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prédication - Preaching - Suis-je aimable ? - Is there something to be loved in me ?

dimanche 26 octobre 2014 par Phap

Voir Matthieu 22,34-40 - See Matthew 22:34-40


- Variante sur le même passage : "S’aimer soi-même" - A variation on the same part : "To Love Oneself" -


1. Mes frères, mes sœurs, aujourd’hui, dimanche 26 octobre, 30e dimanche du temps ordinaire de l’an de grâce 2014, Jésus nous demande d’aimer. Mais pour aimer quelqu’un, encore faut-il que ce quelqu’un soit aimable. S’il n’y a rien à aimer en lui comment l’aimer ? 1. Dear brothers and sisters, today is Sunday, the 26th of October in the year of grace 2014. Today Jesus asks us to love. But how to love someone if there is nothing to love in him ?
2. Petit exercice. Regardez Dieu : Dieu est-il aimable ? A-t-il quelque chose en lui qu’on puisse aimer ? Regardez votre voisin : est-il aimable ? A-t-il quelque chose en lui qu’on puisse aimer ? Regardez-vous vous-même : êtes-vous aimable ? Avez-vous quelque chose en vous qu’on puisse aimer ? 2. A short exercice. Look at God : is there something to love in Him ? Look at your neighbor : is there something to love in him ? Look at yourself : is there something to love in yourself ?
Et çà joue aussi dans l’autre sens : Dieu vous regarde : est-ce qu’il vous trouve aimable ? Votre voisin vous regarde : est-ce qu’il vous trouve aimable ? Vous vous regardez vous-même [1] : est-ce que vous vous trouvez aimable ? And we can play it the other way round. God is looking at you : is there anything to be loved in you ? Your neighbor is looking at you : is there anything to be loved in you ? You look at yourself [2] : is there anything to be loved in you ?
Pas facile de répondre, je suppose. On est à un niveau fondamental ici. Quitte ou double : on joue avec les mots ou on les prend au sérieux ? (Vous m’excuserez si je dérange, je fais seulement mon travail de prêcheur). The answer is not that easy I guess. We are standing at the ground level here. Make or break : are we playing with the words or are we taking them in earnest ? (Sorry for the trouble, I am just doing my job as a preacher).
3. Comment répondre à cette question ? Est ce qu’on va jouer au jeu de la marguerite ? « Petite marguerite, dis-moi si je l’aime / s’il (elle) m’aime.. » et hop, on arrache un pétale en disant : « un peu », un autre pétale : « beaucoup », un autre : « à la folie », un autre : « passionnément », un autre : « pas du tout » et ainsi de suite jusqu’au dernier pétale de la marguerite. 3. How to answer this question ? Are we supposed to play the game of the daisy flower ? “Dear daisy, tell me if I love him (her) / If he (she) loves me...” – one petal off – « a little » - another petal off – “a lot” – another off – “like mad” – another off “passionately” – another off : “not at all”, and so on until the last petal of the daisy.
Est-ce qu’on va s’appuyer sur notre sentiment du moment pour répondre ?
Oui, je crois qu’il faut s’appuyer sur la force du sentiment, sur la mémoire des moments très forts où on a aimé (et où on a été aimé) un peu, beaucoup, à la folie, passionnément. Ces moments de lumière plus ou moins irradiants – il y a quelques moments qui sont totalement solaires, « passionnément », non ? – ces moments-là sont précieux et il faut les garder en mémoire pour quand il fera nuit et qu’on sera tenté de douter du jour – quand on sera dans le « pas du tout ».
Are we going to rely on our feelings of the moment to answer ?
I believe that yes, we have to rest upon our feelings, upon the memory of the intense moments when we have loved (and been loved) a little, a lot, like mad, passionately. These more or less bright moments – and there were a few of them which were totally solar, weren’t they ? – these moments are precious and we have to store them carefully in our memory for the bad nights when we’ll be tempted to doubt about the daybreak – when we’ll stand in the “not at all”.
On ne peut pas parler en vérité de l’amour si on ne l’a pas ressenti . C’est nécessaire, Mais ça ne suffit pas à mon avis. We can’t speak truly about love if we haven’t felt it. It is necessary. But it is not sufficient according to me.
4. À mon avis, pour nous les croyants de la Bible, la réponse se trouve au plus profond de notre cœur, là où nous sommes tissés en permanence par Celui que nous appelons Dieu. Tissés par sa Parole qui nous fait exister. 4. According to me, as for us, the believers of the Bible, we find the answer in the deeper part of our heat, where we are woven by Someone we call God. Woven by his Word that makes us exist.
« Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ». « You count in my eyes and I love you ».
C’est à partir de cette parole fondamentale – parole créatrice et recréatrice - c’est à partir de cette parole divine qu’il devient possible d’aimer à son tour. This creating and re-creating word, this fundamental divine word, makes us able to give and receive love in turn.
Je suis aimable parce que Dieu me trouve aimable, et il me trouve aimable parce qu’il me fait aimable. Et il ne fait que tirer de son propre fond : Dieu est amour et il crée par amour, dans l’amour et pour l’amour – comme les enfants sont le fruit de l’amour du couple – et il ne hait rien de ce qu’il a créé. There is something in me that can be loved because God puts it into me and makes me out of it. And God is putting just what He is : He is love and he creates everything from love, in love and for love – just like children are the fruits of the love of the couple – and He hates nothing of what He called to existence.
Alors oui, mon prochain est aimable, oui, je suis aimable. Oui, Dieu est aimable, et si on ne devait aimer qu’une personne, ce serait lui. Sauf qu’en l’aimant lui, notre cœur se dilate à l’échelle de sa création. Notre Dieu ne vient jamais seul. Then yes, my neighbor can be loved, yes, I can be loved. Yes, God can be loved and if we were to love only one person, it would be Him. But for the fact that when loving Him, our heart would expand to the scale of the universe. Our God never comes alone.
5. Ma conclusion. 5. My conclusion.
Mes frères, mes sœurs, ne soyons pas naïfs. Oui, il y a la parole de vie : « aime parce que je t’aime et que JE suis l’amour même ».
Mais oui, il y a aussi le mensonge qui tord la parole de vie, qui la pervertit, qui contrefait les mots et les gestes de l’amour pour décevoir, pour détruire, pour déchirer.
Il y a une parole de mort qui vient après et par derrière pour déchirer, pour détisser. Le premier à l’avoir proférée, c’est le serpent antique de la Genèse.
Brothers and sisters, let us no be naive. Yes, there is the word of life : “love because I love you and I am love itself”.
But yes there is the lie that distorts and perverts the word of life, that counterfeits the words and deeds of love in order to deceive, to destroy, to tear.
There is the word of death coming from behind and after, to un-weave. The first to pronounce it was the antic snake in Genesis.
Sachons-le, la parole fausse fait l’objet de ce que nous appelons la colère de Dieu, et elle est déjà condamnée et rejetée en Jésus Christ : des blessures de Jésus sur la croix jaillit le fleuve d’eau vive qui retisse le voile de la création et en lui il n’y a aucune place pour le mensonge. Let us be aware of it, the distorted word is the object of what we call the wrath of God and it is condemned and expelled in Jesus Christ : from the wounds of Jesus on the Cross springs a river which re-weaves the veil of the creation and in him there is no place for lie.
Mes frères, mes sœurs, laissons-nous tisser et retisser par l’amour qui vient de Dieu et qui est Dieu, abreuvons nous à la source, laissons retentir au plus profond de nous la parole fondatrice de Celui qui est fidèle et vrai et qui ne peut pas mentir : « je t’aime, tu as du prix à mes yeux », Dear brothers and sisters, let us be woven and re-woven by the love coming from God and which is God Himself, let us drink to the spring, let the founding word of the One who is faithful and true and who cannot lie resound in the deepest part of our heart : “I love you and you count in my eyes”.
Alors nous pourrons aimer toujours plus en vérité, alors nous prendrons notre part dans la venue du Royaume de Dieu. Mes frères, mes sœurs, au travail, il y a un beau voile en train de se tisser et nous en faisons partie. Then we’ll be able to love more and more truly, then we’ll take part in the coming of the kingdom of God. Brothers, sisters, let us go to work, there is a nice veil being woven here and we are part of it.
Amen. Amen.

[1soi-même comme un autre, en reprenant le titre d’un livre de Paul Ricœur

[2“Oneself as Someone Else”, the title of a book by Paul Ricoeur


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