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Le Sutra du Lotus - le plan et les chapitres

lundi 8 décembre 2014 par Phap

L’histoire de la transmission du sutra

Nous connaissons le Sûtra du Lotus à partir de manuscrits en langue chinoise et en sanskrit.
Les manuscrits chinois comporte trois traductions intégrales du Sûtra :

  • 1) une traduction de Dharmaraksha, en 28 chapitres, en 286 dans le comput chrétien ;
  • 2) une traduction de Kumarajiva, d’après un texte tibétain, également en 28 chapitres, et qui fait référence dans le monde chinois, en 404-406 ;
  • 3) la dernière traduction, de Ganagupta et Dharmagupta, en 27 chapitres, en 601.

2. La différence du nombre de chapitres, 27 d’un côté et 28 de l’autre, résulte de ce que les chapitres 11 et 12 des manuscrits chinois de Kumarajiva et de Dharmaraksha constituent un seul chapitre 11 dans les manuscrits sanskrits.
Le contenu est le même dans tous les cas : il s’agit de relater l’apparition prodigieuse du stûpa du Tathâgata Prabhûtaratna [1] puis de montrer la puissance du Sûtra du Lotus capable d’amener à l’éveil même un être féminin âgé de 8 ans [2] .

3. Nous signalerons simplement à titre indicatif les différences suivantes :

  1. Le chapitre 5 comporte un développement supplémentaire en prose dans la version sanskrite, qui manque dans la version chinoise
  2. Au chapitre 25 (24 sanscrit), la version sanskrite consacre 4 stances au Bouddha Amithaba, qui ne figurent pas dans la version chinoise ;
  3. Au chapitre 28 (26 sc.), la version chinoise amplifie le thème afin d’en faire un chapitre de clôture

4. Le dernier point renvoie à la différence majeure entre les versions chinoises et sanskrites :

  • l’ordre des chapitres, à la différence de numérotation près, est le même entre les versions chinoise et sanskrite du chapitre 1 au chapitre 21 (20 en sc.) ;
  • par contre, à partir du chapitre suivant, 22 (27), l’ordre des chapitres diffère :
Ordre chinois Ordre sanscrit
chap. 22 La passation 27 Le dépôt
chap. 23 La conduite originelle de l’être d’Éveil Roi des Remèdes 22 ancienne méditation de Bhâichadjyarâdja
chap. 24 L’Étre d ‘Éveil Son-Merveilleux 23 Le Bôdhisattva Gadgadasvara
chap. 25 La porte universelle de l’Étre d’Éveil Considérant les Voix du Monde 24 Le récit parfaitement heureux
chap. 26 formules détentrices 21 Les formules magiques
chap. 27 conduite originelle du roi Ornement-Sublime 25 ancienne méditation du roi Cubhavyûha
chap. 28 L’exhortation de l’Être d’Éveil Sage Universel 26 satisfaction de Samantabhadra
Ordre sanscritOrdre chinois
chap. 21 Les formules magiques 26 formules détentrices
chap. 22 ancienne méditation de Bhâichadjyarâdja 23 La conduite originelle de l’être d’Éveil Roi des Remèdes
chap. 23 Le Bôdhisattva Gadgadasvara 24 L’Étre d ‘Éveil Son-Merveilleux
chap. 24 Le récit parfaitement heureux 25 La porte universelle de l’Étre d’Éveil considérant les Voix du Monde
chap. 25 ancienne méditation du roi Cubhavyûha 27 conduite originelle du roi Ornement-Sublime
chap. 26 satisfaction de Samantabhadra 28 L’exhortation de l’Être d’Éveil Sage Universel
chap. 27 Le dépôt 22 La passation

Le plan et les chapitres

Nous avons dressé le plan du sutra du Lotus en partant des ouvrages suivants :

  • Le Lotus de la Bonne Loi, traduit du sanscrit par M. E. Burnouf, Tome 1, Traduction et notes, Maisonneuve Frères, Paris, Nouvelle édition, 1925 [1° édition de 1852]
  • Saddharma-Pundarîka of The Lotus of the True Law, Translated by H. Kern, Dover Publication, New Yord, 1963 [3]
  • Le Sûtra du Lotus, traduit du chinois par J.N. Robert, Fayard ; 2002

Liste des titres de chapitre

1 序品 jo [4] Râdjagriha, sur la montagne de Gridhrakuta
2 方便品 hôben L’habilité dans l’emploi des moyens
3 譬喩品 hiyu La parabole
4 信解品 shinge Les inclinations
5 薬草喩品 yakusôyu La parabole des simples
6 授記品 juku L’annonciation
7 化城喩品 kejôyu La ville fantasmagorique
8 五百弟子受記品 gohyaku deshi juki Prédiction relative aux 500 religieux
9 授学無学人記品 jugaku mugaku ninki Prédiction relative à Ânanda, à Râhula, et aux 2 000 religieux
10 法師品 hosshi L’interprète de la Loi
11 見宝塔品 kenhôtô Apparition d’un Stûpa
12 提婆達多品 daibadatta Don des Dieux - Dêvadatta
13 勧持品 kanj Exhortation à la sauvegarde
14 安楽行品 anra ku gyô La pratique commode
15 従地湧出品 jûjiyu jutsu Surgis de terre
16 如来寿量品 nyorai jûryô La longévité de l’Ainsi-venu
17 分別功徳品 funbetsu kudoku Le détail des mérites
18 随喜功徳品 zuiki kudoku Les mérites de la joie conséquente
19 法師功徳品 hosshi kudoku Les mérites du Maître de la loi
20 常不軽菩薩品 jô fukyô bosatsu L’être d’Éveil Toujours sans Mépris
21 如来神力品 nyorai jinriki Les pouvoirs miraculeux de l’Ainsi Venu Tâthagata
22 嘱累品 zoku rui La passation
23 薬王菩薩本事品 yakuô bosatsu honji La conduite originelle de l’être d’Éveil Roi des remèdes
24 妙音菩薩品 myôon bosatsu L’être d’Éveil Son Merveilleux - Gadgadasvara
25 観世音菩薩普門品 kanzeon bosatsu mon La porte universelle de l’être d’Èveil
26 陀羅尼品 darani Les formules détentrices
27 妙荘厳王本事品 myôshô gonnô bonji La conduite originelle
28 普賢菩薩勧発品 fugen bosatsu kanbotsu L’exhortation de l’être d’Éveil Sage-Universel Samantabhadra


1. Râdjagriha, sur la montagne de Gridhrakuta .

Acteurs  : Le narrateur : « Voici ce que j’ai entendu. »
Bhagavat : une assemblée immense dont se détachent les Bôdhisattvas Mahâsattva Mandjucri devenu Kumara et Maitreyâ.
Synopsis
Le texte commence par l’invocation traditionnelle par lequel un livre bouddhique doit commencer : « ÔM ! Adoration à tous les Bouddhas et Bôdhisattvas ! », puis enchaîne sur la formule type d’introduction des Sûtras : « Voici ce que j’ai entendu. Un jour Bhagavat se trouvait à... »
Bhagavat a fini d’exposer « le Sûtra nommé la Grande démonstration ... destiné à l’instruction des Bôdhisattvas,... possédé par tous les Bouddhas » - et entre dans la contemplation correspondante.
Un rayon lumineux sort du Bhagavat et rend visible vers l’est 8 000 terres de Bouddha, les 6 destinées, les Bouddhas bienheureux, les Moines et Laïcs hommes et femmes, les Yogins et leurs élèves, les Boddhisattvas Mahâsattvas, les Bouddhas qui entrent en possession du Nirvana complet.

Maîtreya interroge alors Mandjucri sur le sens de ce phénomène. Ce dernier répond qu’il s’agit d’un signe précurseur d’une grande exposition de la Loi.
Mandjucri a déjà vu ce phénomène il y a de cela une infinité de temps : le Bienheureux d’alors, nommé Tchandrasûryapradîpa, avait lui aussi exposé la Grande démonstration ; ensuite, après avoir émis le même rayon lumineux, il avait exposé la Loi nommée le Lotus de la bonne Loi , le livre du Grand Véhicule intitulé La fleur du Lotus de la Loi Sublime.
Mandjucri était alors le Bodhisattva Mahasattva Varaprabha, Lumière -Sublime, chargé de garder cette Loi, et Maitreya était Yaçaskama, Cherche Gloire.


2. L’habilité dans l’emploi des moyens, (upâyakausalya) les expédients salvifiques.

.
Acteurs  : Bhagavat, Cariputra, Grands Çravakas, 5 000 Religieux et fidèles remplis d’orgueil.
Synopsis
Bhagavat émerge de son recueillement et s’adresse à Cariputra. Il lui annonce que la sagesse des Bouddhas est difficilement accessible pour les Crâvakas et les Pratyêkabuddas.
Câriputtra en demande la raison par trois fois, en soulignant les doutes que le propos du Bhagavat fait naître dans les 4 assemblées. Bhagavat annonce alors qu’il va s’expliquer. A ce moment-là, 5 000 Religieux et laïques orgueilleux quittent l’assemblée.
Bhagavat annonce qu’il a distingué et prêché trois véhicules alors qu’il n’y en a qu’un seul, qu’il va maintenant exposer. Il dit du Sûtra du Lotus que « cette Loi sublime est l’essentiel secret des Éveillés. »


3. La parabole

Acteurs  : Câriputtra, Bhagavat, les quatre assemblées et les non humains
Synopsis
1) Çariputtra exulte de joie, à tort.
2) Bhagavat confirme le dire de Mandjucri en annonçant pour la première fois qu’il va exposer le Sûtra nommé le Lotus de la Bonne Loi , the Dharmaparyâya called ‘the Lotus of the True Law, ce livre du Grand Véhicule dont le titre est "La Fleur du Lotus de la Loi sublime ».
Il révèle à Câriputtra le « vœu originel » que ce dernier a prononcé et qu’il a oublié, à savoir entendre cette Loi. Bhagavat annonce aussi à Sariputra que, dans un temps infiniment lointain, après avoir accompli sa carrière de Bodhisattva, il deviendra le Tathâgata Padmaprabha. Sa terre de Bouddha s’appellera Viradja.
3) Çariputtra s’inquiète des doutes dans les quatre assemblées : la nouvelle Loi remet en question l’enseignement du Nirvana, c’est-à-dire de l’affranchissement des 4 maux (naissance, vieillesse, mort et douleur).
Bhagavat répond par la parabole de la maison en flammes, et l’expédient de la promesse des trois chars pour attirer les enfants hors de la maison. Le chef de maison offre en fait un seul type de char à ses enfants, une fois qu’ils sont hors de danger.


4. Les inclinations - Croire et comprendre –

Acteurs
Subhûti, Mahâkâtyâyana, Mahâkâçyapa et Mahâmâudgayâyana

Synopsis
Subhûti, Mahâkâtyâyana, Mahâkâçyapa et Mahâmâudgayâyana exposent la parabole du père qui fait prendre graduellement conscience à son fils avili, aux inclinations misérables, de la grandeur de sa filiation. Ainsi le Bhagavat fait miroiter « le salaire d’une journée qu’est l’accès à l’extinction » (Nirvâna), alors que « nous étions en vérité enfants de l’Éveillé » « Nous venons tout d’un coup d’obtenir sans l’avoir espéré, le joyau de l’omniscience,.. en tant que fils du Tathâgata »
Bhagavat avertit cependant sévèrement que tous ceux qui se moquent de la Loi du Lotus seront sévèrement punis.


5. La parabole des simples – Les plantes médicinales

Acteurs  : Bhagavat, Mahâkâçyapa et les Grands Disciples (Sthaviras) .
Synopsis
Bhagavat compare son action à celle d’une nuée qui couvrirait universellement la terre : cette nuée féconde les multiples espèces de plantes par son eau qui est unique. De même la Loi est unique par sa saveur et son aspect, - elle vise à une seule chose, mais Bhagavat l’adapte à chaque espèce, grâce à son omniscience des êtres.


6. L’annonciation – Les prédictions

Acteurs  : Bhagavat, Mahâmâudgayâyana, Subhûti et Mahâkâtyâyana.
Synopsis
1) Bhagavat annonce que le Sthavira Kâçyapa, « l’un de mes Crâvakas », apparaîtra lors de sa dernière existence comme le Tathâgata Raçmiprabhasa.
2) Mahâmâudgayâyana, Subhûti et Mahâkâtyâyana , « et les autres » demandent l’annonciation pour eux, afin de quitter le "Petit Véhicule", le char misérable : ils sont comme des affamés qui attendent l’autorisation de manger.
3) Bhagavat prononce alors leur Annonciation

  • Subhûti apparaîtra lors de sa dernière existence comme le Tathâgata Caçikêtu.
  • Mahâkâtyâyana apparaîtra lors de sa dernière existence comme le Tathâgata Djambûnadaprabha
  • Mahâmâudgayâyana apparaîtra lors de sa dernière existence comme le Tathâgata Manôbhirâma.


7. La ville fantasmagorique – L’ancienne application

Acteurs  : Bhagavat
Synopsis
1) Bhagavat parle d’un Tathâgata apparu il y un temps infini, nommé Mahâhidjnâdjnânâbhibhu. Avant de quitter sa famille, il avait eu 16 fils, dont l’aîné s’appelait Djnânâkara. Son obtention de l’Éveil complet parfait et sans supérieur provoque l’illumination de l’univers. Après que les dieux brahmiques et les 16 princes l’en aient longuement supplié, il met en branle par trois fois la roue aux 12 aspects.
Les 16 princes deviennent alors des Crâmanêras sages. Suite à leur requête de voir la science du Tathagata, le Tathâgata Mahâbhidjnâdjnânâbhibhu expose le Sûtra nommé le Lotus de la Bonne loi etc.. .
Alors que beaucoup doutent, les 16 reçoivent avec foi le livre, les discours prononcés par le Bienheureux et prêchent la Loi du Lotus avec ardeur.
2) Bhagavat révèle que maintenant, les 16 « interprètes de la Loi » sont parvenus à l’état suprême de Bouddha parfaitement accompli. Il révèle que les 16 existent encore dans ce monde où ils continuent de prêcher, et qu’il est un de ces 16, Amithaba étant l’un des deux Tathagatas à l’ouest :
3) Pour expliquer les deux niveaux d’enseignement (Nirvana puis Science des Tathâgatas), Bhagavat se sert de la parabole de la ville fantasmagorique.
Le « guide habile dans l’emploi des divers moyens » fait apparaître par sa magie une ville où les voyageurs fatigués se reposent et reprennent confiance. « Nous voici calmes » disent-ils alors. Quand ils sont bien reposés, le guide dissipe sa fantasmagorie et leur fait reprendre la route.
Ainsi en est-il des trois véhicules, qui en fait n’en sont qu’un seul :les deux degrés de Nirvana (celui des Çravakas et celui des Pratyêkabuddhas) sont cette ville imaginaire, dit Bhagavat.


8. Prédiction relative aux 500 religieux – 500 disciples reçoivent l’annonciation

Acteurs  : Pûrna, fils de Maitrâyani ; Bhagavat ; les 1 200 Auditeurs / Méritants, dont les 500 Arhats qui reçoivent l’annonciation.
Synopsis
1) A Pûrna qui loue le Bhagavat, qui « seul... peut connaître le vœu foncier au profond de notre cœur », « les effets de notre ancienne application », Bhagavat confère l’annonciation : il lui révèle qu’il a été le premier des instructeurs de la Loi auprès des « 7 Tathâgatas dont Vipaçyi est le premier, et dont je suis le septième » ; il lui annonce qu’il atteindra l’état suprême de Bouddha parfaitement accompli et qu’il sera le Tathâgata nommé Dharmaprabhâsa, dans cette terre de Bouddha-ci.
Dans la partie en vers, Bhagavat décrit comment les Bodhisattvas usent de moyens habiles et vont jusqu’à paraître comme des Çravakas, ou, plus bas encore, comme des êtres « pourvus des trois poisons » et même ils s’approchent des « créatures attachées aux fausses doctrines » et ils apparaissent sous « un aspect hérétique »
2) Après que 1 200 Auditeurs aient désiré recevoir l’annonciation, Bhagavat déclare à Mahâkâçyapa qu’il va leur conférer successivement l’annonciation. Il commence par Kâundinya, qui deviendra un Tathâgata nommé Samantaprabhâsa. Bhagavat continue en disant que 500 autres Tathâgatas porteront ce nom.
3) Les 500 Arhats concernés confessent qu’ils sont des ignares, eux qui se pensaient arriver au Nirvana complet, alors qu’ils n’étaient pas arrivés à la science du Tathâgata : « nous nous contentions d’une sagesse mineure ».
Ils illustrent leur propos par la parabole de la perle précieuse que l’ami d’un homme ivre couvre dans le manteau de ce dernier, à son insu. Cette perle représente la pensée de l’omniscience du Tathagata, implantée par le Tathagata quand il était Bodhisattva dans les 500 ; les 500 se contentaient de la science limitée du terrain des Arhats, et ils s’imaginaient arrivés au Nirvâna. cela aussi résultait de l’habilité dans les moyens du Bhagavat.


9. Prédiction relative à Ânanda, à Râhula, et aux 2 000 religieux - L’annonciation conférée aux apprentis et à ceux qui n’ont plus à apprendre

Acteurs  : Ânanda, Râhula, 2 000 Religieux, Maîtres ou non ; Bhagavat ; 8 000 Bôdhisattvas.
Synopsis
1) Â Ânanda, Râhula et 2 000 Religieux qui demandent l’annonciation, Bhagavat annonce que Ânanda deviendra le Tathâgata nommé Sâgaravaradharabuddhivikriditâbhidjna.
2) 8 000 Bôdhisattvas s’interrogent sur l’exceptionnelle qualité de l’annonciation conférée à Ananda.
Bhagavat révèle alors qu’Ânanda et lui ont déployé ensemble la pensée de l’Éveil complet et parfait sans supérieur, devant le même Tathâgata Dharmagahanâbhyudgatarâdja ; Änanda cherchait alors l’érudition, tandis que Bhagavat cherchait l’énergie, le zèle.
En entendant cela, Ânanda se rappelle alors son vœu originel.
3) Bhagavat confère l’annonciation à Rahula, qui deviendra le Tâthagata Saptaratnapadmavikrânim. Il révèle que Rahula a fait vœu de se manifester comme fils d’une infinité de Bouddhas.
4) Bhagavat confère l’annonciation aux 2 000 Çravakas, certains maîtres et d’autres noms. Tous paraîtront comme Tâthagatas sous le même nom de Ratnakêturâdja.


10. L’interprète de la Loi – Le Maître de Loi

Acteurs  : Bhagavat.
Synopsis
1) Bhagavat révèle au Bôdhisattva Mahâsattva Bhâichadjyarâdja que les êtres, humains ou non, réunis dans cette assemblée sur les véhicules des Çravakas, des Pratyêkabuddhas ou des Bodhisattvas, recevront l’annonciation : il suffit qu’ils entendent ne fût ce qu’une seule stance du livre du Lotus de la Loi sublime, - et qu’ils en éprouvent de la satisfaction.
Et cette loi vaut non seulement pour ces êtres, mais tout être venant « après que le Tâthagata sera entré dans le Nirvâna complet ». Cette loi à tout être qui honorera le livre canonique, aussi bien en le lisant, en le recopiant, qu’en s’inclinant devant lui et en lui faisant des offrandes.
2) Bhagavat enseigne ensuite que « Ces fils ou fils de famille, ... Il faut les regarder comme étant nés de nouveau parmi les hommes dans le Djambudvîpa, par compassion pour les créatures » . « Sache-le, Roi des Remèdes, ces gens renoncent d’eux-mêmes à la rétribution de leurs actes purs ; après mon passage en Disparition, ils renaîtront en un âge mauvais par pitié pour les êtres et exposeront largement ce livre. ».
Chacun d’entre eux doit être regardé comme un « messager du Tathagata,.. comme son serviteur, comme son envoyé », « un messager de l’Ainsi venu »
3) Bhagavad donne ensuite la méthode pour exposer le livre du Lotus « après la Disparition de l’Ainsi venu », « quand le Tathâgata est entré dans le Nirvana complet » :
Bhagavat promet au prêcheur du Lotus de lui envoyer un auditoire par fantasmagorie, de lui apparaître « corporellement », « même si je suis dans un royaume étranger » et de lui rappeler ce qu’il a oublié dans son exposition.
4) La partie en vers décrit la pratique qui permet d’obtenir promptement au plus vite l’omniscience : elle consiste à honorer le livre ou celui qui comprend le livre.
Le sûtra du Lotus est appelé ici « roi des Sûtras », « roi des livres canoniques » .


11. Apparition d’un Stûpa - La vision de la Pagode de matières précieuses.

Acteurs  : Tâthagata Prabhûtaratna ; Bôdhisattva Mahâsattva Mahâpratibhâna ; Bhagavat
Synopsis
1) D’une pagode en pierres précieuses d’une dimension infinie, surgie tout d’un coup du sol, résonne une voix qui loue Çakyamuni d’avoir bien exposé la Loi du Lotus de la bonne loi.
2) Au Bôdhisattva Mahâsattva Mahâpratibhâna qui s’interroge sur la cause de cette soudaine apparition, Bhagavat explique que l’apparition résulte du « grand serment » du Tâthagata Prabhûtaratna : ce dernier a fait faire une pagode en pierres précieuses pour après son entrée dans le Nirvana complet, et il a promis que cette pagode qui devra apparaître à chaque fois que sera proclamée la Loi du Lotus afin que retentisse la parole d’approbation du Tâthagata Prabhûtaratna .
3) Mahâpratibhâna demande alors à voir « la propre forme du Tathâgata ».
Bhagavat révèle alors le deuxième aspect du vœu originel du Tâthagata Prabhûtaratna : son corps n’apparaîtra que si les Éveillés émanés de l’Éveillé du Lieu , qui prêchent le Lotus, y sont rassemblés.
4) Bhagavat émet à nouveau un rayon, révélant ainsi dans les dix points de l’espace une infinité de Bouddhas en train d’enseigner. Ceux-ci s’en vont dans l’univers Saha. L’univers Saha est alors entièrement transfiguré, et tous les êtres sont déplacés ailleurs, hormis l’assemblée. Comme la place manque, le bienheureux Tathâgata crée des terres de Bouddha en nombre infini.
5) Le quorum étant atteint, Bhagavat monte dans les cieux et ouvre la porte de la pagode, révélant ainsi le corps intact du Tâthagata Prabhûtaratna, tandis qu’à nouveau sa voix retentit. Le Bhagavat Tâthagata Prabhûtaratna fait alors asseoir Bhagavat Tâthagata Çakyamuni sur la moitié de son trône dans la pagode.


12 (11). Don des Dieux [Dêvadatta]

Rappel : la version sanskrite continue ici le chapitre XI là où le chinois créé deux chapitres.
Acteurs  : Bhagavat, Pradjnâkûta, Mandjuçri, Çariputtra,la fille de Sâgara
Synopsis
1) Bhagavat révèle que, loin dans le passé, il a été un roi cherchant sans répit le Sûtra du Lotus. Il l’a trouvé auprès d’un ermite qui n’était autre que Dêvadatta.
Bhagavat confère alors l’annonciation à Dêvadatta, qui sera le Tathâgata Dêvaradja.
2) Bhagavat vante ensuite la vertu particulière du chapitre : l’auditeur qui, l’ayant entendu, n’éprouve aucun doute mais au contraire lui accorde foi dans un esprit pur, renaîtra dans une des terres de Bouddha et y entendra constamment « ce livre canonique ».
3) Au bodhisattva Pradjnâkûta, de la terre de Bouddha du Tâthagata Prabhûtaratna, qui demande au Tâthagata Prabhûtaratna d’y retourner avec lui, Bhagavat conseille de discuter avec « mon Bodhisattva Mahâsattva Mandjuçri ». Ce dernier surgit alors du milieu des océans, du palais de Sâgara, roi des Nâgas ; il déclare à Pradjnâkûta qu’il y a converti un nombre infini de Bodhisattvas, grâce au « Sûtra du Lotus de la bonne Loi, et non aucun autre Sûtra » .
4) A Pradjnâkûta qui n’est pas loin de dire de ce Sûtra qu’il est hermétique à toute créature, Mandjuçri rétorque que la fille de Sâgara, roi des Nâgas, âgée de 8 ans, « est capable d’arriver à l’état de Bouddha parfaitement accompli », ce dont doute à nouveau Pradjnâkûta.
5) La jeune fille apparaît et elle est prise à partie par Çariputtra, qui l’accuse d’avoir la pensée, mais non la réalité, de la Voie insurpassable, de l’état de Bouddha ; il en donne deux raisons :

  • d’abord il faut accumuler des mérites pendant un temps infini ,
  • ensuite parce qu’une femme « ne peut obtenir les 5 places .... celle de Brahmâ...de Cakra... de Mahâradja... de Tchakravartin... d’un Bodhisattva incapable de retourner en arrière »

[La version chinoise pose alors la question : « Comment un corps de femme pourrait-il réaliser rapidement l’état d’Éveillé ? » ]
6) La jeune fille répond en faisant l’offrande d’un joyau de grand prix au Bhagavat qui l’accepte, « par compassion pour elle ». Puis, tout aussi rapidement que cet échange a eu lieu (et même plus rapidement encore, au dire de la jeune fille), elle se transforme en homme « soudainement » et devient Bodhisattva, se dirige vers l’univers Vimala au sud puis il se montre « parvenu à l’état de Bouddha parfaitement accompli, portant les 32 signes caractéristiques d’un grand homme... et faisant l’enseignement de la loi. » b.162
7) La joute verbale se termine : « L’être d’Éveil Amas de Sagesse, Çâriputra et toute l’assemblée, silencieusement, crurent et acceptèrent », la version sanskrite étant même plus sévère pour les perdants : « Alors le Bôdhisattva Pradjnâkûta et le Sthavira Çariputtra gardèrent le silence »
Voir un article à venir : "Sutra du Lotus - Le corps féminin peut-il être un vase de la Loi ? (français - English - 中文)"


13 (12). Exhortation à la sauvegarde - L’effort

Acteurs  : Bhâichadjyarâdja, Mahâpratibhâna (deux Bôdhisattvas Mahâsattvas) ; 500 Méritants (qui ont reçu l’annonciation) ; 8 000 apprentis et au delà de l’étude ; Mahâpradjâpatî (tante de Bhagavat) et 6 000 moniales ; Bhagavat  ; Yaçôdharâ (mère de Rahula) et 4 000 moniales ; 800 000 myriades de milliards de Bodhisattvas.
Synopsis
1) Successivement, Bhâichadjyarâdja et Mahâpratibhâna, puis les 500 Méritants, puis 8 000 Crâvakas apprentis et au delà de l’étude, prennent la parole : ils assurent au Bhagavat qu’ils exposeront le livre canonique après l’entrée du Tathâgata dans le Nirvâna complet. Ils sont bien conscients que ce temps sera un temps difficile, où les êtres seront méchants et peu réceptifs à l’enseignement.
Les femmes Mahâpradjâpatî, Yaçôdharâ et leur suite respective disent de même, après avoir reçu l’annonciation.
Enfin, les Bôdhisattvas en nombre infini s’engagent à faire recopier, à faire lire, méditer et expliquer cette exposition de la loi, ce texte canonique. Ils émettent cependant une condition :
« Notre seul souhait est que le Vénéré du monde, qui sera ailleurs, nous surveille et nous protège de loin »
2) La partie versifiée développe le thème de l’ « âge mauvais et effrayant », « cette redoutable époque de la fin des temps » , qui fera suite au passage de l’Éveillé en Disparition : les prédicateurs du Lotus y seront persécutés et devront faire montre de patience : les « mauvais moines de l’âge souillé », « ces religieux Tîrthakas » les calomnieront auprès des laïcs ignorants et les accuseront de leurs propres pratiques : recherche de profit, tenue de discours hétérodoxes, confection du Livre du Lotus par fraude. Il en résultera même des expulsions des Vihâras, des pagodes et des monastères.
3) La partie versifiée conclut en reprenant l’engagement au début du chapitre :
« nous sommes les envoyés de l’Éveillé du monde , nous n’aurons pas peur au milieu des foules ; nous prêcherons la Loi avec maîtrise. Nous le souhaitons : que l’Éveillé demeure soulagé !


14 (13). La pratique commode - La position commode

Acteurs  : Mandjuçri ; Bhagavat
Synopsis
1) A Mandjuçrî qui se demande comment les Bôdhisattvas devront procéder à la fin des temps, vu les difficultés de cette dernière période, Bhagavat expose les 4 lois, les 4 méthodes 法 :
il s’agit :

  • 1) de rester dans la terre de la patience,
  • 2) de prendre garde à ses fréquentations (hétérodoxes, bouchers, artistes, femmes, « hermaphrodites », « ceux qui ont les 5 déficiences de virilité » et
  • 3) de voir les choses comme elles sont, de les voir comme vides de toute nature propre.
  • 4) Après avoir dit en vers ces 3 lois, Bhagavat donne la 4° loi du prêcheur (pandita ) du Lotus, qui est celle de la situation commode , de la pensée d’accommodement : il s’agit de montrer de la patience envers les adeptes des 3 véhicules (des Crâvakas, des Prayêkabuddhas et des Bôdhisattvas), sans les agresser, sans leur dire qu’ils sont « loin de la Voie » qu’ils ne pourront « jamais obtenir la sagesse portant sur toutes les espèces », « éloignés ... de l’état suprême de Bouddha parfaitement accompli... pas capables d’acquérir la connaissance complète de la science du Tathâgata »

A nouveau, Bhagavat fait l’éloge du Sûtra du Lotus, qui est donné en dernier mais qui est le plus grand et qui rencontrera une opposition universelle. Il compare ce Sûtra à la perle unique qui est dans le chignon d’un roi Balachakravartin, saint souverain de l’orbe.


15 (14). Surgis de terre - Apparition des Bôdhisattvas

Acteurs  : les Bôdhisattvas Mahâsattvas des autres univers ; Bhagavat  ; les Bodhisattvas de l’univers Saha dont quatre chefs ; le Bôdhisatva Maitreya ; les Tathagatas émanés et leurs cortèges d’assistants.
Synopsis
1) Aux Bôdhisattvas Mahâsattvas des autres univers qui se proposent de proclamer et de protéger dans l’univers Saha cette exposition de la loi, ce Dharmaparyâya , ce texte canonique, Bhagavat répond qu’il n’a pas besoin d’eux car il a à sa disposition des Bodhisattvas en nombre infini, dont chacun a lui-même en cortège une infinité de Bodhisattvas : ce sont eux qui prêcheront après son entrée dans le Nirvâna complet.
2) Ceux-ci surgissent alors des fentes de la terre et rendent hommage aux bienheureux Tâthagatas Prabhûtaratna et Çakyamuni, puis aux formes de Tâthagata émanées du Bhagavat Tâthagata Çakyamuni.
Pendant leur adoration, qui dure 50 moyens Kalpas, le Bhagavat Çakyamuni garde le silence.
3) Maiteyra apprend que Bhagavat a enseigné et converti, mûri cette infinité de Bodhisattvas, ce qui le remplit de doute : comment Bhagavat a-t-il pu accomplir cela en « un peu plus de 40 ans » ? Un homme de 25 ans peut-il désigner un centenaire comme son fils ? et le centenaire peut-il appeler cet homme son père ?


16 (15). La longévité de l’Ainsi-venu - Durée de vie du Tathâgata

Acteurs  : Bhagavat  ; Maitreya.
Synopsis
1) Bhagavat répond au doute de Maitreya exprimé dans le chapitre précédent :

  • Bhagavat a atteint l’Éveil complet il y a une infinité de temps :
  • il a déjà prêché non seulement dans l’univers Saha, mais dans une infinité d’autres univers.

2) Quant à l’histoire des 40 ans de son existence actuelle, elle est en fait un moyen habile. Pour s’en expliquer, il utilise la parabole du médecin qui feint de disparaître afin que ceux de ses enfants empoisonnés qui ont perdu la raison prennent le médicament.
Voir La parabole du médecin (chap. 16 du Sutra du Lotus)


17 (16). Le détail des mérites - Proportion des mérites

Acteurs  : Bhagavat s’adressant à Maitreya
Synopsis
1) L’exposition de la longévité du Bhagavat fait avancer des myriades de Bodhisattvas, les uns entrant en possession de formules magiques, d’autres devant obtenir l’état suprême de Bouddha accompli en 8, 4, 3, 2 ou 1 naissance(s). Une pluie de fleurs tombe alors du ciel.
2) Bhagavat dit ensuite que les mérites acquis par celui qui entend l’exposition de cette longévité et qui y croit ne serait-ce que le temps d’une seule opération de pensée valent des myriades d’années et d’efforts passés à s’exercer à la pratique des 6 perfections.
3) Le croyant recevra alors un garant de la qualité de son effort : il verra Bhagavat et son assemblée sur le mont Grïdhrakûta ; il verra aussi ce monde présent « transfiguré » en une terre de Bouddha.


18 (17). Les mérites de la joie conséquente - Indication du mérite de la satisfaction

Acteurs  : Maitreya ; Bhagavat
Synopsis
A Maitreya qui l’interroge sur les mérites de celui qui se réjouit d’avoir entendu le Livre du Lotus de la loi, Bhagavat répond que ces mérites l’emportent infiniment sur celui qui aurait pratiqué le don des biens matériels et spirituels, avec le don de la Loi. Telle est la force du Sûtra qu’il reste actif même pour celui qui se trouverait en 50 ° position dans la ligne de la transmission du Lotus.


19 (18). Les mérites du Maître de la loi - Exposition de la perfection des sens

Acteurs  : Bhagavat
Synopsis
Bhagavat décline ensuite les bénéfices acquis par celui qui possède cette exposition de la loi : il aura les 800 mérites de la vue, de l’odorat, du corps, les 1 200 mérites de l’ouïe, du goût, de l’intellect.
En particulier, son corps deviendra comme un miroir qui reflètera l’ensemble de l’univers, et cela « Alors même qu’il n’aura pas obtenu, dépourvu d’infections, le corps sublime de nature de la Loi », « cependant il n’est pas en possession de l’état de Dêva » .


20 (19). L’être d’Éveil Toujours sans Mépris - Le Religieux Sadâparibhûta

Acteurs  : Bhagavat  ; Bôdhisattva Mahâsattva Mahâsthâmaprâpta ;
Synopsis
1) Bhagavat dit au Bôdhisattva Mahâsattva Mahâsthâmaprâpta l’importance du bonheur (ou du malheur) qui résulte de l’attitude vis-à-vis du Sûtra du Lotus.
2) Puis il parle du Tâthagata Bhîchmagardjita-ghôchasvrarâdja dans l’univers Mahâsambhava. Pendant le temps où l’image de sa bonne loi commençe à disparaître, apparaît un Religieux appelé le Bôdhisattva Mahâsattva Sadâparibhûta, parce qu’il dit à chaque religieux ou laïc, homme ou femme (les 4 congrégations) : « Je ne vous méprise pas... car.. vous serez tous des Tathâgatas vénérables ». Comme il ne pratique aucun livre canonique, et qu’il pratique uniquement cette louange, il est traité de « moine sans intelligence », persécuté et méprisé pour cette attitude. Or, sur son lit de mort, il entend miraculeusement la voix du Tâthagata Bhîchmagardjita-ghôchasvrarâdja qui prêche le Lotus, la voix semblant venir du ciel. Il saisit alors ce Dharmaparyâya (exposition de la loi), il obtient alors la purification de ses 6 sens (cf. chapitre précédent) et il se met à prêcher le Lotus à ceux qui auparavant se moquaient de lui. « Après avoir constamment expliqué ce Sûtra, ce fils de Djina (Vainqueur) parvint à l’état de Bodhi  ».
3) Bhagavat révèle que Sadâparibhûta, c’était lui. Tous ses mérites, il les doit au Sûtra du Lotus, puisqu’il ne lisait ni ne récitait aucun livre canonique avant qu’il entende la voix miraculeuse.
Quant aux quatre congrégations qui le méprisaient, elles sont maintenant dans cette assemblée : les 500 Bôdhisattvas et leur chef Bhadrapâla, les 5000 religieuses et leur chef Simhatchandra, les 500 femmes laïcs (upâsikâ) menées par Sugatatchêtanâ.


21 (20). Les pouvoirs miraculeux de l’Ainsi Venu - Effet de la puissance surnaturelle du Tâthagata

Acteurs  : les Bôdhisattvas Mahâsattvas surgis des fentes de la terre ; Bhagavat  ; les Tathâgatas émanés et le Tâthagata Prabhûtaratna (cf. chap. XI) ;
Synopsis
1) Les Bôdhisattvas Mahâsattvas surgis des fentes de la terre s’engagent à expliquer ce Dharmaparyâya « autant de fois que Bhagavat entrera dans le Nirvâna complet », car eux aussi ont grand désir de saisir « cette grande Loi, authentique et pure » [5].
2) Tous les Tathâgatas présents, à commencer par le bienheureux Tathâgata Câkyamuni, effectuent le prodige suivant : tandis que leur langue sort de leur bouche et atteint le monde de Brahma, des rayons de lumière en nombre infini sortent des pores de leur langue. Puis, au bout de 100 000 années complètes, après cela ils replièrent leur langue caractéristique, s’éclaircirent la gorge en même temps et claquèrent ensemble des doigts.
3) Ces deux sons se font entendre dans tous les univers, tandis que leurs habitants voient la multitude des Tathâgatas de l’univers Saha, avec les deux Tathâgatas dans la pagode du Tâthagata Prabhûtaratna. Une voix commente le prodige, en expliquant que, « dans un monde nommé Saha, là le Tathâgata Câkyamnui ... explique aux Bôdhisattvas Mahâsattvas le Sûtra nommé le Lotus de la bonne loi.. » [6].
4) Bhagavat annonce au Bodhisattva Viçitatchârin (ou Viçitatchâritra) que tout endroit où est lu et pratiqué le Lotus est un endroit à honorer d’une pagode, et il faut y faire offrande, car « Sachez qu’un tel endroit est le lieu de la Voie, que là même les Éveillés obtiennent l’Éveil complet et parfait sans supérieur que là même les Éveillés mettent en branle la roue de la Loi, que là même les Éveillés entrent dans l’Extinction suprême.. »


22 (22). La passation - Le dépôt [7])

Acteurs  : Bhagavat  ; les Bôdhisattvas de l’assemblée.
Synopsis
1) Le Tathâgata Câkyamuni remet la Loi à tous les Bôdhisattvas de l’assemblée, afin qu’ils l’expliquent et la prêchent à tous les êtres.
Il est en effet sans avarice, et il donne « la science de la Bôdhi ; ... la science du Tathâgata, celle de l’Être existant par lui-même (the knowledge of the Self-born ) »
2) Les Bôdhisattvas s’inclinent et prient Bhagavat de se reposer tranquillement, de ne pas se faire de souci.
3) Le Tathâgata Câkyamuni renvoie alors les Tathâgatas venus des différents univers (en corps d ‘émanation, dit la version chinoise, à raison si l’on se rappelle le chapitre 11). Toute l’assemblée est transportée de joie.
N .b. :La scène de départ fait mention du Bodhisattva Viçitatchâritra, que nous avons déjà rencontré au chapitre précédent.


23 (22). La conduite originelle de l’être d’Éveil Roi des remèdes - Ancienne méditation de Bhâichadjyarâdja

Acteurs  : Bôdhisattava Mahâsattva Nakchatrarâdja-samkusumitâbhidjna ;Bhagavat  ; Tathâgata Prabhûtaratna.
Synopsis
1) Nakchatrarâdja-samkusumitâbhidjna demande pourquoi Bhâichadjyarâdja se trouve dans l’univers Saha, ce qui a représenté pour lui des difficultés infinies.
2) Bhagavat rapporte l’apparition à une époque infiniment éloignée du Tathâgata appelé Tchandravimalasûryaprabhâsaçri, dans une terre de Bouddha magnifique, qui n’avait « ni femmes, ni enfers, ni démons affamés, ni animaux, ni titans ni aucun des états difficiles ».
Ce Tathâgata prêche la loi du Lotus de la bonne loi en particulier au Bôdhisattva Sarvasattvapryadarçana. Après réflexion, insatisfait des offrandes qu’il a offertes, ce dernier décide de faire offrande de son corps afin d’honorer le Tathâgata Tchandravimalasûryaprabhâsaçri : il absorbe quantité de parfums puis fait brûler de lui-même son corps. Le feu illumine alors un grand nombre d’univers ; leurs Bouddhas approuvent cette offrande comme l’offrande inégalable.
3) Sarvasattvapryadarçana naît à nouveau de manière prodigieuse, et reçoit du même Tchandravimalasûryaprabhâsaçri la mission de continuer son action après son entrée « dans l’élément du Nirvâna, où il ne reste aucune trace de l’agrégation »
Sarvasattvapryadarçana, là encore insatisfait des offrandes qu’il a fait pour les reliques du Tathâgata Tchandravimalasûryaprabhâsaçri, décide de faire brûler son bras en offrande. Il console son entourage en prononçant une bénédiction dont la véracité est prouvée par son bras retrouvé.
4) Bhagavat révèle à Nakchatrarâdja-samkusumitâbhidjna que Bhâichadjyarâdja était ce Bôdohisattva Sarvasattvapryadarçana.Telle est la valeur du geste d’un Bôdhisattva « de se brûler un doigt ou un orteil pour en faire offrande à la pagode » .
5) Bhagavat passe ensuite abruptement à l’éloge du Sûtra. « .. ce livre peut sauver l’ensemble des êtres... comme la torche qui dissipe les ténèbres, ainsi en est-il de ce livre, qui est capable de mener les êtres à se dégager de toutes les douleurs et de toutes les maladies et qui est capable d’affranchir de toutes les entraves de la naissance et de la mort »
6) Puis Bhagavat fait en particulier l’éloge du chapitre actuel : « L’être quel qu’il soit du sexe féminin .. qui, après avoir entendu, dans les 500 dernières années [du kalpa], ce chapitre.... , s’en rendra maître, après être sorti de ce monde, renaîtra dans l’univers Sukhavati , où le bienheureux Tathâgat Amithâba .. vit,... »
7) Le Bôdhisattava Mahâsattva Nakchatrarâdja-samkusumitâbhidjna s’attire alors l’éloge du Tathâgata Prabhûtaratna du sein de sa pagode.


24. L’être d’Éveil Son Merveilleux - Le Bodhisattva Gadgadasvara

Acteurs  : Tathâgata Câkyamuni ; Tathâgata Kamaladalavimala-nakchatrarâja-samkusumitâbhdjna ; Bôdhisattva Mahâsattva Gadgadasvara ; Mandjucri ; Tathâgata Prabhûtaratna ; Bôdhisattva Mahâsattva Padmaçrî.
Synopsis
1) Tathâgata Câkyamuni émet un rayon lumineux qui atteint l’univers du Tathâgata Kamaladalavimala-nakchatrarâja-samkusumitâbhdjna, univers dans lequel se trouve le Bôdhisattva Mahâsattva Gadgadasvara, possesseur de nombreuses méditations dont celle du Saddharmapundarika (le lotus blanc de la bonne foi).
2) Ce Bôdhisattva déclare à son bienheureux Bouddha qu’il va dans le monde Saha pour rendre hommage au Tathâgata Cakyâmuni et voir Mandjucri et sa suite de Boddhisattvas. Le Bouddha le met en garde contre le mépris qu’il pourrait éprouver pour le monde Saha, inégal et rempli d’ordures, et pour le Tathâgata Cakyâmuni et sa suite, tous de petite taille.
3) Par la force de son recueillement, Gadgadasvara fait apparaître sur le mont Gridhrakuta une infinité de lotus magnifiques, ce qui provoque l’étonnement de Mandjucri, qui demande à connaître et ce recueillement et son auteur.
4) Le Tathâgata Prabhûtaratna, sur la requête du Tathâgata Câkyamuni, convie à venir Gadgadasvara, lequel s’exécute. Au Bôdhisattva Mahâsattva Padmaçrî qui s’interroge, Tathâgata Câkyamuni expose que Bôdhisattva Mahâsattva Gadgadasvara prend autant de formes que nécessaires afin de prêcher le Sûtra du Lotus, y compris en « revêtant la forme d’une femme » pour pouvoir enseigner « dans l’intérieur des gynécées ». Il se sert pour cela du recueillement « Apparition de toutes les formes corporelles »
Bôdhisattva Mahâsattva Gadgadasvara revient dans la terre de Bouddha où il habitait, tandis que Padmaçrî obtient la possession de la méditation du Lotus de la bonne loi b.260.


25 (24). La porte universelle de l’être d’Èveil Considérant les Voix du Monde - Le récit parfaitement heureux

Acteurs  : Bôdhisattva Mahâsattva Akchayamati ; Bhagavat  ; Bôdhisattva Mahâsattva Dharanîmdhara.
Synopsis
1) Au Bôdhisattva Mahâsattva Akchayamati qui s’interroge sur le nom du Bodhisattva Mahâsattva Avalôkitêçvara, Bhagavat répond que celui qui invoque son nom est sauvé des périls.
2) Ainsi pour les marchands attaqués, qui l’invoquent en disant : « Adoration ! Adoration au Bôdhisattva Avalôkitêçvara ». Ainsi de la femme qui désire un fils, une fille.
3) Avalôkitêçvara prend toutes les formes pour prêcher la Loi, allant même jusqu’à prendre un corps d’ épouse – noter ici la similitude avec la pratique de Gadgadasvara dans le chapitre précédent.
4) le Bôdhisattva Mahâsattva Dharanîmdhara proclame que l’audition de ce chapitre vaut beaucoup de mérite. De fait, au récit de ce chapitre, 80 000 êtres déployèrent la pensée de l’Éveil complet et sans supérieur conçurent l’idée de l’état supreme de Bouddha parfaitement accompli ; qui est et n’est pas uniforme.
[La version sanskrite de ce chapitre consacre 4 stances au Bouddha Amitâbha],]


26 (21) Les formules détentrices -Les formules magiques

Acteurs  : les Bôdhisattavas Mahâsattvas Bhâichadjyarâdja et Pradânaçura ; les grands rois Vâiçravana et Virûdhaka ; 11 Râkchasîs (dont Hâriti et Kuntî) et leurs enfants ; Bhagavat.
Synoptique
1) Les Bôdhisattavas Mahâsattvas Bhâichadjyarâdja et Pradânaçura, les grands rois Vâiçravana et Virûdhaka, les 11 Râkchasîs (dont Hâriti et Kuntî) et leurs enfants s’engagent à protéger le Sûtra et ses interprètes par des formules magiques données au Bhagavat.
2) « Tandis que ce chapitre des formules détentrices était exposé, 68 000 personnes obtinrent l’adhésion à la non-production des entités. »


27 (25). La conduite originelle du roi ornement-Sublime - Ancienne méditation du roi Cubhavyûha

Acteurs  : Bhagavat  :
Synopsis
1) Bhagavat parle du roi Cubhavyûha, de la reine Vimaladattâ, et de leurs deux fils, Vimalagarbha et Vimalanêtra ; ceux-ci étaient accomplis dans la pratique des devoirs des Bôdhisattvas, ainsi que de divers recueillements. Ils vivaient au temps du Tathâgata Djaladhara-gardjitaghôchasusvara-nakchatrarâdja-samkusumitâbhidja, qui prêchait le Sûtra du Lotus.
2) Par un miracle, les deux fils convertissent leur père auparavant acquis aux voies hétérodoxes, à la loi brahmanique. Ils reçoivent alors l’autorisation de leurs parents d’aller s’exercer à la Voie auprès de l’Éveillé (en présence du bienheureux Tathâgata embrasser la vie religieuse), car il faut avoir grand mérite pour naître dans une telle conjoncture : « C’est que c’est une chose difficile à rencontrer que la naissance d’un Bouddha, aussi difficile à rencontrer que la fleur de l’Udumbara, que l’introduction du col d’une tortue dans l’ouverture d’un joug formé par le grand océan. Elle est difficile à rencontrer, ô chers père et mère, l’apparition des bienheureux Bouddhas ».
3) Bhagavat révèle que le roi Cubhavyûha était Padmaçrî, les deux fils étaient Bhâichadjyarâdja et Bhâichadjyasamudgata , tandis que la reine était le Bôdhisattva Mahâsattva Vâirôtchana...dhvadja .
4) 84 000 êtres (80 x 100 000 êtres, à tort ) acquièrent « la perfection de la vue de la loi pure et sans tâche » .


28 (26). L’exhortation de l’être d’Éveil Sage-Universel - Satisfaction de Samantabhadra

Acteurs :Bhôdhisattva Mahâsattva Samantabhadra et sa suite de Bôdhisattvas Mahâsattas ;
Synopsis
1) Le Bhôdhisattva Mahâsattva Samantabhadra et sa suite arrivent de l’orient dans l’univers Saha ;
2) Bhagavat expose à Samantabhadra les 4 conditions, les 4 éléments pour obtenir le Sûtra du Lotus, le premier étant d’être protégé par l’attention des Éveillés, de recevoir « la bénédiction des bienheureux Tathâgatas » :
Noter la divergence entre les 2 versions :

  • pour la version chinoise, ces 4 éléments valent indistinctement pour les fils et filles de bien : ils sont rendus nécessaires après la Disparition de l’Ainsi Venu., dit Bhagabat à Samantabhadra.
  • pour la version sanskrite, ces 4 conditions valent en tout temps, et sont requises seulement pour les femmes.

[La version chinoise veut peut-être élargir la portée du propos de Bhagavat, alors que nous arrivons au dernier chapitre du livre pour la version chinoise.]
3) Samantabhadra s’engage à protéger les « interprètes de la loi », et à leur apparaître monté sur un éléphant blanc à 6 défenses ; il s’engage aussi à leur donner une formule magique, qu’il donne au Bhagavat.
Il annonce que ceux qui viennent à mourir après avoir écrit le Sûra renaîtront comme Dêvas Trayastrimças, et ils seront accueillis par 84 000 Apsaras. Mieux, s’ils l’écrivent dans une intention inflexible, ils renaîtront au ciel des Tuchitas, au milieu desquels réside le Bôdhisattva Mahâsattva Mâitreya.
Telle est la bénédiction de Samantabhadra sur l’exposition de cette loi, lors « de la fin des temps, dans la dernière période, pendant les 500 dernières années » , « au dernier âge, dans l’âge mauvais et impur des derniers cinq cents ans »
4) Le bienheureux Tathâgata Câkyamuni félicite alors Samantabhadra et lie son nom au sien : « Les fils ou les filles de famille qui retiendront le nom du Bôdhisattva Mahâsattva Samantabhadra, auront vu, il faut le reconnaître, le Tathâgata Câkyamuni ».
Puis il bénit ceux qui béniront les interprètes de la Loi du Lotus, et avertit sévèrement ceux qui s’en moqueraient.
5) Pendant le récit, une infinité d’êtres (uniquement des Bôdhisattvas, selon la version sanskrite) obtiennent la formule magique de Samantabhadra [8]


© esperer-isshoni.fr, avril 2007
© esperer-isshoni.info, novembre 2014

[1chapitre 11 des versions chinoises précitées ; première partie du chapitre 11 en sanskrit

[2chapitre 12i en chinois, deuxième partie du chapitre 11 en sanskrit

[3Kern et Burnouf ont basé leur traduction sur chacun un manuscrit en sanskrit différent :

  • celui de Kern est un manuscrit de la University Library of Cambridge, sur feuilles de palme (« palm leaves »), daté de « Newar, era 159 (= A.D. 1039) » ,
  • celui de Burnouf sur un manuscrit sanskrit de la Société asiatique de Paris, que M. B.H. Hodgson avait découvert au Népal et offert à la Société en 1837 .

Leur manuscrit sanskrit comportait 27 chapitres.

[4prononciation japonaise

[5La version chinoise étend le service rendu par les Bôdhisattvas aux Tathâgatas émanés : « « Vénéré du monde , après la Disparition de l’Éveillé , nous exposerons amplement ce texte canonique dans les royaumes où résident les corps d’émanation du Vénéré du monde et où ils seront passés en Disparition. »
Dans la version sanskrite, Bhagavat félicite le Bodhisattva Viçitatchâritra.

[6la version chinoise dit : « un texte canonique du Grand Véhicule intitulé Fleur de lotus de La Loi sublime »

[7dernier chapitre qui clôt le Sûtra dans la version sanskrite

[8Noter la divergence entre les 2 versions :

  • Pour la version chinoise, il s’agit du dernier chapitre du livre, aussi se termine-t-il par le départ de l’assemblée : « Ils acceptèrent et gardèrent la parole de l’Éveillé, saluèrent et partirent ».
  • Rappel : la version sanskrite a pour dernier chapitre le chapitre 22(27).