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Quand Augustin (354-430 ap. J.C.) parle de la continence - Un discours audible aujourd’hui ?

mercredi 20 mai 2015 par Phap

Table des matières


Abréviations

  • Cont : Augustin - De Continentia - De Sancta Virginitate - De Bono Viduitatis - Trad. par J. Saint-Martin (A.A.) - Bibliothèque Augustinienne - 10 Série. L’ascétisme chrétien - Vol. III. - Desclée De Brouwer et Cie – 1939
  • Conj . : Augustin - De Bono Conjugali - Trad. par M. le Chan. G. Combès — Bibl. Augustinienne - 1° Série. Problèmes moraux - Vol. II. - Desclée De Brouwer et Oie – 1937
  • Cité : Augustin - La Cité de Dieu Livres XI - XIV - Trad. par G. Combès - Bibliothèque Augustinienne - 50 Série. La Cité de Dieu - Vol. 35 - Desclée De Brouwer — 1959. Les citations de cet ouvrage proviennent toutes du livre 14.
  • Gen : Augustin - La genèse au sens littéral Livres VIII-XII -Trad. par P. Agasse et A. Solignac S.J. - Bibliothèque Augustinienne - 70 Série. Exégèse - Vol. 49 - Desclée De Brouwer- 1972
  • Viud : Augustin - “Du bien de la Viduité” dans l’ouvrage d’Augustin - De Continentia - De Sancta Virginitate - De Bono Viduitatis - Trad. par J. Saint-Martin (A.A.) - Bibliothèque Augustinienne - 10 Série. L’ascétisme chrétien - Vol. III. - Desclée De Brouwer et Cie – 1939
  • S.Virg. : Augustin - “De la sainte virginité” dans l’ouvrage d’Augustin - De Continentia - De Sancta Virginitate - De Bono Viduitatis - Trad. par J. Saint-Martin (A.A.) - Bibliothèque Augustinienne - 10 Série. L’ascétisme chrétien - Vol. III. - Desclée De Brouwer et Cie - 1939

Car je prends plaisir à la loi de Dieu, en tant qu’homme mais dans mes membres, je découvre une autre loi qui combat contre la loi que ratifie mon intelligence (to nomo tou noos) ; elle fait de moi le prisonnier, de la loi du péché qui est dans mes membres.
Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps appartient à la mort ?
Grâce soit rendue à Dieu par Jésus Christ, notre Seigneur”. [1]


1. Le corps est bon, le composé est bon.

1§. Augustin reprend cette conception de l’homme alliage instable de corps et d’esprit.

Assurément, ces deux choses sont bonnes l’une et l’autre : l’esprit (spiritus) est un bien et la chair (caro) est un bien, et l’homme qui est composé de l’un et de l’autre (ex utro que constat), l’un commandant et l’autre obéissant (serviente), est un bien sans conteste, encore que sujet au changement (mutabile bonum). [2]

Le corps (corpus) en effet est d’une autre nature que l’esprit (animi) ; cependant il n’est pas étranger à la nature de l’homme ; car l’esprit n’a rien de corporel ; mais l’homme est composé (constat) d’un esprit et d’un corps et l’homme que Dieu affranchit (liberat), assurément il l’affranchit tout entier.
Aussi le Sauveur a-t-il pris (suscepit) la nature humaine tout entière dans sa condescendance à affranchir en nous tout ce dont il est l’auteur. [3]

2§. Augustin s’oppose aux manichéens qui déprécient le corps de chair.
Le corps du Chrétien est un temple de l’Esprit, il est une réalité sanctifiable, une réalité qui peut recevoir la vie divine [4]. La preuve en est que l’époux païen est sanctifié par son épouse [5].
De plus, Paul sous-entend qu’il faut aimer son corps en Ep 5,28.
Le corps en lui-même est incapable de souiller l’âme [6]. Il y a donc une façon païenne de pratiquer la continence quand celle-ci ne s’applique qu’au corps.

3§. De fait, ce n’est pas le corps qui fait mourir, car sinon le diable qui n’a pas de corps ne pourrait connaître la mort. Augustin montre qu’il ne faut pas entendre “chair” comme synonyme de “corps” mais comme synonyme de l’homme quand il se détourne de Dieu en voulant vivre selon lui-même.

4§. Augustin s’oppose aussi aux “platoniciens “.

Nous sommes donc alourdis par le corps corruptible [7] et sachant que la cause de ce poids n’est pas la nature et la substance du corps, mais sa corruption, nous ne voulons pas être dépouillés du corps, mais nous revêtir de son immortalité...,
c’est une erreur de croire que tous les maux de l’âme (anima ) proviennent du corps...
Et ce n’est pas la chair corruptible qui a rendu l’âme pécheresse, mais c’est l’âme pécheresse qui a rendu la chair corruptible. [8]

5§. De fait, le corps chez Augustin ne peut être source de spontanéité, il est pure passivité, sans le “libre arbitre “ qui est le privilège de l’âme : cette dernière porte donc la responsabilité de la transgression.

Le fait donc que la chair convoite (concupiscit) contre l’esprit ( spiritus ), que le bien n’habite pas dans notre chair, que la loi de nos membres s’oppose à la loi de l’esprit (mentis), n’indique pas le mélange (commixtio) de deux natures issues de principes contraires, mais la division d’une seule [9] contre elle-même en punition du péché. [10]


2. La procréation est bonne.

6§. L’activité de reproduction du couple n’est pas le résultat du péché, au contraire elle est une bénédiction (“ croissez et multipliez vous “) et fait partie du plan de Dieu.
En effet, Dieu a fixé un nombre de saints prédestinés (praedestinatorum sanctorum numerus Cité L.14,X.6 p. 399) : quand ce nombre sera atteint, les hommes se verront transformés (par une commutatio du corps animal en “corps spirituel “) et ressembleront ainsi aux anges – Augustin cite alors Mat XXII,30.

7§. Ce nombre parfait des prédestinés serait atteint grâce à la procréation de la famille humaine constituée à partir du premier couple. [11].
Citons Augustin sur cet aspect curieux de sa pensée :

Jusqu’au jour où, une fois atteint le nombre d’hommes déterminés, et à supposer que tous aient vécu dans la justice et l’obéissance, se serait produit ce changement (commutatio) en vertu duquel le corps animal aurait reçu une qualité nouvelle [12] : dociles aux moindres mouvements et à la maîtrise de l’esprit, vivifiés par ce seul esprit sans le secours d’aucun aliment corporel, ces corps seraient devenus ce qu’on appelle des corps spirituels.
Cela aurait pu être, si la transgression du précepte n’avait pas mérité les affres de la mort (supplicium mortis). [13]

7§. Pour Augustin, cette activité de reproduction n’a pas perdu de sa bonté après la faute. La transgression a cependant faussé son exercice :

ils eussent commandé (imperare) aux organes qui sont à l’origine de la génération aussi librement qu’on commande aux pieds de marcher : de sorte qu’ils eussent conçu sans passion (ardore) et enfanté sans douleur.
Mais du jour où ils transgressèrent le précepte, ils méritèrent d’éprouver dans leurs membres, où la mort est déjà à l’oeuvre, cette loi du mouvement charnel qui résiste à la loi de l’esprit ; mouvement que règle (ordinat) le mariage et que la continence maîtrise et réfrène, afin que, de même que le châtiment (subplicium) est venu du péché, ainsi le mérite vienne du châtiment. [14]

ou encore, dans un passage cru :

L’époux aurait fécondé l’épouse sans l’aiguillon d’une séduisante passion (sine ardoris ... stimulo), dans la sérénité de l’âme et l’intégrité parfaite du corps... Ainsi la semence de l’homme aurait pu être communiquée à l’épouse en lui conservant sa virginité ; comme à présent le flux menstruel peut se produire sans nulle atteinte à la virginité. [15]

8§. L’enjeu est le même que chez Aristote [16] : il s’agit d’assurer l’imperium sur le corps, lequel doit être docile aux mouvements de l’esprit. Celui-ci doit pouvoir agir librement sur le corps, sans être en rien contrarié ou déterminé par lui.
Pour Augustin, cet état a existé originellement au paradis, et il s’agit de le recouvrer, de le restaurer, par delà la transgression qui a interrompu le processus de spiritualisation de l’homme.


3. La faute de la transgression et la honte sexuelle qui en résulte.

9§. Quelle est donc cette transgression qui a faussé la donne, et corrompu l’humanité entière à partir de sa racine, le premier couple d’Adam et Eve ?
Augustin interprète le récit de Genèse dans le sens d’un premier acte mauvais de la volonté.

[L’homme] a été créé droit (factus est rectus) afin de vivre selon son auteur et non selon lui-même, c’est-à-dire pour faire sa volonté plutôt que la sienne propre : enfreindre le mode de vie pour lequel il a été fait, c’est cela le mensonge.
Il veut être heureux, alors qu’il ne vit pas de manière à pouvoir l’être quoi de plus mensonger qu’une telle volonté ? [17]

Ce qui importe à l’homme, c’est la volonté : est-elle déréglée (perversa) ? ces mouvements [18] sont déréglés ; est-elle droite (recta) ? Ces mouvements sont irréprochables (inculpabile) et même dignes de louange. [19]

10§. Augustin se situe dans la perspective d’Aristote [20], où il s’agit de vivre comme être composé selon la droite raison (orthos logos) ou en homme à la volonté droite (recta) : dans les deux cas, il s’agit d’une conformité à un ordre, la dérogation à cet ordre introduisant du désordre et de la faute (au sens grec du terme comme un comportement inapproprié qui fait manquer le but, la fin - au sens biblique avec l’infidélité qui est ainsi faite au Dieu créateur).

11§. L’enjeu, c’est donc le bon exercice du libre arbitre, de la volonté. Celui qui exerce mal sa volonté se trouve alors dans l’erreur (chez Aristote) ou dans le mensonge (chez Augustin).
Il y a déplacement de la pensée d’Aristote à Augustin : le rapport n’est plus de soi à soi, mais de soi à cet autre qu’est Dieu révélé en Jésus Christ.

...[c’est] pour avoir voulu vivre selon lui-même, c’est-à-dire selon l’homme que l’homme est devenu semblable au diable. Car lui aussi le diable a voulu vivre selon lui-même, quand il ne s’est pas maintenu dans la vérité.
Aussi, lorsqu’il profère le mensonge, c’est de son propre fonds, non de la part de Dieu ; non seulement, il est menteur, mais encore le père du mensonge [21]. Il fut le premier à mentir : lui qui pécha le premier fut aussi le premier auteur du mensonge. [22]

12§. Après la transgression, l’usage sexuel du corps a été entaché : les parties génitales deviennent honteuses (pudenda = choses honteuses, qu ‘il faut cacher), l’union pourtant légitime se fait dans le secret et non plus en public [23]. Augustin raconte ainsi la première honte sexuelle éprouvée par l’homme :

Or cette grâce une fois perdue (remota), pour frapper leur désobéissance par réciprocité (poena reciproca), il se produisit un mouvement tout nouveau d’impudeur corporelle [24] qui rendit leur nudité indécente, la leur fit remarquer et les remplit de confusion. ...
Ils s ‘aperçurent donc qu‘ils étaient nus, c’est-à-dire dénués de cette grâce qui les empêchait d’avoir honte de leur nudité, quand aucune loi de péché ne s’opposait en eux à l’esprit (menti) [25]

13§. Il convient de préciser ce qu’Augustin entend par “poena reciproca” : au péché de la désobéissance envers Dieu répond le châtiment de la désobéissance dans l’ordre créationnel originel.
Là où devait régner la concorde, l’harmonie, à l’intérieur de l’homme entre le corps et l’âme, entre l’homme et la femme, entre les hommes à l’intérieur de la grande famille humaine issue du premier couple, et enfin entre Dieu et le monde des hommes, la transgression du premier couple à la suite de la tentation du démon a introduit une faille, une brèche, qui désorganise tout ce jeu d’emboîtements.

14§. Augustin décrit le monde après la transgression comme un monde en insurrection permanente à tous les niveaux, microcosmique comme macrocosmique. A la source de cette anarchie se trouve le jeu d’une volonté faussée, “perverse “autrement dit dévoyée.


4. La concupiscence charnelle.

15§. Augustin nomme le ressort de cette perversion la “concupiscence charnelle “. Pour contrer les manichéens, il signale son caractère mixte qui procède à la fois du corps et de l’âme :

La cause de la concupiscence chamelle n’est donc pas dans l’âme seule, mais elle est bien moins encore dans la chair [26] seule. Elle est effet le produit de l’une et de l’autre : de l’âme, car sans elle nulle délectation n’est sentie [27] ; de la chair car sans elle nulle délectation chamelle n’est sentie. [28]

15§. La concupiscence est donc le fait de l’âme qui oriente mal son désir, en ce qu’elle se laisse attirer par les plaisirs charnels qui lui dictent sa loi, alors que l’ordre voudrait qu’elle leur commande. Cette faillite tragique résulte du mélangé-ensemble des composantes charnelles et spirituelles à l’intérieur de l’esprit.

16§. On retrouve ici la nostalgie aristotélicienne d’un être simple dont l’esprit ignorerait les aspirations inférieures de la chair et pourrait ainsi sans entraves tendre vers les choses élevées - supérieures.

En disant que la chair convoite contre l’esprit, l’apôtre sans nul doute parle de cette délectation que l’esprit (spiritus) éprouve sous l’influence de la chair et avec la chair, par opposition à la délectation qu’il éprouve seul. Car laissé à lui seul, l’esprit, si je ne me trompe [29], éprouve ce désir sans mélange (commixtum) de volupté chamelle ni de convoitise de choses chamelles qui fait que l’âme languit, jusqu’à en défaillir, après les parvis du Seigneur. [30]

17§. L’âme pèche en ce qu’elle se fourvoie dans son désir, en ce qu’elle se trompe d’objet à désirer. La convoitise chez Augustin n’est pas mauvaise en elle-même, contrairement au sens négatif que ce mot a désormais en français : la concupicencia devient mauvaise quand elle sort de l’ordre voulu par Dieu en s’orientant mal, c’est-à-dire en cherchant ce qui est inferior (le charnel) au lieu de ce qui est superior (le spirituel), et ainsi en tenant pour superior ce qui est inferior  :

18§. Or, dit Augustin, ce dévoiement n’est pas seulement une erreur imputable à l’âme qui manquerait d’intelligence ou de perspicacité, il résulte du châtiment de l’âme par Dieu : celle-ci est trompée par un attrait spécial de la chair, qui matérialise la sanction divine du premier désordre.

19§. A la différence d’Aristote [31], Augustin ne considère pas qu’il s’agit de mieux éclairer l’âme par une éducation permanente, le mal est beaucoup plus profond : l’âme ne peut se corriger ni d’elle-même ni par l’action pédagogique de la Cité.
20§. En ce sens, l’homme chez Augustin est cet akolaste incurable dont les principes mêmes de la raison en lui sont faussés.

21§. Ce mal est encore aggravé du fait qu’il ne s’agit pas d’un mal individuel, mais bien d’un mal générique dont les enfants des hommes héritent dès la conception, sauf grâce exceptionnelle de Dieu.

Dès lors avec combien plus de pertinence dira-t-on que la chair convoite, quand l’âme non seulement donne à la chair la vie animale, mais encore convoite quelque chose selon la chair elle-même !
Car il n’est pas en son pouvoir de ne pas convoiter, tant que le péché habite en ses membres, c’est-à-dire tant que subsiste dans le corps de cette mort ce violent attrait de la chair, issu du châtiment (vindicta) du péché dont nous portons l’héritage (propaginem ducimus) et selon lequel tous avant la grâce sont fils de colère (Ep. 11,3) [32]


5. L’orgasme sexuel, ce suicide de l’esprit.

22§. Augustin désigne ici l’attrait de l’orgasme sexuel : pour lui, l’orgasme n’est pas bon en ce qu’il fait se démettre l’esprit de sa fonction de pleine maîtrise, de pleine conscience de soi, pour se soumettre à une réalité de l’ordre du corps qui lui devrait être normalement soumise [33].

Cependant, quand on parle de libido sans nommer l’objet désiré, on pense presque toujours à l’excitation des parties honteuses du corps (obscenae partes). Ce désir ne se contente pas de s’emparer du corps tout entier, extérieur et intérieur ; il secoue (conmovet) l’homme tout entier, unissant et mêlant (conjuncto et permixto) les passions de l’âme et les appétits charnels pour amener cette volupté, la plus grande de toutes celles parmi celles du corps ; de sorte qu’au moment où elle arrive à son comble, toute l’acuité (omnis acies) et ce que l’on pourrait appeler la vigilance de la pensée sont presque anéantis. [34]

22§. L’orgasme a établi le corps dans la désobéissance, en ce qu’il fait échapper les parties génitales au contrôle de la partie rationnelle de l’âme pour le transférer à la libido.

La volupté (libido) au contraire a si bien assujetti à son empire [suo juri mancipavit] les parties génitales qu’elles ne peuvent se mouvoir que sous son action. [35]


6 La continence large.

23§. Aux “oeuvres de la chair “, Augustin oppose les fruits de l’Esprit (Gal 5,22-23), dont la continence (continentia, enkrateia traduit par “maîtrise de soi” dans la T.O.B.) [36]
24§. Augustin donne un sens large et un sens restreint à la continence. La continence en tant que précepte et non conseil, s’adresse à tous y compris aux couples.

en modérant ainsi et en limitant chez les époux les convoitises de la chair (carnis concupiscentiam), en réglant leurs mouvements inquiets et désordonnés (inordinatum), la continence tire parti du mal de l’homme dans le dessein de rendre celui-ci bon et parfait. [37]

24§. Augustin poursuit :

Pour résumer son action : veiller à comprimer (coercendis) et à guérir toutes les jouissances (delectationibus) de la concupiscence qui font échec à la sagesse (delectationi sapientiae) et à ses jouissances, tel est l’office de la continence [38]

24§. L’idée ici n’est donc pas de prohiber toute jouissance, mais d’ordonner les jouissances charnelles aux jouissances spirituelles.
Il faut noter que la concupiscence concerne tous les désirs désordonnés, qu’ils proviennent du corps ou de l’esprit.

L’esprit (Spiritus) de l’homme uni (adhaerens) à l’Esprit de Dieu convoite donc contre la chair, c’est-à- dire contre lui-même ; mais c’est à son propre avantage, afin que ces mouvements, ceux de la chair ou ceux de l’âme (anima), qui sont encore selon l’homme et non selon Dieu, comme procédant d’une maladie contractée (acquisitum languorem), soient réprimés par la continence en vue de la santé à recouvrer (acquirendam salutem). [39]

25§. La “ langueur” désigne ici le péché originel commis par Adam et Eve, qu’ils ont contracté pour tous leurs descendants, c’est-à-dire pour toute l’humanité,

On retrouve ici le rapport agonistique à soi- même aristotélicien, mais débordé, dépassé, réinterprété dans un autre cadre, le cadre biblique.

  • Au nous succède le pneuma de l’homme qui est secouru par le Pneuma divin.
  • Quant à la concupiscence – epithumia-, elle n’est plus seulement charnelle, mais aussi intellectuelle : toute activité et tout désir humain, non rapportés à la foi, deviennent œuvres de chair, condamnables en ce qu’elles sont faites selon l’homme et non selon Dieu.

26§. Or tout ce qui se fait selon l’homme se fait en dehors de la vérité, autrement dit est faux.

D’autres pratiquent la continence parce qu’ils sont dupes d’une foi erronée et de vaines espérances comme de vains désirs ; (...)
leur continence serait vraie si leur foi l’était aussi.(...)
La continence qui n’a pas la foi ne mérite donc pas même ce nom. [40]


7. La continence stricte : “au ciel, on ne se marie plus ‘

27§. Cependant, l’état de continence - entendue comme le renoncement à tout plaisir orgastique volontairement provoqué - l’emporte dans la nouvelle économie instaurée par l’avènement du Christ.
Cette continence sous le mode du conseil et non plus du précepte, s’adresse d’abord aux “vierges saintes", mais aussi aux veuves qui s’engagent a ne pas se remarier, et même aux couples maries - sous la réserve expresse que les deux conjoints en soient d’accord [41].

28§. En effet, les croyants de la “nation prophétique” devaient se marier pour avoir des enfants et ainsi assurer la vie du peuple d’où devait naître le Messie. Mais, dit Augustin dans un raisonnement assez curieux, le patriarche Abraham [42] et les “matriarches” auraient préféré se préserver de tout rapport conjugal s’ils l’avaient pu.
Mariés du fait des circonstances, ils étaient en puissance (“ habitu “) continents [43]. En se mariant, ils obéissaient à la volonté de Dieu et non à un appétit libidineux [44].

29§. Désormais, cette exigence n’est plus requise, et l’accroissement du peuple de Dieu se fait par le baptême qui adjoint des hommes de toutes les nations [45]

30§. Augustin reprend ici le conseil suivi d’un avertissement de Paul en I Cor VII 8-9 :

“Je dis donc aux célibataires et aux veuves qu ‘il est bon de rester ainsi comme moi. Mais s ‘ils ne peuvent vivre dans la continence (enkrateuontai  [46]), qu‘ils se marient car il vaut mieux se marier que brûler “.

30§. Augustin couple I Cor VII-9 avec Mat 19,12 : “... il y en a qui se sont rendus eunuques à cause du Royaume des cieux. Comprenne qui peut comprendre.” [47]

Aussi le bien du mariage reste toujours un bien ; mais jadis, pour le peuple de Dieu, ce fut par déférence à une loi [48] ; aujourd’hui c’est un remède à notre infirmité, et pour certains un soulagement à leur condition d’hommes ; car le désir d’avoir des enfants, mais dans l’ordre, en toute honnêteté conjugale (...) n’est pas chez l’homme un sentiment digne de blâme ; cependant l’âme chrétienne, préoccupée des choses du ciel, trouve plus de mérite à le dominer (transcendere) et à le vaincre “ [49]

30§. Augustin prend cependant bien soin de rappeler que le mariage est lui aussi un bien

Que ceux qui ne veulent pas du mariage, ne le fuient donc pas comme un bas-fond de péché, mais qu’ils le dépassent comme une colline bonne mais inférieure pour aller se reposer sur la montagne bien plus haute de la chasteté (continentiae monte - [50]). [51]

30§. L’état de continence permet de “vaquer” aux affaires de Dieu plus librement [52], il devient plus loisible de penser à Dieu et de chercher à lui plaire.

Puisque vous avez dédaigné d’épouser des enfants des hommes, de qui vous auriez enfanté des enfants d’hommes, aimez de tout votre cœur le plus beau des enfants des hommes.
Vous en avez le loisir (vacat vobis) : votre cœur est dégagé (liberum) des liens du mariage. Contemplez la beauté de celui qui vous aime. (...)
Songez à la grande valeur de tout cela. Pesez le au poids de la charité, et tout ce que vous eussiez dépensé d’amour envers votre époux, reportez le sur lui. (...)
Qu’il soit fixé dans tout votre coeur, Celui qui pour vous a été fixé sur la croix. Qu’il occupe dans votre âme toute la place que vous n’avez pas voulu laisser prendre par le mariage.
Il ne vous est point permis d’aimer faiblement celui en raison de qui vous n’avez pas aimé ce qui vous est permis. [53]

30§. Et si tous sont continents, alors, répond Augustin à ceux qui craignent la fin du genre humain, nous arriverons plus vite à la Parousie :

Comme si le siècle n’était pas prolongé uniquement pour que le nombre des Saints (praedestinatus numerus ille sanctorum) soit complet : si ce nombre est atteint plus rapidement, la fin de ce siècle (terminus saeculi) ne sera sûrement pas différée. [54]


8. La continence strictissime : la sainte virginité.

31§. Augustin attribue un “mérite” spécial à ceux et celles qui font “vœu de continence perpétuelle” sans avoir connu le mariage, savoir les vierges consacrées :

garder sa chair vierge (virginalis integritas) et s’abstenir par piété de tout rapport charnel (per piam continentiam ab omni concubitu immunitas), c’est faire oeuvre angélique (angelica portio) ; c’est se proposer (meditatio) dans une chair corruptible une incorruptibilité perpétuelle.
Que toute fécondité charnelle, que toute chasteté conjugale (pudicitia conjugalis) cède le pas : l’homme n’est pas libre (liberum arbitrium) d’être fécond à son gré ; la chasteté conjugale n’existe plus au ciel.
Nul doute que ceux-là se distingueront dans l’immortalité commune par une grandeur hors de pair qui présentent dans leur chair quelque chose qui n’est déjà plus de la chair. [55]

31§. La valorisation de la virginité comme continence perpétuelle s’appuie sur un ressort eschatologique : le (la) vierge montre dans sa condition humaine la venue du Royaume où l’on ne se marie plus, et où l’on est comme les anges.

32§. On retrouve cette idée d’un état appelé à disparaître lors de la Parousie opposé à l’état de continence qui relève du Royaume des cieux [56]
De même, cette procréation de mortels qui est la fin du mariage n’existera plus, tandis que la continence (omni autem concubitu immunitas) qui est dès ici-bas une forme anticipée de la vie des anges (angelica meditatio), restera éternellement,

32a§. Ce thème de la méditatio angelica revient plus loin :

mais alors y aura-t-il quelqu’un d’assez insensé (dementia) dans son opposition à la vérité .... pour prétendre ... ravaler au mérite des gens mariés ceux qui consacrent à la continence par piété, qui châtient leur corps jusqu’à mépriser le mariage, qui se mutilent eux-mêmes (castrantes), non pas physiquement, mais à la racine même de la concupiscence, ceux qui se proposent (meditantes) une vie céleste, une vie angélique dans une chair terrestre et mortelle ? [57]

32b§. L’image de l’auto-castration (la traduction use d’un euphémisme) est reprise par Augustin de Mat XIX,l0-12 cité en S.Virg. XXIII,23 : “... et sunt spadones qui se ipsos castraverunt propter regnum coelorum : qui potest capere, capiat “.

32c§. Augustin attribue aux vierges un éclat spécial

Continuez donc, ô saints de Dieu, jeunes gens et jeunes filles, hommes et femmes, vous qui vivez dans le célibat et vous qui ne vous êtes pas mariées (caelibes et innuptae  [58]). ...
Vous apporterez aux noces de l’Agneau un cantique nouveau que vous chanterez sur vos cithares : non pas le cantique que chante la terre entière... ; mais un cantique que nul ne pourra dire si ce n’est vous.
C’est ainsi en effet que vous a vus, dans l’Apocalypse (Ap. XIV,2-425 [59]), certain bien aimé de l’Agneau....
Où pensez vous qu’il aille, cet Agneau, que personne n’oserait suivre si ce n’est vous ?...
A mon avis, là où ne poussent que des joies ; non pas les joies vaines de ce siècle, ni les folies mensongères, ni des joies comme en auront dans le royaume de Dieu les autres qui ne sont pas vierges, mais des joies bien distinctes de celles de tous les autres.
Ce seront les joies des vierges du Christ : joie à propos du Christ, joie dans le Christ, joie avec le Christ, joie à la suite du Christ, joie par le moyen du Christ, joie à cause du Christ. (Gaudium virginum Christi de Christo, in Christo, cum Christo, post Christum, per Christum, propter Christum) [60]

32d§. Cet éclat spécial repose sur une plus grande imitation du Christ qui était lui-même vierge. Augustin l’entend manifestement dans un sens corporel

Chacun le suit pour autant qu’il l’imite.... Bien des choses chez lui sont proposées à l’imitation de tous mais la virginité de la chair n’est pas proposée à tous ; car ceux-là [61] n’ont plus aucun moyen de recouvrer leur virginité qui l’ont une fois perdue [62]

32e§. En ce sens, les vierges (hommes et femmes) prennent le mode de vie de Marie, qui a conçu et enfanté sans perdre sa virginité. Augustin attribue à Marie d’avoir fait vœu de virginité avant même l’Annonce de l’ange [63].
La pointe du texte est la suivante :

Naissant ainsi d’une vierge qui avait résolu de rester vierge, le Christ préféra approuver la sainte virginité que l’imposer. Même chez la femme de qui il a reçu la forme du serviteur, il a voulu que la virginité fût bien libre [64] [65]


9. Ne pas se comparer.

33§. Augustin invite cependant les continents à ne pas s’enorgueillir aux dépens des chrétiens mariés.
En reprenant Rom 12,3, il rappelle qu’il n’y a pas à s’enorgueillir de sa place dans le corps du Christ, chacun remplissant sa fonction à mesure de la foi qu’il a reçue [66].

Il s’appuie aussi sur Gen 1,31 en partant d’une métaphore :

“Dans le ciel, le soleil surpasse la lune par sa lumière, il ne la blâme pas. (...)
C’est pourquoi il est écrit “Dieu a fait toutes choses et toutes étaient très bonnes “...
Car si une créature prise à part est meilleure que telle autre, toutes, prises dans leur ensemble, sont meilleures “. [67]

34§. Pareillement, il rassure les vierges qui peuvent craindre de susciter des jalousies

Elle vous verra, la multitude des fidèles qui ne peut pas suivre l’Agneau jusque-là. Elle vous verra, et ne vous enviera pas. Elle partagera votre joie, car ce qu’elle n’a plus en elle, elle le retrouvera en vous. Le cantique nouveau qui vous est propre, elle ne pourra point le dire, mais elle pourra l’entendre et se réjouir du don si excellent qui sera le vôtre. (...)
Cependant, votre joie, quoique plus grande, ne sera l’occasion d’aucune tristesse pour ceux qui en seront dépourvus ; car cet Agneau que vous suivez partout où il va, n’abandonnera pas ceux qui ne peuvent pas le suivre partout comme vous.
Nous parlons d’un Agneau tout puissant : il marchera à votre tête sans pourtant s’éloigner d’eux puisque Dieu sera en tous (I Cor. XV, 28). Ceux qui auront moins que vous ne vous auront pas en horreur.
Là où il n’y pas d’envie, la diversité même harmonise (Ubi enim nulla est invidia, concors est dfferentia).
Osez donc hardiment ! Ayez confiance, affermissez vous, persévérez, vous qui avez fait au Seigneur votre Dieu, des promesses de chasteté perpétuelle (vota perpetuae continentiae - voeu de perpétuelle continence) et qui les accomplissez, non pas en vue du siècle présent, mais en vue du royaume des cieux. [68]

35§. Si Augustin tient à distinguer le lot des vierges lors de la Parousie, c’est qu’il veut lutter contre Novatien qui se refusait à accorder une quelconque valeur à la vie de célibat consacrée.
Cependant, il tient à ce que ce grand bien soit conservé dans l’humilité, ce qui explique le long développement qu’il consacre à celle-ci, au point qu’il doit s’en défendre [69].

36§. De fait, la virginité qui s’accompagnerait d’orgueil et non d’humilité serait vaine. Afin que les vierges restent humbles, Augustin leur recommande de garder en mémoire leur faiblesse : qui sait si devant la perspective du martyr, la vierge sainte ne faillirait pas, alors que la femme mariée, elle, trouverait peut-être en elle le courage de subir le martyr ?

“... comment la vierge.., sait-elle que peut-être en raison de quelque faiblesse de son esprit qu’elle ignore (incogniram mentis infirmitatem), elle n’est pas encore mûre pour le martyre tandis que cette femme (mulier)... serait déjà prête à boire le calice de l’humiliation (calicem dominicae humilitatis) que le Seigneur opposa comme première condition à ses disciples trop avides de grandeur (amatoribus sublimitatis) (Matth. XX,22).
Comment sait-elle, dis-je, si, tandis qu’elle même n’est peut-être pas encore une Thècle [70], cette femme n’est pas déjà une Crispine [71] ?
Assurément, la tentation, quand elle arrive, peut seule faire la preuve qu’on a reçu ce don du martyre. Or il est si grand, ce don, que certains y voient le cent pour un.” [72]

37§. Augustin conclut en recommandant de ne se préférer à personne mais au contraire de préférer tous les frères à soi-même, en reprenant Ph 2,3 et Rom 12,10. [73]


Conclusion

38§. Nous avons cité longuement Augustin afin de rendre plus familière une pensée qui vient de très loin : Augustin parle “dans la langue étrange d’un christianisme perdu depuis longtemps [74] “.

39§. Mais fallait-il alors passer par cette pensée ? A-t-elle encore quelque chance de consonner avec la pensée moderne ? A-t-elle encore quelque chose à dire ?


© esperer-isshoni.fr, avril 2007
© esperer-isshoni.info, mai 2015

[1Rom 7,22-25

[2Cont. VII 18 p. 149

[3Cont. XII.26 p. 175

[4Conj XI-13

[5(Conj XI-19)

[6(Mt 23,26 repris en Cont. 11.4 p. 115)

[7Sap. Salomon IX,15

[8(Cité L.14 111.1-2 pp. 3 57-3 59)

[9l’âme

[10Cont. VIII 21 p. 157

[11(Gen. III.6 p.99 ; VI.10 p. 101 ; IX.l5 p. 111 ; X.17 p113)

[12]plus loin : “il aurait reçu une condition angélique et des propriétés célestes “- Gen X.17 p113

[13(Gen. 111.6 p.99 - Voir aussi Cité L.14,X.6 p. 399). ‘

[14(Gen. X. 18 p. 115)

[15(Cité XXCI.2 p.459)

[17Cité IV.1 p.363

[18désirs et craintes, plaisir et tristesse

[19Cité VI p369.

[21Jn 8,44

[22Cité 111,2 p.361.

[23et, dit Augustin, les cyniques faisaient semblant de s’unir en public, ce qui prouve bien la honte qui entache maintenant l’activité sexuelle.

[24Avec Peter Brown - Le renoncement à la chair - Virginité, célibat et continence dans le christianisme primitif Trad. par P-E. Dauzat et C. Jacob - (Titre original : The body and society. Men, women and sexual renunciation in early Christianity - Columbia University Press, 1988) - Bibliothèque des HISTOIRES - NRF Gallimard 1995 p499), on peut considérer qu’Augustin désigne un mouvement d’érection chez Adam.

[25Cité XVII p. 429

[26au sens de corps

[27Il y a toujours cette idée que le corps est pure passivité, et donc ce qui dit “je jouis “se situe dans l’âme

[28Gen XII.20 p.l79.

[29Humilité d’Augustin ? Ou s’agit-il plutôt de rappeler que l’homo viator n’échappe pas à sa condition de créature “synthétique” et que donc il ne peut prétendre à connaître ce qu’est une vie purement spirituelle, une vie de pur esprit ?

[30Gen XII.20 p.l79.

[32Gen. XII.21 p. 181.

[33Nous croyons qu’Augustin y voit transposée la mésalliance d’un aristocrate, d’un citoyen, qui se commettrait avec un esclave - pire, qui se soumettrait à lui : nous sommes amenés à cette conviction par l’emploi massif de termes dénotant le mélange, la “ mixité “ - la bâtardise ?

[34Cité XVI p.425

[35Cité XIX p. 435

[36(Cont. 111.9 p.129 - voir aussi Cité 11.2 p. 355).

[37(Cont XII,27 p179

[38(Cont XIII,28 p.l79).

[39Cont. XIII 29 p. 181.

[40Cont. XII 26 p. 177).

[41(cf. Conj. II.3 qui le conseille aux couples âgés)

[42(Conj. XX,24 ; XX,27 ; XXIII,3 1)

[43(Conj. XX,26 - “potuit sed non oportuit” en Conj. XXII,27)

[44(Viud. VII. 1020)

[45(S. Virg. IX,9 p.21 121)

[46Une des rares références bibliques du mot “continence “. Cf. DTS article de Camelot o.p.

[47(Viud. IX 12 p. 342) - Voir aussi S. Virg. 1.1 p. 197 ; IX,9 p.211.

[48Dt 25, 5-10

[49(Viud. VIII li)

[50la traduction manque de précision ici

[51XVIII,18 p. 227

[52(Conj. XXIV,32)

[53S. Virg. LIV-LV. 55-56 pp. 309-311.

[54Viud. XXIII.28 p. 387 [[Raisonnement curieux qui suppose que le nombre d’êtres humains à l’époque d’Augustin permettrait d’atteindre le quota divin.

[55S. Virg. XIII,12 p. 215

[56en Conj VIII.8 p. 43

[57Conj XXIV,24 p. 241

[58la traduction dit “remariées “et non “mariées “—A tort à notre sens : nous corrigeons.

[59Citons la note o de la T.O.B. sur ce passage : “On doit cependant comprendre ici cette virginité dans un sens large et métaphorique : l’intégrité et la fidélité de l ‘Eglise qui se garde de toute contamination avec l’idolâtrie du inonde. Peut-être y a-t-il également une mise en garde plus concrète contre les pratiques de prostitution (ils ne se sont pas souillés avec des femmes) “. Quel est l’enjeu de ce “on doit” ? Est-ce à dire que la pratique ecclésiale actuelle ne peut plus supporter - ou du moins comprendre - l’interprétation littérale d’Augustin ?

[60. S.Virg. XXVII,27.

[61dont Augustin fait partie, est-il besoin de le rappeler

[62S. Virg. XXVII,27 p.249.

[63(cf. S. Virg. IV.4 pp. 201-203)

[64On retrouve chez Augustin la grande valeur accordée à la volonté : c’est dans l’exercice libre et juste de celle- ci que l’homme atteint à la grandeur, à la dignité qui est la sienne avant la chute.

[65S. Virg. IV.4 p. 203

[66(De Vuid. 1.2 ; VI.9 pp. 333-335)

[67De Viud. VI.9 pp. 333-335.

[68S. Virg. XXIX,29 pp. 25 1-252

[69(cf. S. Virg. LI.52 p. 303)

[70vierge martyre

[71épouse martyre

[72S. Virg XLIV-XLV.45-46 p. 291.

[73Cf. S. Virg. XLVII.47 p. 297.

[74Peter Brown op. cit. p. 534


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