Franck GUYEN

Dieu est-il tout-puissant ? d’après Thomas d’Aquin

samedi 19 mai 2018 par Phap

Source

  • Éditions de la Revue des jeunes, Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, Dieu Tome troisième, Ia, Questions 18-26, Traduction française par A. D. Sertillanges, o.p., membre de l’Institut, Troisième Édition, Société Saint Jean l’Évangéliste, Desclée & Cie, Imprimeurs du Saint Siège et de la Congrégation des Rites, Paris, Tournai, Rome, 1947, 375 p.

Autorisation de publication

Nous avons lu la traduction française, avec notes et appendices, du Traité de Dieu (Somme Théologique, Ia, qu. 12-26) de Saint Thomas d’Aquin, par le R. Père A. D. Sertillanges, O. P., et nous l’avons trouvée digne d’être publiée.
Paris, le 7 Juillet 1926.

  • H. D. NOBLE, O. P., Maître en Théologie.
  • M. BARGE, O. P., Lecteur en Théologie.

Nihil obstat
7 Juillet 1926.

  • R. Louis, O. P., Provincial.

IMPRIMATUR
Lutetiæ Parisiorum, die 7a Julii 1926. EUGENIUS JACOBUS Episc. Trallian.


Le texte

Nota bene : Les notes sont du père Sertillanges.
Rappel : les articles dans la Somme théologique sont composés généralement sous la forme standard suivante :

  • l’intitulé de la question
  • les objections du contradicteur (præterea)
  • la réponse autorisée - des Écritures saintes ou des Pères de l’Église (sed contra)
  • la réponse de Thomas (respondeo)
  • les réponses aux objections du contradicteur

QUESTION 25. DE LA PUISSANCE DIVINE - QUÆSTIO XXV. DE DIVINA POTENTIA

ARTICLE 3. Dieu est-il tout-puissant ? ARTICULUS III. Utrum Deus sit omnipotens.

[p.236] ARTICLE 3. Dieu est-il tout-puissant ? ARTICULUS III. Utrum Deus sit omnipotens. [1]

DIFFICULTÉS - AD TERTIUM sic proceditur.

DIFFICULTÉS : 1. Non, Dieu ne peut pas tout ; car se mouvoir et souffrir une action est bien quelque chose, parmi les choses : or Dieu ne le peut point, étant immobile. AD TERTIUM sic proceditur. Videtur quod Deus non sit omnipotens. Moveri enim et pati aliquid omnium est. Sed hoc Deus non potest : est enim immobilis, ut supra ostensum est. Non est igitur omnipotens.
2. Pécher, aussi, est bien quelque chose, puisque c’est une action ; or Dieu ne peut pas pécher, pas plus que se renier lui-même, ainsi que dit l’Apôtre [2]. 2. PRÆTEREA, peccare aliquid agere est. Sed Deus non potest peccare, nec seipsum negare, ut dicitur 2 ad I Tim. 2 [v. 13]. Ergo Deus non est omnipotens.
3. Au surplus, ne dit-on pas de Dieu qu’il montre sa puissance surtout en pardonnant et en faisant miséricorde ? C’est donc que l’extrême limite de cette puissance est dans le pardon, dans la miséricorde. Or il est des choses plus difficiles que de pardonner et d’avoir pitié ; par exemple de créer un autre monde, ou autre chose semblable. Cela, Dieu ne le pourrait donc point. 3. PRÆTEREA, de Deo dicitur [in collecta Domin. X post Pentecost.] quod « omnipotentiam suam parcendo [p.237] maxime et miserando manifestat. » Ultimum igitur quod potest divina potentia, est parcere et misereri. Aliquid autem est multo majus quam parcere et misereri ; sicut creare alium mundum, vel aliquid hujus- modi. Nec igitur Deus est omnipotens.
[p.237] 4. Enfin, au sujet de ces mots de saint Paul :
« Dieu a convaincu de folie la sagesse de ce monde », la Glose dit : « Dieu a convaincu de folie la sagesse de ce monde en montrant possible ce que cette sagesse jugeait impossible. » Il semble donc qu’il ne faille pas juger du possible ou de l’impossible d’après les causes inférieures, comme fait la sagesse de ce monde, mais d’après la puissance divine. Si donc Dieu est tout-puissant, tout sera possible. Il n’y aura donc rien d’impossible. Or supprimez l’impossible, vous supprimez aussi le nécessaire ; car ce qu’on dit nécessaire, il est impossible que cela ne soit point. Il n’y aura donc plus rien de nécessaire dans les choses, à supposer que Dieu soit tout-puissant. Or cela ne se peut point. [3]
PRÆTEREA, super illud 1 Cor. 1 [v. 20], « stultam fecit Deus sapientiam hujus mundi », dicit Glossa : « sapientiam hujus mundi Deus stultam fecit, ostendendo possibile, quod illa impossibile judicabat. » Unde videtur quod non sit judicandum aliquid possibile vel impossibile secundum inferiores causas, prout sapientia mundi judicat ; sed secundum potentiam divinam. Si igitur Deus sit omnipotens, omnia erunt possibilia. Nihil ergo impossibile. Sublato autem impossibili, tollitur necessarium : nam quod necesse est esse, impossibile est non esse. Nihil ergo erit necessarium in rebus, si Deus est omnipotens.

CEPENDANT - SED CONTRA

CEPENDANT , on lit dans saint Luc : « Rien n’est impossible à Dieu. » SED CONTRA est quod dicitur Luc. 1 [v. 37] : « non erit impossibile apud Deum omne verbum

CONCLUSION - RESPONDEO

[p.238] CONCLUSION  : Tout le monde accorde que Dieu est tout-puissant [4]. Ce qu’il paraît difficile d’expliquer, c’est cette notion de toute-puissance, et le doute vient de savoir ce qui doit être compris dans le partage, quand on dit : Dieu peut tout. Mais à y bien regarder, comme la puissance n’est relative qu’au possible, quand on dit : Dieu peut tout, on ne peut le mieux comprendre qu’en concevant qu’il peut tout ce qui est possible, et que c’est à ce titre qu’on le dit tout-puissant. RESPONDEO dicendum quod communiter confitentur omnes Deum esse omnipotentem. Sed rationem omni- potentiæ assignare difficile videtur. Dubium enim esse potest quid comprehendatur sub ista distributione, cum dicitur Deum omnia posse. Sed si quis recte conside- ret, cum potentia dicatur ad possibilia, cum Deus dicitur omnia posse, nihil rectius intelligitur quam quod possit omnia possibilia, et ob hoc omnipotens dicatur.
Or, d’après le Philosophe, le possible se prend en deux sens. On peut l’envisager par rapport à quelque pouvoir particulier, comme si l’on dit possible à l’homme ce qui est soumis à la puissance de l’homme. Mais on ne peut pas dire que Dieu soit tout-puissant parce qu’il peut tout ce qui est possible à la nature créée ; car la puissance de Dieu s’étend bien au delà.
D’autre part, si l’on dit que Dieu est tout-puissant parce qu’il peut tout ce qui est possible à sa propre puissance, c’est un cercle ; car on ne dit alors rien de plus [p.239] que ceci : Dieu est tout-puissant parce qu’il peut tout ce qu’il peut.
Possibile autem dupliciter dicitur, secundum Philosophum, in 5 Metaphys. [cap. 12]. Uno modo, per respectum ad aliquam potentiam : sicut quod subditur humanæ potentiæ, dicitur esse possibile homini. Non autem potest dici quod Deus dicatur omnipotens, quia potest omnia quæ sunt possibilia naturæ creatæ : quia divina potentia in plura extenditur. Si autem dicatur [p.239] quod Deus sit omnipotens, quia potest omnia quæ sunt possibilia suæ potentiæ, erit circulatio in manifestatione omnipotentiæ : hoc enim non erit aliud quam dicere quod Deus est omnipotens, quia potest omnia quæ potest.
Reste que Dieu soit dit tout-puissant parce qu’il peut tout le possible absolument parlant, et telle est l’autre- façon de concevoir le possible. Or on dit une chose possible ou impossible absolument d’après le rapport des termes : possible, parce que le prédicat ne répugne point au sujet, par exemple que Socrate s’assoie ; impossible absolument, parce que le prédicat répugne au sujet, comme ceci, que l’homme soit un âne. Relinquitur igitur quod Deus dicatur omnipo¬tens, quia potest omnia possibilia absolute, quod est alter modus dicendi possibile. Dicitur autem possibile vel impossibile aliquid absolute, ex habitudine termino- rum : possibile, quia prædicatum non répugnât subjecto, ut Socratem sedere ; impossibile vero absolute, quia prædicatum répugnat subjecto, ut hominem esse asinum.
Il faut en outre considérer qu’un agent communiquant toujours sa ressemblance, à toute puissance active correspond un effet possible, qui est son objet propre, ce qui répond à la nature de l’acte ou forme d’existence où se fonde la puissance active dont il s’agit [5]. Ainsi, la puissance d’échauffer se rapporte, comme à son propre objet, à ce qui est susceptible d’échauffement. Or l’être divin, sur qui prend appui la notion de la divine puissance, est un être infini et [p.240] non limité à quelque façon d’être, vu qu’il détient, avant toute communication, la totale perfection de l’être. En conséquence, tout ce qui peut répondre à la notion d’être se trouve contenu dans le possible absolu, à l’égard duquel Dieu se dit tout-puissant. Est autem considerandum quod, cum unumquodque agens agat sibi simile, unicuique potentiæ activæ cor- respondet possibile ut objectum proprium, secundum rationem iliius actus in quo fundatur potentia activa : sicut potentia calefactiva refertur, ut ad proprium objectum, ad esse calefactibile. Esse autem divinum, [p.240] super quod ratio divinæ potentiæ fundatur, est esse infinitum, non limitatum ad aliquod genus entis, sed præhabens in se totius esse perfectionem. Unde quid quid potest habere rationem entis, continetur sub pos¬sibilibus absolutis, respectu quorum Deus dicitur omnipotens.
Dès lors, comme rien ne s’oppose à la notion d’être, si ce n’est le non-être, cela seul répugne à la notion du possible absolu soumis à la divine puissance, qui implique en soi simultanément l’être et le non-être. Cela en effet n’est pas soumis à la toute-puissance, non à cause d’un défaut de cette puissance divine ; mais parce qu’il ne peut revêtir la qualité de faisable et de possible. Ainsi, tout ce qui n’implique pas contradiction est contenu sous ces possibles à l’égard desquels Dieu est dit tout-puissant. Quant aux termes qui impliquent contradiction, ils ne sont pas compris dans la toute-puissance divine, parce qu’ils ne comportent point la qualité de possibles. Pour cette raison il convient de dire d’eux qu’ils ne [p.241] peuvent pas être réalisés, plutôt que de dire : Dieu ne peut pas les faire. - Et cette doctrine ne contredit pas aux paroles de l’ange, disant : « A Dieu rien n’est impossible » ; car ce qui implique contradiction n’est rien d’exprimable, nulle intelligence ne pouvant le concevoir. [6] Nihil autem opponitur rationi entis, nisi non ens. Hoc igitur répugnât rationi possibilis absoluti, quod subdit ur divinæ omnipotentiæ, quod implicat in se esse et non esse simul. Hoc enim omnipotentiæ non subdi- tur, non propter defectum divinæ potentiæ ; sed quia non potest habere rationem factibilis neque possibilis. Quæcumque igitur contradictionem implicant, sub divina omnipotentia non continentur : quia non possunt habere possibilium rationem. Unde convenientius dici¬tur quod non possunt fieri, qüam quod Deus non potest ea facere.—Nec hoc est contra verbum Angeli dicentis [p.241] [loc. cit. in arg. Sed contra] : « non erit impossibile apud Deum omne verbum. » Id enim quod contradictionem implicat, verbum esse non potest : quia nullus intellectus potest id concipere.

SOLUTIONS - AD PRIMUM ergo

SOLUTIONS : 1. Le premier doute ne repose que sur une équivoque déjà dénoncée. La toute-puissance de Dieu évoque une puissance active, non une puissance passive. Un être ne répugne donc pas à la toute-puissance pour être incapable de mouvement et de passivité. AD PRIMUM ergo dicendum quod Deus dicitur omni- . potens secundum potentiam activam, non tamen secun¬dum potentiam passivam, ut dictum est [in corpore]. Unde, quod non potest moveri et pati, non répugnai omnipotentiæ.
2. On soulève la question du péché ; mais pécher est déchoir de l’action parfaite, et pouvoir pécher est donc être capable de déchéance dans l’action, ce qui répugne à la toute-puissance. Pour cette raison, Dieu, le Dieu tout-puissant, ne peut pécher. Et cependant le Philosophe a écrit : « Dieu et le juste peuvent faire des choses mauvaises. » Mais cela doit se comprendre ou bien comme une proposition conditionnelle dont l’an- (p.242]técédent est impossible, comme si l’on dit : Dieu peut faire du mal s’il veut ; car rien n’empêche qu’une proposition conditionnelle ne soit vraie alors que son antécédent et son conséquent sont impossibles ; par exemple : Si l’homme est un âne, il a quatre pieds. Ou bien le Philosophe entend dire que Dieu peut faire des choses apparemment mauvaises, mais qui seraient bonnes s’il les faisait. Ou enfin il parle selon l’opinion commune des Gentils, qui croyaient à la déification de certains hommes, transformés en Jupiter, en Mercure, etc. [7] AD SECUNDUM dicendum quod peccare est deficere a perfecta actione : unde posse peccare est posse deficere in agendo, quod répugnat omnipotentiæ. Et propter hoc, Deus peccare non potest, qui est omnipotens. Quamvis Philosophus dicat, in 4 Topic. [cap. 5], quod « potest Deus et studiosus prava agere. » Sed hoc intelligitur vel sub conditione cujus antecedens sit impos[p.242]sibile, ut puta si dicamus quod Deus potest prava agere si velit : nihil enim prohibât conditionalem esse veram, cujus antecedens et consequens est impossibile ; sicut si dicatur, si homo est asinus, habet quatuor pedes. Vel ut intelligatur quod Deus potest aliqua agere, quæ nunc prava videntur ; quæ tamen si ageret, bona essent. Vel loquitur secundum communem opinionem gentilium, qui homines dicebant transferri in Deos, ut Jovem vel Mercurium.
3. Ce qu’on dit ensuite de la miséricorde est vrai, mais ne prouve évidemment rien contre notre thèse. La toute-puissance de Dieu se mon¬tre surtout en pardonnant et en faisant miséri¬corde, parce que remettre les péchés à son gré est la marque du suprême pouvoir, vu que celui-là ne le pourrait point qui serait lié par une loi supé¬rieure. [8] Cela est vrai encore parce qu’en pardonnant et en faisant miséricorde aux [p.243] hommes, Dieu les amène à la participation du bien infini, ce qui est le souverain effet de la puissance divine. Enfin parce que, ainsi qu’on l’a dit plus haut, l’effet de la divine miséricorde est le fondement de toutes les œuvres divines, vu que rien n’est dû à personne si ce n’est en raison de ce qui lui fut donné d’abord gratuitement par Dieu. Or, en cela surtout éclate la toute-puissance divine, qu’à elle appartient le premier établissement de tous les biens. AD TERTIUM dicendum quod Dei omnipotentia ostenditur maxime in parcendo et miserando, quia per hoc ostenditur Deum habert summam potestatemjj quod libéré peccata dimittit : ejus enim qui superioris legi astringitur, non est libéré peccata condonare. - Vel, parcendo hominibus et miserando, perducit eos ad paxticipationem infiniti boni, qui est ultimus effeçtus divinæ virtutis. — Vel quia, ut supra dictum est [p.243] [qu. 21, art. 4], effectus divinæ misericordiæ est fundamentum omnium divinorum operum : nihil enim debetur alicui nisi per id quod est datum ei a Deo non rdebitum. In hoc autem maxime divina omnipotentia manifestatur, quod ad ipsam pertinet prima institutio omnium bonorum.
4. Quant au quatrième argument, il exige les précisions suivantes. Ce qu’on dit possible absolument n’est appelé tel ni par rapport aux causes supérieures ni à l’égard des causes inférieures, mais en lui-même. S’agit-il du possible relatif à une certaine puissance, on le dit possible par rapport à sa cause prochaine. Il s’ensuit que les choses d’une nature telle qu’elles ne peuvent avoir que Dieu seul pour auteur, comme la création, la justification, etc., ces choses sont dites possibles par rapport à la cause suprême. Au contraire, [p.244] celles qui peuvent être réalisées par les causes inférieures sont dites possibles par rapport aux causes inférieures. Car c’est de la nature de sa cause prochaine, que l’effet reçoit contingence ou nécessité, ainsi qu’on l’a dit plus haut. Que si l’Apôtre déclarait folle la sagesse de ce monde, c’est parce qu’elle réputait impossible à Dieu lui-même ce qui était impossible à la nature. [9] On voit par là que la toute-puissance de Dieu n’exclut des choses ni l’impossibilité, ni la nécessité. AD QUARTUM dicendum quod possibile absolutum non dicitur secundum causas superiores, neque secun- dum causas inferiores ; sed secundum seipsum. Possibile vero quod dicitur secundum aliquam potentiam, nominatur possibile sëcündum proximam causam. j Unde ea quæ immédiate nata sunt fieri a solo Deo, ut creare, justificare, et hujusmodi, dicuntur possibilia secundum causam superiorem : quæ autem nata sunt fieri a causis inferioribus, dicuntur possibilia secundum causas inferiores. Nam secundum conditionem causæ proximæ, effectus habet contingentiam vel nécessita-[p.244]tem, ut supra dictum est [qu. 14, art. 13, ad 1]. In hoc autem stulta reputatur mundi sapientia, quod ea quæ sunt impossibilia naturæ, etiam Deo impossibilia judicabat. Et sic patet quod omnipotentia Dei impossibilitatem et necessitatem a rebus non excludit.

[1Parte 3, qu. 13, art. 1 ; 1 Sent., dist. 42, qu. 2, art. 2 ;
3, dist. 1, qu. 2, art. 3 ; 2 Cont. Gent., cap. 22, 25 ; De Pot., qu. 1, art. 7 ; qu. 5, art. 3 ; Quodl. 3, qu. 1, art. if 5, qu. 2, art. 1 ; 12, qu. 2, art. 1 ; 6 Ethic., lect. 2

[2Dans ce passage, saint Paul parle seulement de se démentir : mais au fond tout cela revient au même.

[3[102] Qu. 25, art. 3, diff. 4. — On a démontré plus haut, à propos des preuves de l’existence de Dieu, que tout ne peut pas être contingent, mais que le contingent repose sur du nécessaire, qui assure la stabilité de la nature et permet ses recommencements (Voir Qu. 2, art. 3, 3e voie).

[4On sait qu’il y a ici des dissentiments parmi les modernes

[5[103] Ibid., conclusion. — Du moment qu’un agent agit, il faut bien qu’il y ait un patient susceptible de recevoir son action, un patient où cette action qui est la science soit possible. Du moment qu’il communique sa ressemblance, c’est-à-dire sa forme d’être, il faut bien que l’effet possible réponde à cette forme et lui serve d’objet propre. C’est ce que les exemples qui suivent éclaircissent suffisamment.

[6[104] Ibid. — Saint Thomas dit que le contradictoire n’est pas exprimable (Verbum esse non potest) à cause de l’hellénisme maintenu dans la traduction des paroles de l’ange par la Vulgate : « Aucune parole n’est impossible à Dieu. »

[7[105] Ibid., rép. 2. — Cette dernière explication est évidemment la bonne, à en juger par le contexte. Si saint Thomas en présente d’autres, c’est sans doute pour avoir occasion de fournir un complément doctrinal.

[8[105 bis] Ibid., rép. 3. — Le prêtre pardonne aussi les péchés, mais ce n’est pas à son gré, c’est au nom du Christ, et sous des conditions indépendantes de son pouvoir. Le Christ pardonne par lui-même, et l’on sait que l’apologétique en tire argument pour établir que Jésus s’est implicitement dit Dieu.

[9[106] Ibid., rép. 4. — Cajetan, en bon intellectuel, prend soin de remarquer ici que la « sagesse de ce monde » n’est pas, dans la pensée de l’Apôtre ou dans celle de saint Thomas, la philosophie même ; car celle- ci ne porte pas le faux jugement dont on parle. Il s’agit de la philosophie comme en usent les hommes de ce monde au sens où l’Evangile prend ce mot


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 45 / 130413

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Quand le chrétien parle l’homme  Suivre la vie du site Théologie fondamentale   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.0 + AHUNTSIC

Creative Commons License