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Voyage 2016 au Japon - Deux notes de voyage

samedi 20 août 2016 par Phap

Table des matières

Je viens de séjourner un mois au Japon, ce pays qui compte pour moi.
Pendant mon séjour, j’ai noté un certain nombre de points, dont les deux suivants.


1. L’Empereur dans la société japonaise

1§. Le lundi 8 août 2016, Sa Majesté l’Empereur – Tennô hei ka 天皇陛下 [1] – a pris la parole dans un message télévisé pré-enregistré. C’était la deuxième fois qu’il s’exprimait ainsi, la première étant le 16 mars 2011 après le tsunami du 11 mars 2011 et l’accident nucléaire de Fukushima [2].

2§. L’empereur souhaite pouvoir abdiquer quand il estimera ne plus pouvoir assumer sa fonction telle qu’elle est définie par la constitution japonaise actuelle. Rappelons que cette constitution a été dictée par l’occupant américain, le GHQ du général Mac Arthur, après la capitulation sans condition du Japon impérial en 1945 [3].

La constitution de 1947 faisait de l’Empereur « le symbole de l’État et de l’unité et du peuple » 象徴 shôchô, étant entendu que le pouvoir émanait du peuple et non de l’Empereur.
L’article 1 de la constitution stipule en effet :

L’Empereur est le symbole de l’État et le symbole de l’unité du peuple, son statut reposant sur la volonté du peuple en qui réside le pouvoir souverain (notre traduction).
天皇は、日本国の象徴であり日本国民統合の象徴であつて、この地位は、主権の存する日本国民の総意に基く。

3§. La nouvelle constitution de 1947 défaisait volontairement la précédente constitution de 1889 élaborée sous l’arrière-grand père de l’actuel empereur, l’Empereur Meiji 明治天皇, 122e empereur du Japon : la constitution Meiji assignait le pouvoir suprême à l’Empereur qui était au-dessus de la constitution, la preuve en étant qu’il octroyait cette constitution à son peuple comme un effet de sa bonne volonté.
Les architectes de la restauration impériale avaient en effet décidé de moderniser le Japon en faisant de la figure impériale la colonne centrale de la nouvelle construction, l’idée étant sans doute de faire du neuf tout en gardant l’ancien : « esprit japonais, technique occidentale » 和魂 洋才 wakon yôsai [4]
Ce choix a amené à magnifier la figure impériale jusqu’à en faire une divinité faite homme arahitogami 現人神 pour laquelle tout citoyen japonais devait être prêt à sacrifier sa vie.

4§. La nouvelle constitution de 1947 ramenait la figure impériale au rang de symbole et assignait le pouvoir suprême au peuple : l’Empereur n’est pas censé exercer d’activité politique.

5§. L’actuel Empereur définit sa fonction dans le cadre de cette constitution actuelle et les gestes de son règne semblent indiquer qu’il ne la remet pas en question : comme son père avant lui après la seconde guerre mondiale, il rencontre son peuple, il s’adresse à lui, il participe tous les ans à la cérémonie à la mémoire des morts de la seconde guerre mondiale. Lors des tremblements de terre et des tsunami 津波 qui éprouvent le pays, il vient montrer sa sympathie aux sinistrés, ce que la population apprécie.

6§. En exprimant le 8 août 2016 son souhait de pouvoir abdiquer, l’Empereur a cependant provoqué une certaine émotion dans la mesure où l’abdication n’est pas prévue dans la loi sur la succession impériale.
Le premier ministre, Abe Shinzô, a immédiatement répondu que le souhait de l’Empereur avait été entendu et que le gouvernement allait travailler pour répondre à ce souhait.

7§. D’après les journaux que j’ai lus, la population semble favorable au souhait de l’Empereur.
Cela dit, ce souhait suscite des réserves : tout ou partie de la droite nationaliste [5] – je suis incapable de préciser plus – pense que la régence 摂政 sesshô répond au souci de l’Empereur : l’Empereur en incapacité d’exercer son rôle garde son titre tandis que le régent officie à sa place.
Le père de l’actuel empereur, l’Empereur Shôwa [6] avait de fait exercé la régence pendant l’incapacité de son père, l’Empereur Taishô 大正 à partir du 29 novembre 1921.
L’Empereur a mentionné la possibilité technique de la régence dans son allocution du 8 août 2016 mais elle n’est pas une solution selon lui.

8§. Les milieux conservateurs craignent une déstabilisation de l’institution impériale, un changement pouvant en entrainer un autre, par exemple la remise en question de la succession au trône par la primogéniture masculine.
La question de la succession avait un instant agité l’appareil politique, aucun petit-fils n’étant né jusqu’au 6 septembre 2006, date de la naissance du prince Hisahito 悠仁, né du second fils de l’actuel empereur, le prince Fumihito 文仁 et son épouse Kiko 紀子 .

9§. Sur le plan politique, le souhait impérial, dans la mesure où il peut entraîner une modification de la constitution, entre en résonance avec le chantier de réinterprétation (si ce n’est de modification) de ladite constitution lancé par l’actuel premier ministre.
Ce dernier dispose désormais de la majorité dans les deux chambres pour modifier la constitution rédigée dans un esprit de démilitarisation du Japon, alors que l’environnement géopolitique actuel résonne de plus en plus d’accents militaires avec les lancements de missile de la Corée du Nord et la politique d’expansion maritime agressive de la Chine.

10§. La prise en compte du souhait impérial va aussi changer les habitudes dans la mesure où la mort de l’Empereur déclenchait l’accession au trône de son successeur et en même temps la désignation d’une nouvelle ère, l’Empereur défunt prenant alors le nom de l’ère qui se terminait avec lui. Si l’actuel empereur abdique, faudra-t-il l’appeler de son vivant Empereur Heisei, du nom de son ère et choisir un nom de nouvelle ère pour son successeur ?

11§. Comment se réglera la coexistence entre l’ancien et le nouvel Empereur ? Le Japon a connu l’époque des « Empereurs retirés » insei 院政 qui, en fait conservaient une capacité d’influencer la politique du pays, d’où une rivalité liée à la présence des deux sources de pouvoir. Il faudra sans doute veiller à cette question.

12§. Il sera intéressant de voir comment le Japon va gérer le souhait impérial. Vu de ma petite fenêtre, j’ai l’impression que l’Empereur entend adapter l’institution impériale à la situation actuelle, ce que montrent ses efforts pour la rendre plus proche du peuple. Ce faisant, il rencontre d’inévitables résistances.

13§. Personnellement, je me demande comment vont réagir les tendances conservatrices nationalistes de la société japonaise : elles ne peuvent pas s’opposer ouvertement à l’Empereur puisque la figure impériale constitue leur étendard de ralliement. Seront-elles plus impérialistes que l’Empereur ?
Lors de la seconde guerre mondiale, la partie extrémiste de ces forces nationalistes aurait entraîner la fin de la monarchie japonaise si l’Empereur Hiro Hito n’avait pas mis dans la balance son autorité pour arrêter leur marche au suicide.

14§. L’institution impériale, pour survivre, avait dû se garder à sa droite. En ira-t-il de même cette fois-ci, sachant que l’institution impériale ne semble pas menacée dans sa survie actuellement ?


2. Hiroshima dans la mémoire japonaise

15§. Je me suis rendu à Hiroshima, à 360 km de Kyôto et 806 km de Tôkyô, sur l’île principale de Honshû.
Rappel : à 8 h 15 du matin du 6 août 1945, le bombardier B 29 Enola Gay larguait un objet de 3 mètres de long et 70 cm de diamètre, d’un poids de 4 tonnes.
Cet objet appelé « Little Boy » en anglais, « petit garçon » en français, allait provoquer à lui seul la destruction de la ville.

16§. Il est difficile de ne pas rester interdit devant la capacité de l’être humain à penser et réaliser des armes de destruction toujours plus puissantes, et ensuite à les utiliser contre d’autres êtres humains.
Les scientifiques ont utilisé les derniers progrès de la science pour produire un nouveau type de bombe basé sur la réaction nucléaire en chaîne.
Les militaires ont ensuite élaboré le protocole permettant de mesurer l’efficacité destructrice de leur nouvel outil : à quelle hauteur devait-elle exploser pour produire le maximum de dévastation ? réponse : 600 mètres. Les villes candidates pour le bombardement atomique avaient été épargnées par les bombardements classiques afin que l’on puisse mesurer l’effet de la bombe atomique sans effets parasites.

17§. L’on peut et l’on doit s’indigner de voir comment la raison peut s’exercer avec toute sa force pour déterminer le moyen de tuer et détruire le plus possible. Cela n’est pas normal.
Oui, mais il y a une activité humaine où ce qui est anormal devient normal et cette activité a un nom : la guerre. Là, le monstrueux devient la norme, la folie devient la règle de penser. Aucun être humain ne devrait prendre le mot « guerre » à la légère.

18§. En visitant le musée du mémorial de la paix d’Hiroshima, j’ai appris que la bombe atomique produisait trois effets : un effet de chaleur, un effet de souffle et enfin un effet de radioactivité.

19§. Effet de chaleur : la température à l’hypogée de la bombe dépassait sans doute les 1 200 ° Celsius : on a retrouvé des tuiles dont la céramique avait bullé, ce qu’elle fait à partir de 1 200 °C.
Une photo montre l’ombre sur un mur d’une échelle et d’un homme : en fait, il s’agit du dessin des rayons thermiques arrêtés par l’échelle et le corps de l’homme tandis que le reste du mur recevait les autres rayons thermiques.
Une autre photo montre le dos d’une femme avec des motifs de brûlure correspondant aux parties sombres de son kimono qui ont absorbé les rayons thermiques.

20§. Autre effet de la chaleur : des brûlés, dont les lambeaux de peau pendaient de leur bras comme des guenilles, avançaient comme des fantômes, les bras repliés et les mains tendues à l’horizontal. Le musée explique que les brûlés ne pouvaient pas garder les bras ballants parce qu’alors les fluides s’accumulaient au bout des doigts en provoquant une pression douloureuse.

21§. Effet de souffle : la surpression de l’explosion a provoqué des vents puissants faisant éclater les vitres et projetant des éclats de verre qui devenaient autant de projectiles. À noter : l’effet de souffle a été suivi par un effet de souffle inverse pour compenser la sous-pression résultante.

22§. Effet des radiations : des personnes bombardées sont rentrées chez elles sans aucune blessure apparente. Sauvées ? Pas exactement. Six mois plus tard, en trois coups de peigne, elles arrachaient tous leurs cheveux.
Sasaki Sadako 佐々木 禎子 avait deux ans quand elle se trouva sous le feu atomique à Hiroshima. Dix ans plus tard, elle décédait d’une leucémie, sans doute liée à son exposition à la bombe atomique. Entre 1954, date du diagnostic, et sa mort le 25 octobre 1955, elle avait plié plus de 1 000 grues en papier afin de guérir (une légende japonaise dit que si l’on plie 1 000 grues en papier, son vœu se réalise).

23§. Chaque année, le Japon se rappelle les deux dates du 6 et du 9 août 1945 où il a été soumis au feu nucléaire à Hiroshima puis à Nagasaki. Les journaux télévisés interviewent des survivants qui, année après année, répètent que l’horreur ne doit pas se reproduire et que la paix doit être recherchée par-dessus tout. Des jeunes sont ensuite interviewés qui redisent combien la guerre est horrible et qu’il faut l’éviter.

24§. Personnellement, je me dis qu’il faut aussi se demander comment cela a pu arriver. Comment se fait-il que tout le monde s’accorde à dire que la guerre est horrible et que pourtant cette hydre continue d’exercer ses ravages au 21e siècle ? Et comment se fait-il que le Japon ait été en guerre en 1945 ?

25§. Personnellement, je suis heureux que le musée rappelle que des Coréens, déportés de force au Japon, sont morts le 6 août 1945 à Hiroshima.
Le musée rappelle aussi que le Japon a attaqué la Chine et que l’armée impériale a massacré des civils en grand nombre après la prise de Nankin en décembre 1937. Les historiens et les responsables du lieu de mémoire ont fait preuve d’honnêteté dans leur travail intellectuel.

26§. Je ne crois pas qu’on puisse dire la même chose des idéologues de la droite nationaliste japonaise quand ils asservissent l’histoire à ce qu’ils veulent qu’elle soit et non pas à ce qu’elle est réellement.
Dans leur déni de la réalité, ils instrumentalisent Hiroshima et Nagasaki pour draper le Japon impérial – je dirais plutôt impérialiste – dans les habits de la victime innocente et pure d’une guerre dont elle n’était pas responsable d’après eux.
Ils accusent les historiens japonais luttant contre leur schéma révisionniste d’aider les vainqueurs à fausser l’histoire en faisant porter tous les torts aux perdants.

27§. Il est vrai que les Alliés se sont conduits de manière critiquable, en particulier lors du "procès de Tôkyô" qui a jugé les crimes de guerre de classe A, mais cela suffit-il à dédouaner le Japon impérial(iste) de l’époque ?
Et il faut aussi dire que la révision de l’histoire, en faisant du Japon impérial une victime de l’Amérique capitaliste et des communistes chinois et russes [7], évite de se pencher sur le passé et de se poser des questions délicates, par exemple sur l’origine de la guerre, sur le comportement de l’armée impériale dans les pays asiatiques qu’elle a traversés, sur la compétence et la responsabilité des autorités militaires et politiques japonaises de l’époque.

28§. L’erreur est humaine, mais persévérer dans l’erreur est diabolique.
Pour le dire dans un autre registre, l’histoire n’est pas condamnée à se répéter, mais la probabilité qu’elle se répète s’accroît quand on se refuse à tirer les leçons du passé.
Malheur au vaincu, certes, mais aussi malheur au mauvais perdant.


© fr. Franck Guyen op, août 2016

[1Les Japonais évitent de prononcer le nom de l’Empereur, actuellement l’Empereur Akihito 明仁.
Né le 23 décembre 1933 de l’empereur Hiro Hito 裕仁 de nom posthume Shôwa 昭和 et de l’impératrice Nagako 良子 de nom posthume Kôjun 香淳, le prince Akihito se marie le 10 avril 1959 avec Shôda Michiko 正田 美智子, une femme non issue de l’aristocratie, ce qui est une première et entraînera quelques difficultés.

  • Le 23 février 1960 naît son premier fils, l’actuel prince héritier Naruhito 徳仁.
  • Le 30 novembre 1965 naît son second fils, le prince Fumihito 文仁.
  • Le 18 avril 1969 naît sa fille, la princesse Sayako 清子.

Le 7 janvier 1989, à la mort de son père l’Empereur Shôwa, il devient le 125e Empereur du Japon à 55 ans sous la nouvelle ère Heisei 平成.
Du 23 au 26 octobre 1992 (Heisei 4), il visite la Chine où il exprime « une peine profonde » fukaku kurushimi 深く悲しみ pour « les souffrances infligées aux citoyens chinois » par son pays :

"Dans la longue histoire des relations entre nos deux pays, il y a eu une période malheureuse pendant laquelle mon pays a infligé de grandes souffrances au peuple de Chine. De cela, j’éprouve une profonde tristesse" (notre traduction)
"In the long history of relationships between our two countries, there was an unfortunate period in which my country inflicted great suffering on the people of China. About this I feel deep sadness." [ New York Times du 24 octobre 1992 ]
しかし,この両国の関係の永きにわたる歴史において,我が国が中国国民に対し多大の苦難を与えた不幸な一時期がありました。これは私の深く悲しみとするところであります。[ Paroles de l’Empereur rapportées par l’Agence impériale ]

Il aurait exprimé la même pensée lors de sa visite en Corée du Sud le 24 mai 1990 lors d’un entretien avec le président sud-coréen Roh Tae Woo où il aurait dit :

« En me penchant sur les souffrances endurées par votre peuple provoqué par notre nation pendant cette période infortunée, je ne puis m’empêcher d’éprouver un profond regret 痛惜 tsû seki » (notre traduction)
我が国によってもたらされたこの不幸な時期に、貴国の人々が味わわれた苦しみを思い、私は痛惜の念を禁じえません。
[« "Reflecting upon the suffering that your people underwent during this unfortunate period, which was brought about by our nation, I cannot but feel the deepest remorse" dans Wikipedia article « War apology statements by Japan ]

Le 15 août 2016, s’adressant à la nation japonaise, l’Empereur avait déclaré éprouver un profond regret fukai ansei 深い反省 sur le passé :

Faisant retour sur le passé avec un profond regret - remords -, je souhaite de tout mon cœur que les ravages de la guerre ne se reproduisent plus (notre traduction)
ここに過去を顧み,深い反省とともに,今後,戦争の惨禍が再び繰り返されないことを切に願い,

[2La communication émanant de la maison impériale est strictement contrôlée par l’Agence impériale japonaise 宮内庁 kunaichô qui règle aussi le protocole. Le choix d’une émission pré-enregistrée et non pas en direct participe (je pense) d’un souci de ne rien laisser sortir de la maison impériale qui ne soit contrôlé et calibré.
Pour l’allocution du 16 mars 2011, voir en Anglais et en Japonais
Pour l’allocution du 8 août 2016, voir en Anglais et en Japonais

[3Le précédent empereur, l’Empereur Shôwa, père de l’actuel empereur, avait annoncé la capitulation dans un message radiophonique pré-enregistré le 15 août 1945.

[4Voir notre article Histoire du Japon - Panorama

[5l’article en page 1 du Japan Time du mardi 9 août mentionne l’opinion de Yagi Hidetsugu 八木 秀次 dans la revue mensuelle Seiron 正論

[6Hiro Hito

[7On trouve dans la littérature révisionniste l’idée que le Japon impérial menait une guerre (sainte ?) contre le communisme chinois qui a été sauvé par l’intervention américaine contre le Japon.
Il me semble plutôt que l’argument doit être inversé : en agressant la Chine, le Japon a empêché Tchang Kaï Chek 蔣介石 (1887-1975) de poursuivre son programme d’extermination des communistes chinois. Sans cette agression, les survivants de la Longue Marche (1934-1935) de Mao Zedong 毛澤東 (1893-1976) auraient-ils pu se maintenir et finalement l’emporter sur l’armée nationaliste de Tchang Kaï Chek ?

Voir en ce sens :

  • Revue L’Histoire,"1931-1945, Asie - Pacifique, l’autre guerre mondiale", numéro double 413/414, juillet - août 2015, 130 p.
    • Xavier Paulès, "La Chine sera communiste", p. 116-119

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