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Ludwig Wittgenstein (1889-1951) - Le langage ou la réalité comme surface tissée

lundi 20 octobre 2014 par Phap

Table des matières

Introduction
1. Les jeux de langage, comme des tissages.
2 - La visée philosophique : sortir du piège du langage.
Conclusion
Bibliographie


Introduction

1. Nous étudierons les «  Investigations Philosophiques  [1] » de Wittgenstein. Nous ne chercherons pas à situer cet ouvrage par rapport au « Tractatus logico Philosophicus » [2]. Nous ne prétendrons pas faire mieux que l’auteur, lequel, de son propre aveu, reconnaît ne pas avoir réussi à exposer ses recherches selon un fil conducteur unique.
Il n’est pas arrivé à composer un livre avec un déroulement linéaire, où un sujet serait développé, puis, épuisé, disparaîtrait pour être remplacé par un autre, et où l’on finirait par aboutir à une conclusion qui achèverait et récapitulerait l’ensemble de la recherche dans un résultat stable et complet, résultat qui mettrait un terme –provisoire ou non, peu importe - à la mise en branle qu’a déclenchée la problématique initiale.

Pour Wittgenstein, le matériau produit par ses investigations philosophiques résiste à un ordonnancement linéaire. Il en donne la raison suivante : ses pensées ne se laissent pas enfermer dans une seule direction : elles sont entrecroisées entre elles, dit Wittgenstein, et cet entrecroisement fait qu’il est impossible d’en poursuivre une sans en rencontrer une autre .

2. Renonçant à une exposition systématique, Wittgenstein présente ses investigations comme des voyages dont il nous rapporte une collection d’images, un « album ». Les différentes remarques forment comme un « album de famille », certaines présentant avec d’autres des similitudes ou au contraire des dissimilitudes, sans qu’il soit possible de mettre à jour un principe architectonique unique, qui permettrait de rendre compte de la totalité de ces similitudes ou dissimilitudes de manière analytique (par réduction du multiple en des composants « atomiques » - au sens où ces composants ne seraient pas analysables, pas « sécables », car constitués de rien d’autre que d’eux-mêmes – combinables mais non combinés -.

3. Encore faut-il se demander quelle problématique a mis en branle la recherche philosophique de Wittgenstein Quel est son « étonnement » ? Il nous semble qu’il s’agit du même genre d’étonnement que celui d’Augustin devant la question du temps. Le temps, je sais ce que c’est quand on ne me le demande pas, et je ne sais pas ce que c’est quand on me le demande .
Je parle avec d’autres du temps, et ils comprennent ce que je dis – et non seulement ce que je dis, mais ce que je veux dire [3] -, comme je les comprends quand ils me parlent du temps. Or si quelqu’un me demande d’expliquer ce que j’entends par le mot « temps », j’en suis incapable – non que je ne puisse rien en dire, mais parce que ce que j’en dis ne suffit pas à rendre compte de la totalité des usages auxquels ce mot renvoie. D’un côté, je « sais » ce qu’est le temps dont je parle, - à preuve ma pratique de tous les jours que au sein de ma communauté, pratique reconnue et partagée par la communauté dans laquelle je vis – et de l’autre, je ne « sais » pas expliquer ce que j’entends par ce mot que j’utilise tous les jours (expliquer au sens de rendre compte par d’autres mots).

4.L’étonnement naît de ce gouffre imprévu que révèle la question : « qu’est ce que le temps ? », qui vient faire brèche dans mon usage du langage ordinaire, de tous les jours, quotidien, usage qui me semblait aller de soi – et qui me semble désormais problématique : non pas que l’usage du langage quotidien n’aille pas de soi, l’expérience quotidienne communautaire avérant que les hommes se comprennent suffisamment pour la vie de tous les jours – mais c’est cet « aller de soi » du langage de tous les jours qui se met à faire problème – à ne « plus aller de soi ».
Wittgenstein va se poser la question du sens de la question : « qu’est ce que le temps ? » « Qu’est ce que le rouge ? » - « Qu’est ce que savoir ? », etc.. Que faisons-nous quand nous nous posons ce genre de question ? Cherchons nous à « définir » ? Cherchons nous à « expliquer » ?


1. Les jeux de langage, comme des tissages.

5.La tâche du philosophe – quand il sait ce qu’il fait - est de décrire, nous dit Wittgenstein. Il s’agit de décrire ce que Wittgenstein appelle des « jeux de langage ». Par ce terme, Wittgenstein renvoie aux jeux qu’utilisent les enfants lorsqu’ils apprennent à parler, comme les comptines. Il renvoie aussi aux activités humaines que les hommes appellent « jeux » : jeu d’échec, jeux de cartes, jeux de balles, etc.. Les jeux de langage s’ « apparentent » – ont un « air de famille » – avec les jeux :

  • la pièce « roi » du jeu d’échec se définit par rapport aux autres pièces, dans l’usage que l’on peut faire du « roi » par rapport aux autres pièces
  • la pièce « roi » est identifiable sans équivoque par la position qu’elle occupe dans l’échiquier en début de partie (la forme de la pièce étant secondaire dans l’identification de la pièce), position qui est relative par rapport aux autres pièces.
  • le rôle d’une pièce ne se justifie pas, ne s’explique pas, au sens d’une explication causale : il est « arbitraire » mais non indéterminé : une pièce est déterminée d’une détermination « logique », par rapport à l’ensemble des autres pièces. - Je peux comprendre la signification du mot « mat » en connaissant les règles du jeu d’échec – je ne peux pas la déduire de l’observation du seul dernier coup joué.
  • les règles sont définies communautairement de manière publique, autrement dit elles sont étalées au grand jour, et il n’y a pas de règles cachées ;
  • les règles s’enseignent ;
  • il est possible de vérifier si un joueur applique ou non les règles – s’il sait jouer à ce jeu ou non.
  • un observateur extérieur, qui ne connaît pas les règles du jeu, peut « voir » quand un joueur se trompe en appliquant une règle, par le comportement, - verbal ou non (les mimiques, les gestes du corps) -, du joueur ou de son partenaire.
  • Enfin, quelqu’un ne peut apprendre à jouer à un jeu comme le jeu d’échec que s’il a déjà joué à d’autres jeux similaires, de la même famille : comment lui expliquer l’utilisation de la pièce « roi » dans le jeu d’échec, s’il ne sait pas ce qu’est l’utilisation d’une pièce dans un jeu ?

6. De manière apparentée, un jeu de langage s’enseigne : les enfants apprennent un « jeu de langage ». L’apprentissage ne passe pas par des explications causales, on n’explique pas à l’enfant pourquoi on dit en français « rouge » et non pas « red » : on dit « rouge » et c’est tout [4]. « C’est tout », parce que le mot « rouge » est arbitraire et qu’il vaut uniquement à l’intérieur de la communauté qui le pratique et qui a décidé de la façon dont le mot « rouge » joue par rapport aux autres mots . La pratique communautaire situe la couleur « rouge » par rapport à la gamme des couleurs qu’elle distingue : « rouge » n’est pas « vert », ni « bleu ».
Wittgenstein appelle « grammaire » l’ensemble des règles du « jeu de langage », règles qui sont arbitraires dans la mesure où leur grammaire a pour seul « arbitre », pour seule instance de référence fondatrice et régulatrice le « jeu de langage », à l’exception de toute autre instance .

7. Le « jeu de langage », quant à lui, n’est pas arbitraire, dans la mesure où il résulte de ce que Wittgenstein appelle une « forme de vie ». Dans la forme de vie de l’être humain, l’homme pratique des jeux de langage proprement humains : commander et obéir à des commandements ; décrire un objet ; rapporter un événement ; traduire d’une langue dans une autre ; demander, remercier, maudire, saluer, prier [Cf. §23]. Ces jeux de langage font partie de l’activité humaine, ils sont déterminés par elle. Aussi, nous dit Wittgenstein, si un lion pouvait parler, on ne le comprendrait pas : la langue que parlerait le lion renverrait à sa propre forme de vie, qui n’est pas la nôtre et que nous ne pourrions comprendre.

Explicitons cela : la forme de vie est ce qui est donné à l’homme et que celui-ci reçoit – mais il ne peut en recevoir d’autres . L’homme ne peut que faire l’homme, il ne peut pas faire le lion, sauf à être lion.

8. Les « jeux de langage » articulent l’activité humaine, la forme de vie humaine, et ils en font partie : Wittgenstein parle des actions dans lesquelles le « langage [5] » se trouve « tissé », le résultat du tissage constituant le « jeu de langage ».

  • Le « jeu de langage » n’est donc pas un fait purement linguistique, il conjoint une dimension « langagière » à des dimensions non verbales (intonations, gestuelles, mimiques, regards) ;
  • d’autre part, le « langage » peut être tissé avec des « actions » parce que lui-même consiste en actions : parler, c’est faire, - ou, plus exactement, « les mots sont aussi des actes » dira Wittgenstein , avant Austin.
  • Il ne convient donc pas d’opposer les activités langagières aux autres, les « jeux de langage » aux activités sans dimension langagière : toutes sont des activités humaines, l’homme ne parle pas en plus du fait qu’il mange : il parle et il mange .

9. Wittgenstein utilise l’image du tissage, de l’enchevêtrement, du croisement à plusieurs endroits : les « jeux de langage » entretiennent entre eux des « airs de famille », autrement dit il existe des connexions (des « passerelles », des « interfaces » dirions-nous) entre les mots des différents « jeux de langage », connexions par similitude ou par dissimilitude, qui font qu’un même mot recoupe plusieurs jeux de langage différents.

10. A explorer un jeu de langage, on peut se retrouver dans un autre si l’on ne prend pas garde à leur entrecroisement. C’est pourquoi Wittgenstein parle du langage (langue) comme d’un labyrinthe de sentiers, de chemins, les chemins étant à entendre comme les « jeux de langage ». Notons qu’ici Wittgenstein définit le langage (langue) à partir des activités, des pratiques que sont les « jeux de langage », comme ce qui résulte de leur juxtaposition, de leur agrafage, de leur emmêlement, de leur tissage .
Le langage apparaît comme le « réseau » constitué par les entrecroisements et les chevauchements / recoupements des « jeux de langage », entendus comme des similarités de détail ou d’ensemble .

Ailleurs, Wittgenstein dira de manière complémentaire que les « jeux de langage » constituent des langages (langues) à part entière .

11. Wittgenstein définit aussi le langage en relation avec la forme de vie et la technique. Il semblerait que, pour lui, un langage correspond à une forme de vie , et la maîtrise d’un jeu de langage s’apparente à la maîtrise d’une technique. Il est difficile d’aller plus loin concernant les articulations de la pensée de Wittgenstein autour des notions de « technique » et de « forme de vie ».


2 - La visée philosophique : montrer la sortie du piège du langage.

12. Le tissage des jeux de langage entre eux fait que le philosophe peut s’égarer dans le labyrinthe du langage : il se fait piéger par la similitude des mots dans des jeux de langage différents. Le philosophe peut se tromper en appliquant le fonctionnement d’un mot propre à un jeu de langage, sans se rendre compte qu’il utilise ce même mot dans un autre jeu de langage, où le fonctionnement de ce mot est tout autre. Il en irait du philosophe comme d’un homme qui ignorerait tout des locomotives et qui se trouverait devant un panneau de contrôle de locomotive, où toutes les manivelles se ressemblent – mais où chacune joue de manière différente .

C’est pourquoi la tâche du philosophe est, nous l’avons déjà dit, celle de décrire les jeux de langage dont ressort le mot étudié, la proposition étudiée.

Philosophy may in no way interfere with the actual use of language ; It can in the end only describe it. For it cannot give it any foundation either. It leaves everything as it is. “[§124]
"La philosophie en aucune façon n’est habilitée à chercher à influencer l’utilisation courante du langage ; en fin de compte, elle ne peut que le décrire. Elle n’a pas non plus la possibilité de le fonder. Elle laisse toute chose en l’état [6]"

13. Décrire ne signifie pas chercher un point commun à tous les jeux de langage, car, dit Wittgenstein, il n’y a que des airs de famille, des apparentements, sans point commun unique. La recherche du fondement, de l’élément primaire unique qui permettrait de rendre compte de l’ensemble des variantes d’utilisation, de manière synthétique (par combinaison avec d’autres éléments primaires, « atomiques ») est une recherche illusoire qui ne peut pas aboutir. Wittgenstein critique la position énoncée par Socrate dans le Théétète [§46], position qui est celle d’une recherche des éléments « atomiques », des constituants de base. A lire Platon, il n’est pas évident que cette position soit celle de Socrate – mais ce point n’a pas besoin d’être développé ici.

14. Cette recherche de l’élément commun procède d’une conception selon laquelle la vérité serait cachée : il faudrait « creuser » sous la surface des choses pour trouver la réalité invariante, la vérité élémentaire qui rend compte de la totalité des faits de langage.
Or, répète Wittgenstein, rien n’est caché dans le jeu de langage, tout nous est donné, tout est manifesté au grand jour – comme les règles d’un jeu -, tout est « public ». Voilà pourquoi le philosophe a une seule tâche : décrire ce qui est sous les yeux de tous.

Philosophy simply puts everything before us, and neither explains nor deduces anything.—Since everything lies open to view there is nothing to explain. For what is hidden, for example, is of no interest to us. [§126]
La philosophie ne fait que tout mettre simplement devant nous, elle n’explique ni ne déduit quoi que ce soit. - Car puisque tout est à découvert, il n’y a rien à expliquer. Ainsi par exemple, ce qui est caché ne peut en aucun cas être intéressant pour nous [7]

15. Cette tâche semble aisée, elle est en réalité ardue : parce que les choses qui comptent sont sous nos yeux tous les jours, nous ne les voyons pas : paradoxalement, ce qui est caché est ce qui est le plus évident, le plus manifeste, ce qui nous est le plus familier . Wittgenstein cite à nouveau Augustin : « Manifestissima et usitatissima sunt, et eadem rursus nimis latent, et nova est inventio eorum  »

16. Et, dit Wittgenstein, il n’y a pas d’autre moyen pour cette tâche que d’utiliser le langage ordinaire, le langage de tous les jours : notre tâche se déploie à partir du langage ordinaire, dont nous déplions les jeux de langage, et à l’intérieur de lui. Vouloir construire un langage idéal, univoque, clair, ne peut aboutir en dehors du domaine des sciences dites « exactes » .
Le but du langage ordinaire, de tous les jours, n’est pas de dire exactement, mais de dire efficacement, de manière applicable.
Wittgenstein utilise la métaphore de la glace pour dire l’inadéquation d’un langage formel qui viserait à dire exactement, sans flou, sans équivoque, la vie de tous les jours : la glace ne présente pas d’aspérité, elle est lisse – mais on ne peut marcher dessus justement à cause de cela. Or il s’agit de marcher, dit Wittgenstein

17. D’où vient l’erreur du philosophe ? Pourquoi cherche-t-il un au-delà de ce qui se joue dans les « jeux de langage » ? Pourquoi cherche-t-il la définition unique, capable de rendre compte de tout, pourquoi se met-il en quête du langage idéal ? Wittgenstein attribue l’erreur du philosophe à la puissance d’ensorcellement du langage , qu’il décrit sous divers effets :

  • « fascination » qu’exercent certaines formes d’expression , qui font que le philosophe croit pouvoir rendre compte de tous les usages d’un mot à partir d’un seul usage ;
  • « substantivation », « hypostasie » des mots, considérés en soi et déconnectés de leur insertion, de leurs connexions à l’intérieur des « jeux de langage ». Wittgenstein parle du langage qui part en roue libre .

18. Cet ensorcellement fait passer d’une utilisation quotidienne, ordinaire des mots à leur utilisation dans un sens « métaphysique » (les essences, la réalité cachée sous les mots) , qui ne peut déboucher que sur des constructions illusoires, des châteaux de cartes .

Wittgenstein parlera de tout un nuage de philosophie condensé dans une goutte de grammaire, à propos de l’expression « je sais ce que je pense » .

Cessons de poursuivre des « chimères », dira Wittgenstein, guérissons nous des maladies langagières . Telle est la visée de la philosophie : indiquer à la mouche comment sortir du piège : non pas en volant vers le haut – car il n’y a pas d’issue vers le haut – mais en longeant la paroi vers le bas, là où se trouve le trou par lequel elle est entrée. - Voler ver le haut joue ici comme chercher la langue idéale -.

What is your aim in philosophy ?To shew the fly the way out of the fly-bottle.” §309.
Que cherchez-vous avec votre philosophie ? - Je cherche à montrer à la mouche la sortie de la bouteille attrape-mouches. [8]


Conclusion

19. Revenons à la problématique initiale, et à l’étonnement qui a déclenché les investigations de Wittgenstein. Augustin s’étonnait de ne pas savoir dire ce que c’était que le temps, alors qu’il savait ce qu’était le temps ; Wittgenstein veut prendre en compte cet étonnement d’Augustin. Il nous semble que toutes ses investigations, pour entrecroisées et emmêlées qu’elles soient, passent toujours par un même nœud, une même sente : je sais ce qu’est le son d’une clarinette , je sais ce qu’est l’arôme du café, mais est-ce que je sais le dire ? Et est-ce que cela me manque de ne pas savoir le dire ? Est-ce par manque de mots adéquats ?

20. Wittgenstein veut provoquer à penser , et le questionnement est une des formes par lesquelles il nous provoque.
Tentons une réponse : je ne sais pas dire l’arôme du café, je ne sais pas en rendre compte uniquement par des mots – mais je ne veux pas le faire, et je n’ai pas besoin de le faire, parce que, lorsque je communique avec d’autres sur ce sujet, j’utilise un jeu de langage dont la dimension verbale est une composante, mais non la seule.
Aussi ne s’agit-il pas de créer d’autres mots qui permettraient de mieux dire ou de plus dire ma sensation : ce serait demeurer dans le « cercle logique », dans le cercle du logos, alors qu’il s’agit de recourir à des actions d’ordre extra-linguistique qui accompagnent les mots, qui viennent avec eux, comme eux viennent avec ces actions extra-linguistiques (conditionnement réciproque qui constitue le tissage du « jeu de langage »).
Et dans ce jeu de langage, je me fais comprendre, je sais exprimer l’arôme du café et le son d’une clarinette.

21. Wittgenstein conçoit la communication entre les hommes comme des jeux de langage, adaptés aux domaines de techniques par lesquels l’homme habite le monde, - par lesquels la forme de vie humaine se déploie dans l’espace et le temps. Ces « jeux de langage » constituent la cohérence du monde (des hommes, mais y a–t-il un monde sans les hommes ?) en ce qu’ils s’entrecroisent, se recoupent : ils donnent sa densité et sa complexité au monde, par leur tissage mutuel.
Le côté négatif de ce tissage survient quand le langage se met en roue libre, qu’il est « détricoté » du tissage qui le lie dans tel ou tel « jeu de langage » : alors l’homme se met à poursuivre du vent, et à accoucher du vent.


© esperer-isshoni.fr, avril 2007
© esperer-isshoni.info, octobre 2014


Bibliographie

Œuvres de Ludwig WITTGENSTEIN

  • Ludwig WITTGENSTEIN – Philosophical investigations – Translated by G.M. ANSCOMBE – Basil BACKWELL – 1953, 1958.
  • Ludwig WITTGENSTEIN – Tractatus logico-Philosophicus suivi de Investigations philosophiques – Traduit de l’allemand par P. KLOSSOWSKI – Gallimard – 1961.
  • Ludwig WITTGENSTEIN – Le cahier bleu et Le cahier brun – traduit de l’anglais par G. DURAND – Gallimard – 1965 - 1986

Commentaires divers

  • Jean GREISCH – Le Buisson Ardent – CERF 2002 – Tome 2 quatrième partie : « Le paradigme analytique »
  • Fergus KERR – La théologie après Wittgenstein – Cogitatio Fidei 162 – CERF - 1991

[1Par défaut, les citations proviennent des « Investigations philosophiques ». Nous nous basons sur la traduction anglaise, la traduction française à notre disposition ayant quelques lacunes (cf. §7, où manque la dernière phrase).
Aurions-nous eu plus de temps, nous aurions entrepris de confronter les traductions avec l’édition critique allemande.

[2Nous renvoyons ici au cours de fr. P. Marin, o.p., dispensé dans le cadre de la formation des frères prêcheurs de la Province de France en 2004-2005.
Rappelons que la problématique est couramment la suivante :

  • 1) distinguer deux Wittgenstein en décelant des ruptures entre les deux ouvrages, ou au contraire
  • 2) unifier l’objet Wittgenstein en montrant la continuité de ce qui se joue dans les Investigations par rapport au Tractatus

– sachant que les positions peuvent s’échelonner entre les deux extrêmes. Nous renvoyons à ce que dit Wittgenstein du Tractatus dans ses Investigations  : Préface ; § 46 ; § 97 ; § 114

[3Y-a-t-il disjonction entre « dire » et « vouloir dire » ? Comment puis-je dire ce que je ne veux pas dire ? Comment puis-je vouloir dire ce que je ne dis pas ? Wittgenstein ; dira qu’il s’agit là de confusion grammaticale sur le « jeu de langage ». Je puis distinguer chez quelqu’un d’autre que moi entre ce qu’il veut dire et ce qu’il dit – à la troisième personne du singulier - mais je ne peux pas distinguer cela à la première personne du singulier. [Nous prenons de l’avance par rapport à notre via expositionis.]

[4En ce sens, on doit parler d’un « entraînement » (training) plutôt que d’une explication [§5]

[5Faut-il entendre par là le « langage » (comme capacité à utiliser un système de communication, verbal ou non), ? ou faut-il entendre la « langue » – comme la pratique linguistique d’une communauté humaine, qui constitue une réalisation du langage ? Le texte de Wittgenstein n’est pas explicite sur la différence entre « langage » et « langue » : cette distinction ne semble pas importer à Wittgenstein quand il utilise le mot « langage ».

[6notre traduction en français

[7notre traduction en français

[8notre traduction en français


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