Franck GUYEN

prédication - Du buisson ardent de Moïse à Marie mère de Dieu

lundi 1er janvier 2018 par Phap

Voir Luc 2,16-21 - See Luke 2:16-21


En ce jour où nous célébrons la maternité divine de Marie [1], nous pouvons nous réjouir de la beauté de l’événement.


- Les pères de l’Église considéraient que l’événement était préfiguré dans l’épisode du « buisson ardent » de l’Exode [2] : alors que Moïse gardait son troupeau – encore une histoire de berger -, il aperçoit sur une montagne un phénomène mystérieux : un buisson qui dégage de la lumière comme s’il était en feu, mais d’un feu qui ne le consume pas, qui ne le réduit pas en cendres.
De même Marie abrite en elle la divinité sans en être consumée, au contraire : sa nature en est illuminée, tant il est vrai que la grâce divine ne supprime pas la nature, mais qu’au contraire elle l’amène à sa perfection, au meilleur de ce qu’elle peut donner – Gratia non tollitur naturam sed perficiat.

Et nous pouvons contempler la beauté de la mère de Dieu sans nous en lasser, car elle renvoie au mystère d’un Dieu tellement puissant qu’il peut déployer entièrement sa divinité dans une créature sans qu’elle en soit anéantie : infinie délicatesse, infinie subtilité d’un Dieu incréé capable de se tenir dans le créé sans que ni sa nature ni celle de la créature en soit altérée. Quel beau mystère !

Et cette beauté et cette bonté réjouissent notre âme, elles nous révèlent combien l’homme peut être bon et beau, homo capax Dei, l’homme capable de devenir Dieu [3].
Oui, il est beau de se remémorer le beau spectacle de cette femme de notre race qui, tel le buisson ardent, est transfigurée merveilleusement par la présence divine en son sein.


- Je voudrais signaler aussi la merveille de l’accord de la créature à la volonté divine : le buisson a abrité l’Ange du Seigneur, mais sans être consulté. Il n’en va pas de même pour Marie, cette fille d’Adam et Ève, dont l’ange Gabriel a dû solliciter le fiat. Et là personnellement je m’émerveille : comment une jeune fille a pu accepter de dire oui à un projet où il s’agit rien de moins que de porter le sauveur du monde, le Messie de la fin des temps – et rester ensuite l’humble servante de Dieu jusqu’à la fin ; jusqu’à la Croix et même au-delà : elle a gardé un cœur ouvert et disponible, capable de s’élargir maternellement à tous ceux que son Fils lui donnerait.

[Je retrouve quelque chose de cette merveilleuse simplicité chez Bernadette Soubirous : l’apparition de la Vierge n’est pas un problème pour elle, ni non plus le fait que cette apparition soit un problème pour les autres : «  ce que j’ai vu, je l’ai vu, que vous le croyez ou non, c’est votre problème, ma mission, c’est de vous le faire savoir, pas de vous le faire croire » nous dit-elle en substance. Aucune irritation devant les moqueries et les incompréhensions, aucune recherche de vaine gloire ni d’emprise sur les autres, non, mais une jeune fille simple qui reste la même].

C’est cette merveilleuse simplicité qui a permis à Marie de dire un oui qui n’est que oui, un oui sans retour sur soi, un oui qui engage tout son être sans réserve et qui répond au oui lui aussi sans réserve de Dieu : toute la divinité va s’investir pour être tissée en Marie dont chaque fibre est donnée toute entière au propos divin.

Comme pour la plupart d’entre nous, nous ne sommes pas simples, Dieu ne peut pas nous donner autant de grâces qu’il le voudrait : il sait bien que notre cœur, compliqué et malade, les utiliserait pour se gonfler d’importance et jouer au héros, à l’idole, détournant ainsi des dons divins qui auraient dû servir au salut des hommes et à la plus grande gloire de Dieu. Puissions-nous, avec la grâce de Dieu, retrouver cette simplicité de cœur qui était la nôtre sans doute pendant notre enfance.


-  Pour conclure, je voudrais dire ma conviction que Marie nous demande de ne pas trop en faire ni trop en dire quand nous la louons : il y a une façon de louer Marie qui est juste, il y en a une autre qui ne l’est pas et qu’elle serait la première à désapprouver, elle qui veut qu’on ne s’arrête pas à elle, simple créature, mais que par elle, nous allions vers Jésus en qui habite toute la plénitude de la divinité, corporellement : après tout, la joie de Marie, qui est la joie de tout parent, n’est-elle pas d’abord qu’on connaisse son enfant et qu’on le loue ?

Par ailleurs, dans notre célébration de la maternité divine de Marie, n’oublions pas que Marie ne flottait pas dans les airs : c’était une femme enracinée dans sa terre avec toutes les solidarités humaines et terrestres qui en découlent. En particulier, elle n’était pas seule : en retrait dans les Évangiles, et c’est bien qu’il en ait été ainsi, il y avait Joseph qu’il ne s’agit pas d’oublier. Il a joué un réel rôle d’époux auprès de Marie et de père auprès du Fils de Dieu en lui transmettant l’art de vivre sur la terre et sous le ciel comme homme, comme garçon, selon le mode propre au peuple juif.


Je vais maintenant célébrer l’eucharistie avec la prière eucharistique n°1. Je l’ai choisie aujourd’hui pour plusieurs raisons :

  • après avoir cité Marie, Mère de Dieu, la prière mentionne depuis longtemps « Joseph l’époux de Marie » ;
  • cette prière nous rappelle la nuée de témoins à l’intérieur de l’Église notre mère ;
  • son « épiclèse » porte sur l’ange qui peut-être a jubilé avec les bergers à Noël.

Et nous louerons ainsi Marie, mère de Dieu, mère de l’Église et notre mère.


© fr. Franck Guyen op, janvier 2018


Luc 2,16-21 - Luke 2:16-21

そして急いで行って、マリアとヨセフ、また飼い葉桶に寝かせてある乳飲み子を探し当てた。 16 Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire. 16 And they came with haste, and found Mary, and Joseph, and the babe lying in a manger.
その光景を見て、羊飼いたちは、この幼子について天使が話してくれたことを人々に知らせた。 17 Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. 17 And when they had seen it, they made known abroad the saying which was told them concerning this child.
聞いた者は皆、羊飼いたちの話を不思議に思った。 18 Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. 18 And all they that heard it wondered at those things which were told them by the shepherds.
しかし、マリアはこれらの出来事をすべて心に納めて、思い巡らしていた。 19 Quant à Marie, elle retenait tous ces événements en en cherchant le sens. 19 But Mary kept all these things, and pondered them in her heart.
羊飼いたちは、見聞きしたことがすべて天使の話したとおりだったので、神をあがめ、賛美しながら帰って行った。 20 Puis les bergers s’en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé. 20 And the shepherds returned, glorifying and praising God for all the things that they had heard and seen, as it was told unto them.
八日たって割礼の日を迎えたとき、幼子はイエスと名付けられた。これは、胎内に宿る前に天使から示された名である。 21 Huit jours plus tard, quand vint le moment de circoncire l’enfant, on l’appela du nom de Jésus, comme l’ange l’avait appelé avant sa conception. 21 And when eight days were accomplished for the circumcising of the child, his name was called JESUS, which was so named of the angel before he was conceived in the womb.

[1lundi 1er janvier 2017

[2Ex 3, 1-8

[3cette beauté et cette bonté nous empêchent de désespérer de l’être humain quand, dans ses les mauvais jours, il se comporte comme une bête, devenant ainsi pire qu’une bête – corruptio optimi pessima en latin, "la corruption du meilleur donne le pire" en français


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