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Écritures confucéennes – Les Entretiens de Confucius (551-479 av. J.C.) - chap. 1 à 10 (français - English – 中文)

mardi 25 février 2014 par Phap

Voir aussi : Écritures confucéennes – Les Entretiens de Confucius (551-479 av. J.C.) - chap. 11 à 20 - (français - English – 中文)


學而 第一 I. HSIO R n°1-10 - n°11-16
為政 第二 II. WEI CHANG n°1-10 - n°11-20 - n°21-24
佾第 第三 III. PA YIH n°1-10 - n°11-20 - n°21-26
里仁 第四 IV. LE JIN n°1-10 - n°11-20 - n°21-25
公冶長 第五 V. KUNG-YE CH’ANG n°1-10 - n°11-20 - n°21-27
雍也 第六 VI. YUNG YEY n°1-10 - n°11-20 - n°21-29
述而 第七 VII. SHU R n°1-10 - n°11-20 - n°21-30 - n°31-36
泰伯 第八 VIII. T’AI-PO n°1-10 - n°11-20 - n°21-21
子罕 第九 IX. TSZE HAN n°1-10 - n°11-20 - n°21-29
鄉黨 第十 X. HEANG TANG n°1-10 - n°11-17

Écritures confucéennes – Les Entretiens (trilingue)
Un des quatre écrits du canon néo-confucéen. Un des points d’entrée majeurs de la culture sinisée.
"Les Entretiens" fait partie du canon néo-confucéen des "4 écrits et 5 classiques" (四書五經, 四书五经, Sìshūwǔjīng). Il est émouvant de penser que des générations d’étudiants chinois ont étudié ce texte dans le cadre des examens de recrutement de l’administration impériale chinoise, et ce pendant presque un millénaire.


Dictionnaire chinois anglais : http://www.mdbg.net/chindict/


學而第一 CHAPITRE I BOOK I. HSIO R.
子曰:「學而時習之,不亦說乎?有朋自遠方來,不亦樂乎?人不知而不慍,不亦君子乎?」 1. Le Maître dit :
— Celui qui cultive la sagesse et ne cesse de la cultiver n’y trouve‑t‑il pas de la satis­faction ? Si des amis de la sagesse viennent de loin recevoir ses leçons, n’éprouve‑t‑il pas une grande joie ? S’il reste inconnu des hommes et n’en ressent aucune peine, n’est‑il pas un vrai sage ?
CHAPTER I. 1. The Master said, ’Is it not pleasant to learn with a constant perseverance and application ?

2. ’Is it not delightful to have friends coming from distant
quarters ?’

3. ’Is he not a man of complete virtue, who feels no discomposure though men may take no note of him ?’

有子曰:「其為人也孝弟,而好犯上者,鮮矣;不好犯上,而好作亂者,未之有也。君子務本,本立而道生。孝弟也者,其為仁之本與!」 Iou tzeu [1] dit :

— Parmi les hommes naturellement enclins à respecter leurs parents, à honorer ceux qui sont au‑dessus d’eux, peu aiment à résister à leurs su­périeurs. Un homme qui n’aime pas à résister à l’au­torité, et cependant aime à exciter du trouble, ne s’est jamais rencontré. Le sage donne son principal soin à la racine. La racine, une fois affermie, donne naissance au tronc et aux branches. L’affection envers nos parents et le respect envers ceux qui sont au‑dessus de nous sont comme la racine de la vertu.

CHAP. II. 1. The philosopher Yu said, ’They are few who, being filial and fraternal, are fond of offending against their superiors. There have been none, who, not liking to offend against their superiors, have been fond of stirring up confusion.

2. ’The superior man bends his attention to what is radical.That being established, all practical courses naturally grow up.
Filial piety and fraternal submission !— are they not the root of all benevolent actions ?’

子曰:「巧言令色,鮮矣仁!」 3 Le Maître dit :

— Celui qui par des discours étudiés et un extérieur composé cherche à plaire aux hommes ruine ses vertus naturelles.

CHAP. III. The Master said, ’Fine words and an insinuating appearance are seldom associated with true virtue.’
曾子曰:「吾日三省吾身:為人謀而不忠乎?與朋友交而不信乎?傳不習乎?」 Tseng tzeu dit :
— Je m’examine chaque jour sur trois choses : Si, traitant une affaire pour un autre, je ne l’ai pas traitée avec moins de soin que si elle eût été ma propre affaire ; si, dans mes relations avec mes amis, je n’ai pas manqué de sincérité ; si je n’ai pas négligé de mettre en pratique les leçons que j’ai reçues.
CHAP. IV. The philosopher Tsang said, ’I daily examine myself on three points :— whether, in transacting business for others, I may have been not faithful ;— whether, in intercourse with friends, I may have been not sincere ;— whether I may have not mastered and practised the instructions of my teacher.’
子曰:「道千乘之國:敬事而信,節用而愛人,使民以時。」 I.5. Le Maître dit :
— Celui qui gouverne une prin­cipauté qui entretient mille chariots de guerre doit être attentif aux affaires et tenir sa parole, modérer les dépenses et aimer les hommes, n’employer le peu­ple aux travaux publics que dans les temps conve­nables [2].
CHAP. V. The Master said, To rule a country of a thousand chariots, there must be reverent attention to business, and sincerity ; economy in expenditure, and love for men ; and the employment of the people at the proper seasons.’
子曰:「弟子入則孝,出則弟,謹而信,汎愛眾,而親仁。行有餘力,則以學文。」 I.6. □ Le Maître dit :
— Un jeune homme, dans la mai­son, doit aimer et respecter ses parents. Hors de la maison, il doit respecter ceux qui sont plus âgés ou d’un rang plus élevé que lui. Il doit être attentif et sincère dans ses paroles ; aimer tout le monde, mais se lier plus étroitement avec les hommes vertueux. Ces devoirs remplis, s’il lui reste du temps et des forces, qu’il les emploie à l’étude des lettres et des arts li­béraux.
CHAP. VI. The Master said, ’A youth, when at home, should be filial, and, abroad, respectful to his elders. He should be earnest and truthful. He should overflow in love to all, and cultivate the friendship of the good. When he has time and opportunity, after the performance of these things, he should employ them in polite studies.’
子夏曰:「賢賢易色,事父母能竭其力,事君能致其身,與朋友交言而有信。雖曰未學,吾必謂之學矣。」 I.7. Tzeu hia dit :
— Celui qui, au lieu d’aimer les plaisirs, aime et recherche les hommes sages, qui aide ses parents de toutes ses forces, qui se dépense tout entier au service de son prince, qui avec ses amis parle sincèrement, quand même on me dirait qu’un tel homme n’a pas cultivé la sagesse, j’affirmerais qu’il l’a cultivée.
CHAP. VII. Tsze-hsia said, ’If a man withdraws his mind
from the love of beauty, and applies it as sincerely to the love
of the virtuous ; if, in serving his parents, he can exert his
utmost strength ; if, in serving his prince, he can devote his life ; if, in his intercourse with his friends, his words are sincere :— although men say that he has not learned, I will certainly say that he has.’
子曰:「君子不重則不威,學則不固。主忠信,無友不如己者,過則勿憚改。」 I.8. Le Maître dit :
— Si celui qui cultive la sagesse manque de gravité, il ne sera pas respecté et n’acquerra qu’une connaissance superficielle de la vertu. Qu’il mette au premier rang la fidélité et la sincérité ; qu’il ne lie pas amitié avec des hommes qui ne lui ressemblent pas [3] ; s’il tombe dans un défaut, qu’il ait le courage de s’en corriger.
CHAP. VIII. 1. The Master said, ’If the scholar be not grave, he will not call forth any veneration, and his learning will not be solid.2. ’Hold faithfulness and sincerity as first principles.
3. ’Have no friends not equal to yourself.
4. ’When you have faults, do not fear to abandon them.’
曾子曰:「慎終追遠,民德歸厚矣。」 I.9. Tseng tzeu dit :
— Si le prince rend les derniers devoirs à ses parents avec un vrai zèle et honore par des offrandes ses ancêtres même éloignés, la piété fi­liale fleurira parmi le peuple.
CHAP. IX. The philosopher Tsang said, ’Let there be a careful attention to perform the funeral rites to parents, and let them be followed when long gone with the ceremonies of sacrifice ;— then the virtue of the people will resume its proper excellence.’
子禽問於子貢曰:「夫子至於是邦也,必聞其政,求之與?抑與之與?」子貢曰:「夫子溫、良、恭、儉、讓以得之。夫子之求之也,其諸異乎人之求之與?」 Tzeu k’in adressa cette question à Tzeu koung :
Quand notre maître arrive dans une principauté, il reçoit toujours des renseignements sur l’administration de l’État. Est‑ce lui qui les demande au prince, ou bien est‑ce le prince qui les lui offre ?
Tzeu koung répondit :
— Notre maître les obtient non par des in­terrogations, mais par sa douceur, son calme, son respect, sa tenue modeste et sa déférence. Il a une manière d’interroger qui n’est pas celle des autres hommes.
CHAP. X. 1. Tsze-ch’in asked Tsze-kung, saying, ’When our master comes to any country, he does not fail to learn all about its government. Does he ask his information ? or is it given to him ?’
2. Tsze-kung said, ’Our master is benign, upright, courteous, temperate, and complaisant, and thus he gets his
information. The master’s mode of asking information !— is it not different from that of other men ?’
子曰:「父在,觀其志;父沒,觀其行;三年無改於父之道,可謂孝矣。」 I.11. Le Maître dit :
— Un fils doit consulter la vo­lonté de son père, tant que son père est en vie, et ses exemples, quand il est mort. Si durant trois ans après la mort de son père, il imite sa conduite en toutes choses, on pourra dire qu’il pratique la piété filiale.
CHAP. XI. The Master said, ’While a man’s father is alive,
look at the bent of his will ; when his father is dead, look at his conduct. If for three years he does not alter from the way of his father, he may be called filial.’
有子曰:「禮之用,和為貴。先王之道斯為美,小大由之。有所不行,知和而和,不以禮節之,亦不可行也。」 I.12. Iou tzeu dit :
Dans l’observation des devoirs mutuels, la concorde est d’un grand prix. C’est pour cette raison que les règles des anciens souverains sont excellentes. Toutes leurs prescriptions, grandes ou pe­tites, ont été inspirées par le désir de la concorde. Cependant, il est une chose qu’il faut éviter : connaî­tre le prix de la concorde, et faire tout pour la con­corde, sans tenir compte du devoir, c’est ce qui n’est pas permis.
CHAP. XII. 1. The philosopher Yu said, ’In practising the rules of propriety, a natural ease is to be prized. In the ways prescribed by the ancient kings, this is the excellent quality, and in things small and great we follow them.
2. ’Yet it is not to be observed in all cases. If one, knowing how such ease should be prized, manifests it, without regulating it by the rules of propriety, this likewise is not to be done.’
有子曰:「信近於義,言可復也;恭近於禮,遠恥辱也;因不失其親,亦可宗也。」 I.13. Iou tzeu dit :
— Quand on peut accomplir sa promesse sans manquer à la justice, il faut tenir sa parole. Un respect et des égards conformes aux règles de la bienséance ne sont ni honteux ni déshonorants. Si vous choisissez pour protecteur un homme digne de votre amitié et de votre confiance, vous pourrez lui rester attaché à jamais.
CHAP. XIII. The philosopher Yu said, ’When agreements are made according to what is right, what is spoken can be
made good. When respect is shown according to what is proper, one keeps far from shame and disgrace. When the parties upon whom a man leans are proper persons to be intimate with, he can make them his guides and masters.’
子曰:「君子食無求飽,居無求安,敏於事而慎於言,就有道而正焉,可謂好學也已。」 I.14. Le Maître dit :
— Un disciple de la sagesse qui ne recherche pas la satisfaction de son appétit dans la nourriture, ni ses commodités dans son habitation, qui est expéditif dans les affaires et circonspect dans ses paroles, qui se fait diriger par des hommes vertueux, celui-là a un véritable désir d’apprendre.
CHAP. XIV. The Master said, ’He who aims to be a man of complete virtue in his food does not seek to gratify his appetite, nor in his dwelling place does he seek the appliances of ease ; he is earnest in what he is doing, and careful in his speech ; he frequents the company of men of principle that he may be rectified :— such a person may be said indeed to love to learn.’
子貢曰:「貧而無諂,富而無驕,何如?」子曰:「可也。未若貧而樂,富而好禮者也。」子貢曰:「《詩》云:『如切如磋,如琢如磨。』其斯之謂與?」子曰:「賜也,始可與言詩已矣!告諸往而知來者。」 I.15. Tzeu koung dit :
— Que faut‑il penser de celui qui, étant pauvre, n’est pas flatteur, ou qui, étant riche, n’est pas orgueilleux ?
Le maître répondit :
— Il est louable ; mais celui-là l’est encore plus qui dans la pauvreté vit content, ou qui au milieu des richesses garde la modération.
Tzeu koung répliqua :
— On lit dans le Cheu king que le sage imite l’ouvrier qui coupe et lime l’ivoire, ou qui taille et polit une pierre précieuse. Ces paroles n’ont‑elles pas le même sens [4] ?
Le Maître repartit :
— Seu [5] commence à pouvoir entendre l’explication du Cheu king ; sur ma réponse à sa question, il a aussitôt compris le sens des vers qu’il a cités.
CHAP. XV. 1. Tsze-kung said, ’What do you pronounce concerning the poor man who yet does not flatter, and the rich man who is not proud ?’ The Master replied, ’They will do ; but they are not equal to him, who, though poor, is yet cheerful, and to him, who, though rich, loves the rules of propriety.’
2. Tsze-kung replied, ’It is said in the Book of Poetry, "As you cut and then file, as you carve and then polish."— The meaning is the same, I apprehend, as that which you have just expressed.’
3. The Master said, ’With one like Ts’ze, I can begin to talk about the odes. I told him one point, and he knew its proper
sequence.’
子曰:「不患人之不己知,患不知人也。」 I.16. Le Maître dit :
Le sage ne s’afflige pas de ce que les hommes ne le connaissent pas ; il s’afflige de ne pas connaître les hommes.
CHAP. XVI. The Master said, ’I will not be afflicted at men’s not knowing me ; I will be afflicted that I do not know men.’

為政第二 CHAPITRE II BOOK II. WEI CHANG.
子曰:「為政以德,譬如北辰,居其所而眾星共之。」 II.1. □ Le Maître dit :

— Celui qui gouverne un peuple en lui donnant de bons exemples est comme l’étoile polaire qui demeure immobile, pendant que toutes les autres étoiles se meuvent autour d’elle.

CHAP. I. The Master said, ’He who exercises government by means of his virtue may be compared to the north polar star, which keeps its place and all the stars turn towards it.’
子曰:「詩三百,一言以蔽之,曰『思無邪』。」 II.2. Le Maître dit :

— Les odes du Cheu king sont au nombre de trois cents. Un seul mot les résume toutes : « Avoir des intentions droites. »

CHAP. II. The Master said, ’In the Book of Poetry are three hundred pieces, but the design of them all may be embraced in one sentence— "Having no depraved thoughts."’
子曰:「道之以政,齊之以刑,民免而無恥;道之以德,齊之以禮,有恥且格。」 II.3. Le Maître dit : — Si le prince conduit le peuple au moyen des lois et le retient dans l’unité au moyen des châtiments, le peuple s’abstient de mal faire ; mais il ne connaît aucune honte. Si le prince dirige le peuple par ses bons exemples et fait régner l’union en réglant les usages, le peuple a honte de mal faire, et devient vertueux. CHAP. III. 1. The Master said, ’If the people be led by laws, and uniformity sought to be given them by punishments, they will try to avoid the punishment, but have no sense of shame.

2. ’If they be led by virtue, and uniformity sought to be given them by the rules of propriety, they will have the sense of shame, and moreover will become good.’

子曰:「吾十有五而志于學,三十而立,四十而不惑,五十而知天命,六十而耳順,七十而從心所欲,不踰矩。」 II.4. Le Maître dit :

— A quinze ans, je m’appliquais à l’étude de la sagesse ; à trente ans, je marchais d’un pas ferme dans le chemin de la vertu ; à quarante ans, j’avais l’intelligence parfaitement éclairée ; à cin­quante ans, je connaissais les lois de la Providence ; à soixante ans, je comprenais, sans avoir besoin d’y réfléchir, tout ce que mon oreille entendait ; à soixante-­dix ans, en suivant les désirs de mon cœur, je ne transgressais aucune règle.

CHAP. IV. 1. The master said, ’At fifteen, I had my mind bent on learning.

2. ’At thirty, I stood firm.

3. ’At forty, I had no doubts.

4. ’At fifty, I knew the decrees of Heaven.

5. ’At sixty, my ear was an obedient organ for the reception of truth.

6. ’At seventy, I could follow what my heart desired, without transgressing what was right.’

孟懿子問孝。子曰:「無違。」樊遲御,子告之曰:「孟孫問孝於我,我對曰『無違』。」樊遲曰:「何謂也?」子曰:「生事之以禮;死葬之以禮,祭之以禮。」 II.5. Meng i tzeu ayant interrogé, sur la piété filiale, le Maître répondit :

— Elle consiste à suivre les pres­criptions.

Plus tard, Fan Tch’eu conduisant la voi­ture de Confucius, le philosophe lui dit :

— Meng i tzeu m’a interrogé sur la piété filiale ; je lui ai répondu qu’elle consiste à observer les prescriptions.

Fan Tch’eu dit :

— Quel est le sens de cette réponse ?

Confucius répondit :

— Un fils doit aider ses parents durant leur vie selon les prescriptions, leur faire des obsèques et des offrandes après leur mort selon les prescriptions.

CHAP. V. 1. Mang I asked what filial piety was. The Master said, ’It is not being disobedient.’

2. Soon after, as Fan Ch’ih was driving him, the Master told him, saying, ’Mang-sun asked me what filial piety was, and I answered him,— "not being disobedient."’

3. Fan Ch’ih said, ’What did you mean ?’ The Master replied, ’That parents, when alive, be served according to
propriety ; that, when dead, they should be buried according to propriety ; and that they should be sacrificed to according to propriety.’

孟武伯問孝。子曰:「父母唯其疾之憂。」 II.6. Meng Ou pe, ayant interrogé le Maître sur la piété filiale, reçut cette réponse :

— Les parents crai­gnent par‑dessus tout que leur fils ne soit malade.

CHAP. VI. Mang Wu asked what filial piety was. The Master said, ’Parents are anxious lest their children should be sick.’
子游問孝。子曰:「今之孝者,是謂能養。至於犬馬,皆能有養;不敬,何以別乎?」 II.7. Tzeu iou ayant interrogé Confucius sur la piété filiale, le Maître répondit :

— La piété filiale qu’on pra­tique maintenant ne consiste qu’à fournir les parents du nécessaire. Or les animaux, tels que les chiens et les chevaux, reçoivent aussi des hommes ce qui leur est nécessaire. Si ce que l’on fait pour les parents n’est pas accompagné de respect, quelle différence met‑on entre eux et les animaux ?

CHAP. VII. Tsze-yu asked what filial piety was. The Master said, ’The filial piety of now-a-days means the support of one’s parents. But dogs and horses likewise are able to do something in the way of support ;— without reverence, what is there to distinguish the one support given from the other ?’
子夏問孝。子曰:「色難。有事弟子服其勞,有酒食先生饌,曾是以為孝乎?」 II.8. Tzeu hia l’ayant interrogé sur la piété filiale, le Maître répondit :

— Il est difficile de tromper par un faux‑semblant de piété filiale. Quand les parents ou les frères aînés ont des affaires, si les fils ou les frè­res puînés leur viennent en aide ; quand ceux‑ci ont du vin et des vivres, s’ils en font part à leurs parents et à leurs aînés, est‑ce suffisant pour qu’on loue leur piété filiale [6] ?

CHAP. VIII. Tsze-hsia asked what filial piety was. The Master said, ’The difficulty is with the countenance. If, when their elders have any troublesome affairs, the young take the toil of them, and if, when the young have wine and food, they set them before their elders, is THIS to be considered filial piety ?’
子曰:「吾與回言終日,不違如愚。退而省其私,亦足以發。回也,不愚。」 II.9. Le Maître dit :

— Houei écoute mes explications toute une journée sans m’adresser une objection ni une question, comme s’il était dépourvu d’intelligence. Quand il s’est retiré, je considère sa conduite privée, et j’y vois resplendir mes enseignements. Houei n’est pas dépourvu d’intelligence.

CHAP. IX. The Master said, ’I have talked with Hui for a whole day, and he has not made any objection to anything I said ;— as if he were stupid. He has retired, and I have examined his conduct when away from me, and found him able to illustrate my teachings. Hui !— He is not stupid.’
子曰:「視其所以,觀其所由,察其所安。人焉廋哉?人焉廋哉?」 II.10. Le Maître dit :
— Si l’on considère les actions d’un homme, si l’on observe les motifs qui le font agir, si l’on examine ce qui fait son bonheur, pourra‑t‑il cacher ce qu’il est ?
CHAP. X. 1. The Master said, ’See what a man does.

2. ’Mark his motives.

3. ’Examine in what things he rests.

4. ’How can a man conceal his character ?

5. How can a man conceal his character ?’

子曰:「溫故而知新,可以為師矣。」 II.11. Le Maître dit :

Celui qui repasse dans son es­prit ce qu’il sait déjà, et par ce moyen acquiert de nouvelles connaissances, pourra bientôt enseigner les autres.

CHAP. XI. The Master said, ’If a man keeps cherishing his old knowledge, so as continually to be acquiring new, he may be a teacher of others.’
子曰、君子不器。 II.12. Le Maître dit :

— L’homme sage n’est pas comme un vase ou un instrument [7].

CHAP. XII. The Master said, ’The accomplished scholar is not a utensil.’
子貢問君子。子曰:「先行其言,而後從之。」 II.13. Tzeu koung ayant demandé ce que doit faire un homme sage, le Maître répondit :
— Le sage commence par faire ce qu’il veut enseigner ; ensuite il enseigne.
CHAP. XIII. Tsze-kung asked what constituted the superior man. The Master said, ’He acts before he speaks, and afterwards speaks according to his actions.’
子曰:「君子周而不比,小人比而不周。」 II.14. Le Maître dit :

— Le sage aime tous les hommes et n’a de partialité pour personne. L’homme vulgaire est partial et n’aime pas tous les hommes.

CHAP. XIV. The Master said, ’The superior man is catholic and no partisan. The mean man is partisan and not catholic.’
子曰:「學而不思則罔,思而不學則殆。」 II.15. Le Maître dit :

— Entendre ou lire sans réfléchir est une occupation vaine ; réfléchir, sans livre ni maître, est dangereux.

CHAP. XV. The Master said, ’Learning without thought is labour lost ; thought without learning is perilous.’
子曰:「攻乎異端,斯害也已!」 II.16. □ Le Maître dit :

— Etudier des doctrines opposées [8], c’est nuisible.

CHAP. XVI. The Master said, ’The study of strange doctrines is injurious indeed !’
子曰:「由!誨女知之乎?知之為知之,不知為不知,是知也。」 II.17. Le Maître dit :

— Iou [9], voulez‑vous que je vous enseigne le moyen d’arriver à la science véritable ? Ce qu’on sait, savoir qu’on le sait ; ce qu’on ne sait pas, savoir qu’on ne le sait pas : c’est savoir vérita­blement.

CHAP. XVII. The Master said, ’Yu, shall I teach you what knowledge is ? When you know a thing, to hold that you know it ; and when you do not know a thing, to allow that you do not know it ;— this is knowledge.’
子張學干祿。子曰:「多聞闕疑,慎言其餘,則寡尤;多見闕殆,慎行其餘,則寡悔。言寡尤,行寡悔,祿在其中矣。」 II.18. Tzeu tchang étudiait en vue d’obtenir une charge avec des appointements. Le Maître lui dit :

— Après avoir entendu dire beaucoup de choses, laissez de côté celles qui sont douteuses, dites les autres avec circonspection, et vous serez peu blâmé. Après avoir beaucoup vu, laissez ce qui serait dangereux, et faites le reste avec précaution ; vous aurez rarement à vous repentir. Si vos paroles vous attirent peu de blâme et vos actions peu de repentir, les appointements viendront d’eux-­mêmes.

CHAP. XVII. 1. Tsze-chang was learning with a view to
official emolument.

2. The Master said, ’Hear much and put aside the points of which you stand in doubt, while you speak cautiously at the same time of the others :— then you will afford few occasions for blame. See much and put aside the things which seem perilous, while you are cautious at the same time in carrying the others into practice :— then you will have few occasions for repentance. When one gives few occasions for blame in his words, and few occasions for repentance in his conduct, he is in the way to get emolument.’

哀公問曰:「何為則民服?」孔子對曰:「舉直錯諸枉,則民服;舉枉錯諸直,則民不服。」 II.19. Ngai, prince de Lou, dit à Confucius :
— Que doit faire un prince pour que le peuple soit content ?

Le philosophe répondit :

— Si le prince élève aux char­ges les hommes vertueux et écarte tous les hommes vicieux, le peuple sera satisfait ; si le prince élève aux charges les hommes vicieux et écarte les hommes vertueux, le peuple sera mécontent.

CHAP. XIX. The Duke Ai asked, saying, ’What should be done in order to secure the submission of the people ?’

Confucius replied, ’Advance the upright and set aside the crooked, then the people will submit. Advance the crooked and
set aside the upright, then the people will not submit.’

季康子問:「使民敬、忠以勸,如之何?」子曰:「臨之以莊則敬,孝慈則忠,舉善而教不能,則勸。 Ki K’ang tzeu dit :
— Que faut‑il faire pour que le peuple respecte son prince, lui soit fidèle et cultive la vertu ?

Le Maître répondit :

— Que le prince ait en public un maintien grave, et il sera respecté ; qu’il honore ses parents et soit bon envers ses sujets, et ses sujets lui seront fidèles ; qu’il élève aux charges les hommes de bien et forme ceux dont la vertu est encore faible, et il excitera le peuple à cultiver la vertu.

CHAP. XX. Chi K’ang asked how to cause the people to reverence their ruler, to be faithful to him, and to go on to nerve themselves to virtue. The Master said, ’Let him preside over them with gravity ;— then they will reverence him. Let him be filial and kind to all ;— then they will be faithful to him. Let him advance the good and teach the incompetent ;— then they will eagerly seek to be virtuous.’
或謂孔子曰:「子奚不為政?」子曰:「《書》云:『孝乎惟孝、友于兄弟,施於有政。』是亦為政,奚其為為政?」 II.21. Quelqu’un dit à Confucius :

— Maître, pourquoi ne prenez‑vous aucune part au gouvernement ?

Le philosophe répondit :

— Les Annales ne disent‑elles pas, en parlant de la piété filiale : « Respectueux envers vos parents et bienveillants envers vos frères, vous ferez fleurir ces vertus partout sous votre gouverne­ment ? » Faire régner la vertu dans sa famille par son exemple, c’est aussi gouverner. Remplir une charge, est‑ce la seule manière de prendre part au gouverne­ment ?

CHAP. XXI. 1. Some one addressed Confucius, saying, ’Sir, why are you not engaged in the government ?’

2. The Master said, ’What does the Shu-ching say of filial piety ?— "You are filial, you discharge your brotherly duties. These qualities are displayed in government." This then also constitutes the exercise of government. Why must there be THAT— making one be in the government ?’

子曰:「人而無信,不知其可也。大車無輗,小車無軏,其何以行之哉?」 II.22. Le Maître dit :

— Je ne sais à quoi peut être bon un homme qui manque de sincérité. Comment em­ployer une grosse voiture qui n’a pas de joug pour le bœuf, ou une petite voiture qui n’a pas de joug pour les chevaux ?

CHAP. XXII. The Master said, ’I do not know how a man without truthfulness is to get on. How can a large carriage be made to go without the cross-bar for yoking the oxen to, or a small carriage without the arrangement for yoking the horses ?’
子張問:「十世可知也?」子曰:「殷因於夏禮,所損益,可知也;周因於殷禮,所損益,可知也;其或繼周者,雖百世可知也。」 II.23. Tzeu tchang demanda si l’on pouvait savoir d’avance ce que feraient les empereurs de dix dynasties successives. Le Maître répondit :
— La dynastie des In a adopté les prescriptions de la dynastie des Hia [10] ; on peut connaître par les documents ce qu’elle a ajouté ou retranché [11]. La dynastie des Tcheou a adopté les prescriptions de la dynastie des In ; ce qu’elle a ajouté ou retranché se trouve mentionné dans les documents. On peut savoir d’avance ce que feront les dynasties à venir, fussent‑elles au nombre de cent [12].
CHAP. XXIII. 1. Tsze-chang asked whether the affairs of ten ages after could be known.

2. Confucius said, ’The Yin dynasty followed the regulations of the Hsia : wherein it took from or added to them
may be known. The Chau dynasty has followed the regulations of Yin : wherein it took from or added to them may be known.
Some other may follow the Chau, but though it should be at the distance of a hundred ages, its affairs may be known.’

子曰:「非其鬼而祭之,諂也。見義不為,無勇也。」 II.24. Le Maître dit :

— Celui-là se rend coupable d’adu­lation, qui sacrifie à un esprit auquel il ne lui appar­tient pas de sacrifier. Celui-là manque de courage, qui néglige de faire une chose qu’il sait être de son devoir.

CHAP. XXIV. 1. The Master said, ’For a man to sacrifice to a spirit which does not belong to him is flattery.

2. ’To see what is right and not to do it is want of courage.’

八佾第三 CHAPITRE III BOOK III PA YIH.
【第一章】孔子謂季氏、八佾舞於庭、是可忍也、孰不可忍也。 III.1. Le chef de la famille Ki avait huit chœurs de pantomimes qui chantaient dans la cour du temple de ses ancêtres. Confucius dit :

S’il ose se permettre un tel abus, que n’osera‑t‑il se permettre ? [13]

CHAP. I. Confucius said of the head of the Chi family, who had eight rows of pantomimes in his area, ’If he can bear to do this, what may he not bear to do ?’
第二章】三家者、以雍徹。子曰、相維辟公、天子穆穆、奚取於三家之堂。 III.2. Les trois familles faisaient exécuter le chant Ioung, pendant qu’on enlevait les vases, après les of­frandes. Le Maître dit :
— Les aides sont tous des prin­ces feudataires ; la tenue du Fils du Ciel est très res­pectueuse ; comment ces paroles peuvent‑elles être chantées dans le temple des ancêtres des trois familles ? [14]
CHAP. II. The three families used the YUNG ode, while the vessels were being removed, at the conclusion of the sacrifice. The Master said, ’"Assisting are the princes ;— the son of heaven looks profound and grave :"— what application can these words have in the hall of the three families ?’
【第三章】子曰、人而不仁、如禮何、人而不仁、如樂何。 III.3. □ Le Maître dit :

— Comment un homme dépourvu des vertus qui sont propres à l’homme peut‑il accomplir les cérémonies ? Comment un homme dépourvu des vertus qui sont propres à l’homme peut‑il cultiver la musique ? [15]

CHAP. III. The Master said, ’If a man be without the virtues proper to humanity, what has he to do with the rites of propriety ? If a man be without the virtues proper to humanity, what has he to do with music ?’
【第四章】【一節】林放問禮之本。【二節】子曰、大哉問。【三節】禮、與其奢也、寧儉、喪、與其易也、寧戚。 III.4. ≡ Lin Fang ayant demandé quelle était la chose la plus nécessaire dans les cérémonies, le Maître répondit :

— Oh ! que cette question est importante ! Dans les démonstrations extérieures, il vaut mieux rester en‑deçà des limites que de les dépasser ; dans les cérémonies funèbres, la douleur vaut mieux qu’un appareil pom­peux.

CHAP. IV. 1. Lin Fang asked what was the first thing to be attended to in ceremonies.

2. The Master said, ’A great question indeed !

3. ’In festive ceremonies, it is better to be sparing than extravagant. In the ceremonies of mourning, it is better that there be deep sorrow than a minute attention to observances.’

第五章】子曰、夷狄之有君、不如諸夏之亡也。 III.5. Le Maître dit :

— Les barbares de l’orient et du septentrion, qui ont des princes, sont moins misérables que les nombreux peuples de la Chine ne reconnaissant plus de prince.
CHAP. V. The Master said, ’The rude tribes of the east and north have their princes, and are not like the States of our great land which are without them.’
【第六章】季氏旅於泰山。子謂冉有曰、女弗能救與。對曰、不能。子曰、嗚呼、曾謂泰山、不如林放乎。 III.6. ≡ Le chef de la famille Ki offrait des sacrifices aux Esprits du T’ai chan. Le Maître dit à Jen Iou :

— Ne pouvez‑vous pas empêcher cet abus ?

Jen Iou répondit :

— Je ne le puis.

Le Maître répliqua :

— Hé ! dira‑t‑on que les Esprits du T’ai chan sont moins in­telligents que Lin Fang ? [16]

CHAP. VI. The chief of the Chi family was about to sacrifice to the T’ai mountain. The Master said to Zan Yu, ’Can you not save him from this ?’ He answered, ’I cannot.’ Confucius said, ’Alas ! will you say that the T’ai mountain is not so discerning as Lin Fang ?’
【第七章】子曰、君子無所爭、必也射乎、揖讓而升、下而飲、其爭也君子。 III.7. Le Maître dit :

— Le sage n’a jamais de contesta­tion. S’il en avait, ce serait certainement quand il tire à l’arc. Avant la lutte, il salue humblement ses adversaires et monte à l’endroit préparé. Après la lutte, il boit la liqueur que les vaincus sont condamnés à pren­dre. Même quand il lutte, il est toujours sage. [17]

CHAP. VII. The Master said, ’The student of virtue has no contentions. If it be said he cannot avoid them, shall this be in archery ? But he bows complaisantly to his competitors ; thus he ascends the hall, descends, and exacts the forfeit of drinking. In his contention, he is still the Chun-tsze.’
【第八章】子夏問曰、巧笑倩兮、美目盼兮、素以為絢兮。何為也。

【二節】子曰、繪事後素。

【三節】曰、禮後乎。子曰、起予者商也、始可與言詩已矣。

III.8. Tzeu hia dit à Confucius :

— On lit dans le Cheu king :

Un sourire agréable plisse élégamment les coins de sa bouche ; ses beaux yeux brillent d’un éclat mêlé de noir et de blanc. Un fond blanc reçoit une peinture de diverses couleurs.

Que signifient ces paroles ?

Le Maître répondit :

— Avant de peindre, il faut avoir un fond blanc.

Tzeu hia reprit :

— Ces paroles ne signi­fient‑elles pas que les cérémonies extérieures exigent avant tout et présupposent la sincérité des sentiments ?

Le Maître dit :

— Tzeu hia sait éclaircir ma pensée. A présent je puis lui expliquer les odes du Cheu king. [18]

CHAP. VIII. 1. Tsze-hsia asked, saying, ’What is the meaning of the passage— "The pretty dimples of her artful smile ! The well-defined black and white of her eye ! The plain ground for the colours ?"’

2. The Master said, ’The business of laying on the colours follows (the preparation of) the plain ground.’

3. ’Ceremonies then are a subsequent thing ?’ The Master said, ’It is Shang who can bring out my meaning. Now I can begin to talk about the odes with him.’

【第九章】子曰、夏禮吾能言之、杞不足徵也、殷禮吾能言之、宋不足徵也、文獻不足故也、足、則吾能徵之矣。 III.9. Le Maître dit :

— Je puis exposer les cérémonies de la dynastie des Hia. Mais je ne puis prouver ce que j’en dirais ; car les princes de K’i (descendants des Hia) n’observent plus ces cérémonies et ne peu­vent les faire connaître avec certitude. Je puis exposer les cérémonies de la dynastie des In. Mais les témoi­gnages font défaut ; car les princes de Soung, descen­dants des In, n’observent plus ces cérémonies et ne peuvent en donner une connaissance certaine. Les prin­ces de K’i et de Soung ne peuvent faire connaître avec certitude les cérémonies des Hia et des In, parce que les documents et les hommes leur font défaut. S’ils ne faisaient pas défaut, j’aurais des témoignages.

CHAP. IX. The Master said, ’I could describe the ceremonies of the Hsia dynasty, but Chi cannot sufficiently attest my words. I could describe the ceremonies of the Yin dynasty, but Sung cannot sufficiently attest my words. (They cannot do so) because of the insufficiency of their records and wise men. If those were sufficient, I could adduce them in support of my words.’
【第十章】子曰、禘、自既灌而往者、吾不欲觀之矣。 III.10. Le Maître dit :

— Dans la cérémonie Ti, faite par le prince de Lou, tout ce qui suit les libations me déplaît ; je n’en puis supporter la vue. [19]

CHAP. X. The Master said, ’At the great sacrifice, after the pouring out of the libation, I have no wish to look on.’
【十一章】或問禘之說。子曰、不知也、知其說者、之於天下也、其如示諸斯乎。指其掌。 III.11. Quelqu’un ayant demandé à Confucius ce que signifiait le sacrifice Ti, le Maître répondit :

— Je ne le sais pas. Celui qui le saurait n’aurait pas plus de difficulté à gouverner l’empire qu’à regarder ceci.

En disant ces mots, il montra la paume de sa main. [20]

CHAP. XI. Some one asked the meaning of the great sacrifice. The Master said, ’I do not know. He who knew its meaning would find it as easy to govern the kingdom as to look on this ;— pointing to his palm.
【十二章】【一節】祭如在、祭神如神在。【二節】子曰、吾不與祭、如不祭。 III.12. Confucius faisait des offrandes à ses parents défunts et aux Esprits tutélaires, comme s’il les avait vus présents. Il disait :

— Un sacrifice auquel je n’assiste­rais pas en personne, et que je ferais offrir par un autre, ne me paraîtrait pas un sacrifice véritable.

CHAP. XII. 1. He sacrificed to the dead, as if they were present. He sacrificed to the spirits, as if the spirits were present.

2. The Master said, ’I consider my not being present at the sacrifice, as if I did not sacrifice.’

【一節】王孫賈問曰:「與其媚於奧,寧媚於竈,何謂也?」 。【二節】子曰、不然、獲罪於天、無所禱也。 III.13. Wang suenn Kia demanda quel était le sens de cet adage :

Il vaut mieux faire la cour au dieu du foyer qu’aux esprits tutélaires des endroits les plus re­tirés de la maison.

Le Maître répondit :

— L’un ne vaut pas mieux que l’autre. Celui qui offense le Ciel n’ob­tiendra son pardon par l’entremise d’aucun Esprit. [21]

CHAP. XIII. 1. Wang-sun Chia asked, saying, ’What is the meaning of the saying, "It is better to pay court to the furnace than to the south-west corner ?"’

2. The Master said, ’Not so. He who offends against Heaven has none to whom he can pray.’

【十四章】子曰、周監於二代、郁郁乎文哉、吾從周。 III.14. Le Maître dit :

— La dynastie des Tcheou a con­sulté et copié les lois des deux dynasties précédentes [22]. Que les lois des Tcheou sont belles ! Moi, j’observe les lois des Tcheou.

CHAP. XIV. The Master said, ’Chau had the advantage of viewing the two past dynasties. How complete and elegant are its regulations ! I follow Chau.’
【十五章】子入大廟、每事問。或曰、孰謂鄹人之子知禮乎、入大廟、每事問。子聞之曰、是禮也。 III.15. Le Maître, étant entré dans le temple dédié au plus ancien des princes de Lou, interrogea sur chacun des rites. Quelqu’un dit :

— Dira‑t‑on que le fils du citoyen de Tcheou connaît les rites ? Dans le temple du plus ancien de nos princes, il interroge sur chaque chose.

Le Maître en ayant été informé, répondit :

— En cela, je me suis conformé aux rites. [23]

CHAP. XV. The Master, when he entered the grand temple, asked about everything. Some one said, ’Who will say that the son of the man of Tsau knows the rules of propriety ! He has entered the grand temple and asks about everything.’ The Master heard the remark, and said, ’This is a rule of propriety.’
【十六章】子曰、射不主皮、為力不同科、古之道也。 III.16. Le Maître dit :

— Quand on tire à l’arc, le mérite ne consiste pas à transpercer, mais à frapper le centre de la cible ; car les hommes ne sont pas tous d’égale force. Ainsi l’ont décidé les anciens. [24]

CHAP. XVI. The Master said, ’In archery it is not going through the leather which is the principal thing ;— because people’s strength is not equal. This was the old way.’
【十七章】【一節】子貢欲去告朔之餼羊。【二節】子曰、賜也、爾愛其羊、我愛其禮。 III.17. Tzeu koung [25] voulait supprimer l’usage de four­nir aux frais de l’État une brebis, qui devait être offerte aux ancêtres à la nouvelle lune. Le Maître dit :

— Seu, vous tenez par économie à garder cette brebis ; moi, je tiens à conserver cette cérémonie. [26]

2. The Master said, ’Ts’ze, you love the sheep ; I love the ceremony.’
【十八章】子曰、事君盡禮、人以為諂也。 III.18. Le Maître dit :

— Envers mon prince j’observe exactement toutes les prescriptions. Les hommes m’ac­cusent de flatterie, parce qu’eux‑mêmes servent le prince négligemment.

CHAP. XVII. The Master said, ’The full observance of the rules of propriety in serving one’s prince is accounted by people to be flattery.’
【十九章】【一節】定公問君使臣、臣事君、如之何。孔子對曰、君使臣以禮、臣事君以忠。 III.19. Ting, prince de Lou, demanda comment un prince devait conduire ses sujets, et comment les sujets devaient obéir à leur prince. Confucius répondit :

— Le prince doit commander à ses sujets selon les prescriptions, et les sujets doivent lui obéir avec fidélité.

CHAP. XIX. The Duke Ting asked how a prince should employ his ministers, and how ministers should serve their prince. Confucius replied, ’A prince should employ his minister according to the rules of propriety ; ministers should serve their prince with faithfulness.’
【二十章】子曰、關睢樂而不淫、哀而不傷。 III.20. Le Maître dit :

— L’ode Kouàn ts’iù exprime la joie et non la licence, la douleur et non l’abattement.

CHAP. XX. The Master said, ’The Kwan Tsu is expressive of
enjoyment without being licentious, and of grief without being hurtfully excessive.’
【廿一章】【一節】哀公問社於宰我。宰我對曰、夏后氏以松、殷人以柏、周人以栗、曰、使民戰栗。【二節】子聞之曰、成事不說、遂事不諫、既往不咎。 III.21. Ngai, prince de Lou, ayant interrogé Tsai Ngo au sujet des autels élevés en l’honneur de la Terre, Tsai Ngo répondit :

— Les Hia y plantaient des pins, et les In, des cyprès. Les Tcheou y plantent des châtaigniers [27], afin d’inspirer au peuple la crainte et la terreur.
Le Maître entendant ces paroles dit :

— Rien ne sert de parler des choses qui sont déjà accomplies, ni de faire des remontrances sur celles qui sont déjà très avancées, ni de blâmer ce qui est passé. [28]

CHAP. XXI. 1. The Duke Ai asked Tsai Wo about the altars of the spirits of the land. Tsai Wo replied, ’The Hsia sovereign planted the pine tree about them ; the men of the Yin planted the cypress ; and the men of the Chau planted the chestnut tree, meaning thereby to cause the people to be in awe.’

2. When the Master heard it, he said, ’Things that are done, it is needless to speak about ; things that have had their course, it is needless to remonstrate about ; things that are past, it is needless to blame.’

【廿二章】【一節】子曰、管仲之器小哉。【二節】或曰、管仲儉乎。【三節】曰、管氏有三歸、官事不攝、焉得儉。【四節】然則管仲知禮乎。【五節】曰、邦君樹塞門、管氏亦樹塞門、邦君為兩君之好、有反坫、管氏亦有反坫、管氏而知禮、孰不知禮。 III.22. Le Maître dit :

— Que Kouan Tchoung a l’esprit étroit !

Quelqu’un demanda si Kouan Tchoung était trop parcimonieux. Confucius répondit :

— Le chef de la famille Kouan a élevé à grands frais la tour de San kouei ; dans sa maison aucun officier n’est chargé de deux emplois. Comment pourrait‑on le croire trop éco­nome ?

— Mais, reprit l’interlocuteur, s’il fait tant de dépenses, n’est‑ce pas parce qu’il connaît les convenan­ces ?

Confucius répliqua :

— Les princes ont une cloi­son devant la porte de leurs palais [29] ; le chef de la famille Kouan a aussi une cloison devant sa porte. Quand les princes ont une entrevue amicale, ils ont une cré­dence sur laquelle on renverse les coupes ; Kouan Tchoung a une crédence semblable. Si le chef de la famille Kouan connaît les convenances, quel est celui qui ne les connaît pas ? [30]

CHAP. XXII. 1. The Master said, ’Small indeed was the capacity of Kwan Chung !’

2. Some one said, ’Was Kwan Chung parsimonious ?’ ’Kwan,’ was the reply, ’had the San Kwei, and his officers
performed no double duties ; how can he be considered parsimonious ?’

3. ’Then, did Kwan Chung know the rules of propriety ?’ The Master said, ’The princes of States have a screen intercepting the view at their gates. Kwan had likewise a screen at his gate. The princes of States on any friendly meeting between two of them, had a stand on which to place their inverted cups. Kwan had also such a stand. If Kwan knew the rules of propriety, who does not know them ?’

【廿三章】子語魯大師樂曰、樂其可知也、始作、翕如也、從之、純如也、繳如也、繹如也、以成。 III.23. Le Maître, instruisant le grand directeur de mu­sique de Lou, dit :

— Les règles de la musique sont fa­ciles à connaître. Les divers instruments commencent par jouer tous ensemble ; ils jouent ensuite d’accord, distinctement et sans interruption, jusqu’à la fin du morceau.

CHAP. XXXII. The Master instructing the grand music-master of Lu said, ’How to play music may be known. At the commencement of the piece, all the parts should sound together. As it proceeds, they should be in harmony while severally distinct and flowing without break, and thus on to the conclusion.’
【廿四章】儀封人請見、曰、君子之至於斯也、吾未嘗不得見也。從者見之、出曰、二三子、何患於喪乎、天下之無道也久矣、天將以夫子為木鐸。 III.24. Dans la ville de I [31], un officier préposé à la garde des frontières demanda à lui être présenté, en disant :

— Chaque fois qu’un sage est venu dans cette ville, il m’a toujours été donné de le voir.

Les disciples, qui avaient suivi Confucius dans son exil, introduisirent cet officier auprès de leur maître. Cet homme dit en se re­tirant :

— Disciples, pourquoi vous affligez‑vous de ce que votre maître a perdu sa charge ? Le désordre est dans l’empire depuis longtemps déjà. Mais le Ciel va donner au peuple en ce grand sage un héraut de la vérité [32]. [33]

CHAP. XXIV. The border warden at Yi requested to be introduced to the Master, saying, ’When men of superior virtue have come to this, I have never been denied the privilege of seeing them.’ The followers of the sage introduced him, and when he came out from the interview, he said, ’My friends, why are you distressed by your master’s loss of office ? The kingdom has long been without the principles of truth and right ; Heaven is going to use your master as a bell with its wooden tongue.’
【廿五章】子謂韶、盡美矣、又盡善也、謂武、盡美矣、未盡善也。 III.25. Le Maître disait que les Chants du Successeur étaient tout à fait beaux et doux ; que les Chants du Guerrier étaient tout à fait beaux, mais non tout à fait doux. [34] CHAP. XXV. The Master said of the Shao that it was perfectly beautiful and also perfectly good. He said of the Wu that it was perfectly beautiful but not perfectly good.
【廿六章】子曰、居上不寬、為禮不敬、臨喪不哀、吾何以觀之哉。 III.26. Le Maître dit :

— De quelle règle puis‑je me servir pour juger la conduite d’un homme qui exerce une haute autorité avec un cœur étroit, qui s’acquitte d’une céré­monie sans respect, ou qui, à la mort de son père ou de sa mère, est sans douleur ?

CHAP. XXVI. The Master said, ’High station filled without
indulgent generosity ; ceremonies performed without reverence ; mourning conducted without sorrow ;— wherewith should I
contemplate such ways ?’

里仁 CHAPITRE IV BOOK IV - LE JIN.
子曰:「里仁為美。擇不處仁,焉得知?」 IV.1. Le Maître dit :

Un bon voisinage est celui où règne la probité. Pourrait‑on appeler sage un homme qui, ayant à choisir un lieu pour sa demeure, ne vou­drait pas avoir des voisins honnêtes ?

CHAP. I. The Master said, ’It is virtuous manners which constitute the excellence of a neighborhood. If a man in selecting a residence, do not fix on one where such prevail, how can he be wise ?’
子曰:「不仁者不可以久處約,不可以長處樂。仁者安仁,知者利仁。」 IV.2. □ Le Maître dit :

— Un homme qui n’est pas vertueux ne peut demeurer longtemps dans l’indigence ou dans l’opulence sans devenir plus mauvais. Un homme ver­tueux trouve son bonheur dans la vertu ; un homme sage n’ambitionne que le trésor de la vertu.

CHAP. II. The Master said, ’Those who are without virtue cannot abide long either in a condition of poverty and hardship, or in a condition of enjoyment. The virtuous rest in virtue ; the wise desire virtue.’
子曰:「唯仁者能好人,能惡人。」 IV.3. □ Le Maître dit :

— Seul l’homme vertueux sait aimer et haïr les hommes comme il convient.

CHAP. III. The Master said, ’It is only the (truly) virtuous man, who can love, or who can hate, others.’
子曰:「苟志於仁矣,無惡也。」 IV.4. Le Maître dit :

— Celui qui s’applique sérieusement à cultiver la vertu s’abstient de mal faire.

CHAP. IV. The Master said, ’If the will be set on virtue, there will be no practice of wickedness.’
子曰:「富與貴是人之所欲也,不以其道得之,不處也;貧與賤是人之所惡也,不以其道得之,不去也。君子去仁,惡乎成名?君子無終食之間違仁,造次必於是,顛沛必於是。」 IV.5. □ ■ Le Maître dit :

— Les richesses et les honneurs sont très ambitionnés des hommes ; si vous ne pouvez les obtenir par des voies honnêtes, ne les acceptez pas. La pauvreté et l’abjection sont en horreur aux hommes ; si elles vous viennent, même sans aucune faute de votre part, ne les fuyez pas. Si l’homme sage abandonne la voie de la vertu, comment soutiendra‑t‑il son titre de sage ? L’homme sage ne l’abandonne jamais, pas même le temps d’un repas. Il y demeure toujours, même au milieu des affaires les plus pressantes, même au milieu des plus grands troubles.

CHAP. V. 1. The Master said, ’Riches and honours are what men desire. If it cannot be obtained in the proper way, they should not be held. Poverty and meanness are what men dislike. If it cannot be avoided in the proper way, they should not be avoided.

2. ’If a superior man abandon virtue, how can he fulfil the requirements of that name ?

3. ’The superior man does not, even for the space of a single meal, act contrary to virtue. In moments of haste, he cleaves to it. In seasons of danger, he cleaves to it.’

子曰:「我未見好仁者,惡不仁者。好仁者,無以尚之;惡不仁者,其為仁矣,不使不仁者加乎其身。有能一日用其力於仁矣乎?我未見力不足者。蓋有之矣,我未之見也。」 IV.6. Le Maître dit :

— Je n’ai pas encore vu, un homme qui aimât vraiment la vertu et haït sincèrement le vice. Celui qui aime vraiment la vertu la préfère à toute autre chose ; celui qui hait sincèrement le vice cultive la vertu, et fuit toute atteinte du mal. Est‑il un homme qui travaille de toutes ses forces à pratiquer la vertu un jour entier ? Je n’ai jamais vu aucun homme qui n’eût pas assez de forces pour être vertueux. Peut‑être en existe‑t‑il ; mais je n’en ai jamais vu. [35]

CHAP. VI. 1. The Master said, ’I have not seen a person who loved virtue, or one who hated what was not virtuous. He who loved virtue, would esteem nothing above it. He who hated what is not virtuous, would practise virtue in such a way that he would not allow anything that is not virtuous to approach his person.

2. ’Is any one able for one day to apply his strength to virtue ? I have not seen the case in which his strength would be insufficient.

3. ’Should there possibly be any such case, I have not seen it.’

子曰:「人之過也,各於其黨。觀過,斯知仁矣。」 IV.7. Le Maître dit :

— Chaque classe d’hommes tombe dans un excès qui lui est particulier. On peut connaître la vertu d’un homme en observant ses défauts. [36]

CHAP. VII. The Master said, ’The faults of men are characteristic of the class to which they belong. By observing a man’s faults, it may be known that he is virtuous.’
子曰:「朝聞道,夕死可矣。」 IV.8. Le Maître dit :

— Celui qui le matin a compris les enseignements de la sagesse, le soir peut mourir content.

CHAP. VIII. The Master said, ’If a man in the morning hear the right way, he may die in the evening without regret.’
子曰:「士志於道,而恥惡衣惡食者,未足與議也。」 IV.9. ■ Le Maître dit :

— Un homme qui se livre à l’étude de la sagesse, s’il rougit d’un vêtement grossier et d’une nourriture ordinaire, ne mérite pas de recevoir mes enseignements.

CHAP. IX. The Master said, ’A scholar, whose mind is set on truth, and who is ashamed of bad clothes and bad food, is not fit to be discoursed with.’
子曰:「君子之於天下也,無適也,無莫也,義之與比。」 IV.10. Le Maître dit :

— Dans le gouvernement de l’em­pire, le sage ne veut ni ne rejette rien avec opiniâtreté. La justice est sa règle.

CHAP. X. The Master said, ’The superior man, in the world, does not set his mind either for anything, or against anything ; what is right he will follow.’
子曰:「君子懷德,小人懷土;君子懷刑,小人懷惠。」 IV.11. ■ Le Maître dit :

L’homme sage aspire à la per­fection, et l’homme vulgaire, au bien‑être ; l’homme sage s’attache à observer les lois, et l’homme vulgaire, à s’at­tirer des faveurs.

CHAP. XI. The Master said, ’The superior man thinks of virtue ; the small man thinks of comfort. The superior man thinks of the sanctions of law ; the small man thinks of favours which he may receive.’
子曰:「放於利而行,多怨。」 IV.12. Le Maître dit :

— Celui qui dans ses entreprises cherche uniquement son intérêt propre excite beaucoup de mécontentements.

CHAP. XII. The Master said : ’He who acts with a constant view to his own advantage will be much murmured against.’
子曰:「能以禮讓為國乎?何有?不能以禮讓為國,如禮何?」 IV.13. Le Maître dit :

— Celui qui, dans le gouvernement de l’État, montre cette déférence qui fait le fondement de l’urbanité, quelle difficulté rencontrera‑t‑il ? Celui qui dans le gouvernement n’a pas la déférence requise par l’urbanité, quelle urbanité peut‑il avoir [37] ?

CHAP. XIII. The Master said, ’Is a prince is able to govern his kingdom with the complaisance proper to the rules of propriety, what difficulty will he have ? If he cannot govern it with that complaisance, what has he to do with the rules of propriety ?’
子曰:「不患無位,患所以立;不患莫己知,求為可知也。」 IV.14. Le Maître dit :

— Ne soyez pas en peine de ce que vous n’ayez pas de charge ; mettez‑vous en peine de vous rendre digne d’être élevé à une charge. Ne soyez pas en peine de ce que personne ne vous connaît ; travaillez à vous rendre digne d’être connu.

CHAP. XIV. The Master said, ’A man should say, I am not concerned that I have no place, I am concerned how I may fit myself for one. I am not concerned that I am not known, I seek to be worthy to be known.’
子曰:「參乎!吾道一以貫之。」曾子曰:「唯。」子出。門人問曰:「何謂也?」曾子曰:「夫子之道,忠恕而已矣。」 IV.15. Le Maître dit :

— Ma doctrine se réduit à une seule chose qui embrasse tout.

Tseng tzeu ré­pondit :

— Certainement.

Lorsque le Maître se fut re­tiré, ses disciples demandèrent ce qu’il avait voulu dire. Tseng tzeu répondit :

— Toute la sagesse de notre maître consiste à se perfectionner soi-même et à aimer les autres comme soi-même.

CHAP. XV. 1. The Master said, ’Shan, my doctrine is that of an all-pervading unity.’ The disciple Tsang replied, ’Yes.’

2. The Master went out, and the other disciples asked, saying,’What do his words mean ?’ Tsang said, ’The doctrine of our master is to be true to the principles of our nature and the benevolent exercise of them to others,— this and nothing more.’

子曰:「君子喻於義,小人喻於利。」 IV.16 Le Maître dit :

Le disciple de la sagesse est très intelligent en ce qui concerne le devoir, et l’homme vulgaire, en ce qui concerne l’intérêt propre.

CHAP. XVI. The Master said, ’The mind of the superior man is conversant with righteousness ; the mind of the mean man is conversant with gain.’
子曰:「見賢思齊焉,見不賢而內自省也。」 IV.17. Le Maître dit :

Quand vous voyez un homme sage, pensez à l’égaler en vertu. Quand vous voyez un homme dépourvu de vertu, examinez‑vous vous‑même.

CHAP. XVII. The Master said, ’When we see men of worth, we should think of equalling them ; when we see men of a contrary character, we should turn inwards and examine ourselves.’
子曰:「事父母幾諫。見志不從,又敬不違,勞而不怨。」 IV.18. Le Maître dit :

— Si vos parents tombent dans une faute, avertissez‑les avec grande douceur. Si vous les voyez déterminés à ne pas suivre vos avis, redoublez vos témoignages de respect, et réitérez vos remontrances. Quand même ils vous maltraiteraient, n’en ayez aucun ressentiment.

CHAP. XVIII. The Master said, ’In serving his parents, a son may remonstrate with them, but gently ; when he sees that they do not incline to follow his advice, he shows an increased degree of reverence, but does not abandon his purpose ; and should they punish him, he does not allow himself to murmur.’
【十九章】子曰:「父母在,不遠遊。遊必有方。」 IV.19. Le Maître dit :

— Durant la vie de vos parents, n’allez pas voyager au loin. Si vous voyagez, que ce soit dans une direction déterminée [38].

CHAP. XIX. The Master said, ’While his parents are alive, the son may not go abroad to a distance. If he does go abroad, he must have a fixed place to which he goes.’
子曰:「三年無改於父之道,可謂孝矣。」 [manque chez Couvreur] CHAP. XX. The Master said, ’If the son for three years does not alter from the way of his father, he may be called filial.’
子曰:「父母之年,不可不知也。一則以喜,一則以懼。」 IV.20. Le Maître dit :

— Vous devez vous rappeler sou­vent l’âge de vos parents, vous réjouir de leur longévité, et craindre qu’ils ne viennent à mourir.

CHAP. XXI. The Master said, ’The years of parents may by no means not be kept in the memory, as an occasion at once for joy and for fear.’
子曰:「古者言之不出,恥躬之不逮也。」 IV.21. Le Maître dit :

— Les anciens n’osaient pas émettre de maximes ; ils craignaient que leurs actions ne répon­dissent pas à leurs paroles.

CHAP. XXII. The Master said, ’The reason why the ancients did not readily give utterance to their words, was that they feared lest their actions should not come up to them.’
子曰:「以約失之者,鮮矣。」 IV.22. Le Maître dit :

— On s’égare rarement en s’im­posant à soi-même des règles sévères.

CHAP. XXIII. The Master said, ’The cautious seldom err.’
子曰:「君子欲訥於言,而敏於行。」 IV.23. Le Maître dit :

— Le sage s’applique à être lent dans ses discours et diligent dans ses actions.

CHAP. XXIV. The Master said, ’The superior man wishes to be slow in his speech and earnest in his conduct.’
子曰:「德不孤,必有鄰。」 IV.24. ■ Le Maître dit :

— La vertu ne va jamais seule ; un homme vertueux attire toujours des imitateurs.

CHAP. XXV. The Master said, ’Virtue is not left to stand alone. He who practises it will have neighbors.’
子游曰:「事君數,斯辱矣,朋友數,斯疏矣。」 IV.25. Tzeu iou dit :

Celui qui par des avis réitérés se rend importun à son prince tombe dans la disgrâce ; celui qui par des remontrances réitérées se rend im­portun à son ami perd son amitié.

CHAP. XXVI. Tsze-yu said, ’In serving a prince, frequent remonstrances lead to disgrace. Between friends, frequent reproofs make the friendship distant.’

《公冶長》 CHAPITRE V BOOK V. KUNG-YE CH’ANG.
子謂公冶長,「可妻也。雖在縲絏之中,非其罪也」。以其子妻之。 V.1. Le Maître dit que Koung ie Tch’ang était un homme à qui l’on pouvait convenablement donner une fille en mariage ; que, bien qu’il fût dans les fers, il n’avait mérité aucun châtiment. Il lui donna sa fille en mariage. CHAP. I. 1. The Master said of Kung-ye Ch’ang that he might be wived ; although he was put in bonds, he had not been guilty of any crime. Accordingly, he gave him his own daughter to wife.
子謂南容,「邦有道,不廢;邦無道,免於刑戮。」以其兄之子妻之。 Le Maître dit que Nan Ioung, dans un État bien gouverné, aurait toujours une charge ; que, dans un État mal gouverné, il saurait échapper aux tourments et à la peine capitale. Il lui donna en mariage la fille de son frère. [39] 2. Of Nan Yung he said that if the country were well governed he would not be out of office, and if it were ill-governed, he would escape punishment and disgrace. He gave him the daughter of his own elder brother to wife.
子謂子賤,「君子哉若人!魯無君子者,斯焉取斯?」 V.2. Le Maître dit de Tzeu tsien [40] :

— Quelle sagesse est en cet homme ! Si la principauté de Lou n’avait pas de sages, où celui-ci aurait‑il puisé une telle sagesse ?

CHAP. II. The Master said of Tsze-chien, ’Of superior virtue indeed is such a man ! If there were not virtuous men in Lu, how could this man have acquired this character ?’
子貢問曰:「賜也何如?」子曰:「女器也。」曰:「何器也?」曰:「瑚璉也。」 V.3. Tzeu koung demanda :

— Que dites‑vous de moi ?

Le Maître répondit :

— Vous êtes un vase [41].

Tzeu koung reprit :

— Quel vase ?

— Un vase pour les of­frandes, dit Confucius. [42]

CHAP. III. Tsze-kung asked, ’What do you say of me, Ts’ze ? The Master said, ’You are a utensil.’ ’What utensil ?’ ’A gemmed sacrificial utensil.’
或曰:「雍也,仁而不佞。」子曰:「焉用佞?禦人以口給,屢憎於人。不知其仁,焉用佞?」 V.4. Quelqu’un dit :

— Ioung [43] est très vertueux, mais peu habile à parler.

Le Maître répondit :

— Que sert d’être habile à parler ? Ceux qui reçoivent tout le monde avec de belles paroles, qui viennent seulement des lèvres, et non du cœur, se rendent souvent odieux. Je ne sais si Ioung est vertueux ; mais que lui servirait d’être habile à parler ?

CHAP. IV. 1. Some one said, ’Yung is truly virtuous, but he is not ready with his tongue.’

2. The Master said, ’What is the good of being ready with the tongue ? They who encounter men with smartnesses of
speech for the most part procure themselves hatred. I know not whether he be truly virtuous, but why should he show
readiness of the tongue ?’

子使漆雕開仕。對曰:「吾斯之未能信。」子說。 V.5. Le Maître ayant engagé Ts’i tiao Kai à exercer une charge, celui-ci répondit :
— Je ne suis pas encore parvenu à savoir parfaitement [44].
Cette réponse réjouit le Maître.
CHAP. V. The Master was wishing Ch’i-tiao K’ai to enter on official employment. He replied, ’I am not yet able to rest in the assurance of THIS.’ The Master was pleased.
子曰:「道不行,乘桴浮于海。從我者其由與?」子路聞之喜。子曰:「由也好勇過我,無所取材。」 V.6. Le Maître dit :

— Ma doctrine n’est pas mise en pratique. Si [45] je montais sur un radeau et me confiais aux flots de la mer, celui qui me suivrait, ne serait‑ce pas Iou [46] ?

Tzeu Iou, entendant ces paroles, en éprouva une grande joie. Le Maître dit :

— Iou a plus d’audace que moi ; mais il n’a pas le discernement nécessaire pour bien juger [47].

CHAP. VI. The Master said, ’My doctrines make no way. I will get upon a raft, and float about on the sea. He that will accompany me will be Yu, I dare say.’ Tsze-lu hearing this was glad,upon which the Master said, ’Yu is fonder of daring than I am. He does not exercise his judgment upon matters.’
孟武伯問:「子路仁乎?」子曰:「不知也。」又問。子曰:「由也,千乘之國,可使治其賦也,不知其仁也。」「求也何如?」子曰:「求也,千室之邑,百乘之家,可使為之宰也,不知其仁也。」「赤也何如?」子曰:「赤也,束帶立於朝,可使與賓客言也,不知其仁也。」 V.7. Meng Ou pe demanda si la vertu de Tzeu Iou était parfaite. Le Maître répondit :

— Je ne le sais pas.

Meng Ou pe renouvela la même question. Le Maître répondit :

— Iou est capable de former les troupes d’une principauté qui possède mille chariots de guerre. Je ne sais pas si sa vertu est parfaite.

— Que pensez‑vous de K’iou ?

Le Maître répondit :

K’iou est capable de gouverner une ville de mille familles, ou la maison d’un grand préfet, qui a cent chariots de guerre. Je ne sais pas s’il est parfaitement vertueux. [48]

Meng Ou pe demanda :

— Que dites‑vous de Tch’eu [49] ?

Le Maître répondit :

— Tch’eu serait ca­pable de se tenir en habits de cour auprès d’un prince, et de converser avec les hôtes et les visiteurs. Je ne sais pas si sa vertu est parfaite.

CHAP. VII. 1. Mang Wu asked about Tsze-lu, whether he was perfectly virtuous. The Master said, ’I do not know.’

2. He asked again, when the Master replied, ’In a kingdom of a thousand chariots, Yu might be employed to
manage the military levies, but I do not know whether he be perfectly virtuous.’

3. ’And what do you say of Ch’iu ?’ The Master replied, ’In a city of a thousand families, or a clan of a hundred chariots, Ch’iu might be employed as governor, but I do not know whether he is perfectly virtuous.’

4. ’What do you say of Ch’ih ?’ The Master replied, ’With his sash girt and standing in a court, Ch’ih might be employed to converse with the visitors and guests, but I do not know whether he is perfectly virtuous.’

子謂子貢曰:「女與回也孰愈?」對曰:「賜也何敢望回。回也聞一以知十,賜也聞一以知二。」子曰:「弗如也!吾與女弗如也。」 V.8. Le Maître dit à Tzeu koung :

— Lequel des deux l’emporte sur l’autre, de vous ou de Houei ?

Tzeu koung répondit :

— Comment oserais‑je me mettre en parallèle avec Houei ? Il suffit à Houei d’entendre expliquer une chose pour qu’il en comprenne dix. Moi, quand j’en ai entendu expliquer une, je n’en comprends que deux.

Le Maître dit :

— Vous lui êtes inférieur ; je suis de votre avis, vous lui êtes inférieur.

CHAP. VIII. 1. The Master said to Tsze-kung, ’Which do you consider superior, yourself or Hui ?’

2. Tsze-kung replied, ’How dare I compare myself with Hui ? Hui hears one point and knows all about a subject ; I hear one point, and know a second.’

3. The Master said, ’You are not equal to him. I grant you, you are not equal to him.’

宰予晝寢。子曰:「朽木不可雕也,糞土之牆不可杇也,於予與何誅。」子曰:「始吾於人也,聽其言而信其行;今吾於人也,聽其言而觀其行。於予與改是。」 V.9. Tsai Iu restait au lit pendant le jour. Le Maître dit :
— Un morceau de bois pourri ne peut être sculpté ; un mur de fumier et de boue ne peut être crépi. Que sert de réprimander Iu ? Auparavant, quand j’avais entendu parler un homme, je croyais que sa conduite répondait à ses paroles. A présent, quand j’ai entendu parler un homme, j’observe ensuite si ses actions répon­dent à ses paroles. C’est Iu qui m’a fait changer la règle de mes jugements.
CHAP. IX. 1. Tsai Yu being asleep during the daytime, the Master said, ’Rotten wood cannot be carved ; a wall of dirty earth will not receive the trowel. This Yu !— what is the use of my reproving him ?’
2. The Master said, ’At first, my way with men was to hear their words, and give them credit for their conduct. Now my way is to hear their words, and look at their conduct. It is from Yu that I have learned to make this change.’
子曰:「吾未見剛者。」或對曰:「申棖。」子曰:「棖也慾,焉得剛?」 V.10. Le Maître dit :

— Je n’ai pas encore vu un homme qui eût une fermeté d’âme inflexible.

Quelqu’un dit :

— Chenn Tch’ang.

Le Maître répondit :

— Tch’ang est l’esclave de ses passions ; comment aurait‑il la fermeté d’âme ?

CHAP. X. The Master said, ’I have not seen a firm and unbending man.’ Some one replied, ’There is Shan Ch’ang.’ ’Ch’ang,’ said the Master, ’is under the influence of his passions ; how can he be pronounced firm and unbending ?’
子貢曰:「我不欲人之加諸我也,吾亦欲無加諸人。」子曰:「賜也,非爾所及也。」 V.11. Tzeu koung dit :

— Ce que je ne veux pas que les autres me fassent, je désire ne pas le faire aux autres.

Le Maître répondit :

— Seu, vous n’avez pas encore atteint cette perfection.

CHAP. XI. Tsze-kung said, ’What I do not wish men to do to me, I also wish not to do to men.’ The Master said, ’Ts’ze, you have not attained to that.’
子貢曰:「夫子之文章,可得而聞也;夫子之言性與天道,不可得而聞也。」 V.12. Tzeu koung dit :

— Il est donné à tous les disciples d’entendre les leçons du Maître sur la tenue du corps et les bienséances, mais non ses enseignements sur la nature de l’homme et l’action du Ciel [50].

CHAP. XII. Tsze-kung said, ’The Master’s personal
displays of his principles and ordinary descriptions of them may be heard. His discourses about man’s nature, and the way
of Heaven, cannot be heard.’
子路有聞,未之能行,唯恐有聞。 V.13. Quand Tzeu lou avait reçu un enseignement, il craignait d’en recevoir un nouveau, jusqu’à ce qu’il fût parvenu à mettre en pratique le premier. [51] CHAP. XIII. When Tsze-lu heard anything, if he had not yet succeeded in carrying it into practice, he was only afraid lest he should hear something else.
子貢問曰:「孔文子何以謂之文也?」子曰:「敏而好學,不恥下問,是以謂之文也。」 V.14. ■ Tzeu koung demanda pourquoi K’oung Wenn tzeu [52] avait reçu après sa mort le nom de Wenn, Poli ou Cultivé. Le Maître répondit :

— Bien qu’il fût très in­telligent, il aimait à être enseigné ; il n’avait pas honte d’interroger même ses inférieurs. C’est pour cette raison qu’il a reçu le nom posthume de Wenn.

CHAP. XIV. Tsze-kung asked, saying, ’On what ground did Kung-wan get that title of Wan ?’ The Master said, ’He was of an active nature and yet fond of learning, and he was not ashamed to ask and learn of his inferiors !— On these grounds he has been styled Wan.’
子謂子產,「有君子之道四焉:其行己也恭,其事上也敬,其養民也惠,其使民也義。」 V.15. ■ Le Maître dit que Tzeu tch’ang [53] pratiquait par­faitement quatre vertus : à savoir, la déférence envers ses égaux, le respect envers ses supérieurs, la bienfaisance envers le peuple, la justice envers ses sujets. CHAP. XV. The Master said of Tsze-ch’an that he had four of the characteristics of a superior man :— in his conduct of himself, he was humble ; in serving his superiors, he was respectful ; in nourishing the people, he was kind ; in ordering the people, he was just.’
子曰:「晏平仲善與人交,久而敬之。」 V.16. ■ Le Maître dit :

— Ien P’ing tchoung [54] est admi­rable dans ses relations avec ses amis ; leur intimité eût-­elle duré depuis longtemps, il les traite toujours, avec respect.

CHAP. XVI. The Master said, ’Yen P’ing knew well how to maintain friendly intercourse. The acquaintance might be long, but he showed the same respect as at first.’
子曰:「臧文仲居蔡,山節藻梲,何如其知也?」 V.17. Le Maître dit
 :
— Tsang Wenn tchoung a fait bâtir, pour loger une grande tortue, un édifice où la sculpture a figuré des montagnes sur les chapiteaux des colonnes, et la peinture a représenté des algues marines sur les colonnettes du toit. Peut‑on dire que ce soit un homme éclairé ? [55]
CHAP. XVII. The Master said, ’Tsang Wan kept a large tortoise in a house, on the capitals of the pillars of which he had hills made, and with representations of duckweed on the small pillars above the beams supporting the rafters.— Of what sort was his wisdom ?’
19 子張問曰:「令尹子文三仕為令尹,無喜色;三已之,無慍色。舊令尹之政,必以告新令尹。何如?」子曰:「忠矣。」曰:「仁矣乎?」曰:「未知,焉得仁?」 V.18. Tzeu tchang dit :

— Tzeu wenn, premier ministre de Tch’ou, fut trois fois élevé aux honneurs et créé premier ministre ; il n’en manifesta aucune joie. Il fut trois fois dépouillé de sa charge ; il n’en manifesta aucun mécontentement. En quittant la charge de premier mi­nistre, il faisait connaître à son successeur ses actes administratifs. Que faut‑il penser de lui ?

Le Maître dit :

— Il a été fidèle au devoir.

Tzeu tchang reprit :

— Sa vertu a‑t‑elle été parfaite ?

— Je ne le sais pas ; a‑t‑il atteint la perfection de la vertu ?

Le Maître répondit :

Je ne le sais pas ; son indifférence pour les charges est‑elle la perfection ?

CHAP. XVIII. 1. Tsze-chang asked, saying, ’The minister Tsze-wan thrice took office, and manifested no joy in his countenance. Thrice he retired from office, and manifested no displeasure. He made it a point to inform the new minister of the way in which he had conducted the government ;— what do you say of him ?’ The Master replied. ’He was loyal.’ ’Was he perfectly virtuous ?’ ’I do not know. How can he be pronounced perfectly virtuous ?’
「崔子弒齊君,陳文子有馬十乘,棄而違之。至於他邦,則曰:『猶吾大夫崔子也。』違之。之一邦,則又曰:『猶吾大夫崔子也。』違之。何如?」子曰:「清 矣。」曰:「仁矣乎?」曰:「未知。焉得仁?」 Tzeu tchang dit :

— Ts’ouei tzeu, ayant tué son prince, le prince de Ts’i, Tch’enn Wenn tzeu, qui avait dix attelages de quatre chevaux, abandonna ses richesses, et quitta sa terre natale [56]. Arrivé dans une autre principauté, il dit : « Ici les officiers ressemblent à notre grand préfet Ts’ouei tzeu. » Et il s’en alla. Quand il arrivait dans une nouvelle principauté, il disait tou­jours : « Ici les officiers ressemblent à notre grand préfet Ts’ouei tzeu. » Et il se retirait. Que faut‑il penser de lui ?

Le Maître répondit :

— Il craignait la moindre souillure.

Tzeu tchang reprit :

— Sa vertu a‑t‑elle été parfaite ?

Confucius répondit : — Je ne le sais pas ; a‑t‑il atteint la perfection de la vertu [57] ?

2. Tsze-chang proceeded, ’When the officer Ch’ui killed the prince of Ch’i, Ch’an Wan, though he was the owner of forty horses, abandoned them and left the country. Coming to another State, he said, "They are here like our great officer, Ch’ui," and left it. He came to a second State, and with the same observation left it also ;— what do you say of him ?’ The Master replied, ’He was pure.’ ’Was he perfectly virtuous ?’ ’I do not know. How can he be pronounced perfectly virtuous ?’
20 季文子三思而後行。子聞之,曰:「再,斯可矣。」 V.19. Ki Wenn tzeu réfléchissait à plusieurs reprises, avant de faire une chose. Le Maître, l’ayant appris, dit :

— Il suffit de réfléchir deux fois. [58]

CHAP. XIX. Chi Wan thought thrice, and then acted. When the Master was informed of it, he said, ’Twice may do.’
子曰:「甯武子邦有道則知,邦無道則愚。其知可及也,其愚不可及也。」 V.20. Le Maître dit :

Gning Ou tzeu se montra pru­dent, tant que l’État fut bien gouverné, et imprudent, quand l’État fut mal gouverné. Sa prudence peut être imitée ; son imprudence est au‑dessus de toute imi­tation. [59]

CHAP. XX. The Master said, ’When good order prevailed in his country, Ning Wu acted the part of a wise man. When his country was in disorder, he acted the part of a stupid man. Others may equal his wisdom, but they cannot equal his stupidity.’
子在陳曰:「歸與!歸與!吾黨之小子狂簡,斐然成章,不知所以裁之。」 V.21. Le Maître, étant dans la principauté de Tch’enn, dit :

— Retournerai-je, retournerai-je dans la principauté de Lou ? Les disciples que j’avais dans mon pays ont des aspirations élevées, s’appliquent peu aux choses vulgaires et sont d’une distinction remarquable. Mais ils ne savent pas comment régler ces bonnes qualités. [60]

CHAP. XXI. When the Master was in Ch’an, he said, ’Let me return ! Let me return ! The little children of my school are ambitious and too hasty. They are accomplished and complete so far, but they do not know how to restrict and shape themselves.’
子曰:「伯夷、叔齊不念舊惡,怨是用希。」 V.22. Le Maître dit :

— Pe i et Chou ts’i oubliaient les défauts passés d’autrui ; aussi avaient‑ils peu d’ennemis.

CHAP. XXII. The Master said, ’Po-i and Shu-ch’i did not keep the former wickednesses of men in mind, and hence the resentments directed towards them were few.’
子曰:「孰謂微生高直?或乞醯焉,乞諸其鄰而與之。」 V.23. Le Maître dit :

— Qui pourra encore louer la droi­ture de Wei cheng Kao ? Quelqu’un lui ayant demandé du vinaigre, il en demanda lui-même à l’un de ses voisins pour le lui donner.
CHAP. XXIII. The Master said, ’Who says of Wei-shang Kao that he is upright ? One begged some vinegar of him, and he begged it of a neighbor and gave it to the man.’
子曰:「巧言、令色、足恭,左丘明恥之,丘亦恥之。匿怨而友其人,左丘明恥之,丘亦恥之。」 V.24. Le Maître dit :

Employer un langage étudié, prendre un extérieur trop composé, donner des marques de déférence excessives, c’est ce que Tsouo K’iou ming aurait rougi de faire ; moi aussi, j’en aurais honte. Haïr un homme au fond du cœur et le traiter amicalement, c’est ce que Tsouo K’iou ming aurait rougi de faire ; moi aussi, j’en aurais honte.

CHAP. XXIV. The Master said, ’Fine words, an insinuating appearance, and excessive respect ;— Tso Ch’iu-ming was ashamed of them. I also am ashamed of them. To conceal resentment against a person, and appear friendly with him ;— Tso Ch’iu-ming was ashamed of such conduct. I also am ashamed of it.’
顏淵、季路侍。子曰:「盍各言爾志?」子路曰:「願車馬、衣輕裘,與朋友共。敝之而無憾。」顏淵曰:「願無伐善,無施勞。」子路曰:「願聞子之志。」子曰:「老者安之,朋友信之,少者懷之。」 V.25. Le Maître dit à Ien Iuen et à Tzeu lou, qui se tenaient auprès de lui :

— Pourquoi ne me diriez‑vous pas chacun quels seraient vos désirs ?

Tzeu lou répon­dit :

— Je désirerais partager avec mes amis l’usage de mes voitures, de mes chevaux, de mes tuniques garnies de fine fourrure ; et, si mes amis les maltraitaient ou les gâtaient, n’en éprouver aucun mécontentement. [61]

Ien Iuen dit :

— Je désirerais ne pas vanter mes bonnes qualités, ne pas exagérer mes bons services [62].

Tzeu lou reprit :

— Maître, je serais heureux d’apprendre quel serait votre désir.

Le Maître répondit :

— Pourvoir abon­damment aux nécessités des vieillards, mériter la con­fiance de mes amis, aider avec affection les enfants et les jeunes gens.

CHAP. XXV. 1. Yen Yuan and Chi Lu being by his side, the Master said to them, ’Come, let each of you tell his wishes.’

2. Tsze-lu said, ’I should like, having chariots and horses, and light fur dresses, to share them with my friends, and though they should spoil them, I would not be displeased.’

3. Yen Yuan said, ’I should like not to boast of my excellence, nor to make a display of my meritorious deeds.’

4. Tsze-lu then said, ’I should like, sir, to hear your wishes.’ The Master said, ’They are, in regard to the aged, to give them rest ; in regard to friends, to show them sincerity ; in regard to the young, to treat them tenderly.’

27 子曰:「已矣乎!吾未見能見其過而內自訟者也。」 V.26. Le Maître dit :

— Faut‑il donc désespérer de voir un homme qui reconnaisse ses fautes, et se les reproche en secret ? Moi, je n’en ai pas encore vu.

CHAP. XXVI. The Master said, ’It is all over ! I have not yet seen one who could perceive his faults, and inwardly accuse himself.’
子曰:「十室之邑,必有忠信如丘者焉,不如丘之好學也。」 V.27. Le Maître dit :
Dans un village de dix familles, il se trouve certainement des hommes à qui la nature a donné, comme à moi, des dispositions à la fidélité et à la sincérité ; mais il n’en est pas qui travaillent comme moi à connaître et à pratiquer ces vertus. [63]
CHAP. XXVII. The Master said, ’In a hamlet of ten families, there may be found one honourable and sincere as I am, but not so fond of learning.’

雍也 CHAPITRE VI BOOK VI. YUNG YEY.
子曰:「雍也可使南面。」 VI.1. Le Maître dit :

— Ioung [64] est capable de régler les affaires publiques, le visage tourné vers le midi [65].

CHAP. I. 1. The Master said, ’There is Yung !— He might occupy the place of a prince.’
仲弓問子桑伯子,子曰:「可也簡。」仲弓曰:「居敬而行簡,以臨其民,不亦可乎?居簡而行簡,無乃大簡乎?」子曰:「雍之言然。」 Tchoung koung interrogea Confucius sur Tzeu sang Pe tzeu. Le Maître répondit :

— Il a de bonnes qualités ; il se contente aisément.

Tchoung koung dit :

— Etre soi­-même toujours diligent, et ne pas exiger trop de son peuple, n’est‑ce pas louable ? Mais être soi-même négli­gent, et, dans l’administration, exiger peu des autres, n’est‑ce pas se contenter trop facilement ?

Le Maître répondit :

Ioung, vous dites vrai. [66]

2. Chung-kung asked about Tsze-sang Po-tsze. The Master said, ’He may pass. He does not mind small matters.’

3. Chung-kung said, ’If a man cherish in himself a reverential feeling of the necessity of attention to business,
though he may be easy in small matters in his government of the people, that may be allowed. But if he cherish in himself
that easy feeling, and also carry it out in his practice, is not such an easy mode of procedure excessive ?’

4. The Master said, ’Yung’s words are right.’

哀公問:「弟子孰為好學?」孔子對曰:「有顏回者好學,不遷怒,不貳過。不幸短命死矣!今也則亡,未聞好學者也。」 VI.2. Le prince Ngai demanda à Confucius quels étaient ceux de ses disciples qui s’appliquaient avec ardeur à l’étude et à la pratique de la vertu. Confucius répondit :

Ien Houei s’y appliquait avec ardeur. Lorsqu’il était justement irrité contre quelqu’un, il n’étendait pas in­justement sa colère à un autre. Il ne tombait jamais deux fois dans la même faute. Malheureusement, il a peu vécu. A présent, il n’est plus personne qui lui res­semble. Je n’ai entendu citer aucun homme qui aimât véritablement la sagesse.

CHAP. II. The Duke Ai asked which of the disciples loved to learn. Confucius replied to him, ’There was Yen Hui ; HE loved to learn. He did not transfer his anger ; he did not repeat a fault. Unfortunately, his appointed time was short and he died ; and now there is not such another. I have not yet heard of any one who loves to learn as he did.’
子華使於齊,冉子為其母請粟。子曰:「與之釜。」請益。曰:「與之庾。」冉子與之粟五秉。子曰:「赤之適齊也,乘肥馬,衣輕裘。吾聞之也,君子周急不繼富。」 VI.3. Tzeu houa était dans la principauté de Ts’i chargé d’une mission [67]. Jen tzeu [68] demanda à Confucius du grain pour la mère de Tzeu houa. Le Maître dit :

— Je lui en donne six boisseaux et quatre dixièmes.

Jen tzeu en demanda davantage. Confucius dit :

— Je lui en donne seize boisseaux.

Jen tzeu lui en donna de son chef quatre cents boisseaux. Le Maître réprimanda Jen tzeu, et lui dit :

— Tzeu houa est allé à Ts’i dans une voiture traînée par des chevaux magnifiques, et avec des vête­ments garnis de fine fourrure. J’ai entendu dire que le sage secourait les indigents ; mais n’ajoutait pas à l’opu­lence des riches.

CHAP. III. 1. Tsze-hwa being employed on a mission to Ch’i, the disciple Zan requested grain for his mother. TheMaster said, ’Give her a fu.’ Yen requested more. ’Give her an yu,’ said the Master. Yen gave her five ping.
2. The Master said, ’When Ch’ih was proceeding to Ch’i, he had fat horses to his carriage, and wore light furs. I have heard that a superior man helps the distressed, but does not add to the wealth of the rich.’
原思為之宰,與之粟九百,辭。子曰:「毋!以與爾鄰里鄉黨乎!」 Iuen seu était gouverneur d’une préfecture. Confu­cius lui donna neuf cents mesures de grain. Iuen seu, jugeant que c’était trop, refusa. Le Maître dit :

Acceptez ; vous le distribuerez aux pauvres dans les hameaux, les villages, les villes et les bourgades de votre préfecture. [69]

3. Yuan Sze being made governor of his town by the Master, he gave him nine hundred measures of grain, but Sze declined them.

4. The Master said, ’Do not decline them. May you not give them away in the neighborhoods, hamlets, towns, and
villages ?’

子謂仲弓曰:「犂牛之子騂且角,雖欲勿用,山川其舍諸?」 VI.4. Le Maître dit en parlant de Tchoung koung :

Si une génisse, née d’une vache au poil varié, est de cou­leur rousse et a les cornes bien régulières, quand même on ne voudrait pas l’offrir en victime, les esprits des montagnes et des fleuves n’exigeraient‑ils pas qu’elle leur fût immolée ? [70]

CHAP. IV. The Master, speaking of Chung-kung, said, ’If the calf of a brindled cow be red and horned, although men
may not wish to use it, would the spirits of the mountains and rivers put it aside ?’
子曰:「回也,其心三月不違仁,其餘則日月至焉而已矣。」 VI.5. Le Maître dit :

Ien Houei passait trois mois en­tiers sans qu’aucun mouvement de son cœur s’écartât de la plus haute perfection. Mes autres disciples atteignent la perfection au plus une fois par jour ou par mois, et ils s’arrêtent.

CHAP. V. The Master said, ’Such was Hui that for three months there would be nothing in his mind contrary to perfect virtue. The others may attain to this on some days or in some months, but nothing more.’
季康子問:「仲由可使從政也與?」子曰:「由也果,於從政乎何有?」曰:「賜也,可使從政也與?」曰:「賜也達,於從政乎何有?」曰:「求也,可使從政也與?」曰:「求也藝,於從政乎何有?」 VI.6. Ki K’ang tzeu demanda si Tzeu lou était capable d’administrer les affaires publiques [71]. Le Maître répon­dit :

— Iou [72] sait prendre une décision ; quelle difficulté aurait‑il à administrer les affaires publiques ?

Ki K’ang tzeu dit :

— Seu [73] est‑il capable d’administrer les affaires publiques ?

Confucius répondit :

— Seu est très intel­ligent ; quelle difficulté aurait‑il à administrer les af­faires publiques ?

Ki K’ang tzeu dit :

— K’iou [74] peut‑il gérer les affaires publiques ?

Confucius répondit :

— K’iou a beaucoup de talents ; quelle difficulté aurait‑il à administrer les affaires publiques ?

CHAP. VI. Chi K’ang asked about Chung-yu, whether he was fit to be employed as an officer of government. The Master said, ’Yu is a man of decision ; what difficulty would he find in being an officer of government ?’ K’ang asked, ’Is Ts’ze fit to be employed as an officer of government ?’ and was answered, ’Ts’ze is a man of intelligence ; what difficulty would he find in being an officer of government ?’ And to the same question about Ch’iu the Master gave the same reply, saying, ’Ch’iu is a man of various ability.’
季氏使閔子騫為費宰。閔子騫曰:「善為我辭焉。如有復我者,則吾必在汶上矣。」 VI.7. Le chef de la famille Ki fit inviter Min Tzeu k’ien à exercer la charge de gouverneur dans la ville de Pi. Min Tzeu k’ien répondit à l’envoyé :

— Exprimez poli­ment mon refus à votre maître. S’il m’envoie un second messager, je serai certainement au‑delà de la Wenn [75] [76]

CHAP. VII. The chief of the Chi family sent to ask Min Tsze-ch’ien to be governor of Pi. Min Tsze-ch’ien said, ’Decline the offer for me politely. If any one come again to me with a second invitation, I shall be obliged to go and live on the banks of the Wan.’
伯牛有疾,子問之,自牖執其手,曰:「亡之,命矣夫!斯人也而有斯疾也!斯人也而有斯疾也!」 VI.8. Pe gniou étant malade, le Maître alla lui faire visite. Il lui prit la main à travers la fenêtre, et dit :

— Nous le perdrons. Le Ciel l’a ainsi ordonné. Se peut‑il qu’un tel homme soit ainsi malade ! Se peut‑il qu’un tel homme soit ainsi malade ! [77]

CHAP. VIII. Po-niu being ill, the Master went to ask for him. He took hold of his hand through the window, and said, ’It is killing him. It is the appointment of Heaven, alas ! That such a man should have such a sickness ! That such a man should have such a sickness !’
子曰:「賢哉回也!一簞食,一瓢飲,在陋巷。人不堪其憂,回也不改其樂。賢哉回也!」 VI.9. Le Maître dit :

— Que la sagesse de Ien Houei était grande ! Il demeurait dans une misérable ruelle, n’ayant qu’une écuelle de nourriture et une cuillerée de boisson. Un autre, en se voyant si dépourvu, aurait eu un chagrin intolérable. Houei était toujours content. Oh ! que Houei était sage !

CHAP. IX. The Master said, ’Admirable indeed was the virtue of Hui ! With a single bamboo dish of rice, a single gourd dish of drink, and living in his mean narrow lane, while others could not have endured the distress, he did not allow his joy to be affected by it. Admirable indeed was the virtue of Hui !’
冉求曰:「非不說子之道,力不足也。」子曰:「力不足者,中道而廢。今女畫。」 VI.10. Jen K’iou dit :

— Maître, ce n’est pas que votre doctrine me déplaise ; mais je n’ai pas la force de la mettre en pratique.

Le Maître répondit :

— Celui qui vraiment n’a pas assez de forces tombe épuisé à moitié route. Pour vous, vous vous prescrivez des limites [78].

CHAP. X. Yen Ch’iu said, ’It is not that I do not delight in your doctrines, but my strength is insufficient.’ The Master said, ’Those whose strength is insufficient give over in the middle of the way but now you limit yourself.’
子謂子夏曰:「女為君子儒,無為小人儒。」 VI.11. Le Maître dit à Tzeu hia :
Soyez un lettré ver­tueux et sage, et non un lettré sans vertu.
CHAP. XI. The Master said to Tsze-hsia, ’Do you be a scholar after the style of the superior man, and not after that of the mean man.’
子游為武城宰。子曰:「女得人焉爾乎?」曰:「有澹臺滅明者,行不由徑。非公事,未嘗至於偃之室也。」 VI.12. ■ Lorsque Tzeu iou était gouverneur de Ou tch’eng [79], le Maître lui dit :

— Avez‑vous trouvé des hommes qui méritent votre confiance ?

Tzeu iou répondit :

— Il y a T’an tai Mie ming. Il ne va jamais par les sentiers écartés et cachés. Jamais il n’est allé à mon prétoire que pour des affaires publiques [80].

CHAP. XII. Tsze-yu being governor of Wu-ch’ang, the Master said to him, ’Have you got good men there ?’ He answered, ’There is Tan-t’ai Mieh-ming, who never in walking takes a short cut, and never comes to my office, excepting on public business.’
子曰:「孟之反不伐,奔而殿。將入門,策其馬,曰:『非敢後也,馬不進也。』」 VI.13. Le Maître dit :

— Meng Tcheu fan ne se vante pas lui-même. L’armée ayant été mise en déroute, il est re­venu le dernier. Arrivé à la porte de la capitale, il frappa son cheval, en disant :

— Ce n’est pas que j’aie eu le cou­rage de me retirer après les autres ; mais mon cheval ne marche pas.

CHAP. XIII. The Master said, ’Mang Chih-fan does not boast of his merit. Being in the rear on an occasion of flight, when they were about to enter the gate, he whipped up his horse, saying, "It is not that I dare to be last. My horse would not advance."’
子曰:「不有祝鮀之佞而有宋朝之美,難乎免於今之世矣!」 VI.14. Le Maître dit :

— A moins d’avoir le talent de l’orateur T’ouo et la beauté de Tchao de Soung, il est difficile d’échapper à la haine dans ce siècle. [81]

CHAP. XIV. The Master said, ’Without the specious speech of the litanist T’o and the beauty of the prince Chao of Sung, it is difficult to escape in the present age.’
子曰:「誰能出不由戶?何莫由斯道也?」 VI.15. Le Maître dit :

— Quelqu’un peut‑il sortir de la maison, si ce n’est par la porte ? Pourquoi personne ne marche‑t‑il par la voie de la vertu ? [82]

CHAP. XV. The Master said, ’Who can go out but by the door ? How is it that men will not walk according to these ways ?’
子曰:「質勝文則野,文勝質則史。文質彬彬,然後君子。」 VI.16. Le Maître dit :

Celui chez qui les qualités natu­relles l’emportent sur la politesse des manières et du langage est un homme agreste. Celui chez qui la poli­tesse des manières et du langage l’emporte sur les vertus intérieures est comme un copiste de tribunal. Celui qui possède à un égal degré la vertu et la politesse est un sage.

CHAP. XVI. The Master said, ’Where the solid qualities are in excess of accomplishments, we have rusticity ; where the accomplishments are in excess of the solid qualities, we have the manners of a clerk. When the accomplishments and solid qualities are equally blended, we then have the man of virtue.’
子曰:「人之生也直,罔之生也幸而免。」 VI.17. Le Maître dit.

— Tout homme en naissant a la rectitude du cœur. Si celui qui la perd ne perd pas en même temps la vie, il a un bonheur qu’il n’a pas mérité.

CHAP. XVII. The Master said, ’Man is born for uprightness. If a man lose his uprightness, and yet live, his escape from death is the effect of mere good fortune.’
子曰:「知之者不如好之者,好之者不如樂之者。」 VI.18. Le Maître dit : « Mieux vaut l’aimer que la connaître seulement, et mieux vaut encore en faire ses délices que de l’aimer seulement. » CHAP. XVIII. The Master said, ’They who know the truth are not equal to those who love it, and they who love it are not equal to those who delight in it.’
子曰:「中人以上,可以語上也;中人以下,不可以語上也。」 VI.19. Le Maître dit : « Qui s’élève au-dessus de la moyenne peut entendre des enseignements élevés. Qui reste en dessous de la moyenne n’en est pas capable. » CHAP. XIX. The Master said, ’To those whose talents are above mediocrity, the highest subjects may be announced. To those who are below mediocrity, the highest subjects may not be announced.’
樊遲問知。子曰:「務民之義,敬鬼神而遠之,可謂知矣。」 VI.20. Fan Tch’eu l’interrogea sur l’intelligence. Le Maître dit : « Traiter le peuple avec équité, honorer les esprits, mais s’en tenir à distance [83], cela peut s’appeler intelligence. » [84] CHAP. XX. Fan Ch’ih asked what constituted wisdom. The Master said, ’To give one’s self earnestly to the duties due to men, and, while respecting spiritual beings, to keep aloof from them, may be called wisdom.’
問仁。曰:「仁者先難而後獲,可謂仁矣。」 Fan Tch’eu l’interrogea ensuite sur le sens de l’humanité. Confucius répondit : « L’homme honorable commence par le plus difficile, avant de penser aux avantages qu’il en doit retirer ; on peut appeler cela de l’humanité. » He asked about perfect virtue. The Master said, ’The man of virtue makes the difficulty to be overcome his first business, and success only a subsequent consideration ;— this may be called perfect virtue.’
子曰:「知者樂水,仁者樂山;知者動,仁者靜;知者樂,仁者壽。」 VI.21. Le Maître dit : « L’homme intelligent aime l’eau, et l’homme honorable les montagnes. L’homme intelligent se donne du mouvement [85] ; l’homme honorable demeure immobile [86]. L’homme intelligent vit heureux ; l’homme honorable vit longtemps. » [87] CHAP. XXI. The Master said, ’The wise find pleasure in water ; the virtuous find pleasure in hills. The wise are active ; the virtuous are tranquil. The wise are joyful ; the virtuous are long-lived.’
子曰:「齊一變,至於魯;魯一變,至於道。」 VI.22. Le Maître dit : « Si la principauté de Ts’i s’améliorait d’un degré, elle vaudrait pour les mœurs celle de Lou. Si la principauté de Lou devenait meilleure d’un degré, elle serait dans la Voie. » CHAP. XXII. The Master said, ’Ch’i, by one change, would come to the State of Lu. Lu, by one change, would come to a State where true principles predominated.’
子曰:「觚不觚,觚哉!觚哉!」 VI.23. Le Maître dit : « Un vase à vin qu’on nomme kou [c’est-à-dire vase à angles], s’il n’a pas d’angles, doit-il être appelé kou [88] ? » [89] CHAP. XXIII. The Master said, ’A cornered vessel without corners.— A strange cornered vessel ! A strange cornered vessel !’
宰我問曰:「仁者,雖告之曰:『井有仁焉。』其從之也?」子曰:「何為其然也?君子可逝也,不可陷也;可欺也,不可罔也。」 VI.24. Tsai Ngo dit : « Un homme honorable auquel on annoncerait que la vertu d’humanité est au fond d’un puits, y descendrait-il pour la chercher ? » Le Maître dit : « Pourquoi agirait-il ainsi ? Un homme honorable, en recevant cette annonce, pourra se déterminer à aller au bord du puits, mais ne s’y jettera pas lui-même. Il pourra être trompé, mais non être aveuglé. » CHAP. XXIV. Tsai Wo asked, saying, ’A benevolent man, though it be told him,— ’There is a man in the well’ will go in after him, I suppose.’ Confucius said, ’Why should he do so ?’ A superior man may be made to go to the well, but he cannot be made to go down into it. He may be imposed upon, but he cannot be fooled.’
子曰:「君子博學於文,約之以禮,亦可以弗畔矣夫!」 VI.25. Le Maître dit : « L’homme honorable étend ses connaissances par les livres, et les ordonne grâce aux rites ; il parvient ainsi à ne rien trahir. » CHAP. XXV. The Master said, ’The superior man, extensively studying all learning, and keeping himself under the restraint of the rules of propriety, may thus likewise not overstep what is right.’
子見南子,子路不說。夫子矢之曰:「予所否者,天厭之!天厭之!」 VI.26. Le Maître visita Nan tzeu. Tzeu lou en fut mécontent. Le Maître dit, en prononçant une imprécation : « Si j’ai mal fait, que le Ciel me rejette ! que le Ciel me rejette ! » [90] CHAP. XXVI. The Master having visited Nan-tsze, Tsze-lu was displeased, on which the Master swore, saying, ’Wherein I have done improperly, may Heaven reject me, may Heaven reject me !’
子曰:「中庸之為德也,其至矣乎!民鮮久矣。」 VI.27. Le Maître dit : « La Vertu qui se tient dans le milieu juste n’est-elle pas la plus parfaite ? Peu d’hommes la possèdent, et cela depuis longtemps. » CHAP. XXVII. The Master said, ’Perfect is the virtue which is according to the Constant Mean ! Rare for a long time has been its practise among the people.’
子貢曰:「如有博施於民而能濟眾,何如?可謂仁乎?」子曰:「何事於仁,必也聖乎!堯舜其猶病諸!夫仁者,己欲立而立人,己欲達而達人。能近取譬,可謂仁之方也已。」 VI.28. Tseu koung dit : « Que faut-il penser de celui qui prodiguerait ses bienfaits parmi le peuple et pourrait aider la multitude ? Pourrait-on dire qu’il est pleinement humain ? » Le Maître répondit : « Aider la multitude ? mais c’est être un saint ! Iao et Chouenn eux-mêmes avaient la douleur de ne pouvoir le faire. La vertu d’humanité, c’est élever autrui comme on souhaiterait l’être soi-même ; c’est le faire parvenir là où on le voudrait soi-même. Qui est capable de s’en faire le modèle offre la recette de cette vertu. » CHAP. XXVIII. 1. Tsze-kung said, ’Suppose the case of a man extensively conferring benefits on the people, and able to assist all, what would you say of him ? Might he be called
perfectly virtuous ?’ The Master said, ’Why speak only of virtue in connexion with him ? Must he not have the qualities of a sage ? Even Yao and Shun were still solicitous about this.

2. ’Now the man of perfect virtue, wishing to be established himself, seeks also to establish others ; wishing to
be enlarged himself, he seeks also to enlarge others.

3. ’To be able to judge of others by what is nigh in ourselves ;— this may be called the art of virtue.’


述而 CHAPITRE VII BOOK VII. SHU R.
子曰:「述而不作,信而好古,竊比於我老彭。」 VII.1. Le Maître dit :

— Je transmets [91], et n’invente rien de nouveau. Je m’attache à l’antiquité avec confiance et affection ; je me permets de me comparer à notre vieux P’eng. [92]

CHAP. I. The Master said, ’A transmitter and not a maker, believing in and loving the ancients, I venture to compare myself with our old P’ang.’
子曰:「默而識之,學而不厭,誨人不倦,何有於我哉?」 VII.2. Le Maître dit :

— Méditer et se graver dans la mé­moire les préceptes de la sagesse, apprendre sans éprouver jamais de satiété, enseigner sans jamais se lasser, ces trois mérites se trouvent‑ils en moi ?

CHAP. II. The Master said, ’The silent treasuring up of knowledge ; learning without satiety ; and instructing others
without being wearied :— which one of these things belongs to me ?’
子曰:「德之不脩,學之不講,聞義不能徙,不善不能改,是吾憂也。」 VII.3. Le Maître dit :

— Ce que je crains, c’est de ne pas m’appliquer à la pratique de la vertu, de ne pas chercher à me faire expliquer ce que je dois apprendre, de ne pouvoir accomplir ce que je sais être de mon devoir, et de ne pouvoir me corriger de mes défauts.

CHAP. III. The Master said, ’The leaving virtue without proper cultivation ; the not thoroughly discussing what is learned ; not being able to move towards righteousness of which a knowledge is gained ; and not being able to change what is not good :— these are the things which occasion me solicitude.’
子之燕居、申申如也、夭夭如也。 VII.4. Lorsque le Maître n’était pas occupé d’affaires, son maintien était plein d’aisance, son air affable et joyeux. CHAP. IV. When the Master was unoccupied with business, his manner was easy, and he looked pleased.
子曰、甚矣吾衰也、久矣、吾不復夢見周公。 VII.5. □ ■ Le Maître dit :

— J’ai beaucoup perdu de mon énergie. Depuis longtemps je ne vois plus en songe Tcheou koung. [93]

CHAP. V. The Master said, ’Extreme is my decay. For a long time, I have not dreamed, as I was wont to do, that I saw the duke of Chau.’
【一節】子曰、志於道。【二節】據於德。【三節】依於仁。【四節】游於藝。 VII.6. Le Maître dit :

— Proposez‑vous toujours de suivre la voie de la vertu ; demeurez dans cette voie ; ne vous écartez jamais de la perfection ; ayez pour délassements les six arts libéraux [94]

CHAP. VI. 1. The Master said, ’Let the will be set on the path of duty.

2. ’Let every attainment in what is good be firmly grasped.

3. ’Let perfect virtue be accorded with.

4. ’Let relaxation and enjoyment be found in the polite arts.’

子曰、自行束脩以上、吾未嘗無誨焉。 VII.7. □ Le Maître dit :

— Chaque fois que quelqu’un est venu de lui-même à mon école, en m’apportant les pré­sents d’usage, ne fussent que dix tranches de viande séchée, jamais je ne lui ai refusé mes enseignements. [95]

CHAP. VII. The Master said, ’From the man bringing his bundle of dried flesh for my teaching upwards, I have never refused instruction to any one.
子曰、不憤不啟、不悱不發、舉一、不以三隅反、則不復也。 VII.8. □ Le Maître dit :

— Je n’enseigne pas celui qui ne s’efforce pas de comprendre ; je n’aide pas à parler celui qui ne s’efforce pas d’exprimer sa pensée. Si quelqu’un, après avoir entendu exposer la quatrième partie d’une question, ne peut comprendre par lui-même et exposer les trois autres parties, je ne l’enseigne plus.

CHAP. VIII. The Master said, ’I do not open up the truth to one who is not eager to get knowledge, nor help out any one who is not anxious to explain himself. When I have presented one corner of a subject to any one, and he cannot from it learn the other three, I do not repeat my lesson.’
子食於有喪者之側,未嘗飽也。 VII.9. Lorsque le Maître mangeait à côté d’un homme qui venait de perdre un proche parent, sa douleur lui permettait à peine de prendre un peu de nourriture. Quand il avait été pleurer un mort, toute la journée sa douleur l’empêchait de chanter. CHAP. IX. 1. When the Master was eating by the side of a mourner, he never ate to the full.

2. He did not sing on the same day in which he had been weeping.

【一節】子謂顏淵曰、用之則行、舍之則藏、惟我與爾有是夫。 VII. 10. Le Maître dit à Ien Iuen :

— Vous et moi, nous sommes les seuls qui soyons toujours disposés à remplir une charge, quand on nous l’offre, et à rentrer dans la vie privée, quand on nous la retire.

CHAP. X. 1. The Master said to Yen Yuan, ’When called to office, to undertake its duties ; when not so called, to lie retired ;— it is only I and you who have attained to this.’
【二節】子路曰、子行三軍則誰與。【三節】子曰、暴虎馮河、死而無悔者、吾不與也、必也臨事而懼、好謀而成者也。 Tzeu lou dit :

— Maître, si vous aviez trois légions à conduire, quel serait celui que vous prendriez pour vous aider ?

Le Maître répondit :

— Je ne prendrais pas un homme qui serait disposé à saisir sans aucune arme un tigre avec les mains, à travers un fleuve sans barque, à braver la mort sans aucun souci de sa vie. Je choisirais certaine­ment un homme qui n’entreprendrait rien qu’avec cir­conspection, et qui réfléchirait avant d’agir.

2. Tsze-lu said, ’If you had the conduct of the armies of a great State, whom would you have to act with you ?’

3. The Master said, ’I would not have him to act with me, who will unarmed attack a tiger, or cross a river without a boat, dying without any regret. My associate must be the man who proceeds to action full of solicitude, who is fond of adjusting his plans, and then carries them into execution.’

子曰、富而可求也、雖執鞭之士、吾亦為之、如不可求、從吾所好。 VII.11. Le Maître dit :

— S’il convenait de chercher à amasser des richesses, fallût‑il, pour y parvenir, remplir l’office de valet qui tient le fouet, je le remplirais. Mais tant qu’il ne convient pas de les rechercher, je poursuis l’objet de mes désirs [96]

CHAP. XI. The Master said, ’If the search for riches is sure
to be successful, though I should become a groom with whip in hand to get them, I will do so. As the search may not be successful, I will follow after that which I love.’
子之所慎、齊、戰、疾。 VII.12. Trois choses excitaient surtout la sollicitude du Maître : l’abstinence avant une cérémonie, la guerre et la maladie. [97] CHAP. XII. The things in reference to which the Master exercised the greatest caution were — fasting, war, and sickness.
子在齊聞韶、三月不知肉味、曰、不圖為樂之至於斯也。 VII.13. Le Maître, étant dans la principauté de Ts’i, en­tendit exécuter les chants de Chouenn. Pendant trois mois qu’il les étudia, il avait l’esprit tellement absorbé qu’il ne percevait pas la saveur des viandes.

— Je ne pensais pas, dit‑il, que l’auteur de ces chants eût atteint une si grande perfection.

CHAP. XIII. When the Master was in Ch’i, he heard the Shao, and for three months did not know the taste of flesh. ’I did not think’’ he said, ’that music could have been made so excellent as this.’
【一節】冉有曰、夫子為衛君乎。子貢曰、諾、吾將問之。 VII.14. Jen Iou dit :

— Notre maître est‑il pour le prince de Wei [98] ?

Tzeu koung répondit :

— Bien ; je le lui demanderai.

CHAP. XIV. 1. Yen Yu said, ’Is our Master for the ruler of
Wei ?’ Tsze-kung said, ’Oh ! I will ask him.’
【二節】入曰、伯夷叔齊、何人也。曰、古之賢人也。曰、怨乎。曰、求仁而得
仁、又何怨。出曰、夫子不為也。
Entrant dans le lieu où était Confucius, il dit :

— Que faut‑il penser de Pe i et de Chou ts’i ?

Confucius répondit :

— C’étaient deux sages de l’anti­quité.

Tzeu koung reprit :

— Se sont‑ils repentis d’avoir renoncé à la royauté ?

Confucius répondit :

— Ils ont voulu être parfaits dans leur conduite, et ils ont atteint leur but. Pourquoi auraient‑ils eu du repentir ?

Tzeu koung, quittant Confucius, retourna auprès de Jen Iou, et lui dit :

— Notre maître n’est pas pour le prince Tche. [99]

2. He went in accordingly, and said, ’What sort of men were Po-i and Shu-ch’i ?’ ’They were ancient worthies,’ said the Master. ’Did they have any repinings because of their course ?’ The Master again replied, ’They sought to act virtuously, and they did so ; what was there for them to repine about ?’ On this, Tsze-kung went out and said, ’Our Master is not for him.’
子曰、飯疏食飲水、曲肱而枕之、樂亦在其中矣、不義而富且貴、於我如浮雲。 VII.15. Le Maître dit :

Le sage, fût‑il réduit à manger une grossière nourriture, à boire de l’eau, et à reposer la nuit la tête appuyée sur son bras, il conservera sa joie au milieu de ses privations. Les richesses et les dignités obtenues par de mauvaises voies me paraissent comme des nuées qui flottent dans les airs.

CHAP. XV. The Master said, ’With coarse rice to eat, with water to drink, and my bended arm for a pillow ;— I have still joy in the midst of these things. Riches and honours acquired by unrighteousness, are to me as a floating cloud.’
子曰、加我數年、五十以學易、可以無大過矣。 VII.16. Le Maître dit :

— Si le Ciel me donnait encore quelques années de vie, après avoir étudié le Livre des Changements durant cinquante années, je pourrais éviter les fautes graves.

CHAP. XVI. The Master said, ’If some years were added to my life, I would give fifty to the study of the Yi, and then I might come to be without great faults.’
子所雅言、詩、書、執禮、皆雅言也。 VII.17. Les entretiens du Maître roulaient ordinairement sur le Cheu king, sur le Chou king, et sur le Li ki, qui enseigne les devoirs à remplir. Tels étaient les sujets ordinaires de ses discours. CHAP. XVII The Master’s frequent themes of discourse were— the Odes, the History, and the maintenance of the Rules of Propriety. On all these he frequently discoursed.
【一節】葉公問孔子於子路、子路不對。 VII.18. ■ Le prince de Che ayant interrogé Tzeu lou sur la personne de Confucius, Tzeu lou ne répondit pas. Le Maître dit : CHAP. XVIII. 1. The Duke of Sheh asked Tsze-lu about Confucius, and Tsze-lu did not answer him.
【二節】子曰、女奚不曰、其為人也、發憤忘食、樂以忘憂、不知老之將至云爾。 — Pourquoi n’avez‑vous pas répondu : C’est un homme qui s’applique avec une telle ardeur qu’il oublie de manger ; éprouve [100] une telle joie qu’il oublie tout chagrin ; ne sent pas venir la vieillesse [101] ? [102] 2. The Master said, ’Why did you not say to him,— He is simply a man, who in his eager pursuit (of knowledge) forgets his food, who in the joy of its attainment forgets his sorrows, and who does not perceive that old age is coming on ?’
子曰、我非生而知之者、好古、敏以求之者也。 VII.19. Le Maître dit :

— La connaissance des choses n’est pas innée en moi ; mais j’aime l’antiquité, et je m’ap­plique à l’étude avec ardeur. [103]

CHAP. XIX. The Master said, ’I am not one who was born in the possession of knowledge ; I am one who is fond of antiquity, and earnest in seeking it there.’
子不語、怪、力、亂、神。 VII.20. ■ Le Maître ne parlait pas des choses extraordinaires, ni des actes de violence, ni des troubles, ni des esprits. [104] CHAP. XX. The subjects on which the Master did not talk, were— extraordinary things, feats of strength, disorder, and spiritual beings.
子曰、三人行、必有我師焉、擇其善者而從之、其不善者而改之。 VII.21. Le Maître dit :

— Si je voyageais avec deux com­pagnons, tous deux me serviraient de maîtres. J’exami­nerais ce que le premier a de bon et je l’imiterais ; les défauts que je reconnaîtrais en l’autre, je tâcherais de les corriger en moi-même.

CHAP. XXI. The Master said, ’When I walk along with two others, they may serve me as my teachers. I will select their good qualities and follow them, their bad qualities and avoid them.’
子曰、天生德於予、桓魋其如予何。 VII.22. Le Maître dit :

— Le Ciel m’a donné la vertu avec l’existence ; que peut me faire Houan T’ouei ? [105]

CHAP. XXII. The Master said, ’Heaven produced the virtue that is in me. Hwan T’ui— what can he do to me ?’
子曰、二三子、以我為隱乎、吾無隱乎爾、吾無行而不與二三子者、是丘也、 VII.23. Le Maître dit :

— Pensez‑vous, mes enfants, que je vous cache quelque chose ? Je ne vous ai rien caché ; je n’ai rien fait dont je n’aie donné connaissance à mes disciples. Voilà comme je suis.

CHAP. XXIII. The Master said, ’Do you think, my disciples, that I have any concealments ? I conceal nothing from you.
There is nothing which I do that is not shown to you, my disciples ;— that is my way.’
子以四教、文、行、忠、信。 VII.24. Le Maître enseignait spécialement quatre choses les lettres humaines et les arts libéraux, la morale, la fidélité et la sincérité. CHAP. XXIV. There were four things which the Master taught,— letters, ethics, devotion of soul, and truthfulness.
一節】子曰、聖人吾不得而見之矣、得見君子者、斯可矣。

【二節】子曰、善人吾不得而見之矣、得見有恆者、斯可矣。

【三節】亡而為有、虛而為盈、約而為泰、難乎有恆矣。

VII.25. Le Maître dit :
— Il ne m’a pas été donné de voir un homme d’une sagesse extraordinaire ; si je vois seu­lement un homme vraiment sage, je serai assez content. Il ne m’a pas été donné de voir un homme irrépro­chable ; si je vois seulement un homme d’une volonté constante, je serai assez content. Celui-là ne peut pas être constant qui n’a rien et feint d’avoir quelque chose, qui est vide et cherche à paraître plein, qui possède peu de choses et veut étaler une grande magnificence.
CHAP. XXV. 1. The Master said, ’A sage it is not mine to see ; could I see a man of real talent and virtue, that would
satisfy me.’

2. The Master said, ’A good man it is not mine to see ; could I see a man possessed of constancy, that would satisfy me.

3. ’Having not and yet affecting to have, empty and yet affecting to be full, straitened and yet affecting to be at ease :— it is difficult with such characteristics to have constancy.’

【廿六章】子釣而不綱、弋不射宿。 VII.26. Le Maître pêchait à la ligne, mais non au filet ; il ne tirait pas la nuit sur les oiseaux qui étaient au repos. [106] CHAP. XXVI. The Master angled,— but did not use a net. He shot,— but not at birds perching.
子曰、蓋有不知而作之者、我無是也。多聞、擇其善者而從之、多見而識之、知之次也。 VII.27. Le Maître dit :

— Il est peut‑être des hommes qui tentent des entreprises à l’aveugle ; moi, je n’agis pas ainsi. Après avoir beaucoup entendu, j’examine et mets à profit ce qu’on m’a appris de bon ; après avoir beau­coup vu, je grave dans ma mémoire ce que j’ai re­marqué. Je suis de ceux qui viennent immédiatement après les grands sages chez qui les connaissances sont innées.

CHAP. XXVII. The Master said, ’There may be those who act without knowing why. I do not do so. Hearing much and selecting what is good and following it ; seeing much and keeping it in memory :— this is the second style of knowledge.’
【一節】互鄉難與言、童子見、門人惑。 VII.28. Les habitants de Hou hiang étaient si mauvais qu’il était difficile de leur enseigner à pratiquer la vertu. Un jeune homme de ce pays s’étant présenté pour suivre les leçons de Confucius, les disciples du philosophe doutèrent s’il convenait de l’admettre. CHAP. XXVIII. 1. It was difficult to talk (profitably and reputably) with the people of Hu-hsiang, and a lad of that place having had an interview with the Master, the disciples doubted.
【二節】子曰、與其進也、不與其退也、唯何甚、人潔己以進、與其潔也、不保其往也。 Le Maître dit : — Lors­que quelqu’un vient à moi avec l’intention de se corri­ger, j’approuve son intention, sans me faire garant de sa vie passée. J’approuve sa venue ; je n’approuve pas son départ futur, ni tout ce qu’il fera dans la suite. Pourquoi donc serais‑je si sévère ? 2. The Master said, ’I admit people’s approach to me without committing myself as to what they may do when they have retired. Why must one be so severe ? If a man purify himself to wait upon me, I receive him so purified, without guaranteeing his past conduct.’
子曰、仁遠乎哉、我欲仁、斯仁至矣。 VII.29. Le Maître dit :

— La vertu parfaite est‑elle loin de nous ? Si je veux la trouver, aussitôt elle est présente à moi.. [107]

CHAP. XXIX. The Master said, ’Is virtue a thing remote ? I
wish to be virtuous, and lo ! virtue is at hand.’
【一節】陳司敗問昭公知禮乎。孔子曰、知禮。 VII.30. □ Le ministre de la justice de la principauté de Tch’enn demanda si Tchao, prince de Lou, connaissait les convenances. Confucius répondit qu’il les connaissait. CHAP. XXX. 1. The minister of crime of Ch’an asked whether the duke Chao knew propriety, and Confucius said, ’He knew propriety.’
孔子退、揖巫馬期而進之、曰、吾聞君子不黨、君子亦黨乎、君取於吳為同姓、謂之吳孟子、君而知禮、孰不知禮。 Le philosophe s’étant retiré, le ministre de la justice ren­contra et salua Ou ma K’i ; puis, l’ayant fait entrer, il lui dit :

— J’ai entendu dire que le sage n’était point partial ; le sage serait‑il aussi partial ? Le prince de Lou [108] a épousé, dans la principauté de Ou, une femme dont la famille porte aussi le nom de K’i ; et, pour cacher cette irrégularité, il a appelé sa femme Ou ma Tzeu, au lieu de Ou ma K’i, qui était son vrai nom. Si le prince de Lou connaît les convenances, quel est celui qui ne les connaît pas ?

2. Confucius having retired, the minister bowed to Wu-ma Ch’i to come forward, and said, ’I have heard that the superior man is not a partisan. May the superior man be a partisan also ? The prince married a daughter of the house of Wu, of the same surname with himself, and called her,— "The elder Tsze of Wu." If the prince knew propriety, who does not know it ?’
【三節】 巫馬期以告。子曰、丘也幸、苟有過、人必知之。 Ou ma K’i rapporta ces paroles à Confucius. Le Maître répondit :

— Par un bonheur sin­gulier, si je commets une faute, elle ne manque jamais d’être connue. [109]

3. Wu-ma Ch’i reported these remarks, and the Master said, ’I am fortunate ! If I have any errors, people are sure to know them.’
子與人歌、而善、必使反之、而後和之。 VII.31. Lorsque Confucius se trouvait avec d’habiles chan­teurs qui exécutaient un chant, il le leur faisait répéter et chantait avec eux. CHAP. XXXI. When the Master was in company with a person who was singing, if he sang well, he would make him repeat the song, while he accompanied it with his own voice.
子曰、文、莫吾猶人也、躬行君子、則吾未之有得。 VII.32. Le Maître dit :

— J’ai peut‑être autant d’érudition qu’un autre ; mais je ne suis pas encore arrivé à faire les actions d’un sage

CHAP. XXXII. The Master said, ’In letters I am perhaps equal to other men, but the character of the superior man, carrying out in his conduct what he professes, is what I have not yet attained to.’
子曰、若聖與仁、則吾豈敢、抑為之不厭、誨人不倦、則可謂云爾已矣。公西華曰、正唯弟子不能學也。 VII.33. ■ Le Maître dit :

— Oserais‑je penser que je possède la sagesse ou la vertu au plus haut degré ? Mais, pour ce qui est de cultiver la vertu sans jamais en éprouver de dégoût, et d’enseigner les autres sans jamais me lasser, on peut dire que je le fais, et voilà tout.

Koung si Houa dit :

— Ce sont précisément deux choses que nous, vos disciples, nous ne parvenons pas à apprendre.

CHAP. XXXIII. The Master said, ’The sage and the man of perfect virtue ;— how dare I rank myself with them ? It may simply be said of me, that I strive to become such without satiety, and teach others without weariness.’ Kung-hsi Hwa said, ’This is just what we, the disciples, cannot imitate you in.’
子疾病。子路請禱。子曰、有諸。子路對曰、有之、誄曰、禱爾於上下神祗 。子曰、丘之禱久矣。 VII.34. ■ Confucius étant gravement malade, Tzeu lou lui proposa de faire des prières. Le Maître dit :

— Cela con­vient‑il ?

Tzeu lou répondit :

— Cela convient. Dans les oraisons funèbres il est dit : « Nous vous supplions, esprits du ciel et de la terre. »

Le Maître répliqua :

Il y a longtemps que je prie. [110]

CHAP. XXXIV. The Master being very sick, Tsze-lu asked leave to pray for him. He said, ’May such a thing be done ?’
Tsze-lu replied, ’It may. In the Eulogies it is said, "Prayer has been made for thee to the spirits of the upper and lower worlds."’ The Master said, ’My praying has been for a long time.’
子曰、奢則不孫、儉則固、與其不孫也、寧固。 VII.35. Le Maître dit :

— La prodigalité conduit à l’arro­gance, et la parcimonie à l’avarice. L’arrogance est pire que l’avarice.

CHAP. XXXV. The Master said, ’Extravagance leads to insubordination, and parsimony to meanness. It is better to be mean than to be insubordinate.’
子曰、君子坦蕩蕩、小人長戚戚。 VII.36. Le Maître dit :

Le sage est calme, il a le cœur dilaté ; l’homme vulgaire est toujours accablé de sou­cis.

CHAP. XXXVI. The Master said, ’The superior man is satisfied and composed ; the mean man is always full of distress.’
子溫而厲、威而不猛、恭而安。 Le Maître était affable avec gravité, sévère sans dureté ; dans les cérémonies son maintien était respec­tueux, sans avoir rien de forcé. CHAP. XXXVII. The Master was mild, and yet dignified ; majestic, and yet not fierce ; respectful(, and yet easy.

泰伯第八 CHAPITRE VIII BOOK VIII. T’AI-PO.
子曰、太伯其可謂至德也已矣、三以天下讓、民無得而稱焉。 VIII.1. Le Maître dit :

T’ai pe doit être considéré comme un homme d’une vertu très parfaite. Il a cédé résolument l’empire, et il n’a pas laissé au peuple la possibilité de célébrer son désintéressement. [111]

CHAP. I. The Master said, ’T’ai-po may be said to have reached the highest point of virtuous action. Thrice he declined the kingdom, and the people in ignorance of his motives could not express their approbation of his conduct.’
【一節】子曰、恭而無禮則勞、慎而無禮則葸、勇而無禮則亂、直而無禮則絞。 VIII.2. Le Maître dit :

— Celui qui fait des politesses outre mesure est fatigant ; celui qui est circonspect outre me­sure est craintif ; celui qui est courageux outre mesure cause du désordre ; celui qui est franc outre mesure offense par des avis trop pressants.

CHAP. II. 1. The Master said, ’Respectfulness, without the rules of propriety, becomes laborious bustle ; carefulness, without the rules of propriety, becomes timidity ; boldness, without the rules of propriety, becomes insubordination ; straightforwardness, without the rules of propriety, becomes rudeness.
【二節】君子篤於親、則民興於仁、故舊不遺、則民不偷。 Si le prince rem­plit avec zèle ses devoirs envers ses parents et ses an­cêtres, la piété filiale fleurit parmi le peuple. Si le prince n’abandonne pas ses anciens serviteurs ni ses anciens amis, le peuple suit son exemple. 2. ’When those who are in high stations perform well all their duties to their relations, the people are aroused to virtue. When old friends are not neglected by them, the people are preserved from meanness.’
曾子有疾,召門弟子曰:「啟予足!啟予手!《詩》云『戰戰兢兢,如臨深淵,如履薄冰。』而今而後,吾知免夫!小子!」 VIII.3. Tseng tzeu, sur le point de mourir, appela ses dis­ciples et leur dit :

— Découvrez mes pieds et mes mains [112]. On lit dans le Cheu king :

Tremblant et prenant garde, comme si j’étais sur le bord d’un gouffre profond, comme si je marchais sur une glace très mince [113].

A présent et pour toujours, je vois avec plaisir que j’ai pu préserver mon corps de toute lésion, ô mes enfants. [114]

CHAP. III. The philosopher Tsang being ill, he called to him the disciples of his school, and said, ’Uncover my feet, uncover my hands. It is said in the Book of Poetry, "We should be apprehensive and cautious, as if on the brink of a deep gulf, as if treading on thin ice," and so have I been. Now and hereafter, I know my escape from all injury to my person, O ye, my little children.’
【一節】曾子有疾、孟敬子問之。 VIII.4. Tseng tzeu mourant reçut la visite de Meng King tzeu [115] CHAP. IV. 1. The philosopher Tsang being ill, Meng Chang
went to ask how he was.
曾子言曰、鳥之將死、其鳴也哀、人之將死、其言也善。 Prenant la parole, il lui dit :
— L’oiseau qui va mourir crie d’une voix plaintive ; un homme qui va mourir donne de bons avis.
2. Tsang said to him, ’When a bird is about to die, its notes are mournful ; when a man is about to die, his words are good.
【三節】君子所貴乎道者三、動容貌、斯遠暴慢矣、正顏色、斯近信笑、出辭氣、斯遠鄙倍矣、籩豆之事、則有司存。 Un prince sage a surtout soin de trois choses : il a soin d’éviter la raideur et le laisser‑aller dans la tenue du corps, la simulation dans l’air du visage, la grossièreté et l’inconvenance dans le ton de la voix. Pour ce qui est des vases de bambou ou de bois employés dans les cérémonies, il a des officiers qui en prennent soin pour lui. 3. ’There are three principles of conduct which the man of high rank should consider specially important :— that in his deportment and manner he keep from violence and heedlessness ; that in regulating his countenance he keep near to sincerity ; and that in his words and tones he keep far from lowness and impropriety. As to such matters as attending to
the sacrificial vessels, there are the proper officers for them.’
曾子曰、以能問於不能、以多問於寡、有若無、實若處、犯而不校、昔者吾友、嘗從事於斯矣。 VIII.5. Tseng tzeu dit :
— Etre habile, et interroger ceux qui ne le sont pas, avoir beaucoup [116], et interroger ceux qui ont peu, avoir de la science et de la vertu, et se consi­dérer comme n’ayant rien, être riche, et se regarder comme dépourvu de tout, recevoir des offenses, et ne pas contester, voilà ce qu’était et ce que faisait mon condisciple Ien Iuen.
CHAP. V. The philosopher Tsang said, ’Gifted with ability, and yet putting questions to those who were not so ; possessed of much, and yet putting questions to those possessed of little ; having, as though he had not ; full, and yet counting himself as empty ; offended against, and yet entering into no altercation ; formerly I had a friend who pursued this style of conduct.’
曾子曰、可以託六尺之孤、可以寄百里之命、臨大節、而不可奪也、君子人與、君子人也。 VIII.6. Tseng tzeu dit :
— Un homme à qui l’on peut con­fier la tutelle d’un jeune prince haut de six palmes [117] et le gouvernement d’un État ayant cent stades d’éten­due, et qui, au moment d’un grand trouble ou d’une révolution, reste fidèle à son devoir, un tel homme n’est‑il pas un sage ? Certainement c’est un sage.
CHAP. VI. The philosopher Tsang said, ’Suppose that there is an individual who can be entrusted with the charge of a young orphan prince, and can be commissioned with authority over a state of a hundred li, and whom no emergency however great can drive from his principles :— is such a man a superior man ? He is a superior man indeed.’
【一節】曾子曰、士、不可以不弘毅、任重而道遠。 VIII.7. Tseng tzeu dit :
— Il faut que le disciple de la sa­gesse ait le cœur grand et courageux. Le fardeau est lourd, et le voyage long.
CHAP. VII. 1. The philosopher Tsang said, ’The officer may not be without breadth of mind and vigorous endurance. His burden is heavy and his course is long.
二節】仁以為己任、不亦重乎、死而後已、不亦遠乎。 Son fardeau, c’est la pratique de toutes les vertus ; n’est‑ce pas lourd ? Son voyage ne finira qu’après la mort ; n’est‑ce pas long ? 2. ’Perfect virtue is the burden which he considers it is his to sustain ;— is it not heavy ? Only with death does his course stop ;— is it not long ?
【一節】子曰、興於詩。 VIII.8. □ ■ Le Maître dit :

— Le disciple de la sagesse excite en son cœur des sentiments honnêtes par la lecture des Vers [118]

CHAP. VIII. 1. The Master said, ’It is by the Odes that the mind is aroused.
【二節】立於禮。 il affermit sa volonté par l’étude et la pratique des cérémonies et des devoirs mentionnés dans le Li ki ; 2. ’It is by the Rules of Propriety that the character is established.
【三節】成於樂。 il perfectionne sa vertu par l’étude de la musique. ’It is from Music that the finish is received.’
子曰、民可使由之、不可使知之。 VIII.9. □ Le Maître dit :

— On peut amener le peuple à pra­tiquer la vertu ; mais on ne peut lui en donner une connaissance raisonnée.

CHAP. IX. The Master said, ’The people may be made to follow a path of action, but they may not be made to understand it.’
子曰、好勇疾貧、亂也、人而不仁、疾之已甚、亂也。 VIII.10. Le Maître dit :

— Celui qui aime à montrer de la bravoure et supporte avec peine sa pauvreté causera du désordre. Si un homme, qui n’est pas vertueux, se voit trop détesté, il tombera dans le désordre.

CHAP. X. The Master said, ’The man who is fond of daring and is dissatisfied with poverty, will proceed to insubordination. So will the man who is not virtuous, when you carry your dislike of him to an extreme.’
子曰、如有周公之才之美、使驕且吝、其餘不足觀也已。 VIII.11. Le Maître dit :

— Un homme eût‑il les belles qualités de Tcheou koung, s’il est orgueilleux et avare, rien en lui ne mérite d’être regardé.

CHAP. XI. The Master said, ’Though a man have abilities as admirable as those of the Duke of Chau, yet if he be proud and niggardly, those other things are really not worth being looked at.’
子曰、三年學、不至於穀、不易得也。 VIII.12. Le Maître dit :

— Il est rare de trouver un homme qui se livre trois ans à l’étude de la sagesse, sans avoir en vue les appointements de la magistrature. [119]

CHAP. XII. The Master said, ’It is not easy to find a man who has learned for three years without coming to be good.’
一節】子曰、篤信好學、守死善道。 VIII.13. Le Maître dit :

— Le sage s’attache aux préceptes de la sagesse, et il aime à les étudier. Ils les observe fidèlement jusqu’à la mort, et par l’étude il se convainc de leur excellence.

CHAP. XIII. 1. The Master said, ’With sincere faith he unites the love of learning ; holding firm to death, he is perfecting the excellence of his course.
【二節】危邦不入、亂邦不居、天下有道則見、無道則隱。 Il n’entre pas dans un pays menacé d’une révolution ; il ne demeure pas dans un État troublé par les dissensions. 2. ’Such an one will not enter a tottering State, nor dwell in a disorganized one. When right principles of government prevail in the kingdom, he will show himself ; when they are prostrated, he will keep concealed.
【三節】邦有道、貧且賤焉、恥也、邦無道、富且貴焉、恥也。 Si l’empire est bien gouverné, il se montre [120]. Si l’empire est mal gouverné, il se cache [121]. Quand l’État est bien gouverné, le sage aurait honte de n’avoir ni richesses ni honneurs [122]. Quand l’État est mal gou­verné, il aurait honte d’avoir des richesses et des hon­neurs. 3. ’When a country is well-governed, poverty and a mean condition are things to be ashamed of. When a country is ill-governed, riches and honour are things to be ashamed of.’
子曰、不在其位、不謀其政。 VIII.14. Le Maître dit :

— Ne cherchez pas à vous immis­cer dans les affaires d’une charge publique qui n’est pas confiée à vos soins.

子曰、師摯之始、關睢之亂、洋洋乎盈耳哉。 VIII.15. Le Maître dit :

— Lorsque le chef de musique Tcheu commença à exercer sa charge [123], comme le chant final La Mouette chantant charmait et satisfaisait l’oreille !

CHAP. XV. The Master said, ’When the music master Chih first entered on his office, the finish of the Kwan Tsu was magnificent ;— how it filled the ears !’
子曰、狂而不直、侗而不愿、悾悾而不信、吾不知之矣。 VIII.16. Le Maître dit :
— Je n’accepte pas pour disciple un homme ambitieux et sans droiture, ou ignorant et léger, ou peu intelligent et peu sincère.
CHAP. XVI. The Master said, ’Ardent and yet not upright ; stupid and yet not attentive ; simple and yet not sincere :— such persons I do not understand.’
子曰、學如不及、猶恐失之。 VIII.17. Le Maître dit :

— Travaillez sans relâche à acqué­rir la sagesse, comme si vous aviez toujours à acquérir ; de plus, craignez de perdre ce que vous avez acquis. [124]

CHAP. XVII. The Master said, ’Learn as if you could not reach your object, and were always fearing also lest you should lose it.’
子曰、巍巍乎、舜禹之有天下也、而不與焉。 VIII.18. Le Maître dit :

— Oh ! quelle grandeur d’âme ! Chouenn et Iu ont possédé l’empire, et leur cœur ne s’y est pas attaché.

CHAP. XVIII. The Master said, ’How majestic was the manner in which Shun and Yu held possession of the empire, as if it were nothing to them !’
【一節】子曰、大哉、堯之為君也、巍巍乎、唯天為大、唯堯則
之、蕩蕩乎、民無能名焉。
VIII.19. Le Maître dit :

— Que Iao a été un grand prince ! qu’il a fait de grandes choses ! Seul le Ciel est grand ; seul Iao lui a été semblable. L’influence de sa vertu a été sans limites ; le peuple n’a pu trouver de terme pour la nommer.

CHAP. XIX. 1. The Master said, ’Great indeed was Yao as a sovereign ! How majestic was he ! It is only Heaven that is grand, and only Yao corresponded to it. How vast was his virtue ! The people could find no name for it.
【二節】巍巍乎、其有成功也、煥乎、其有文章。 Que ses mérites ont été insignes ! Que ses cérémonies, sa musique et ses lois ont été belles ! 2. ’How majestic was he in the works which he accomplished ! How glorious in the elegant regulations which he instituted !’
【一節】舜有臣五人、而天下治。 VIII.20. ■ Chouenn avait cinq ministres d’État, et l’empire était bien gouverné. CHAP. XX. 1. Shun had five ministers, and the empire was well-governed.
【二節】武王曰、予有亂臣十人。 Ou wang [125] disait :
— J’ai dix mi­nistres qui m’aident à bien gouverner [126].
2. King Wu said, ’I have ten able ministers.’
【三節】孔子曰、才難、不其然乎、唐虞之際、於斯為盛、有婦人焉、九人而已 Confucius ajoute :

— On dit communément que les hommes de talent sont rares. Ce dicton populaire n’est-­il pas vrai [127] ? L’époque de Iao et de Chouenn a été plus florissante que la nôtre [128]. Cependant elle ne paraît pas l’emporter par le nombre des hommes de talent. Car Chouenn n’a trouvé que cinq ministres capables ; Ou wang a trouvé une femme de talent et neuf hommes, mais pas davantage.

3. Confucius said, ’Is not the saying that talents are difficult to find, true ? Only when the dynasties of T’ang and Yu met, were they more abundant than in this of Chau, yet there was a woman among them. The able ministers were no more than nine men.
【四節】三分天下有其二、以服事殷、周之德、其可謂至德也已矣。 Posséder les deux tiers de l’em­pire, et employer sa puissance au service de la dynastie des In, ce fut le mérite de la famille des Tcheou ; ce mérite a été très grand. 4. ’King Wan possessed two of the three parts of the empire, and with those he served the dynasty of Yin. The virtue of the house of Chau may be said to have reached the highest point indeed.’
子曰、禹吾無間然矣、菲飲食、而致孝乎鬼神、惡衣服、而致美乎黻冕、卑宮室、而盡力乎溝恤、禹吾無間然矣。 VIII.21. Le Maître dit :

— Je ne découvre aucun défaut dans l’empereur Iu. Sa nourriture et sa boisson étaient fort simples ; mais ses offrandes aux esprits étaient splen­dides. Ses vêtements ordinaires étaient grossiers ; mais sa robe et son bonnet de cérémonie étaient magnifiques. Son habitation et ses chambres étaient basses ; mais il donnait tous ses soins aux canaux d’irrigation. Je ne trouve aucun défaut dans l’empereur Iu.

CHAP. XXI. The Master said, ’I can find no flaw in the character of Yu. He used himself coarse food and drink, but displayed the utmost filial piety towards the spirits. His ordinary garments were poor, but he displayed the utmost elegance in his sacrificial cap and apron. He lived in a low mean house, but expended all his strength on the ditches and water-channels. I can find nothing like a flaw in Yu.’

子罕第九 CHAPITRE IX BOOK IX. TSZE HAN.
子罕言、利、與命、與仁。 IX.1. Le Maître parlait rarement du gain, de la Provi­dence céleste, de la vertu parfaite. [129] CHAP. I. The subjects of which the Master seldom spoke were— profitableness, and also the appointments of Heaven,
and perfect virtue.
【一節】達巷黨人曰、大哉孔子、搏學而無所成名。 IX.2. Un homme du bourg Ta hiang avait dit :

— Le philosophe K’oung est certainement un grand homme. Il a beaucoup de science ; mais il n’a pas ce qu’il faut pour se faire un nom [130].
CHAP. II. 1. A man of the village of Ta-hsiang said, ’Great indeed is the philosopher K’ung ! His learning is extensive, and yet he does not render his name famous by any particular thing.’
【二節】子聞之、謂門弟子曰、吾何執、執御乎、執射乎、吾執御矣。 Confucius, en ayant été in­formé, dit :

— Quel art exercerai-je ? Exercerai-je l’art de conduire une voiture ? Exercerai-je l’art du tir à l’arc ? Je me ferai conducteur de voiture. [131]
2. The Master heard the observation, and said to his disciples, ’What shall I practise ? Shall I practise charioteering, or shall I practise archery ? I will practise charioteering.’
【一節】子曰、麻冕、禮也、今也純、儉、吾從眾。 IX.3. Le Maître dit :

— Le bonnet de chanvre est con­forme à l’ancien usage. A présent on porte le bonnet de soie, qui coûte moins cher. Je me conforme à l’u­sage général,
CHAP. III. 1. The Master said, ’The linen cap is that prescribed by the rules of ceremony, but now a silk one is worn. It is economical, and I follow the common practice.
【二節】拜下、禮也。今拜乎上、泰也、雖遠眾、吾從下。 Anciennement, un officier saluait son prince au bas des degrés qui conduisaient à la salle. A présent, on le salue au haut des, degrés ; c’est de l’or­gueil. Contrairement à tout le monde, je m’en tiens à l’ancien usage. 2. ’The rules of ceremony prescribe the bowing below the hall, but now the practice is to bow only after ascending it. That is arrogant. I continue to bow below the hall, though I oppose the common practice.’
【第四章】子絕四、毋意、毋必、毋固、毋我。 IX.4. Le Maître évitait quatre défauts : il n’avait pas de désir désordonné, ni de détermination irrévocable, ni d’opiniâtreté, ni d’égoïsme. CHAP. IV. There were four things from which the Master was entirely free. He had no foregone conclusions, no arbitrary predeterminations, no obstinacy, and no egoism.
【一節】子畏於匡。 IX.5. ■ Le Maître se trouvant en péril dans le bourg de K’ouang, dit : CHAP. V. 1. The Master was put in fear in K’wang.
【二節】曰、文王既沒、文不在茲乎。 — Wenn wang étant mort, la doctrine [132] n’est‑elle pas ici [133] ? 2. He said, ’After the death of King Wan, was not the cause of truth lodged here in me ?
【三節】天之將喪斯文也、後死者不得與於斯文也、 Si le Ciel avait voulu que la doc­trine disparût de la terre, il ne me l’aurait pas confiée après la mort de Wenn wang. Le Ciel ne veut pas encore ravir la doctrine à la terre. Que peuvent me faire les habitants de K’ouang ? [134] 3. ’If Heaven had wished to let this cause of truth perish, then I, a future mortal, should not have got such a relation to that cause. While Heaven does not let the cause of truth perish, what can the people of K’wang do to me ?’
【一節】大宰問於子貢、曰、夫子聖者與、何其多能也。 IX.6. Le premier ministre dit à Tzeu koung :

— Votre maître est‑il un sage parfait ? Que d’arts lui sont fa­miliers !
CHAP. VI. 1. A high officer asked Tsze-kung, saying, ’May we not say that your Master is a sage ? How various is his ability !’
【二節】子貢曰、固天縱之將聖、又多能也。 Tzeu koung répondit :
— Certainement le Ciel lui a prodigué ses dons sans mesure ; il possède à peu près la plus haute sagesse possible et, de plus, une grande habileté dans beaucoup d’arts.
2. Tsze-kung said, ’Certainly Heaven has endowed him unlimitedly. He is about a sage. And, moreover, his ability is various.’
【三節】子聞之曰、大宰知我乎、吾少也賤、故多能、鄙事、君子多乎哉、不多也。 Le Maître en ayant été informé, dit :
Le premier ministre me connaît‑il ? Quand j’étais jeune, j’étais d’un condition humble, j’ai appris plusieurs arts, qui sont choses de peu d’importance. Le sage en apprend‑il beaucoup ? Pas beaucoup.
3. The Master heard of the conversation and said, ’Does the high officer know me ? When I was young, my condition was low, and therefore I acquired my ability in many things, but they were mean matters. Must the superior man have such variety of ability ? He does not need variety of ability.’
【四節】牢曰、子云、吾不試、故藝。 Lao [135] dit :

— Confucius disait : « J’ai cultivé les arts, parce que je n’ai pas été employé dans les charges publiques. »
4. Lao said, ’The Master said, "Having no official employment, I acquired many arts."’
子曰、吾有知乎哉、無知也、有鄙夫問於我、空空如也、我叩其兩端而竭焉。 IX.7. Le Maître dit :
Est‑ce que j’ai beaucoup de science ? Je n’ai pas de science. Mais quand un homme de la plus humble condition m’interroge, fût‑il très ignorant, je discute la question d’un bout à l’autre, sans rien omettre.
CHAP. VII. The Master said, ’Am I indeed possessed of knowledge ? I am not knowing. But if a mean person, who appears quite empty-like, ask anything of me, I set it forth from one end to the other, and exhaust it.’
子曰、鳳鳥不至、河不出圖、吾已矣乎。 IX.8. Le Maître dit :

— Je ne vois ni phénix arriver, ni dessin sortir du fleuve. C’en est fait de moi . [136]
CHAP. VIII. The Master said, ’The FANG bird does not come ; the river sends forth no map :— it is all over with me !’
子見齊衰者、冕衣裳者、與瞽者、見之、雖少必作、過之必趨。 IX.9. Lorsque le Maître voyait un homme en deuil, ou un magistrat en costume officiel, ou un aveugle, fût‑ce un homme moins âgé que lui, aussitôt [137] il se levait, ou il passait vite. CHAP. IX. When the Master saw a person in a mourning dress, or any one with the cap and upper and lower garments of full dress, or a blind person, on observing them approaching, though they were younger than himself, he would rise up, and if he had to pass by them, he would do so hastily.
【一節】顏淵喟然歎曰、仰之彌高、鑽之彌堅、瞻之在前、忽焉在後。 IX.10. Ien Iuen disait avec un soupir d’admiration :

— Plus je considère la doctrine du Maître, plus je la trouve élevée ; plus je la scrute, plus il me semble impossible de la comprendre entièrement ; je crois la voir devant moi, et soudain je m’aperçois qu’elle est derrière moi [138].
CHAP. X. 1. Yen Yuan, in admiration of the Master’s doctrines, sighed and said, ’I looked up to them, and they seemed to become more high ; I tried to penetrate them, and they seemed to become more firm ; I looked at them before me, and suddenly they seemed to be behind.
夫子循循然善誘人、博我以文、約我以禮。 Heureusement le Maître enseigne avec ordre et méthode, et dirige les hommes avec habileté. Il augmente mes connaissances en m’expliquant les rai­sons des choses, et il règle ma conduite en m’ensei­gnant mes devoirs. 2. ’The Master, by orderly method, skilfully leads men on. He enlarged my mind with learning, and taught me the restraints of propriety.
【三節】欲罷不能、既竭吾才、如有所立卓爾、雖欲從之、末由也已。 Quand même je voudrais m’arrêter, je ne le pourrais. Mais, après que j’ai épuisé toutes mes forces, il reste toujours quelque chose qui semble se dresser devant moi comme une montagne, qu’il m’est impossible de gravir. 3. ’When I wish to give over the study of his doctrines, I cannot do so, and having exerted all my ability, there seems something to stand right up before me ; but though I wish to follow and lay hold of it, I really find no way to do so.’
【一節】子疾病、子路使門人為臣。 IX.11. Le Maître étant gravement malade, Tzeu Iou engagea les disciples à lui servir d’intendants [139]. CHAP. XI. 1. The Master being very ill, Tsze-lu wished the
disciples to act as ministers to him.
【二節】病間曰、久矣哉、由之行詐也、無臣而為有臣、吾誰欺、欺天乎。 Le mal ayant un peu diminué, Confucius dit :

— Il y a longtemps que Iou use de faux‑semblants. je n’ai pas d’intendants, et cependant je suis comme si j’en avais. Puis‑je tromper quelqu’un par cette ruse ? Espéré‑je tromper le Ciel ?
2. During a remission of his illness, he said, ’Long has the conduct of Yu been deceitful ! By pretending to have ministers when I have them not, whom should I impose upon ? Should I impose upon Heaven ?
【三節】且予與其死於臣之手也、無寧死於二三子之手乎、且予縱不得大葬、予死於道路乎。 D’ailleurs, ne m’est‑il pas préfé­rable de mourir entre les mains de mes disciples qu’en­tre les mains d’intendants ? Et quand même je n’aurais pas un pompeux enterrement, resterai-je sans sépulture, comme un homme qui meurt dans un chemin ? 3. ’Moreover, than that I should die in the hands of ministers, is it not better that I should die in the hands of you,
my disciples ? And though I may not get a great burial, shall I die upon the road ?’
子貢曰:「有美玉於斯,韞匵而藏諸?求善賈而沽諸?」子曰:「沽之哉!沽之哉!我待賈者也。」 IX.12. Tzeu koung dit à Confucius :
S’il y avait ici une belle pierre précieuse, la mettriez‑vous dans un coffre, et la tiendriez‑vous cachée, ou bien chercheriez-­vous un acheteur qui en donnât un prix élevé ?
Le Maître répondit :
Je la vendrais, certainement je la vendrais ; mais j’attendrais qu’on m’en offrît un prix convenable. [140]
CHAP. XII. Tsze-kung said, ’There is a beautiful gem here. Should I lay it up in a case and keep it ? or should I seek for a good price and sell it ?’ The Master said, ’Sell it ! Sell it ! But I would wait for one to offer the price.’
一節】子欲居九夷。 IX.13. Le Maître aurait voulu aller vivre au milieu des neuf tribus de barbares qui sont à l’orient [141]. 1. The Master was wishing to go and live
among the nine wild tribes of the east.
【二節】或曰、陋、如之何。子曰、君子居之、何陋之有。 Quelqu’un lui dit :

— Ils sont grossiers ; convient‑il de vivre parmi eux ? Il répondit :
Si un homme sage demeure au milieu d’eux, qu’auront‑ils encore de grossier ? [142]
2. Some one said, ’They are rude. How can you do such a thing ?’ The Master said, ’If a superior man dwelt among them, what rudeness would there be ?’
子曰、吾自衛反魯、然後樂正、雅頌各得其所。 IX.14. Le Maître dit :
Depuis que je suis revenu de la principauté de Wei dans celle de Lou, la musique a été corrigée, les odes des parties du Cheu king qui sont in­titulées Ia et Soung ont été remises en ordre [143].
CHAP. XIV. The Master said, ’I returned from Wei to Lu, and then the music was reformed, and the pieces in the Royal songs and Praise songs all found their proper places.’
子曰、出則事公卿、入則事父兄、喪事不敢不勉、不為酒困、何有於我哉。 IX.15. Le Maître dit :

— Hors de la maison, remplir mes devoirs envers les grands et les ministres d’État ; à la maison, remplir mes devoirs envers mes parents et ceux de mes frères qui sont plus âgés que moi ; observer le mieux possible toutes les prescriptions du deuil ; éviter l’ivresse ; ces quatre mérites se trouvent‑ils en moi ? [144]
CHAP. XV. The Master said, ’Abroad, to serve the high ministers and nobles ; at home, to serve one’s father and elder brothers ; in all duties to the dead, not to dare not to exert one’s self ; and not to be overcome of wine :— which one of these things do I attain to ?’
子在川上曰、逝者如斯夫、不舍晝夜。 IX.16. Le Maître se trouvant au bord d’un cours d’eau dit :

— Tout passe comme cette eau ; rien ne s’arrête ni jour ni nuit. [145]
CHAP. XVI. The Master standing by a stream, said, ’It passes on just like this, not ceasing day or night !’
子曰、吾未見好德、如好色者也。 IX.17. Le Maître dit :

— Je n’ai pas encore rencontré un homme qui aimât la vertu autant que l’éclat extérieur. [146]
CHAP. XVII. The Master said, ’I have not seen one who loves virtue as he loves beauty.’
子曰、譬如為山、未成一簣、止、吾止也、譬如平地、雖覆一簣、進、吾往也。 IX.18. Le Maître dit :

— Si, après avoir entrepris d’élever un monticule, j’abandonne mon travail, quand il ne man­querait qu’un panier de terre, il sera vrai de dire que j’ai abandonné mon entreprise. Si, après avoir commencé à faire un remblai, je continue mon travail, quand même je ne mettrais qu’un panier de terre, mon entreprise avancera. [147]
CHAP. XVIII. The Master said, ’The prosecution of learning may be compared to what may happen in raising a mound. If there want but one basket of earth to complete the work, and I stop, the stopping is my own work. It may be compared to throwing down the earth on the level ground. Though but one basketful is thrown at a time, the advancing with it is my own going forward.’
子曰、語之而不惰者、其回也與。 IX.19. Le Maître dit :

— Un homme qui, dès qu’il avait reçu un enseignement utile, le mettait en pratique avec ardeur, c’était Houei.
CHAP. XIX. The Master said, ’Never flagging when I set forth anything to him ;— ah ! that is Hui.’
子謂顏淵曰、惜乎、吾見其進也、未見其止也。 IX.20. Le Maître parlant de Ien Iuen, disait :

— Oh ! que sa perte est regrettable ! je l’ai toujours vu progresser, jamais s’arrêter.
CHAP. XX. The Master said of Yen Yuan, ’Alas ! I saw his constant advance. I never saw him stop in his progress.’
子曰、苗而不秀者、有矣夫、秀而不實者、有矣夫。 IX.21. Le Maître dit :

— Il est parfois des moissons qui n’arrivent pas à fleurir ; il en est aussi qui, après avoir fleuri, n’ont pas de grain. [148]
CHAP. XXI. The Master said, ’There are cases in which the blade springs, but the plant does not go on to flower ! There are cases where it flowers, but no fruit is subsequently produced !’
子曰、後生可畏、焉知來者之不如今也、四十五十而無聞焉、斯亦不足畏也已。 IX.22. Le Maître dit :

- Nous devons [149] prendre garde que les jeunes gens n’arrivent à nous surpasser. Qui sait s’ils ne parviendront pas à égaler les hommes de notre temps ? A l’âge de quarante ou cinquante ans, s’ils ne se sont pas encore signalés par leur vertu, il n’y aura plus lieu d’avoir la même crainte.
CHAP. XXII. The Master said, ’A youth is to be regarded with respect. How do we know that his future will not be equal to our present ? If he reach the age of forty or fifty, and has not made himself heard of, then indeed he will not be worth being
regarded with respect.’
子曰、法語之言、能無從乎、改之為貴、巽與之言、能無說乎、繹之為貴、說而不繹、從而不改、吾末如之何也已矣。 IX.23. Le Maître dit :

— Peut‑on fermer l’oreille à un avis juste et sincère ? Mais l’essentiel c’est de se corriger. Un avis donné doucement et adroitement peut‑il déplaire ? Mais il faut surtout le méditer. je n’ai rien à faire d’un homme qui aime les avis, mais ne les médite pas, qui prête l’oreille, mais ne se corrige pas.
CHAP. XXIII. The Master said, ’Can men refuse to assent to the words of strict admonition ? But it is reforming the conduct because of them which is valuable. Can men refuse to be pleased with words of gentle advice ? But it is unfolding their aim which is valuable. If a man be pleased with these words, but does not unfold their aim, and assents to those, but does not reform his conduct, I can really do nothing with him.’
子曰、主忠信、毋友不如己者、過則勿憚改。 CHAP. XXIV. The Master said, ’Hold faithfulness and sincerity as first principles. Have no friends not equal to yourself. When you have faults, do not fear to abandon them.’
子曰、三軍可奪師也、匹夫不可奪志也。 IX.24. Le Maître dit :

— On peut enlever de force à une armée de trois légions son général en chef ; il est im­possible d’arracher de force au moindre particulier sa détermination de pratiquer la vertu.
CHAP. XXV. The Master said, ’The commander of the forces of a large state may be carried off, but the will of even a common man cannot be taken from him.
【一節】子曰、衣敝縕袍、與衣孤貉者立、而不恥者、其由也與。 IX.25. Le Maître dit :

— Iou est homme à ne pas rougir de se trouver vêtu d’une tunique de toile usée au milieu d’hommes vêtus de fourrures de renard et de martre.
CHAP. XXVI. 1. The Master said, ’Dressed himself in a tattered robe quilted with hemp, yet standing by the side of men dressed in furs, and not ashamed ;— ah ! it is Yu who is equal to this !
【二節】不忮不求、何用不臧。 On peut lui appliquer ces deux vers du Cheu king :
Celui qui ne fait tort à personne et n’est pas cupide, ne sera‑t‑il pas bon envers tout le monde ?
2. ’"He dislikes none, he covets nothing ;— what can he do but what is good !"’
【三節】子路終身誦之、子曰、是道也、何足以臧。 Tzeu lou, flatté de cet éloge, répétait sans cesse les deux vers du Cheu king.
Confucius dit :

— Ces deux choses suffisent‑elles pour être parfaitement bon ?
3. Tsze-lu kept continually repeating these words of the ode, when the Master said, ’Those things are by no means sufficient to constitute (perfect) excellence.’
子曰、歲寒、然後知松柏之後彫也。 IX.26. Le Maître dit :

— C’est seulement quand le froid de l’hiver est arrivé, qu’on s’aperçoit que le pin et le cyprès perdent leurs feuilles après tous les autres arbres. [150]
CHAP. XXVII. The Master said, ’When the year becomes cold, then we know how the pine and the cypress are the last to lose their leaves.’
子曰、知者不惑、仁者不憂、勇者不懼。 IX.27. Le Maître dit :

— Un homme éclairé et prudent n’hésite pas ; un homme parfait est exempt de soucis ; un homme courageux n’a pas peur.
CHAP. XXVIII. The Master said, ’The wise are free from perplexities ; the virtuous from anxiety ; and the bold from fear.’
子曰、可與共學、未可與適道、可與適道、未可與立、可與立、未可與權。 IX.28. Le Maître dit :

— On doit faire avancer son disciple graduellement ; à celui à qui on doit permettre seu­lement d’étudier avec le maître, on ne doit pas encore permettre d’entrer dans la voie de la vertu ; à celui à qui l’on doit permettre seulement d’entrer dans la voie de la vertu, on ne doit pas encore permettre de s’y fixer solidement ; à celui à qui l’on doit seulement permettre de s’affermir dans la vertu, on ne doit pas encore per­mettre de décider si une loi générale oblige ou non dans tel cas particulier.
CHAP. XXIX. The Master said, ’There are some with whom we may study in common, but we shall find them unable to go along with us to principles. Perhaps we may go on with them to principles, but we shall find them unable to get established in those along with us. Or if we may get so established along with them, we shall find them unable to weigh occurring events along with us.’
【一節】唐棣之華、偏其反而、豈不爾思、室是遠而 IX.29. Un ancien chant disait :
Le cerisier sauvage lui­-même agite ses fleurs [151]. Comment ne penserais‑je pas à vous ? Mais vous demeurez loin d’ici.
CHAP. XXX. 1. How the flowers of the aspen-plum flutter and turn ! Do I not think of you ? But your house is distant.
二節】子曰、未之思也、未何遠之有。 Le Maître, après avoir cité cette strophe, disait :
Les hommes ne pensent pas à la vertu. Ont‑ils à surmonter la difficulté de la distance ?
2. The Master said, ’It is the want of thought about it. How is it distant ?’

鄉黨第十 CHAPITRE X BOOK X. HEANG TANG.
【一節】孔子於鄉黨、恂恂如也、似不能言者。 X.1. Confucius, dans le village où demeurait sa famille, était très simple ; il semblait ne pas savoir parler. CHAP. I. 1. Confucius, in his village, looked simple and sincere, and as if he were not able to speak.
【二節】其在宗廟朝廷、便便然、唯謹爾。 Dans le temple des ancêtres et à la cour du prince, il s’ex­primait clairement, mais avec une attention respectueuse. 2. When he was in the prince’s ancestorial temple, or in
the court, he spoke minutely on every point, but cautiously.
【一節】朝、與下大夫言、侃侃如也、與上大夫言、誾誾如也。 X.2. Dans le palais du prince, il parlait aux inférieurs avec fermeté et sans détours, aux supérieurs avec affa­bilité et franchise. CHAP II. 1. When he was waiting at court, in speaking with the great officers of the lower grade, he spake freely, but in a straightforward manner ; in speaking with those of the higher grade, he did so blandly, but precisely.
【二節】君在、踧踖如也、與與如也。 En présence du prince, il montrait une crainte presque respectueuse, une noble gravité. 2. When the ruler was present, his manner displayed respectful uneasiness ; it was grave, but self-possessed.
【一節】 君召使擯、色勃如也、足躩如也。 X.3. Quand il était chargé par le prince de Lou de rece­voir les hôtes, l’air de son visage semblait changé et sa démarche embarrassée. CHAP. III. 1. When the prince called him to employ him in the reception of a visitor, his countenance appeared to change, and his legs to move forward with difficulty.
【二節】揖所與立、左右手、衣前後、檐如也。 Pour saluer les hôtes à leur arri­vée, il joignait les mains, tournait seulement les mains jointes à droite et à gauche [152], sa tunique restait bien ajustée par devant et par derrière. 2. He inclined himself to the other officers among whom he stood, moving his left or right arm, as their position required, but keeping the skirts of his robe before and behind
evenly adjusted.
【三節】趨進、翼如也。 En introduisant les hôtes, il marchait d’un pas rapide, tenant les bras un peu étendus, comme les ailes d’un oiseau. 3. He hastened forward, with his arms like the wings of a bird.
【四節】賓退、必復命曰、賓不顧矣。 Après le départ d’un hôte, il ne manquait pas d’avertir le prince [153]. Il lui disait : « L’hôte ne tourne plus la tête en arrière [154] 4. When the guest had retired, he would report to the prince, ’The visitor is not turning round any more.’
一節】入公門、鞠躬如也、如不容。 X.4. En entrant à la porte du palais, il se courbait comme si la porte avait été trop basse pour le laisser passer. CHAP. IV. 1. When he entered the palace gate, he seemed to bend his body, as if it were not sufficient to admit him.
【二節】立不中門、行不履閾。 Il ne se tenait pas au milieu de l’entrée ; en marchant, il évitait de mettre le pied sur le seuil. 2. When he was standing, he did not occupy the middle of
the gate-way ; when he passed in or out, he did not tread upon the threshold.
【三節】過位、色勃如也、足躩如也、其言似不足者。 . En passant auprès du siège du prince [155], l’air de son visage paraissait changé et sa démarche embarrassée ; les paroles remblaient lui manquer. 3. When he was passing the vacant place of the prince, his countenance appeared to change, and his legs to bend under him, and his words came as if he hardly had breath to utter them.
【四節】攝齊升堂、鞠躬如也、屏氣似不息者。 Il montait à la salle, tenant sa tunique relevée, ayant le corps incliné, et retenant son haleine comme s’il ne pouvait plus respirer. 4. He ascended the reception hall, holding up his robe with both his hands, and his body bent ; holding in his breath also, as if he dared not breathe.
【五節】出、降一等、逞顏色、怡怡如也、沒階、趨進、翼如也、復其位、踧踖如也。 En sortant, dès qu’il avait descendu le premier degré, son visage re­prenait son air accoutumé ; il paraissait affable et joyeux. Arrivé au bas des degrés, il hâtait le pas, comme un oiseau qui étend les ailes. En retournant à sa place, il paraissait éprouver une crainte respectueuse. 5. When he came out from the audience, as soon as he had descended one step, he began to relax his countenance, and had a satisfied look. When he had got to the bottom of the steps, he advanced rapidly to his place, with his arms like wings, and on occupying it, his manner still showed respectful uneasiness.
【一節】執圭、鞠躬如也、如不勝、上如揖、下如授、勃如戰色、足蹜蹜如有循。 X.5. Il tenait la tablette de son prince [156], le corps incliné, comme s’il n’avait pas la force de la soutenir ; il la levait comme s’il avait salué, c’est‑à‑dire à la hauteur de la tête ; il l’abaissait comme s’il avait offert un objet, c’est­-à‑dire à la hauteur de la poitrine. Il avait l’air d’un homme qui tremble de peur. Il levait à peine les pieds en marchant, comme s’il avait cherché à suivre les traces de quelqu’un. CHAP. V. 1. When he was carrying the scepter of his ruler, he seemed to bend his body, as if he were not able to bear its weight. He did not hold it higher than the position of the hands in making a bow, nor lower than their position in giving anything to another. His countenance seemed to change, and look apprehensive, and he dragged his feet along as if they were held by something to the ground.
【二節】享禮、有容色。 En offrant au prince étranger les présents de son prince, il avait un air affable et joyeux. 2. In presenting the presents with which he was charged, he wore a placid appearance.
【三節】私覿、愉愉如也 En lui offrant ses propres présents dans une visite particulière, il se montrait encore plus affable. 3. At his private audience, he looked highly pleased.
【第六章】【一節】君子不以紺緅飾。 Ce grand sage ne portait pas de collet à bordure de couleur rouge tirant sur le bleu [157], ni de collet à bordure rouge tirant sur le noir [158]. CHAP. VI. 1. The superior man did not use a deep purple, or a puce colour, in the ornaments of his dress.
【二節】紅紫不以為褻服。 Il ne prenait pas pour ses vêtements ordinaires la couleur rouge tirant sur le blanc, ni la couleur violette [159] 2. Even in his undress, he did not wear anything of a red or reddish colour.
【三節】當暑袗絺綌、必表而出之。 Pendant les chaleurs de l’été, sous une tunique de chanvre d’un tissu peu serré, il portait une autre tunique [160]. 3. In warm weather, he had a single garment either of coarse or fine texture, but he wore it displayed over an inner garment.
【四節】緇衣羔裘、素衣麑裘、黃衣狐裘。 En hiver, il portait une tunique noire sur une tunique doublée de peau d’agneau noir, ou une tunique blanche sur une tunique doublée de peau de cerf blanc, ou une tunique jaune sur une tunique doublée de peau de renard jaune. 4. Over lamb’s fur he wore a garment of black ; over fawn’s fur one of white ; and over fox’s fur one of yellow.
【五節】褻裘長、短右袂。 . La tunique doublée de fourrure qu’il portait ordinairement était longue ; mais la manche droite était plus courte que la gauche [161]. 5. The fur robe of his undress was long, with the right
sleeve short.
【六節】必有寢衣、長一身有半。 6. He required his sleeping dress to be half as long again
as his body.
【七節】狐貉之厚以居。 Les vêtements doublés d’épaisse fourrure de renard ou de martre lui servaient à la maison. 7. When staying at home, he used thick furs of the fox or the badger.
【八節】去喪、無所不佩。 Quand il n’était pas en deuil, il portait toujours divers objets suspendus à la ceinture. 8. When he put off mourning, he wore all the appendages of the girdle.
【九節】非帷裳、必殺之。 Quant au vêtement qui lui descendait des reins jusqu’aux pieds, celui qui lui servait à la cour ou dans les temples avait des plis à la ceinture ; pour les autres, l’étoffe était deux fois moins large à la ceinture qu’à la partie inférieure. 9. His under-garment, except when it was required to be
of the curtain shape, was made of silk cut narrow above and wide below.
【十節】羔裘玄冠不以弔。 Il ne mettait pas sa tunique doublée de peau d’agneau ni son bonnet noir pour aller pleu­rer les morts [162]. 10. He did not wear lamb’s fur or a black cap, on a visit of condolence.
【十一節】吉月、必朝服而朝。 Le premier jour de la lune, il ne manquait pas de revêtir ses habits de cour et d’aller saluer son prince. 11. On the first day of the month he put on his court robes, and presented himself at court.
【第七章】【一節】齊、必有明衣、布。 X.7. Lorsqu’il gardait l’abstinence [163], il revêtait une tuni­que de toile qui était réservée pour les jours de puri­fication. La nuit, il prenait son repos enveloppé dans un vêtement qui avait une fois et demie la longueur de son corps. CHAP. VII. 1. When fasting, he thought it necessary to
have his clothes brightly clean and made of linen cloth.
【二節】齊必變食、居必遷坐。 Il changeait de nourriture et d’appartement. [164] 2. When fasting, he thought it necessary to change his food, and also to change the place where he commonly sat in
the apartment.
【第八章】【一節】食不厭精、膾不厭細。 X.8. Confucius aimait que sa bouillie fût faite d’un riz très pur, et son hachis composé de viande hachée très fin. CHAP. VIII. 1. He did not dislike to have his rice finely cleaned, nor to have his minced meat cut quite small.
【二節】食饐而餲、魚餒而肉敗、不食、色惡不食、臭惡不食、失飪不食、不時不食。 Il ne mangeait pas la bouillie qui était moisie et gâtée, ni le poisson ni la viande qui commençaient à se corrompre. Il ne mangeait pas un mets qui avait perdu sa couleur ou son odeur ordinaire. Il ne mangeait pas un mets qui n’était pas cuit convenablement, ni un fruit qui n’était pas assez mûr. 2. He did not eat rice which had been injured by heat or damp and turned sour, nor fish or flesh which was gone. He did not eat what was discoloured, or what was of a bad flavour, nor anything which was ill-cooked, or was not in season.
【三節】割不正不食、不得其醬不食。 Il ne mangeait pas ce qui n’avait pas été coupé d’une manière régulière, ni ce qui n’avait pas été assaisonné avec la sauce convenable. [165] 3. He did not eat meat which was not cut properly, nor what was served without its proper sauce.
【四節】肉雖多、不使勝食氣、惟酒無量、不及亂。 Lors même que les viandes abondaient, il ne prenait pas plus de viande que de nourriture végétale. La quan­tité de boisson fermentée dont il usait n’était pas déter­minée ; mais elle n’allait jamais jusqu’à lui troubler la raison. 4. Though there might be a large quantity of meat, he would not allow what he took to exceed the due proportion for the rice. It was only in wine that he laid down no limit for himself, but he did not allow himself to be confused by it.
【五節】沽酒市脯不食。 Il ne voulait pas de liqueur fermentée ni de viande séchée qui eussent été achetées [166]. 5. He did not partake of wine and dried meat bought in the market.
【六節】不撤薑食。 Il avait toujours du gingembre sur sa table. 6. He was never without ginger when he ate.
【七節】不多食。 Il ne mangeait pas avec excès. [167] 7. He did not eat much.
【八節】祭於公、不宿肉。祭肉不出三日、出三日、不食之矣 Quand il avait aidé le prince à faire une oblation dans le palais, il ne gardait pas même une nuit [168] la viande offerte [169]. Il ne gardait pas plus de trois jours la viande qu’il avait lui-même offerte à ses parents défunts. Au delà de trois jours, il ne l’aurait pas mangée. [170] 8. When he had been assisting at the prince’s sacrifice, he did not keep the flesh which he received overnight. The flesh of his family sacrifice he did not keep over three days. If kept over three days, people could not eat it.
【九節】食不語、寢不言。 En prenant ses repas, il ne discutait aucune question, lors même qu’on l’interrogeait. La nuit, quand il était couché, il n’entamait aucune discussion. [171] 9. When eating, he did not converse. When in bed, he did not speak.
【十節】雖疏食菜羹、瓜祭、必齊如也。 Même quand il n’avait sur sa table qu’une nourriture grossière et du bouillon aux herbes, il ne manquait pas d’offrir quelque chose à ses parents défunts, et il l’offrait toujours avec respect. 10. Although his food might be coarse rice and vegetable soup, he would offer a little of it in sacrifice with a grave, respectful air.
【第九章】席不正不坐。 X.9. Il ne s’asseyait pas sur une natte qui n’était pas placée selon les règles. CHAP. IX. If his mat was not straight, he did not sit on it.
【一節】鄉人飲酒、杖者出、斯出矣。 X.10. ◙ Quand il avait pris part à une réunion où les habitants de son village avaient bu ensemble, il quittait la salle après les vieillards à bâton [172]. CHAP. X. 1. When the villagers were drinking together, on those who carried staffs going out, he went out immediately after.
【二節】鄉 人儺、朝服而立於阼階。 Quand les habitants de son village faisait des supplications pour écarter les maladies pestilentielles, il se tenait en habits de cour au pied des degrés, au côté oriental de la salle. 2. When the villagers were going through their ceremonies to drive away pestilential influences, he put on his court robes and stood on the eastern steps.
【一節】問人於他邦、再拜而送之。 X.11. Quand il envoyait saluer un ami dans une prin­cipauté étrangère, il faisait deux salutations [173], puis il conduisait l’envoyé jusqu’à la porte CHAP. XI. 1. When he was sending complimentary inquiries to any one in another State, he bowed twice as he escorted the messenger away.
【二節】康子饋藥、拜而受之、曰、丘未達、不敢嘗。 . Ki Kang tzeu [174] lui ayant envoyé un remède en présent, le philosophe fit une salutation, reçut le présent, et dit :

— Je ne connais pas ce remède [175] ; je n’oserai pas le prendre.

2. Chi K’ang having sent him a present of physic, he bowed and received it, saying, ’I do not know it. I dare not taste it.’
【十二章】廄焚、子退朝曰、傷人乎、不問馬。 X.12. Son écurie ayant été incendiée, Confucius, à son retour du palais, dit :

— Personne n’a‑t‑il été atteint par le feu ?

Il ne s’informa pas des chevaux.

CHAP. XII. The stable being burned down, when he was at court, on his return he said, ’Has any man been hurt ?’ He did not ask about the horses.
【十三章】【一節】君賜食、必正席、先嘗之、君賜腥、必熟而薦之、君賜生、必畜之。 X.13. Quand le prince lui envoyait un mets tout pré­paré, il le goûtait sur une natte convenablement dis­posée [176].
Quand le prince lui envoyait de la viande crue, il la faisait cuire, et l’offrait aux défunts. Quand le prince lui donnait un animal vivant, il le nourrissait.
CHAP. XIII. 1. When the prince sent him a gift of cooked meat, he would adjust his mat, first taste it, and then give it away to others. When the prince sent him a gift of undressed meat, he would have it cooked, and offer it to the spirits of his ancestors. When the prince sent him a gift of a living animal, he would keep it alive.
【二節】侍食於君、君祭、先飯。 . Lorsqu’il mangeait au palais à côté du prince, au mo­ment où celui-ci offrait des mets aux défunts, Confucius goûtait les mets [177] 2. When he was in attendance on the prince and joining in the entertainment, the prince only sacrificed. He first tasted everything.
【三節】疾、君視之、東首、加朝服拖紳。 Quand il était malade et que le prince annonçait sa visite, il plaçait la tête vers l’orient [178], il mettait sur lui ses habits de cour et étendait la ceinture officielle par‑dessus. 3. When he was ill and the prince came to visit him, he had his head to the east, made his court robes be spread over
him, and drew his girdle across them.
【四節】君命召、不俟駕行矣。 . Lorsque le prince l’appelait au palais, il s’y rendait à pied, sans attendre que sa voiture fût attelée. 4. When the prince’s order called him, without waiting for his carriage to be yoked, he went at once.
【十四章】入大廟每事問。 CHAP. XIV. When he entered the ancestral temple of the State, he asked about everything.
【十五章】【一節】朋友死、無所歸、曰、於我殯。 X.14. A la mort de l’un de ses amis, s’il n’y avait aucun parent pour prendre soin des funérailles, il disait :

— Je me charge des obsèques.

CHAP. XV. 1. When any of his friends died, if he had no
relations who could be depended on for the necessary offices, he would say, ’I will bury him.’
【二節】朋友之饋、雖車馬、 Quand il recevait des pré­sents de ses amis, fût‑ce des voitures et des chevaux, il ne faisait pas de salutation, 2. When a friend sent him a present, though it might be a carriage and horses, he did not bow.
非祭肉不拜。雖褻必以貌。 à moins que ce ne fût de la viande offerte aux défunts. 3. The only present for which he bowed was that of the flesh of sacrifice.
【十六章】【一節】寢不尸、居不容。 X.15. Couché pour prendre son repos, il ne s’étendait pas comme un cadavre. A la maison, son maintien n’avait rien de trop grave. CHAP. XVI. 1. In bed, he did not lie like a corpse. At home, he did not put on any formal deportment.
【二節】見齊衰者、雖狎必變、見冕
者、與瞽者、雖褻必以貌。
Lorsqu’il voyait un homme en habits de deuil, fût‑ce un ami intime, il prenait un air de com­passion. Lorsqu’il voyait un homme en costume officiel ou un aveugle, même en particulier, il ne manquait pas de lui donner une marque de respect. 2. When he saw any one in a mourning dress, though it might be an acquaintance, he would change countenance ; when he saw any one wearing the cap of full dress, or a blind person, though he might be in his undress, he would salute them in a ceremonious manner.
【三節】凶服者式之、式負版者。 Lorsqu’il était en voiture, s’il voyait un homme en grand deuil, il mettait les mains sur l’appui de la voiture et saluait par une in­clinaison de tête. S’il rencontrait un homme portant les tablettes du cens, il le saluait de la même manière. 3. To any person in mourning he bowed forward to the crossbar of his carriage ; he bowed in the same way to any one bearing the tables of population.
【四節】有盛饌、必變色而作。 Quand on lui avait préparé un grand festin, il se levait et remerciait le maître de la, maison. 4. When he was at an entertainment where there was an abundance of provisions set before him, he would change countenance and rise up.
【五節】迅雷、風烈、必變。 Quand le tonnerre grondait ou que le vent se déchaînait, l’air de son visage témoignait son respect envers le Ciel irrité. 5. On a sudden clap of thunder, or a violent wind, he would change countenance.
【一節】升車、必正立、執綏。 X.16. Lorsqu’il montait en voiture, il tenait le corps droit, et prenait de la main le cordon qui aide à monter. CHAP. XVII. 1. When he was about to mount his carriage, he would stand straight, holding the cord.
【二節】車中、不內顧、不疾言、
不親指。
Dans la voiture, il ne regardait pas en arrière, ne parlait pas avec précipitation, ne montrait rien du doigt. 2. When he was in the carriage, he did not turn his head quite round, he did not talk hastily, he did not point with his hands.
【十八章】【一節】色斯舉矣、翔而後集。 X.17. Lorsqu’un oiseau voit un homme à l’air menaçant, il s’envole, tournoie, puis se repose. CHAP. XVIII. 1. Seeing the countenance, it instantly rises. It flies round, and by and by settles.
【二節】曰、山梁雌雉、時哉時哉。子路共之、三嗅而作。 Confucius dit :

— Que cette faisane, sur le pont, dans la montagne, sait bien choisir son temps pour s’envoler et pour se reposer !
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Tzeu lou s’étant tourné vers elle pour la prendre, elle poussa trois cris, et s’envola [179]. [180]
2. The Master said, ’There is the hen-pheasant on the hill bridge. At its season ! At its season !’ Tsze-lu made a motion to it. Thrice it smelt him and then rose.

esperer-isshoni, mars 2012

[1Disciple de Confucius.

[2Afin de ne pas nuire aux travaux des champs.

[3Qui ne cultivent pas comme lui la sagesse.

[4Ne signifient-elles pas que le sage ne doit pas se contenter de n’être ni flatteur dans la pauvreté, ni orgueilleux dans l’opulence, mais travailler à conserver toujours la joie de l’âme et la modération ?

[5Tzeu koung.

[6La piété filiale requiert en outre une affection cordiale.

[7Qui n’a qu’un usage ; il est apte à tout.

[8Aux enseignements des anciens sages.

[9Tzeu lou.

[10Qui n’avait fait qu’interpréter la loi naturelle.

[11Sur des points accessoires.

[12Elles feront observer la loi naturelle.

[13Le chef de la famille Ki ou Ki suenn était grand préfet dans la principauté de Lou. L’empereur avait huit chœurs de pantomimes ; les tchou heou, six, les tai fou, quatre et les officiers inférieurs, deux. Le nombre des hommes dans chaque chœur était égal au nombre des chœurs. Quelques auteurs disent que cha­que chœur se composait de huit hommes. On ne sait laquelle de ces deux opinions est la vraie. Le chef de la famille Ki était seulement tai fou ; il usurpait les cérémonies et les chants réservés à l’empereur.

[14Ces trois familles étaient les familles Meng suenn (ou Tchoung suenn), Chou suenn et Ki suenn, dont les chefs étaient grands préfets dans la principauté de Lou.
Parmi les fils de Houan, prince de Lou, le prince Tchouang, né de la femme légitime, devint le chef de la principauté ; K’ing fou, Chou ia et Ki iou, nés d’une femme de second rang, formèrent trois familles : K’ing fou, la famille Tchoung suenn, Chou ia, la fa­mille Chou suenn, et Ki iou, la famille Ki suenn. K’ing fou changea le nom de Tchoung (second fils) et prit celui de Meng (fils aîné), parce qu’il était le fils aîné d’une femme de second rang, et qu’il n’osait pas se dire le frère cadet du prince Tchouang.
Ioung est le nom d’une ode qui se trouve dans le Cheu king parmi les Eloges des Tcheou. Ou wang la faisait chanter, quand il présentait des offrandes à Wenn wang. Les Tcheou la faisaient chanter dans le temple des ancêtres à la fin des offrandes, pour an­noncer que la cérémonie était terminée. Les chefs des trois familles, qui n’avaient que le rang de tai fou, se permettaient l’usage d’une cérémonie et d’un chant réservés à l’empereur.

[15Quand un homme perd avec les vertus du cour les qualités propres à l’homme, son cour n’a plus le res­pect, qui est la partie essentielle des cérémonies ; il n’a plus l’harmonie des passions, qui est le fondement de la musique.

[16T’ai chan, montagne située dans la principauté de Lou. D’après les rites, chaque prince feudataire sacrifiait aux Esprits des montagnes et des cours d’eau qui étaient dans son domaine. Le chef de la famille Ki, en sacrifiant aux Esprits du T’ai chan, s’arrogeait un droit qu’il n’avait pas (il n’était que tai fou). Jen Iou, nommé K’iou, disciple de Confucius, était alors intendant de Ki suenn. Le philosophe lui dit : « Ki suenn ne doit pas sacrifier aux Esprits du Tai chan. Vous êtes son intendant. Le faire changer de déter­mination serait‑ce la seule chose qui vous fût impos­sible ? » Jen Iou répondit : « Je ne le puis. » Le philosophe reprit en gémissant : « Hé ! s’imaginera‑t‑on que les Esprits du T’ai chan agréent des sacrifices qui sont contraires aux rites, et qu’ils comprennent moins bien que Lin Fang, moins bien qu’un citoyen de Lou, ce qui est essentiel dans les cérémonies ? Je suis certain qu’ils n’agréent pas les sacrifices de Ki suenn. »

[17D’après les règles du tir solennel, le président divi­sait les archers en trois groupes de trois hommes cha­cun. Le moment arrivé, les trois compagnons partaient et s’avançaient ensemble, se saluaient trois fois, témoi­gnaient trois fois leur respect mutuel, et montaient à l’endroit préparé pour le tir. Après le tir, ils se saluaient une fois, descendaient, puis, se tenant de­bout, ils attendaient que les autres groupes eussent fini de tirer. Les vainqueurs, se plaçant en face des vaincus, les saluaient trois fois. Ceux‑ci montaient de nouveau au lieu du tir, prenaient les coupes et, se tenant debout, buvaient la liqueur qu’ils devaient ac­cepter à titre de châtiment. Ordinairement, quand on offrait à boire, on présentait les coupes. Mais, après le tir à l’arc, on obligeait les vaincus à prendre eux­-mêmes les coupes, sans leur faire aucune invitation polie, afin de montrer que c’était une peine. Ainsi les anciens sages, même quand ils se disputaient la vic­toire, étaient conciliants et patients, se saluaient et se témoignaient mutuellement leur respect. De cette ma­nière, au milieu même de la lutte, ils montraient tou­jours une égale sagesse. Vraiment le sage n’a jamais de contestation.

[18Un homme dont la bouche est élégante et les yeux brillants peut recevoir divers ornements, de même qu’un fond blanc peut recevoir une peinture variée. Les anciens empereurs ont institué les cérémonies afin qu’elles fussent l’élégante expression et comme l’orne­ment des sentiments du cœur. Les cérémonies présup­posent comme fondement la sincérité des sentiments, de même qu’une peinture exige d’abord un fond blanc.

[19Confucius blâme l’autorisation accordée aux princes de Lou de faire une cérémonie qui aurait dû être ré­servée à l’empereur. Anciennement, l’empereur, après avoir fait des offrandes au fondateur de la dynastie régnante, en faisait au père du fondateur de la dynastie, et, en même temps, au fondateur lui-même. Cette céré­monie avait lieu tous les cinq ans, et s’appelait Ti.
Comme Tcheou koung s’était signalé par d’éclatants services et avait été créé prince de Lou par son frère Ou wang, Tch’eng wang, successeur de Ou wang, per­mit au prince de Lou de faire cette importante céré­monie. Le prince de Lou offrait donc le sacrifice Ti, dans le temple de Tcheou koung, à Wenn wang, comme au père du fondateur de la dynastie, et il associait à cet honneur Tcheou koung. Cette cérémonie était con­traire aux anciens rites.
Les libations consistaient à répandre à terre, dès le commencement du sacrifice, une liqueur aromatisée, pour inviter les mânes à descendre. Au moment de ces libations, l’attention du prince de Lou et de ses ministres n’était pas encore distraite ; la vue de cette cérémonie était encore supportable. Mais, ensuite, ils s’abandonnaient peu à peu à l’insouciance et à la négli­gence ; ils offraient un spectacle pénible à voir.

[20Les anciens empereurs ne montraient jamais mieux que dans le sacrifice Ti leur désir d’être reconnaissants envers leurs parents et d’honorer leurs ancêtres éloi­gnés. C’est ce que ne pouvait comprendre cet homme qui avait interrogé sur la signification du sacrifice Ti. De plus, dans la principauté de Lou, où les princes accomplissaient cette cérémonie, il fallait éviter de rap­peler la loi qui la défendait à tout autre qu’à l’empe­reur. Pour ces raisons, Confucius répondit : « Je ne le sais pas. » Sur cette question pouvait‑il y avoir quel­que chose que le Sage par excellence ignorât réelle­ment ?

[21Wang suenn Kia était un grand préfet tout‑puissant dans la principauté de Wei. Confucius était alors dans cette principauté. Wang suenn Kia soupçonnait qu’il avait l’intention de solliciter une charge. Il désirait qu’il s’attachât à lui ; mais il n’osait le lui dire ouvertement. Il eut donc recours à une allégorie, et lui dit : « D’après un proverbe, on offre des sacrifices auprès du foyer et dans les endroits retirés de la maison. Le foyer est la demeure du dieu du foyer. Bien que ce dieu soit d’un rang peu élevé, on lui offre un sacrifice particulier. Les endroits retirés de la maison sont les appartements situés à l’angle sud‑ouest. Les esprits qui y demeurent sont d’un rang élevé ; néanmoins on ne leur offre pas de sacrifice particulier. Quand on veut sacrifier aux esprits pour obtenir une faveur, il vaut mieux faire la cour au dieu du foyer pour obtenir sa protection secrète, que de faire la cour aux esprits de la maison pour rendre hommage à leur inutile dignité. Cet adage populaire doit avoir un sens profond. Quelle est sa signification ? » En parlant ainsi, Wang suenn Kia se désignait lui-même sous la figure du dieu du foyer, et il désignait son prince sous la figure des esprits de la maison. Il voulait dire qu’il valait mieux s’attacher à lui que de rechercher la faveur du prince. Confucius devina sa pensée. Sans le reprendre ouvertement, il se contenta de lui répondre : « Je réprouve toute flatterie, soit à l’égard des esprits de la maison, soit à l’égard du dieu du foyer. Au‑dessus des esprits de la maison et du dieu du foyer, il y a le Ciel, qui est souverainement noble et n’a pas d’égal. Celui qui se conduit d’après les lumières de la droite raison est récompensé par le Ciel. Celui qui agit contrairement à la droite raison est puni par le Ciel. Si quelqu’un ne sait pas rester dans les limites de sa condition, ni suivre la droite raison, il offense le Ciel. Celui qui offense le Ciel, où trouvera‑t‑il un pro­tecteur qui lui obtienne son pardon ?

[22Hia et Chang.

[23Dans la principauté de Lou, le temple du plus ancien des princes était celui de Tcheou koung. Tcheou est le nom d’une ville de la principauté de Lou. Chou leang Ho, père de Confucius, avait été préfet de cette ville. Confucius est appelé pour cette raison le fils du citoyen de Tcheou. Il naquit à Tcheou.

[24Après avoir déployé la cible, on fixait en son milieu un morceau de cuir, qui formait le centre, et s’appelait Kou, petit oiseau. Les anciens avaient établi le tir à l’arc pour juger de l’habileté. L’essentiel était d’atteindre le centre de la cible, et non de la transpercer.

[25Ministre du prince de Lou.

[26A chaque nouvelle lune, les princes feudataires of­fraient à leurs ancêtres une brebis, et leur faisaient con­naître leurs projets. Après les avoir invités, ils leur pré­sentaient la victime encore vivante. A partir de Wenn koung, les princes de Lou avaient cessé de faire la céré­monie de la nouvelle lune ; cependant les officiers continuaient à fournir la brebis. Tzeu koung voulait abolir cette coutume, qui n’atteignait plus son but, et supprimer une dépense qu’il croyait inutile. Mais, bien que la cérémonie de la nouvelle lune eût été abandonnée, l’offrande de la brebis en rappelait le souvenir et pou­vait en ramener l’usage. Si l’on avait supprimé l’obli­gation de fournir la brebis, la cérémonie elle‑même aurait été entièrement oubliée.

[27Châtaignier, en chinois, signifie craindre.

[28Tsai Ngo, nommé Iu, était disciple de Confucius. Les anciens plantaient auprès des autels érigés à la Terre les arbres qui convenaient le mieux au terrain. Tsai Ngo avait mal interprété leur intention et prêté aux princes actuellement régnants le désir de châtier et de mettre à mort leurs sujets. Confucius l’en reprit sévèrement, et lui marqua plusieurs choses dont il ne convenait pas de parler.

[29Pour en dérober la vue aux passants.

[30Kouan Tchoung, nommé I ou, grand préfet de Ts’i, aida Houan, prince de Ts’i, à établir son autorité sur tous les grands feudataires. Il avait l’esprit étroit, il ne connaissait pas les grands principes de conduite suivis et enseignés par les sages.

[31Où Confucius s’était retiré après avoir été dépouillé de sa charge par le prince de Lou.

[32Héraut : littéralement, clochette à battant de bois.

[33Il y avait deux sortes de clochettes. L’une, à battant de métal, servait pour les affaires militaires. L’autre, à battant de bois, servait à l’officier chargé d’enseigner ou d’avertir le peuple.

[34Les chants de Chouenn sont appelés les Chants du Successeur, parce qu’il succéda à l’empereur Iao, et comme lui, gouverna parfaitement. Les chants de Ou wang sont nommés les Chants du Guerrier, parce qu’ils célèbrent les exploits de Ou wang, qui délivra le peuple de la tyrannie de Tcheou. Les Chants du Successeur sont au nombre de neuf, parce qu’il y eut neuf péri­péties ; les Chants du Guerrier sont au nombre de six, parce qu’il y eut six péripéties.

[35Tout homme, s’il fait des efforts sérieux, peut at­teindre la perfection

[36L’homme vertueux excède toujours en libéralité, et l’homme vulgaire, en parcimonie ; l’homme vertueux, en bienfaisance, et l’homme vulgaire, en dureté de cœur. En voyant les défauts d’un homme, on peut connaître s’il est vertueux ou non.

[37Il peut encore moins gouverner l’État.

[38Afin qu’ils sachent où vous êtes.

[39Nan Ioung, disciple de Confucius, habitait Nan koung.
Il s’appelait T’ao et Kouo. Son surnom était Tzeu ioung, et son nom posthume King chou. Il était le frère aîné de Meng I tzeu.

[40Disciple de Confucius.

[41Qui peut être employé, mais à un seul usage.

[42Les vases que les Hia appelaient hou, ceux que les Chang appelaient lien, et ceux que let Tcheou appe­laient fou et kouei, servaient à offrir le millet dans les temples des ancêtres ; ils étaient ornés de pierres pré­cieuses. Bien que Tzeu koung ne fût encore qu’un vase, c’était un vase très noble. Ses talents lui permettaient de traiter les affaires publiques et d’exercer la charge de grand préfet, ce qui était honorable. Son langage avait une élégance remarquable, ce qui faisait comme l’ornement de sa personne.

[43Disciple de Confucius.

[44L’art de gouverner moi-même et les autres.

[45Renonçant à enseigner inutilement les hommes, et fuyant le monde.

[46Tzen Iou.

[47S’il l’avait, il ne penserait pas que je voulusse fuir la société des hommes.

[48Une principauté qui possède mille chariots de guerre est celle d’un grand prince. Une maison qui a cent chariots de guerre est celle d’un ministre d’État ou d’un grand préfet. Le titre de gouverneur désigne le préfet d’une ville et l’intendant de la maison d’un grand digni­taire. Le préfet d’une ville a la direction des personnes, et l’intendant d’une maison, celle des affaires.

[49Disciple de Confucius.

[50Ce grand sage procédait avec ordre et graduellement.

[51Tzeu lou s’empressait moins d’apprendre du nouveau que de mettre en pratique ce qu’il savait déjà. Il désirait faire promptement ce qu’on lui avait enseigné et se préparer à recevoir plus tard de nouveaux enseignements. En voyant que, tant qu’il n’avait pas fait ce qu’on lui avait enseigné, il craignait d’apprendre du nouveau, on peut juger que, quand il l’avait fait, sa seule crainte était de ne pas recevoir de nouveaux enseignements.

[52Grand préfet de la principauté de Wei.

[53Grand préfet de Tcheng.

[54Grand préfet de T’si.

[55Tsang Wenn tchoung, nommé Tch’enn, chef de la famille Tsang suenn, était grand préfet dans la princi­pauté de Lou. Ts’ai, grande tortue, ainsi nommée parce qu’elle provenait du pays de Ts’ai (aujourd’hui compris dans le Jou gning fou, province de Ho nan). Wenn tchoung croyait qu’une tortue entourée de tant d’hon­neurs ferait certainement descendre les faveurs célestes. Il ignorait que la tortue n’a d’usage que pour la divi­nation, qu’elle peut seulement donner des présages heu­reux ou malheureux, mais ne peut pas dispenser les biens et les maux. Méritait‑il de passer pour un homme éclairé ?

[56Parce qu’elle avait été souillée du sang de son prince.

[57En fuyant les officiers vicieux.

[58Ki Wenn tzeu, nommé Hing fou, était grand préfet dans la principauté de Lou. Avant de faire une chose, on doit réfléchir, mais pas trop. Après avoir réfléchi deux fois, on peut prendre une détermination. Un troisième examen fait naître des intentions peu louables, et obscurcit les idées, au lieu de les éclair­cir. L’important est de prendre la justice pour règle de ses actions.

[59Gning Ou tzeu, nommé Iu, était grand préfet dans la principauté de Wei. D’après les commentateurs du Tch’ouenn ts’iou, il exerça cette charge sous le prince Wenn et sous le prince Tch’eng. Le prince Wenn sut bien gouverner ; sous son règne, Ou tzeu ne s’attira aucune difficulté. En cela, il montra une prudence qui peut être égalée. Le prince Tch’eng gouverna si mal qu’il perdit le pouvoir souverain. Ou tzeu prit soin de réparer les fautes du prince, avec le plus entier dévouement, bravant les souffrances et les périls. Les affaires dans lesquelles il s’est engagé étaient toutes de celles que les officiers prudents et rusés (uniquement occupés de leurs propret intérêts) évitent soigneusement et ne consentent par à entreprendre. Cependant il a su jusqu’à la fin con­server sa personne et servir son prince. En cela son imprudence est au‑dessus de toute imitation.

[60Confucius parcourait les différentes principautés, ré­pandant partout ses enseignements. Lorsqu’il était dans la principauté de Tch’enn, voyant que sa doctrine n’était pas mise en pratique, il résolut de fonder une école, qui lui survécût et transmît ses préceptes aux âges futurs. Comme il ne trouvait pas de disciples capables de garder toujours le juste milieu, il pensa à ceux qu’il avait laissés dans la principauté de Lou, et qui étaient d’une capacité un peu moindre. Il jugea que des hommes aux aspirations élevées pourraient faire des progrès dans la voie de la vertu. Il craignait seulement qu’ils n’allassent au‑delà des justes limites, ne s’écartassent du droit chemin, et ne tombassent dans l’erreur. Pour cette raison, il voulait retourner dans son pays et modérer leur ardeur excessive.

[61Tzeu lou répondit : « On doit partager avec tout l’uni­vers l’usage des choses de tout l’univers. »

[62Ou : ne donner aucune peine à personne.

[63Confucius, pour exciter les hommes à cultiver la vertu, dit : « Il est facile de trouver des hommes doués d’ex­cellentes dispositions naturelles ; mais on entend rare­ment citer un homme qui ait des vertus parfaites. Celui qui s’applique de toutes ses forces à cultiver la vertu peut devenir un très grand sage. Celui qui ne s’y ap­plique pas ne sera jamais qu’un homme inculte, et comme un paysan grossier. »

[64Tchoung koung.

[65Exercer l’autorité souveraine.

[66Si un officier prend la ferme résolution d’être diligent, il a une détermination, et se gouverne lui-même avec sévérité. Si de plus il exige peu du peuple, les charges imposées ne sont pas nombreuses, et le peuple n’est pas molesté. Mais s’il se propose avant tout de se contenter aisément, il n’a pas de détermination, et il est très indulgent envers lui-même. Si de plus, dans les affaires, il se contente de peu, n’est‑ce pas une négligence excessive et l’abandon de toutes les lois ? Dans les Traditions de famille sur Confucius, il est rapporté que Tzeu sang Pe tzeu ne portait à la maison ni tunique ni bonnet. Con­fucius l’a blâmé d’avoir voulu que les hommes vécussent comme les bœufs et les chevaux.

[67Qui lui avait été confiée par Confucius, alors ministre de la justice dans la principauté de Lou.

[68Ami de Tzeu houa.

[69Un officier ne doit pas refuser le traitement ordinaire. S’il a du superflu, il fera bien de le distribuer aux pauvres et aux indigents.

[70Sous la dynastie des Tcheou, les victimes de couleur rougeâtre étaient les plus estimées ; on immolait des bœufs roux. Sans doute une génisse ou un taureau qui n’est pas d’une seule couleur ne peut servir comme vic­time ; mais la génisse ou le taureau né d’une vache ou d’un taureau aux couleurs variées peut être immolé, si sa couleur est rougeâtre ou rousse. Le père de Tchoung koung était un homme méprisable et vicieux. Confucius se sert d’une comparaison tirée de la couleur des victimes, pour montrer que les vices du père ne détruisent pas les bonnes qualités du fils ; que si Tchoung koung a des vertus et des talents, on doit lui confier une charge dans l’intérêt du pays.

[71En qualité de grand préfet.

[72Tzen Iou.

[73Tzeu koung.

[74Jen Iou.

[75Non plus dans la principauté de Lou, mais dans celle de Ts’i.

[76Min Tzeu k’ien, nommé Suenn, disciple de Confucius. Wenn, rivière qui passait au sud de la principauté de Ts’i, au nord de celle de Lou. Le chef de la famille Ki était grand préfet ; il gouvernait la principauté de Lou avec un pouvoir absolu. La ville de Pi lui appartenait, et lui servait comme de citadelle pour résister à son prince. Lorsque Confucius était ministre de la justice, il voulait toujours la démolir. Un jour Ki fit inviter Min tzeu à exercer la charge de gouverneur dans cette ville. Il n’avait d’autre dessein que de se l’attacher. Mais Min tzeu était un disciple vertueux et sage du plus sage des philosophes. Comment aurait‑il consenti à suivre le parti d’un sujet qui avait usurpé tout le pouvoir ? Il répondit à l’envoyé : « Le grand préfet veut se servir de moi ; mais les honneurs et les riches appointements n’excitent pas mes désirs. Vous, parlez pour moi à votre maître douce­ment et adroitement. Dites‑lui mon désir de n’exercer aucune charge, et détournez‑le de me confier un emploi. Si l’on revient me faire une seconde invitation, certaine­ment je quitterai la principauté de Lou, et me réfugierai au‑delà de la Wenn. »

[77Pe gniou était l’un des disciples de Confucius. Son nom de famille était Jen, et son nom propre Keng. Les anciens lettrés ont pensé que sa maladie était la lèpre. La fenêtre dont il est ici parlé regardait le midi. D’après les usages, celui qui était malade se tenait auprès d’une fenêtre tournée au nord. S’il devait recevoir la visite d’un prince, il changeait de place et se tenait auprès d’une fenêtre tournée au midi, afin que le prince en le visitant eût le visage tourné vers le midi. Les personnes de la maison de Pe gniou voulurent faire le même hon­neur à Confucius ; mais le philosophe n’osa pas l’ac­cepter. Il n’entra pas dans la maison, prit la main du malade par la fenêtre, et lui dit un éternel adieu.

[78Que vous ne voulez pas dépasser ; ce n’est pas la force, mais la volonté qui vous manque.

[79Ville de la principauté de Lou.

[80Et non pour ses propres affaires.

[81L’orateur T’ouo, grand préfet dans la principauté de Wei, était chargé de faire l’éloge des ancêtres du prince, de leur adresser des prières et de transmettre leurs ré­ponses. Il était très habile à parler. Tchao, fils du prince de Soung, était remarquable par sa beauté. Ces deux hommes étaient en grand renom, à l’époque des événe­ments racontés dans le Tch’ouenn Ts’iou. Confucius dit en gémissant : « A présent les hommes ne sont plus comme autrefois. Ils n’aiment pas la franchise, mais la flatterie ; ils n’aiment pas la vertu, mais la beauté. A moins d’avoir l’habileté de l’orateur T’ouo et la beauté de Tchao, fils du prince de Soung, il est impossible de plaire aux hommes de notre époque, et très difficile d’échapper à la haine et à l’envie. »

[82Les hommes savent que, pour sortir, il faut passer par la porte, et ils ne savent pas que, pour bien agir, il faut passer par la voie de la vertu (suivre la loi naturelle).

[831. C’est-à-dire n’aller pas sans cesse à eux, comme les courtisans à leur prince, pour obtenir des faveurs.

[84Honorer les esprits, c’est s’appliquer de tout cœur à leur témoigner sa reconnaissance et à leur faire des offrandes. Les esprits, dont il est ici parlé, sont ceux auxquels on doit faire des offrandes. Se tenir à l’écart, c’est ne pas chercher à faire en quelque sorte la cour aux esprits pour en obtenir des faveurs. L’homme a des règles constantes à observer dans toutes ses actions chaque jour de sa vie. Si quelqu’un, guidé par son jugement, donne toute son application aux devoirs qu’il doit remplir et aux choses qu’il doit faire, s’il honore les esprits par des hommages sincères, sans leur faire la cour ni solliciter leurs faveurs, la prospérité et l’infortune ne sont plus capables de le toucher ; n’est-ce pas de l’intelligence ?

[85Comme l’eau qui coule.

[86Comme une montagne.

[87L’homme intelligent a l’esprit exempt de tout préjugé et de toute passion, très perspicace et libre de toute entrave. Il a une ressemblance avec l’eau ; c’est pour cela qu’il aime l’eau. L’homme honorable est grave et ferme par caractère ; rien ne peut l’émouvoir ni l’agiter. Il a une ressemblance avec les montagnes, et il les aime. L’homme intelligent pénètre toutes choses par perspicacité ; son activité atteint presque le plus haut degré possible. L’homme honorable pratique tous les principes célestes spontanément ; son cœur n’est ni troublé ni tourmenté par les passions. Son repos est presque absolu. Un homme dont le cœur est attaché aux choses extérieures, comme par des liens, rencontre des obstacles à ses désirs et éprouve mille soucis. L’homme intelligent, dont la force d’âme est toujours pure et lucide, n’est arrêté par aucun obstacle. Comment ne serait-il pas heureux ? Un homme qui ne met pas de frein à ses passions ni à ses désirs se conduit mal et abrège sa vie. L’homme honorable jouit d’une santé forte et vigoureuse, qu’aucun excès ne vient altérer. Comment ne vivrait-il pas longtemps ?

[88Confucius ne regrette pas tant l’évolution de la forme de ce calice rituel que la perte de sa fonction première. Ce calice était très répandu sous les dynasties Chang-In et Tcheou, sorte d’âge d’or pour Confucius de la civilisation et du raffinement de la culture (MBC).

[89Confucius voyait que dans le monde beaucoup de choses avaient un nom qui ne correspondait plus à leur réalité. C’est pour cela qu’il exprima sa douleur à propos du vase à vin nommé kou. Pour qu’un fils mérite le nom de fils, il faut qu’il pratique la piété filiale. Pour qu’un sujet mérite le nom de sujet, il faut qu’il soit fidèle à son prince. Il en est de même de toute autre chose.

[90Nan tzeu, femme de Ling, prince de Wei, avait une conduite déréglée. Confucius étant arrivé à la capitale de Wei, Nan tzeu l’invita à aller la voir. Confucius s’excuse d’abord ; puis, contraint par la nécessité, il alla visiter la princesse. Anciennement, celui qui exerçait une charge dans une principauté devait, d’après les usages, faire visite à la femme du prince. Tzeu lou, ne connaissant pas cette coutume, trouvait que c’était une honte de visiter cette femme perverse.

[91Les enseignements des anciens.

[92Le vieux P’eng, dont le nom de famille est Ts’ien et le nom propre K’eng, était petit‑fils de l’empereur Tchouen hiu. A la fin de la dynastie des In, il avait plus de sept cents ans, et n’était pas encore cassé de vieillesse. Il reçut en fief la vallée de Ta p’eng dans la principauté de Han et, pour cette raison, fut appelé le vieux P’eng

[93Lorsque Confucius était dans la force de l’âge, il se proposait d’imiter Tcheou koung, et il le voyait en rêve. Quand il fut devenu vieux, et incapable d’imiter de si grands exemples, il n’eut plus les mêmes aspirations ni les mêmes songes.

[94L’urbanité, la musique, le tir à l’arc, l’art de conduire un char, l’écriture et le calcul.

[95Dix tranches de viande séchée formaient un paquet. Chez les anciens, lorsqu’on faisait une visite, l’usage exigeait qu’on offrît un présent. Un paquet de dix tranches de viande était le moindre de tous les présents. Confucius désirait que tous les hommes sans exception entrassent dans la voie de la vertu. Mais il n’était pas d’usage que le maître allât enseigner celui qui ne savait pas venir recevoir des leçons. Si quelqu’un venait en observant les usages, Confucius lui donnait toujours ses enseignements.

[96La sagesse.

[97Confucius était attentif à tout. Mais trois choses atti­raient spécialement son attention : l’abstinence, parce qu’elle prépare à entrer en communication avec les intelligences spirituelles ; la guerre, parce que la vie ou la mort d’un grand nombre d’hommes, le salut ou la ruine de l’État en dépendent ; la maladie, parce que notre vie en dépend.

[98Nommé Tche.

[99Ling, prince de Wei, chassa de ses États son fils K’ouai kouei, qui devait hériter du titre de prince. Le prince Ling étant mort, ses sujets mirent à sa place Tche, fils de K’ouai kouei. Mais les habitants de la principauté de Tsin ramenèrent K’ouai kouei dans la principauté de Wei : et Tche entra en lutte avec son père. Confucius était alors dans la principauté de Wei. Les habitants croyaient que, K’ouai kouei ayant encouru la disgrâce de son père, Tche, petit‑fils légitime du prince Ling, devait lui succéder. Jen Iou eut des doutes et inter­rogea à ce sujet.
Pe i et Chou ts’i étaient deux fils du prince de Kou tchou (pays actuellement compris dans le Tcheu li). Leur père en mourant légua son titre de prince à Chou ts’i (qui était son troisième fils). Quand il fut mort, Chou ts’i voulut céder le titre de prince à Pe i, son frère aîné. Pe i rappela la volonté de son père ; et prenant la fuite, se retira dans un autre pays. Chou ts’i n’accepta pas non plus l’héritage, et s’enfuit également. Les habitants établirent héritier le deuxième des fils du prince défunt. Plus tard, Ou wang (fondateur de la dynastie des Tcheou), ayant chassé Tcheou (dernier em­pereur de la dynastie des Chang), Pe i et Chou ts’i mon­tèrent à cheval, et allèrent en toute hâte reprocher à Ou wang d’avoir éteint la dynastie des Chang. Considé­rant comme une honte de manger le grain récolté dans l’empire des Tcheou, ils se retirèrent sur le mont Cheou iang, où ils moururent de faim.
Tzeu koung, quittant Confucius, dit à Jen Iou : « Puis­que notre maître approuve la conduite des deux frères Pe i et Chou ts’i, qui se cédèrent l’un à l’autre la dignité de prince, certainement il désapprouve le prince de Wei qui dispute à son père cette même dignité. Evidemment il n’est pas pour le prince de Wei. »

[100Après avoir acquis une vertu

[101Absorbé qu’il est dans l’étude de la sagesse.

[102Le prince de Che était Chenn Tchou leang, nommé Tzeu kao, préfet de Che bien. Il avait usurpé le titre de prince.

[103En parlant ainsi, Confucius a voulu s’abaisser lui­-même. Il a été un grand sage, parce que la sagesse était innée en lui. Quand il disait qu’il aimait l’étude, ce n’était pas uniquement pour engager les autres à étudier. Car, ce qu’un homme peut connaître naturellement et sans étude, ce sont les devoirs de justice et de conve­nance. Quant aux faits historiques, aux changements in­troduits dans les cérémonies, dans la musique, dans les insignes des dignités, nul ne peut les connaître avec certitude, s’il ne les a étudiés.

[104Parler des choses extraordinaires, c’est exciter les hommes à ne pas suivre les règles ordinaires ; parler des actes d’audace et de violence, c’est affaiblir dans les hom­mes les sentiments de douceur ; parler de résistance aux lois ou à l’autorité, c’est porter les hommes à violer la justice ; parler des esprits, c’est brouiller les idées de ceux qui écoutent.

[105Houan T’ouei était Hiang T’ouei, ministre de la guerre dans la principauté de Soung. Il descendait du prince Houan, et pour cette raison s’appelait le chef de la famille Houan. Confucius, étant dans la principauté de Soung, expliquait les devoirs de l’homme à ses dis­ciples sous un grand arbre. T’ouei, qui haïssait le philosophe, fit abattre l’arbre. Les disciples furent frappés de crainte. Confucius, s’abandonnant avec confiance aux soins de la Providence, dit : « Puisque le Ciel, en me donnant l’existence, a mis en moi une telle sagesse, cer­tainement il a des desseins sur moi. Quand même les hommes voudraient me nuire, ils ne pourraient résister à la puissance du Ciel. »

[106Il s’agit ici de tirer sur les oiseaux avec une flèche retenue par un long fil de soie écrue. Confucius étant d’une famille pauvre et d’une humble condition, il était parfois obligé dans sa jeunesse de prendre des poissons à la ligne ou de chasser aux oiseaux, pour nourrir ses parents et faire des offrandes aux morts. Mais tuer et prendre tous les animaux était contraire à sa volonté, et il ne le faisait pas. En cela apparaît le cœur compatissant de cet homme si bon. En voyant de quelle manière il traitait les animaux, on peut juger comment il traitait les hommes ; en voyant la manière dont il agissait dans sa jeunesse, on peut juger comment il agissait dans l’âge mûr.

[107La vertu parfaite est la bonté naturelle que chaque homme possède nécessairement. Mais les hommes, aveu­glés par leurs passions, ne savent pas la chercher. Ils suivent la pente du vice et se persuadent que la vertu est loin d’eux.

[108Dont la famille s’appelle Ki

[109Ou ma K’i, nommé Cheu, disciple de Confucius. D’a­près les usages, un homme et une femme, dont les fa­milles portent le même nom, ne se marient pas en­semble. Or les familles princières de Lou et de Ou s’appelaient toutes deux Ki. Le prince de Lou, pour cacher le nom de famille de sa femme, l’appela Ou meng Tzeu, comme si elle avait été fille du prince de Soung, dont le nom de famille était Tzeu. Confucius ne pouvait se permettre de dire que son prince avait mal agi ; d’un autre côté, il ne pouvait dire que celui qui avait épousé une femme de même nom que lui connût (et observât) les usages. Pour cette raison, il laissa croire que sa ré­ponse était blâmable, et ne chercha pas à s’excuser. S’il avait censuré ouvertement la conduite de son prince, il aurait manqué au devoir d’un sujet fidèle. S’il n’avait pas dit qu’il avait mal répondu, il aurait paru mécon­naître une loi concernant les mariages. On voit que le philosophe dans sa réponse a atteint la perfection au moyen d’un détour. En s’accusant lui-même, il dit : « Le plus grand malheur qui puisse arriver à un homme, c’est de n’être pas averti de ses fautes. Moi, j’ai un bonheur particulier ; si je commets une faute, elle ne manque pas d’être connue. Lorsqu’elle est connue des autres, j’en suis informé ; je puis changer de conduite, et me rendre irréprochable. N’est‑ce pas un très grand bonheur pour moi ? »

[110« En effet, prier, ce n’est autre chose que pratiquer la vertu, se corriger de ses défauts, et solliciter ainsi le secours des esprits. Moi, tous les jours, si j’ai quelque défaut, je le corrige, s’il est une vertu à pratiquer, je la pratique. Ma prière est vraiment continuelle. Comment aurais‑je attendu jusqu’aujourd’hui pour prier ? »

[111Anciennement, T’ai wang, prince de Tcheou, eut trois fils, dont l’aîné fut nommé T’ai pe, le second Tchoung ioung, et le troisième Ki li. Ki li eut pour fils Tchang, qui devint Wenn wang. T’ai wang, voyant que Wenn wang possédait toutes les vertus au plus haut degré, résolut de léguer la dignité de prince à Ki li, afin qu’elle passât à Wenn wang. T’ai pe ayant connu l’intention de son père, aussitôt, sous prétexte d’aller cueillir des plantes médecinales, s’en alla avec son frère cadet Tchoung ioung, et se retira au milieu des tribus barbares du midi. Alors T’ai wang transmit sa principauté à Ki li. Plus tard, Ou wang (fils de Wenn wang) gouverna tout l’empire. Si l’on considère la conduite de T’ai pe comme elle parut aux yeux de ses contemporains, il n’a cédé qu’une principauté (la principauté de Tcheou). Mais si on la considère avec les connaissances actuelles, on voit qu’il a réellement refusé l’empire et l’a cédé au fils de son frère. Après l’avoir cédé, il s’est caché, il a disparu, il n’est pas resté trace de lui. Pour cette raison, le peuple n’a pu célébrer ses louanges. T’ai pe a enseveli dans l’ombre sa personne et son nom ; il a fait en sorte d’oublier le monde et d’en être oublié. C’est le plus haut degré de la vertu.

[112Et voyez que j’ai conservé tous mes membres dans leur intégrité.

[113C’est ainsi que j’ai pris soin de mon corps.

[114Un fils doit rendre entier à la terre ce que ses parents lui ont donné entier, et ne pas les déshonorer en laissant endommager son corps. Sans doute, la principale obligation d’un bon fils est de se bien conduire, de faire honneur à ses parents en rendant son nom illustre ; mais celui qui sait conserver ses membres intacts sait aussi mener une vie irréprochable. S’il n’est pas permis de laisser perdre l’intégrité de son corps, à plus forte rai­son est‑il blâmable de déshonorer ses parents par sa mauvaise conduite.

[115Grand préfet de la principauté de Lou.

[116De science et de vertu.

[117Environ douze décimètres.

[118Du Cheu king.

[119Le philosophe Iang dit : « Tzeu tchang, malgré toute sa sagesse, fut convaincu de convoiter les revenus atta­chés aux charges ; à plus forte raison, ceux qui sont moins vertueux que lui.

[120Il peut et doit accepter une charge, dans l’intérêt de l’empereur et du peuple.

[121Cultivant la ver­tu dans la vie pri­vée.

[122[Car, alors, il peut et doit exercer une charge.

[123Dans la princi­pauté de Lou.

[124Celui qui ne progresse pas chaque jour recule chaque jour.

[125Fondateur de la dynastie des Tcheou.

[126[Cf. Chou king]. Parmi eux il comptait sa femme, l’impératrice I ki­ang, qui gouvernait la ville impériale.

[127Il est vrai, puis­que Chouenn n’a trouvé que cinq mi­nistres capables, et Ou wang, dix.

[128Celle de la dynastie des Tcheou.

[129Celui qui cherche sa propre utilité blesse la justice. La question de la Providence céleste est très subtile. La voie de la vertu parfaite est immense. Confucius parlait rarement de ces trois choses. Il parlait peu du gain, de peur de porter les hommes à ne désirer que des choses basses, à ne chercher que leurs propres intérêts. Il parlait peu de la Providence céleste et de la vertu parfaite, de peur d’exciter les hommes à vouloir faire des choses trop au‑dessus de leurs forces. Il parlait peu de gain, de peur que ces disciples ne fussent trop portés à chercher leur propre intérêt. Il parlait peu de la Providence céleste et de la vertu parfaite, parce que ses disciples n’auraient pas facilement comprit ces hautes questions.

[130Parce qu’il n’exerce aucun des six arts libéraux.

[131Un conducteur de voiture est le serviteur d’autrui. Son métier est encore plus vil que celui d’archer. Le philosophe, entendant faire son éloge, répondit en s’a­baissant lui-même. Ce grand sage n’avait pas réelle­ment l’intention de se faire conducteur de voiture.

[132La connaissance des cérémonies, des devoirs, de la mu­sique, des lois.

[133En moi.

[134Iang Hou avait exercé des cruautés dans le bourg de Kouang. Confucius extérieurement ressemblait à Iang Hou. Les habitants le cernèrent pour le prendre.

[135Disciple de Confucius.

[136Le phénix est un oiseau qui annonce les choses futures. Au temps de Chouenn, il a été apporté et offert en présent à ce prince. Au temps de Wenn wang, il a chanté sur le mont K’i. Le dessin sorti du fleuve est un dessin qui est sorti du Fleuve ]aune sur le dos d’un cheval‑dragon au temps de Fou hi. Le phénix et le dessin sorti du fleuve ont annoncé les règnes d’empe­reurs très sages. Confucius dit : « Il ne paraît aucun présage annonçant le règne d’un empereur très sage ; un tel empereur ne viendra donc pas. Quel empereur se servira de moi pour enseigner le peuple ? C’en est fait de ma doctrine ; elle ne sera pas mise en pratique. »

[137Par commisération ou par honneur.

[138Je n’arrive pas à la saisir.

[139Comme si leur maître exerçait encore une charge im­portante, et à lui préparer de pom­peuses funérailles, comme à un haut dignitaire.

[140Tzeu koung adressa à Confucius cette double ques­tion, parce qu’il voyait un homme doué de tant de vertus n’exercer aucune charge. Confucius répondit qu’il fallait vendre la pierre précieuse ; mais qu’il ne con­venait pas d’aller chercher les acheteurs. Le sage est toujours disposé à accepter et à exercer une charge ; mais il veut que les principes soient observés. Il attend une invitation régulière, comme la pierre pré­cieuse attend les offres d’un acheteur.

[141Le long des côtes de la Mer Jaune.

[142Confucius, voyant que ses enseignements étaient in­fructueux, aurait désiré quitter l’empire chinois et se retirer dans une contrée étrangère. Il lui échappait, malgré lui, des gémissements par lesquels il manifestait comme le désir de vivre au milieu des neuf tribus des barbares orientaux. Il disait de même qu’il aurait désiré se confier à la mer sur un radeau (et se retirer dans une île déserte). Il n’avait pas réellement le dessein d’aller habiter au milieu des barbares dans l’espoir de les civiliser.

[143Par mes soins

[144Le philosophe, pour instruire les autres en s’abaissant lui-même, dit : « C’est au prix de grands efforts et à grand’peine que j’accomplis ces quatre choses. »

[145Le sage imite ce mouvement continuel de l’eau et de toute la nature. Il ne cesse de se faire violence, jusqu’à ce qu’il arrive au sommet de la perfection.

[146L’histoire raconte que, Confucius se trouvant dans la principauté de Wei, le prince Ling, porté sur une même voiture avec sa femme, fit monter Confucius sur une seconde voiture, et, pour frapper les regards, lui fit traverser la place publique. Le philosophe trouva ce pro­cédé de très mauvais goût et dit à cette occasion les paroles qui viennent d’être citées.

[147Si le disciple de la sagesse fait sans cesse des efforts, même en recueillant peu à la fois, il amassera beaucoup ; mais s’il s’arrête à moitié chemin, il perdra tout le fruit du travail qu’il a déjà accompli.

[148Ainsi en est‑il des hommes qui s’adonnent à l’étude de la sagesse, s’ils ne sont pas persévérants.

[149Nous efforcer de faire sans cesse de nouveaux progrès dans la vertu et ...

[150Le froid de l’hiver est l’image d’une époque de trouble. La persistance du feuillage est l’image de la volonté ferme et constante du sage. Quand la tranquillité règne, l’homme vulgaire pourra ne pas se distinguer de l’homme sage. C’est seulement au milieu des avantages ou des désavantages apportés par une révolution, qu’on recon­naît la constance du sage.

[151Comme s’il avait du sentiment.

[152Vers les hôtes qui étaient à ses côtés.

[153Qui attendait d la porte, où il avait lui-même reconduit l’hôte.

[154Le prince peut rentrer dans ses ap­partements.

[155Entre la porte et la cloison intérieure, bien que ce siège fût inoccupé, Confucius éprouvait un sentiment de res­pect si profond que ...

[156Lorsque Confucius se présentait comme envoyé dans une cour étrangère.

[157Parce que c’était le collet des jours d’abstinence.

[158Parce que c’était le collet porté la deuxième et la troi­sième année du deuil de trois ans.

[159Parce qu’elles ne sont pas rangées au nombre des cinq couleurs simples ou élémentaires, et qu’elles se rappro­chent des couleurs des vêtements des femmes.

[160Pour cacher par­faitement son corps.

[161Afin que la main droite fût plus libre pour le travail.

[162Parce que c’était le costume qu’on revêtait pour faire des offrandes.

[163Pour se purifier avant de faire une offrande.

[164Lorsque Confucius se préparait à faire une offrande, il gardait l’abstinence prescrite. Après avoir prit un bain, il revêtait (sur ses vêtements ordinaires) la tunique des jours de purification, afin de conserver son corps pur et net de toute souillure. Cette tunique était de toile. Il avait soin de purifier parfaitement, non seulement son cœur et ses intentions, mais aussi son corps. Au temps de l’abstinence, comme il n’est permis de prendre son repos ni déshabillé, ni revêtu de la tunique des jours de purification, il avait un vêtement spécial qu’il mettait la nuit sur ses vêtements ordinaires. Ce vêtement avait une fois et demie la longueur de son corps, afin qu’il servît à couvrir les pieds. Au temps de l’abstinence, il changeait l’ordinaire de sa table. Il ne buvait pas de boisson fermentée, ne mangeait pas de légumes à odeur forte, de crainte que l’odeur n’obscurcit la clarté de son intelligence.

[165Le hachis se fait avec de la viande de bœuf ou de mouton, ou de la chair de poisson, que l’on hache très fin. Le riz bien pur nourrit l’homme, le hachis gros­sièrement préparé lui nuit. Pou ien, ces mots signifient que Confucius trouvait ces aliments très bons, mais non qu’il voulût absolument les avoir tels. Il ne mangeait rien de ce qui pouvait nuire à la santé. Il pensait que la viande devait être coupée d’une manière régulière. Quand elle ne l’était pas, il ne la mangeait pas ; il haïssait le manque de régularité.

[166De peur qu’elles ne fussent pas pro­pres.

[167Les grains doivent faire la partie principale de la nourriture. Pour cette raison, Confucius ne mangeait pas plus de viande que d’autres aliments. Les liqueurs fer­mentées servent à exciter la joie dans les réunions. Con­fucius ne se prescrivait pas de règle fixe, seulement il évitait l’ivresse, et n’allait pas jusqu’à avoir la raison troublée. Le gingembre éclaircit l’intelligence, et dissipe toutes les impuretés. Confucius en avait toujours sur sa table.

[168Mais il distribu­ait aussitôt.

[169Dont le prince lui faisait présent.

[170Lorsqu’il avait aidé à faire des offrandes aux morts dans le palais du prince de Lou, il recevait sa part des viandes. De retour à la maison, il les distribuait aussi­tôt, sans attendre au lendemain, par respect pour les faveurs des mânes, et par honneur pour les dons du prince. Quand il avait fait une offrande dans sa maison, bien qu’il lui fût permis d’attendre un peu, quand il n’avait pu distribuer la viande le jour même, il ne la conservait pas plus de trois jours. Car elle aurait été gâtée, et les hommes ne l’auraient pas mangée. C’eût été traiter sans respect les restes du repas des mânes.

[171Ce grand sage, aux heures des repas, s’occupait de manger ; aux heures du repos, il se reposait. Ce n’était pas alors pour lui le temps de discourir ni de répondre aux questions sur la philosophie. Il ne s’occupait alors que d’une seule chose.

[172Par respect pour leur âge.

[173Comme s’il avait salué son ami.

[174Tai fou de la principauté de Lou.

[175Ni ses vertus, ni son emploi.

[176Sans l’offrir aux défunts.

[177Par un sentiment de modestie, comme s’il n’avait pas été le convive du prince, mais seulement un chef de cuisine.

[178[2] Après avoir fait mettre son lit au­près de la fenêtre qui regardait le midi.

[179Les interprètes expliquent diversement ce passage. Quelques-uns disent : « Tzeu lou prit, fit cuire et servir cette faisane. Confucius en respira trois fois l’odeur et se leva ; il n’en mangea pas. »

[180Si un oiseau remarque si bien tous les indices, l’homme devrait‑il aller et venir sans examen ni délibération ?


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