposer, non pas au long, mais en résumé, le discours que vous avez l’intention de leur tenir. Quels motifs leur donnerez‑vous ? Mencius said, ’I will not venture to ask about the particulars, but I should like to hear the scope of your plan. What course will you take to try to persuade them ?’
曰:「我將言其不利也。」 Je leur dirai, répondit Soung K’eng, que la guerre ne leur sera pas profitable. Keng answered, ’I will tell them how unprofitable their course is to them.’
曰:「先生之志則大矣,先生之號則不可。 — Maître, dit Meng tzeu, votre but est élevé ; mais vous invoquez un mauvais motif. ’Master,’ said Mencius, ’your aim is great, but your argument is not good.
先生以利說秦楚之王,秦楚之王悅於利,以罷三軍之師,是三軍之士樂罷而悅於利也。 Si vous parlez de profit aux princes de Ts’in et de Tch’ou, et qu’ils arrêtent la marche de leurs troupes par raison d’intérêt ; les soldats de leurs trois légions garderont volontiers le repos en vue de leur propre intérêt. If you, starting from the point of profit, offer your persuasive counsels to the kings of Qin and Chu, and if those kings are pleased with the consideration of profit so as to stop the movements of their armies, then all belonging to those armies will rejoice in the cessation of war, and find their pleasure in the pursuit of profit.
為人臣者懷利以事其君, ╓588 « Le sujet servira son prince en vue de son propre intérêt. Ministers will serve their sovereign for the profit of which they cherish the thought ;
為人子者懷利以事其父, Le fils servira son père, sons will serve their fathers,
為人弟者懷利以事其兄。 et le frère puîné son frère aîné en vue de l’intérêt propre. and younger brothers will serve their elder brothers, from the same consideration
是君臣、父子、兄弟終去仁義,懷利以相接, Le prince et le sujet, le père et le fils, le frère aîné et le frère puîné banniront tout sentiment d’affection et de justice, et dans leurs relations mutuelles, ne chercheront que leur propre intérêt. - and the issue will be, that, abandoning benevolence and righteousness, sovereign and minister, father and son, younger brother and elder, will carry on all their intercourse with this thought of profit cherished in their breasts.
然而不亡者,未之有也。 Une telle conduite a toujours amené la ruine de l’État. But never has there been such a state of society, without ruin being the result of it.
先生以仁義說秦楚之王,秦楚之王悅於仁義,而罷三軍之師,是三軍之士樂罷而悅於仁義也。 Si vous parlez de bienveillance et de justice aux princes de Ts’in et de Tch’ou, et que ces princes, par motif de bienveillance et de justice, tiennent au repos leurs trois légions ; les soldats de leurs trois légions garderont volontiers le repos, par motif de bienveillance et de justice. If you, starting from the ground of benevolence and righteousness, offer your counsels to the kings of Qin and Chu, and if those kings are pleased with the consideration of benevolence and righteousness so as to stop the operations of their armies, then all belonging to those armies will rejoice in the stopping from war, and find their pleasure in benevolence and righteousness.
為人臣者懷仁義以事其君,為人子者懷仁義以事其父,為人弟者懷仁義以事其兄, Les sujets serviront leur prince par motif d’affection et de justice. Le fils servira son père par motif d’affection et de justice. Le frère puîné ╓589 servira son frère aîné par motif d’affection et de justice. Ministers will serve their sovereign, cherishing the principles of benevolence and righteousness ; sons will serve their fathers, and younger brothers will serve their elder brothers, in the same way
是君臣、父子、兄弟去利,懷仁義以相接也。 Le prince et le sujet, le père et le fils, le frère aîné et le frère puîné, oubliant leur intérêt propre, s’acquitteront de leurs devoirs mutuels par motif d’affection et de justice. - and so, sovereign and minister, father and son, elder brother and younger, abandoning the thought of profit, will cherish the principles of benevolence and righteousness, and carry on all their intercourse upon them.
然而不王者,未之有也。何必曰利?」 Un prince, qui a obtenu ce résultat, est toujours parvenu à gouverner tout l’empire. Est il besoin de parler de profit ? But never has there been such a state of society, without the State where it prevailed rising to the royal sway. Why must you use that word "profit."’


孟子曰: [37] VI.2.15. Meng tzeu dit : Mencius said,
「舜發於畎畝之中,傅說舉於版築之閒,膠鬲舉於魚鹽之中,管夷吾舉於士,孫叔敖舉於海,百里奚舉於市。 — Les honneurs allèrent chercher Chouenn au milieu ces champs qu’il cultivait, Fou Iue dans une cabane de terre qui lui servait d’habitation, Kiao ko au milieu des poissons et du sel qu’il vendait, Kouan I ou ╓605 dans une prison entre les mains d’un geôlier, Suenn chou Ngao sur le bord de la mer où il vivait retiré, Pe li Hi dans un lieu de marché. [1] ’Shun rose from among the channelled fields. Fu Yue was called to office from the midst of his building frames ; Jiao Ge from his fish and salt ; Guan Yi Wu from the hands of his gaoler ; Sun Shu Ao from his hiding by the sea-shore ; and Bai Li Xi from the market-place.
故天將降大任於是人也,必先苦其心志,勞其筋骨,餓其體膚,空乏其身,行拂亂其所為,所以動心忍性,曾益其所不能。 « Ainsi, lorsque le Ciel veut imposer à quelqu’un une grande charge, auparavant il abreuve son cœur d’amertumes, soumet à la fatigue ses nerfs et ses os, livre au tourment de la faim ses membres et tout son corps, le réduit à la plus extrême indigence, contrarie et renverse toutes ses entreprises. Par ce moyen ╓606 il réveille en lui les bons sentiments, fortifie sa patience, et lui communique ce qui lui manquait encore [41]. Thus, when Heaven is about to confer a great office on any man, it first exercises his mind with suffering, and his sinews and bones with toil. It exposes his body to hunger, and subjects him to extreme poverty. It confounds his undertakings. By all these methods it stimulates his mind, hardens his nature, and supplies his incompetencies.
人恒過,然後能改;困於心,衡於慮,而後作;徵於色,發於聲,而後喻。入則無法家拂士, « Les hommes ordinaires [42] ne corrigent leurs défauts, qu’après avoir commis des fautes. Ils ne font de généreux efforts, qu’après avoir eu le cœur dans l’angoisse et vu leurs desseins traversés. Ils ne commencent à comprendre que quand ils ont lu sur les visages et entendu dans les discours les sentiments que leur conduite excite dans les cœurs. Men for the most part err, and are afterwards able to reform. They are distressed in mind and perplexed in their thoughts, and then they arise to vigorous reformation. When things have been evidenced in men’s looks, and set forth in their words, then they understand them.
出則無敵國外患者,國恒亡。然後知生於憂患而死於安樂也。」 Un royaume périt ordinairement, quand il n’a pas, à l’intérieur, d’anciennes familles attachées à l’observation des lois, et de sages ministres, et à l’extérieur, des ennemis et des difficultés. Ou voit par là que la vie est dans la sollicitude et la souffrance, et la mort dans le repos et le bien-être. If a prince have not about his court families attached to the laws and worthy counsellors, and if abroad there are not hostile States or other external calamities, his kingdom will generally come to ruin. From these things we see how life springs from sorrow and calamity, and death from ease and pleasure.’


孟子曰:「盡其心者,知其性也。 [43] Meng tzeu dit : — Celui qui cultive parfaitement son intelligence, connaît sa nature [44]. Mencius said, ’He who has exhausted all his mental constitution knows his nature.
知其性,則知天矣。 Celui qui connaît sa nature, connaît le Ciel. [2] Knowing his nature, he knows Heaven.
存其心,養其性,所以事天也。 Conserver parfaitement ses facultés intellectuelles, entretenir en soi les dons de la nature, c’est le moyen de servir le Ciel. [養 yǎng : nurrir, élever, éduquer] To preserve one’s mental constitution, and nourish one’s nature, is the way to serve Heaven.
殀壽不貳,修身以俟之,所以立命也。」 Être indifférent au sujet de la longueur ou de la brièveté de la vie, et travailler à se perfectionner soi-même jusqu’à la fin de sa carrière, c’est le moyen d’affermir les dons que l’on a reçus du Ciel. » [45].[修身 xiū​shēn : cultiver sa personne [46]] When neither a premature death nor long life causes a man any double-mindedness, but he waits in the cultivation of his personal character for whatever issue ; this is the way in which he establishes his Heaven-ordained being.’


孟子曰:「莫非命也,順受其正。 [47] ╓608 Meng tzeu dit : Rien n’existe qui ne soit voulu et ordonné par le Ciel. Il faut accepter avec soumission ce qu’il veut et ordonne directement. [48].[順 shùn obéir, suivre] Mencius said, ’There is an appointment for everything. A man should receive submissively what may be correctly ascribed thereto.
是故知命者,不立乎巖牆之下。 Pour cette raison, celui qui a une juste idée de la providence céleste ne se tient pas au pied d’un mur qui menace ruine [49]. Therefore, he who has the true idea of what is Heaven’s appointment will not stand beneath a precipitous wall.
盡其道而死者,正命也。桎梏死者,非正命也。」 La mort de celui qui termine ses jours dans l’accomplissement de ses devoirs, est ordonnée directement par le Ciel. La mort du criminel qui périt dans les fers ne l’est pas. Death sustained in the discharge of one’s duties may correctly be ascribed to the appointment of Heaven. Death under handcuffs and fetters cannot correctly be so ascribed.’


孟子曰:「萬物皆備於我矣。反身而誠,樂莫大焉。 VII.I.4. ╓609 Meng tzeu dit : - Nous avons en nous les principes de toutes les connaissances. Le plus grand bonheur possible est celui de voir, en s’examinant soi-même, qu’il ne manque rien à sa propre perfection. Mencius said, ’All things are already complete in us. There is no greater delight than to be conscious of sincerity on self-examination.
強恕而行,求仁莫近焉。」 Si quelqu’un s’efforce d’aimer les autres comme lui-même, la perfection qu’il cherche est tout près de lui. If one acts with a vigorous effort at the law of reciprocity, when he seeks for the realization of perfect virtue, nothing can be closer than his approximation to it.’


孟子曰:「恥之於人大矣。 Meng tzeu dit : La honte est un sentiment d’une grande importance. Mencius said, ’The sense of shame is to a man of great importance.
為機變之巧者,無所用恥焉。 Les adroits machinateurs de ruses et de fourberies, ne rougissent de rien. Those who form contrivances and versatile schemes distinguished for their artfulness, do not allow their sense of shame to come into action.
不恥不若人,何若人有?」 Celui qui n’a plus ce sentiment essentiel à l’homme de bien, que peut‑il avoir de ce qui constitue l’homme de bien ? When one differs from other men in not having this sense of shame, what will he have in common with them ?’


孟子曰:「霸者之民,驩虞如也;王者之民,皞皞如也。 VII.I.13. Meng tzeu dit : Les sujets d’un puissant chef des princes sont transportés de joie [50]. Mencius said, ’Under a chief, leading all the princes, the people look brisk and cheerful. Under a true sovereign, they have an air of deep contentment.
殺之而不怨,利之而不庸, Les sujets d’un empereur véritable sont toujours heureux. Ils accepteraient de lui, sans se plaindre, même leur sentence de mort. Lorsqu’ils reçoivent de lui un bienfait ; ils ne lui en font pas un mérite extraordinaire, [51]. Though he slay them, they do not murmur. When he benefits them, they do not think of his merit.
民日遷善而不知為之者。 Le peuple devient meilleur chaque jour, sans apercevoir l’action de celui qui le rend meilleur. From day to day they make progress towards what is good, without knowing who makes them do so.
夫君子所過者化,所存者神, Un prince sage 君子opère des transformations 化partout où il passe. Dans tout ce qu’il entreprend, son action est merveilleuse. Wherever the superior man passes through, transformation follows ; wherever he abides, his influence is of a spiritual nature.
上下與天地同流,豈曰小補之哉?」 Son influence s’étend partout, unie à celle du ciel et de la terre. Dira‑t-on qu’il ne rend pas de grands services ? It flows abroad, above and beneath, like that of Heaven and Earth. How can it be said that he mends society but in a small way !’


孟子曰:「君子有三樂,而王天下不與存焉。 Meng tzeu dit : Trois choses donnent au sage une grande joie, et la dignité impériale n’est pas de ce nombre. Mencius said, ’The superior man has three things in which he delights, and to be ruler over the kingdom is not one of them.
父母俱存,兄弟無故,一樂也。 La première, c’est d’avoir encore son père et sa mère, de voir ses frères exempts de tout embarras sérieux. That his father and mother are both alive, and that the condition of his brothers affords no cause for anxiety ; this is one delight.
仰不愧於天,俯不怍於人,二樂也。 La deuxième, c’est de n’avoir rien dont il doive rougir ni devant le Ciel ni devant les hommes. That, when looking up, he has no occasion for shame before Heaven, and, below, he has no occasion to blush before men ; this is a second delight.
得天下英才而教育之,三樂也。 La troisième, c’est d’attirer à lui tous les hommes de talent, de les former par ses leçons. That he can get from the whole kingdom the most talented individuals, and teach and nourish them ; this is the third delight.
君子有三樂,而王天下不與存焉。」 Trois choses lui donnent une grande joie ; la dignité impériale n’est pas de ce nombre. The superior man has three things in which he delights, and to be ruler over the kingdom is not one of them.’


孟子曰:「廣土眾民,君子欲之,所樂不存焉。 VII.I.21. ╓616 Meng tzeu dit :— Un vaste territoire, un peuple nombreux sont des choses conformes aux désirs de l’homme sage 君子 ; mais ce n’est pas ce qui lui cause une grande joie. Mencius said, ’Wide territory and a numerous people are desired by the superior man, but what he delights in is not here.
中天下而立,定四海之民,君子樂之,所性不存焉。 Être à la tête de l’empire et procurer la paix à tous les peuples, est pour l’homme sage une grande joie ; mais ce qu’il a reçu de la nature [53], ne consiste pas en cela. To stand in the centre of the kingdom, and tranquillize the people within the four seas - the superior man delights in this, but the highest enjoyment of his nature is not here.
君子所性,雖大行不加焉,雖窮居不損焉,分定故也。 Ce que le sage a reçu de la nature, ne peut être augmenté, lors même qu’il ferait de grandes choses, ni diminué, lors même qu’il vivrait dans la pauvreté, parce c’est la part qui lui a été assignée par le Ciel. What belongs by his nature to the superior man cannot be increased by the largeness of his sphere of action, nor diminished by his dwelling in poverty and retirement - for this reason that it is determinately apportioned to him by Heaven.
君子所性,仁義禮智根於心。 Ce que l’homme sage tient de la nature, ce sont les vertus de bienveillance, de justice, d’urbanité et de prudence : Elles ont leurs racines dans le cœur ; What belongs by his nature to the superior man are benevolence, righteousness, propriety, and knowledge. These are rooted in his heart ;
其生色也,睟然見於面,盎於背,施於四體, mais leurs effets apparaissent manifestement sur le visage, se voient dans la tenue des épaules et de tous les membres. their growth and manifestation are a mild harmony appearing in the countenance, a rich fullness in the back, and the character imparted to the four limbs.
四體不言而喻。」 Tout le corps comprend son devoir, sans qu’on l’en avertisse.[體 tǐ corps, forme] Those limbs understand to arrange themselves, without being told.’


孟子曰:「楊子取為我,拔一毛而利天下,不為也。 ◙ Meng tzeu dit : Iang Tchou a pour maxime qu’il peut à peine assez faire pour lui-même [54]. Il ne voudrait pas sacrifier un de ses cheveux dans l’intérêt de l’empire. Mencius said, ’The principle of the philosopher Yang was "Each one for himself." Though he might have benefited the whole kingdom by plucking out a single hair, he would not have done it.
墨子兼愛,摩頂放踵利天下,為之。 Me Ti aime tous les hommes également et sans distinction. Pour se rendre utile à l’empire, il consentirait à se laisser racler tout le corps de la tête aux pieds. The philosopher Mo loves all equally. If by rubbing smooth his whole body from the crown to the heel, he could have benefited the kingdom, he would have done it.
子莫執中, Tzeu mouo tient le milieu entre ces deux philosophes. Zi Mo holds a medium between these.
執中為近之, Tenant le milieu, il approche davantage de la vérité. By holding that medium, he is nearer the right.
執中無權,猶執一也。 Mais, parce qu’il veut garder le juste milieu sans tenir compte des circonstances, il s’attache aussi obstinément à un point. But by holding it without leaving room for the exigency of circumstances, it becomes like their holding their one point.
所惡執一者,為其賊道也,舉一而廢百也。」 La raison pour laquelle je hais celui qui s’attache obstinément à un point, c’est qu’il altère la vraie doctrine. Il prend un principe unique, et en laisse de côté cent autres. The reason why I hate that holding to one point is the injury it does to the way of right principle. It takes up one point and disregards a hundred others.’


孟子曰:「有為者辟若掘井, Meng tzeu dit : — Celui qui s’adonne à la pratique de la vertu peut être comparé à un homme qui creuse un puits. Mencius said, ’A man with definite aims to be accomplished may be compared to one digging a well.
掘井九軔而不及泉,猶為棄井也。」 Cet homme eût‑il creusé à une profondeur de neuf fois huit pieds, s’il ne va pas jusqu’à la source, il est vrai de dire qu’il abandonne son puits. To dig the well to a depth of seventy-two cubits, and stop without reaching the spring, is after all throwing away the well.’


孟子曰:「民為貴, VII.II.14. ⌂ Meng tzeu dit :Le peuple est la partie la plus importante d’un État ; Mencius said, ’The people are the most important element in a nation ;
社稷次之, les esprits protecteurs de la terre et des grains viennent en deuxième lieu ; the spirits of the land and grain are the next ;
君為輕。 et le souverain, seulement en troisième lieu. the sovereign is the lightest.
是故得乎丘民而為天子,得乎天子為諸侯,得乎諸侯為大夫。 Aussi, la dignité impériale s’obtient par la faveur du peuple des campagnes, la dignité de prince par la faveur de l’empereur, et la dignité de grand préfet par la faveur du prince Therefore to gain the peasantry is the way to become sovereign ; to gain the sovereign is the way to become a prince of a State ; to gain the prince of a State is the way to become a great officer.
諸侯危社稷,則變置。 Lorsqu’un prince met en péril [55] les autels des esprits tutélaires, un autre est établi en sa place [56]. When a prince endangers the altars of the spirits of the land and grain, he is changed, and another appointed in his place.
犧牲既成,粢盛既潔,祭祀以時,然而旱乾水溢,則變置社稷。」 Lorsque les sacrifices ont été faits aux temps ordinaires, avec des vic­times sans défaut et du millet pur dans les vases sacrés, et que cependant il sur­vient des sécheresses ou des inondations, [57], on les change [58]. When the sacrificial victims have been perfect, the millet in its vessels all pure, and the sacrifices offered at their proper seasons, if yet there ensue drought, or the waters overflow, the spirits of the land and grain are changed, and others appointed in their place.’


孟子曰:「口之於味也,目之於色也,耳之於聲也,鼻之於臭也,四肢之於安佚也,性也, VII.II.24. Meng tzeu dit :C’est par une tendance naturelle que le goût se porte vers les saveurs, la vue vers les couleurs, l’ouïe vers les sons, l’odorat vers les odeurs, tous les membres vers le bien‑être et le repos. Mencius said, ’For the mouth to desire sweet tastes, the eye to desire beautiful colours, the ear to desire pleasant sounds, the nose to desire fragrant odours, and the four limbs to desire ease and rest - these things are natural
有命焉,君子不謂性也。 Mais la Providence est la dispensatrice des biens extérieurs. Pour cette raison, le sage ne donne pas à cette tendance naturelle le nom de nature, c’est-à-dire de loi naturelle que l’homme puisse ou doive suivre en toutes choses. . But there is the appointment of Heaven in connexion with them, and the superior man does not say of his pursuit of them, "It is my nature."
仁之於父子也,義之於君臣也,禮之於賓主也,智之於賢者也,聖人之於天道也,命也, « L’affection mutuelle du père et du fils, la justice mutuelle du prince et du ╓641 sujet, l’urbanité mutuelle du maître de la maison et de l’hôte qu’il reçoit, l’habileté à discerner les sages, la sagesse parfaite qui marche toujours dans la voie droite, toutes ces vertus sont des dons de la Providence. The exercise of love between father and son, the observance of righteousness between sovereign and minister, the rules of ceremony 禮 between guest and host, the display of knowledge 智 in recognising the talented, and the fulfilling the heavenly course by the sage 聖人- these are the appointment of Heaven.
有性焉,君子不謂命也。」 Mais il y a la nature ou la loi naturelle qui nous oblige à les mettre en pratique. Pour cette raison, le sage n’appelle pas don du Ciel la pratique de ces vertus. [59]. But there is an adaptation of our nature for them. The superior man does not say, in reference to them, "It is the appointment of Heaven."’


孟子曰:「養心莫善於寡欲。 Meng tzeu dit : — Le meilleur moyen de développer les vertus naturelles du cœur, c’est de diminuer les désirs. Mencius said, ’To nourish the mind there is nothing better than to make the desires few.
其為人也寡欲, [60]雖有不存焉者,寡矣; ╓648 Celui qui diminue ses désirs, pourra s’écarter de la voie de la vertu, mais ce sera rarement. [存 cún garder, engranger] Here is a man whose desires are few - in some things he may not be able to keep his heart, but they will be few.
其為人也多欲,雖有存焉者,寡矣。」 Celui qui a beaucoup de désirs, pourra faire des actes de vertu, mais ce sera rarement. Here is a man whose desires are many - in some things he may be able to keep his heart, but they will be few.’


孔子曰:『過我門而不入我室,我不憾焉者,其惟鄉原乎! [61] [VII.II.37.../...Wan Tchang reprit] : Confucius disait : « Ceux que je suis content de voir passer devant ma porte et ne pas entrer dans ma maison, [62] ; ne sont‑ce ╓651 pas les hommes que les villageois considèrent comme vertueux ? [Zhang pursued his questioning, ’] Confucius said, "They are only your good careful people of the villages at whom I feel no indignation, when they pass my door without entering my house.
鄉原,德之賊也。』」 Ces hommes sont le fléau 賊 de la vertu.德 » [63]. Your good careful people of the villages are the thieves of virtue."’
曰:「何如斯可謂之鄉原矣?」 Qu’appelle‑t‑on homme vertueux aux yeux des villageois ? ’What sort of people were they who could be styled "Your good careful people of the villages ?"’
曰:「『何以是嘐嘐也?言不顧行,行不顧言,則曰:古之人,古之人。 [64], dit : « Pourquoi ces désirs et ce langage si élevés ? Leur langage ne répond pas à leur conduite, ni leur conduite à leur langage. Ils s’écrient : Oh ! les anciens ! Oh ! les anciens ! » [65]. Mencius replied, ’They are those who say, "Why are they so magniloquent ? Their words have not respect to their actions and their actions have not respect to their words, but they say, "The ancients ! The ancients !
行何為踽踽涼涼?生斯世也,為斯世也,善斯可矣。』閹然媚於世也者,是鄉原也。」 « Pourquoi, dit‑il, dans leur conduite cherchent‑ils à se distinguer, et sont‑ils si froids à l’égard des autres ? » Ce prétendu sage agit comme les hommes de son siècle, et s’il obtient leur approbation, cela lui suffit : Il flatte les hommes de son siècle, comme font les eunuques. Tel est l’homme qui passe pour vertueux aux yeux des villageois. Why do they act so peculiarly, and are so cold and distant ? Born in this age, we should be of this age, to be good is all that is needed." Eunuch-like, flattering their generation - such are your good careful men of the villages.’
萬子曰:「一鄉皆稱原人焉,無所往而不為原人,孔子以為德之賊,何哉?」 Wan Tchang dit : Tous les habitants de son village le disent vertueux ; partout où il va, il agit en homme de bien. Pourquoi Confucius le considère‑t‑il comme le fléau de la vertu ? Wan Zhang said, ’Their whole village styles those men good and careful. In all their conduct they are so. How was it that Confucius considered them the thieves of virtue ?’
曰:「非之無舉也,刺之無刺也; ╓652 Meng tzeu répondit :On ne trouve en lui rien de blâmable, rien de répréhensible. Mencius replied, ’If you would blame them, you find nothing to allege. If you would criticise them, you have nothing to criticise.
同乎流俗,合乎汙世; Mêlé à la foule, il suit le courant ; il imite les hommes vicieux de son siècle. They agree with the current customs. They consent with an impure age.
居之似忠信,行之似廉潔; Dans ses sentiments, il paraît sincère et digne de foi 忠信 ; dans sa conduite, il paraît intègre et irréprochable Their principles have a semblance of right-heartedness and truth. Their conduct has a semblance of disinterestedness and purity.
眾皆悅之,自以為是,而不可與入堯舜之道, . Il plaît à la multitude, lui-même se croit parfait ;是 et il est impossible de le faire entrer dans la voie suivie par Iao et Chouenn. All men are pleased with them, and they think themselves right, so that it is impossible to proceed with them to the principles of Yao and Shun.
故曰德之賊也。 C’est pourquoi Confucius l’appelle le fléau de la vertu. On this account they are called "The thieves of virtue."
孔子曰:『惡似而非者:惡莠,恐其亂苗也; « Confucius disait : Je hais une apparence sans réalité. Je hais le faux millet, parce que je crains qu’on ne le confonde avec le vrai. Confucius said, "I hate a semblance which is not the reality. I hate the darnel, lest it be confounded with the corn.
惡佞,恐其亂義也; Je hais les raisons spécieuses, parce que je crains qu’on ne les prenne pour de bonnes raisons. I hate glib-tonguedness, lest it be confounded with righteousness.
惡利口,恐其亂信也; Je hais les discours verbeux et vides de sens, parce que je crains qu’on ne les prenne pour des discours dignes d’attention. I hate sharpness of tongue, lest it be confounded with sincerity.
惡鄭聲,恐其亂樂也; Je hais les chants de Tcheng, parce que je crains qu’on ne les prenne pour des chants vraiment beaux. I hate the music of Chang, lest it be confounded with the true music.
惡紫,恐其亂朱也; Je hais la couleur rouge‑bleu, parce que je crains qu’on ne la confonde avec la couleur rouge. I hate the reddish blue, lest it be confounded with vermilion.
惡鄉原,恐其亂德也。』 Je hais les hommes qui dans les villages sont réputés parfaits, parce que ╓653 je crains qu’on ne confonde leur vertu apparente avec la vraie vertu. » I hate your good careful men of the villages, lest they be confounded with the truly virtuous."
君子反經而已矣。經正,則庶民興;庶民興,斯無邪慝矣。」 Le sage se contente de remettre en vigueur les lois immuables de la vertu. Aussitôt le peuple s’applique à pratiquer la vertu. La perversité et la fourberie disparaissent de la terre. The superior man seeks simply to bring back the unchanging standard, and, that being correct, the masses are roused to virtue. When they are so aroused, forthwith perversities and glossed wickedness disappear.’

esperer-isshoni.fr, mars 2013

[1Chouenn cultivait, la terre près du mont Li [38] ; à l’âge de trente ans, il fut associé à l’empire par Iao. Iue habitait une cabane de terre dans le désert de Fou ien [39] ; il fut promu par Ou ting. Kiao ko, à une époque de trouble, faisait le commerce de sel et de poisson ; il fut promu, par Wenn wang. Kouan Tchoung était tenu dans les fers par le gardien de la prison ; il fut nommé ministre d’État par le prince Houan. Suenn chou Ngao vivait retiré au bord de la mer ; il fut créé premier ministre par Tchouang, prince de Tch’ou [40]. L’histoire de Pe li Hi est rapportée dans un chapitre précédent. Voy. page ╓531

[2L’intelligence est cette faculté spirituelle avec laquelle l’homme a reçu les principes de toutes les connaissances, et par laquelle il se dirige en toutes choses. La nature est l’ensemble des principes que l’intelligence connaît naturellement. Le Ciel est le principe de tous les principes. Il n’est personne dont l’intelligence ne possède les principes de toutes les connaissances. Cf. Ta Hio, p. 2 et 11.


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