Esperer-isshoni.info

Année de la Miséricorde - Mois M+5 - La miséricorde aussi envers soi-même

mercredi 1er juin 2016 par Phap

Chronique de la Miséricorde mois par mois

M Un événement oublié ?
M+1 Une mère et son adolescente de fille
M+2 Miséricordieux comme le Père ?
M+3 Quand Jésus s’émeut de la misère des hommes
M+4 Entre justice et miséricorde, il faudrait choisir ?
M+5 La miséricorde aussi envers soi-même ?
M+6 Enseigner, une œuvre de miséricorde
M+7 Rien (pause estivale)
M+8 Miséricorde aussi pour les animaux ?
M+9 Rien (pèlerinage du Rosaire)
M+10 La fermeture annoncée de la Porte sainte

En cette année de la miséricorde, on parle souvent de la miséricorde envers les autres. A mon avis, on gagnera à parler aussi de la miséricorde envers soi-même.


Je tire un parallèle avec le second volet du commandement de l’amour : « tu aimeras ton prochain comme toi-même  ». Comment aimer autrui si on ne s’aime pas soi-même ? Et comment se montrer miséricordieux envers autrui si on ne sait pas se montrer miséricordieux envers soi-même ?

On peut se montrer impitoyable envers soi-même et se mener à coups de trique volontaristes (« si tu veux, tu peux ») ou moralisatrices (« c’est pas bien ce que tu fais »).
Personnellement, je me demande ce qui peut motiver cette dureté : faire plaisir à quelqu’un ? Mais à qui ?


Quand j’étais petit, je voulais faire plaisir à mes parents.
Puis, avec l’âge, j’ai découvert que ce que mes parents désiraient fondamentalement, c’est que je grandisse afin que je puisse me tenir devant eux en adulte responsable.
J’ai aussi découvert un Père qui surpassait tout ce qui existe sur cette terre et qui était bon.
C’est à lui que je veux désormais plaire, c’est à lui que je ne veux pas déplaire.

Ce Père sait m’ouvrir l’horizon bouché par mes fautes et celles de mes frères et sœurs en humanité. Il ne me demande jamais au-delà de mes forces [1] et, quand il demande l’impossible, il donne aussi la force de l’accomplir.

Mon Dieu m’inspire confiance dans la vie, une vie qui vient de plus loin que moi et qui m’entraîne plus loin que moi.
Je ne peux plus croire que la méchanceté et la mort auront le dernier mot, je sais désormais que je ne suis tout-puissant ni pour faire le mal ni pour faire le bien : je ne suis ni un démon ni un ange, je suis simplement un homme mortel qui fait ce qu’il peut et qui s’en remet pour le reste au Père.


Avec ce Dieu, mon projet de vie devient un projet à deux dans lequel toute ma vie se relativise – non pas au sens où ma vie n’aurait plus de valeur, au contraire : c’est en regard de Dieu qu’elle prend toute sa valeur, en toute vérité et en toute justice.
Alors je puis me faire miséricorde – parce que je me vois avec les yeux de Dieu, ou, plus exactement, je me vois dans les yeux de Dieu, et je l’entends me dire : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ».


Alors je peux m’aimer dans ce que je suis actuellement : mes ombres et mes lumières, mon courage et mes peurs, ma générosité et mon avarice, mes richesses et mes pauvretés.
J’apprends à me faire miséricorde. Et je puis ensuite faire miséricorde aux autres de manière juste – ou plus exactement ajustée.

Voilà comment je vois les choses. À vous de voir de votre côté.


à suivre


© esperer-isshoni.info, juin 2016.

[1Il y a des maîtres qui attellent leur cheval à une charge trop lourde et qui le fouettent parce qu’il n’arrive pas à tirer la charge.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 81 / 80550

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Quand le chrétien parle l’homme  Suivre la vie du site Art de vivre chrétien   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.0 + AHUNTSIC

Creative Commons License