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Cartographie de l’espace inter-religieux - les conservateurs

mardi 12 août 2014 par Phap

Voir aussi :
Cartographie de l’espace inter-religieux dans la déclaration Nostra Aetate de Vatican II (1965)
Cartographie de l’espace inter-religieux - les progressistes


Table des matières

I. Assise 1986 et Assise 2011
II. Deux lectures opposées de l’icône d’Assise 1986
III. Un projet à la fois religieux et politique


I. Assise 1986 et Assise 2011

1§ En 2011, e pape Benoît XVI a célébré l’anniversaire des 25 ans de la journée internationale de prière pour la paix organisée par son prédécesseur, le pape Jean-Paul II, à Assise le 27 octobre 1986.

2§ Rappelons que Jean-Paul II avait créé la surprise le 25 janvier 1986, en annonçant cette journée de rencontre inter-religieuse  [1]. Lui et ses collaborateurs, les cardinaux Etchegaray (Justice et Paix),Willebrands (Union des chrétiens) et Arinze (Relation avec les non-chrétiens), n’avaient eu de cesse de rappeler qu’il s’agissait d’ « être ensemble pour prier » et non pas de « prier ensemble ». Ainsi, le cardinal Etchegaray prévenait le 27 juin 1986 qu’Assise « ne sera pas une prière commune, ce n’est pas possible. Mais nous serons ensemble, dans le même lieu pour prier. Tous sont d’accord pour éviter le syncrétisme et même toute impression de syncrétisme »  [2]

3§ Les représentants des différentes religions n’ont donc pas prié ensemble mais ils étaient ensemble pour prier, chacun avec son mode d’expression propre, ses rites propres. A la fin de la journée en particulier, différents représentants se sont succédés pour présenter leur prière à voix haute, tandis que l’assistance les écoutait en silence.
Si l’on veut bien reprendre la classification des quatre niveaux du dialogue, la rencontre d’Assise de 1986 se situait donc surtout au deuxième niveau, celui du dialogue pour la justice et la paix, pour l’humain et contre l’inhumain, et au quatrième niveau, le niveau spirituel.
Elle comprenait certainement aussi le premier niveau, celui de la vie (les participants ont tous eu froid, faim, ils se sont regardés, salués, souri, ils ont commencé à se connaître et s’apprécier en tant qu’hommes).

4§ L’Organisation des Nations Unies (ONU) avait dédié l’année 1986 à la promotion de la paix. Le pape Jean-Paul II et les participants d’Assise avaient inscrit leur rencontre dans le cadre de cette année de l’ONU, pour montrer, entre autres, que les religions pouvaient, elles aussi, travailler pour la paix dans le monde, avec leurs armes à elles, qui sont les armes spirituelles, à savoir ici la prière, le jeûne et le pèlerinage  [3].

5§ Cette rencontre inter-religieuse de prière pour la paix avait été très critiquée par la branche conservatrice de l’Église qui s’était opposée aux déclarations Nostra Aetate et Dignitatis Humanae de Vatican II. A peu près deux ans plus tard, le 30 juin 1988 à Écône en Suisse, Monseigneur Lefebvre ordonnait quatre évêques dans la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) qu’il avait fondée en 1970. Mgr Lefebvre avait alors agi sans l’autorisation de Rome, ce qui lui a valu son excommunication. Sans doute faut-il y voir la conclusion logique de visions divergentes de la tradition catholique, visions divergentes qui avaient trouvé dans la rencontre d’Assise leur illustration concrète  [4]. C’est ce que nous allons voir maintenant.


II. Deux lectures opposées de l’icône d’Assise 1986

6§ Nous nous appuierons sur le texte de l’abbé de Cacqueray, du District latin de la FSSPX, disponible sur Internet. Ce texte, daté du 12 septembre 2011, est intitulé « Le renouvellement du scandale d’Assise » et il porte un sous-titre écrit en latin : «  Errare humanum est, perseverare diabolicum », autrement dit, « se tromper est humain, persévérer [5] est diabolique ».

7§ Le titre « Le renouvellement du scandale d’Assise » indique que, pour l’auteur, la rencontre d’Assise constitue un « scandale ». Le mot « scandale » renvoie pour un chrétien à la phrase de Jésus dans l’Évangile de Luc :

Lc 17,1-2 Jésus dit à ses disciples : « Il est inévitable qu’il y ait des causes de chute. Mais malheureux celui par qui la chute arrive. Mieux vaut pour lui qu’on lui attache au cou une meule de moulin et qu’on le jette à la mer et qu’il ne fasse pas tomber [6] un seul de ces petits. »

Avec le sous-titre : « Errare humanum est, perseverare diabolicum » l’auteur du texte signifie que la rencontre d’Assise de 1986 fut une erreur, et que celle de 2011 constitue une répétition de cette erreur et elle devient diabolique.

8§ A suivre l’intitulé du texte, l’abbé de Cacqueray porte donc des accusations très lourdes contre l’autorité pontificale. Il place d’emblée ses accusations sur le plan religieux en faisant référence à un « scandale » « diabolique ». En écrivant ces accusations, il entend prévenir le pape Benoît XVI afin d’empêcher l’anniversaire d’Assise qui n’a pas encore eu lieu au moment où l’abbé écrit (le 12/9/2011). Que dénonce-t-il ?

9§ L’abbé de Cacqueray considère que les religions non-chrétiennes constituent autant de fausses religions qui ne peuvent plaire au seul vrai et unique Dieu. Or, selon lui, le pape, en les faisant accéder à son niveau, donne à croire que ces autres religions sont elles aussi vraies.

10§ La photographie emblématique d’Assise illustre visuellement la question posée par l’abbé. On voit sur la photo que le pape est assis au même niveau que le dalaï lama et le patriarche de Constantinople. Dans l’optique de l’’abbé de Cacqueray, cette photographie pose problème, puisque pour lui, le dalaï lama est un « idolâtre » et le patriarche de Constantinople un « schismatique ».
Comment se fait-il que le pape, le vicaire du Christ, le représentant de la seule et unique vraie religion, la religion catholique (et non pas la religion chrétienne), comment se fait-il donc que le pape soit au même niveau que des idolâtres et des schismatiques ? Ne devrait-il pas se trouver au dessus d’eux, plutôt qu’à leur niveau ?
Telle est la question que pourrait se poser l’abbé en regardant cette photographie.

11§ En partant cette fois du texte de l’abbé, on pourrait résumer ainsi le reproche qu’il adresse au pape : « Votre Sainteté, vous donnez l’impression que les autres religions sont au même niveau que vous. Or non ! Dieu dit qu’il n’y a qu’une seule vraie religion et il a averti que ceux qui se tournent vers les idoles subiront son courroux. Votre Sainteté, vous encouragez des hommes à continuer dans leurs fausses religions, et en plus, vous découragez les chrétiens en sous-entendant que la mission ne sert à rien ».

12§ L’abbé adresse aussi au pape un autre reproche, que nous trouvons illustré à nouveau sur la photo devenue l’icône d’Assise. Sur le paravent entourant les participants figure le mot « paix », écrit dans plusieurs langues : pax, vrede, pace, peace, 平和 (japonais).
Or, dit en substance l’abbé dans son texte (nous résumons) : « Votre Sainteté, la paix dont vous parlez est fondée sur des efforts humains, elle n’est pas une paix fondée sur le seul vrai Dieu.
Or la seule vraie paix, la paix définitive et véritable, ne peut provenir que du seul vrai Dieu. La paix dont vous parlez, c’est la paix des Nations-Unies, c’est la paix des francs-maçons  [7] ».

13§ Il nous semble que le pape Jean-Paul II avait pourtant bien précisé le sens de la rencontre d’Assise, avant et après le 27/10/1986.
A l’ouverture même de la journée, il avait déclaré aux représentants des différentes religions :

Le fait que nous soyons venus ici n’implique aucune intention de rechercher un consensus religieux entre nous, de mener une négociation sur nos convictions de foi. Il ne signifie pas non plus que les religions peuvent être réconciliées sur le plan d’un engagement commun dans un projet terrestre qui les dépasserait toutes. Il n’est pas non plus une concession au relativisme des croyances religieuses, car tout homme doit suivre honnêtement sa conscience avec l’intention de rechercher la vérité et de lui obéir.
Notre rencontre atteste seulement — et c’est là sa grande signification pour les hommes de notre temps — que dans la grande bataille pour la paix, l’humanité, avec sa diversité même, doit puiser aux sources les plus profondes et les plus vivifiantes où se forme la conscience et sur lesquelles se fonde l’agir moral des hommes  [8].

14§ Après l’évènement, le pape Jean-Paul II avait réfuté l’accusation de relativisme, en particulier dans son discours à la Curie romaine du 22 décembre 1986  [9] où il précisait le sens d’Assise, en montrant que l’évènement s’inscrivait dans le droit fil de l’esprit de Vatican II, avec les religions non-chrétiennes, « ordonnées »  [10] – et non subordonnées – à l’Église et au Christ.

15§ Pour notre part, nous avons montré ailleurs que la déclaration Nostra Aetate, loin d’induire le relativisme, contient au contraire une vision ecclésio-centrée et christo-centrée de l’espace inter-religieux  [11]. Nous suivons donc la position de Jean-Paul II, et nous ne recevons pas l’abbé de Cacqueray dans son accusation de relativisme porté à l’encontre des papes Jean-Paul II et Benoît XVI.

16§ Nous reprendrons la même image d’Assise, pour en proposer une autre lecture que celle inspirée par la vision de l’abbé de Cacqueray. En chaussant les lunettes du pape Jean-Paul II, et avant lui celle des pères conciliaires de Vatican II et du pape Paul VI, que voyons nous ? Nous voyons que les participants d’Assise en 1986 sont disposés autour du pape, et nous voyons que le pape se tient au centre. Pourquoi cette disposition ? Parce que c’est le pape qui lancé l’invitation.

17§ La photographie d’Assise de 1986 montre combien l’Église est capable de promouvoir l’unité du genre humain, en rassemblant autour d’elle les hommes de toutes cultures, religions, races et nations. Nous avons donc l’illustration en acte et en image de ce que le concile de Vatican II a énoncé, à savoir que l’Église est le sacrement, c’est-à-dire le signe et le moyen de l’unité du genre humain.

18§ La même image donc, mais interprétée différemment selon la cartographie de l’espace religieux que l’on nourrit : verticale pour l’abbé de Cacqueray, plane et centrée pour le Magistère romain.


III. Un projet à la fois religieux et politique

19§ L’abbé de Cacqueray donne un tour politique à son document lorsqu’il le date de la manière suivante : « Le 12 septembre 2011, en la fête du Saint Nom de Marie, jour anniversaire de la victoire des armées catholiques sur les troupes musulmanes à Vienne le 12 septembre 1683. »

20§ Il nous semble significatif que l’abbé de Cacqueray choisisse de célébrer un anniversaire renvoyant à un passé belliqueux entre États chrétiens et musulmans. Alors qu’Assise se voulait facteur de paix, l’abbé au contraire renvoie à la guerre qui, pour lui, est religieuse : il ne s’agit pas d’une bataille entre l’Empire ottoman et l’Empire germanique, il s’agit pour lui d’une bataille entre les « armées catholiques » et les « troupes musulmanes », entre les catholiques – pas les chrétiens protestants, pas les chrétiens orthodoxes – et les musulmans – sans distinction entre chiites et sunnites. L’abbé ici nous semble adopter l’idée d’un Samuel Huttington qui voulait voir dans les affrontements guerriers des causes culturalo-religieuses  [12].

21§ L’abbé s’inscrit à rebours d’Assise, à rebours de la déclaration Nostra Aetate de Vatican II qui disait au n°3 que :

Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté.

22§ Il nous semble qu’ici l’abbé mêle politique et religion, ce qui, on le sait, constitue un mélange explosif. Est-ce qu’il sous-entend qu’actuellement, le « musulman » est en train d’assiéger le « catholique », de l’envahir ? En ce cas, le texte risque d’activer les réflexes et les émotions les plus archaïques, en dressant face au lecteur la figure-repoussoir de l’Autre, cet Autre d’autant plus redouté qu’il est plus fantasmé que réellement connu.

23§ Toujours en partant de ce choix de date, on peut se demander si l’auteur ne s’appuie pas sur un passé idéalisé d’une Europe catholique ? Est-ce qu’il ne s’agit pas d’une idéalisation de la « chrétienté », ce concept politique du Moyen Âge occidental, sans les chrétiens orthodoxes ?

24§ La chrétienté de l’époque aurait été une Europe de culture latine, germanique et saxonne, unifiée par un gouvernement bicéphale avec l’Empereur du Saint Empire Germanique comme tête politique et Sa Sainteté le Pape comme tête religieuse. Cette Europe aurait vécu dans la paix et l’unité, grâce au bras armé de l’Empereur qui combattait intérieurement l’hérésie et extérieurement les infidèles d’une part, grâce aux armes spirituelles du Souverain Pontife qui veillait à la sauvegarde de la foi et de la morale d’autre part. Ainsi protégé, le peuple chrétien occidental ne pouvait que marcher sans encombre vers son salut.

25§ On peut se demander à quel moment cette description a correspondu à la réalité du Moyen-Âge , si tant est qu’elle ait jamais correspondu à la réalité. Selon nous, il s’agit plus d’une construction idéologique servant à légitimer un projet politique que d’une description de l’Europe du Moyen-Âge. Historiquement, cette construction politique s’est effondrée au XVIe siècle lorsque le fait national s’est imposé à l’ambition universelle de l’Empire, tandis que les confessions protestantes s’affirmaient de manière irréductible face à l’Église catholique.

26§ Il nous semble qu’en promouvant la vision idéalisée d’une chrétienté occidentale harmonieuse, l’abbé participe d’une sous-culture qu’on pourrait qualifier de « néo » : l’abbé propose comme modèle une « néo-chrétienté », autrement dit un idéal en réaction contre la culture moderne (et postmoderne) et qui cherche à s’affranchir de cette culture en retournant à une figure du passé idéalisée. Ce mouvement « rétrograde » (au sens littéral du terme, sinon au sens figuré) ne se rend pas compte qu’il se définit par rapport aux catégories de son ennemi, ce qui fait que son idéal est irrémédiablement dépendant de cela même qu’il entend rejeter – et en ce sens, il s’agit bien d’un mouvement « néo ».

27§ Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, toutes proportions gardées, nous trouvons un parallèle à la néo-chrétienté dans une sous-culture musulmane qui entend revenir au temps du califat des origines. Là encore, nous repérons le refus de la modernité, l’accusation de la décadence des mœurs et de la foi ; là encore, nous repérons une aspiration au retour à une situation historique idéalisée de paix, d’harmonie, où la communauté musulmane était unanimement croyante, où les bons étaient récompensés et les méchants punis – et où l’on était craint et respecté par les infidèles – les Autres.

28§ Néo-chrétienté, néo-califat, dans les deux cas, un mélange détonnant de religieux et de politique. Dans les deux cas, le refus d’admettre que le passé ne reviendra pas – un passé qui, de toutes façons, n’a pas été aussi beau qu’on veut bien le croire. Dans les deux cas, une réaction face à la crise provoquée par la critique moderne (et post-moderne), réaction négative qui ne peut pas constituer une réponse valable à la crise actuelle, crise de sens, crise de repères, qui, elle, est bien réelle.

29§ A notre sens, il y a un choix à faire : comment on se positionne par rapport à l’ethos moderne ? Je dirais la chose suivante : à nous de partir de nos ressources chrétiennes, de nos traditions, pour dialoguer avec une culture qui est la nôtre, que nous le voulions ou non. Il y a alors un combat à mener pour discerner ce qui est vrai et saint, et ce qui est malsain et faux, en sachant que nous sommes nous-mêmes immergés dans cette culture et que donc le combat s’exerce aussi à l’intérieur de nous.

30§ L’abbé mêle politique et religieux en se référant implicitement au projet politique de la « Chrétienté ». Nous avons trouvé ce mélange dans le choix de la date anniversaire. Nous le retrouvons quand l’abbé dénonce la liberté de conscience, et en particulier la liberté religieuse.

31§ De fait, dans la chrétienté médiévale, une seule religion était autorisée, et le juif n’était toléré que dans la mesure où on attendait de lui qu’il se fasse baptiser un jour ou l’autre.
Entendons-nous bien, l’Église a de tous temps interdit qu’on force les consciences, autrement dit, le for interne demeurait le sanctuaire inviolable de la conscience individuelle, et l’Église interdisait que quiconque veuille le régenter – les régimes totalitaires n’ont pas eu ce respect, signalons le entre parenthèses. Par contre, sur le plan collectif, autrement dit sur le plan politique, l’Église a longtemps considéré que les États devaient imposer à leurs sujets une seule religion, qui était évidemment la religion chrétienne  [13]. Elle a bougé, et, personnellement, nous lisons dans cette capacité de l’Église à se réformer, à se re-former, un signe supplémentaire de son caractère d’organisme vivant, plus même de son caractère de société humano-divine.


© esperer-isshoni.fr, juillet 2012
© esperer-isshoni.info, août 2014

[1toutes proportions gardées, nous retrouvons ici l’effet de surprise qu’a provoqué l’annonce de Vatican II par le pape Jean XXIII : nous ne pouvons pas nous empêcher, comme croyant catholique, d’y voir l’effet de l’Esprit Saint qui « souffle où il veut, et tu ne sais pas ni d’où il vient ni où il va » (jn 3,8[[plus exactement : « Le vent [pneuma en grec] souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit [là encore, pneuma en grec]. » (traduction oecuménique biblique dite TOB )

[2déclaration tirée de la revue Actualité des Religions du Monde n°38 de 1986

[3Dans le même ordre d’idée, pour mémoire, voilà ce qu’écrivait saint Paul :

« Pour finir, armez-vous de force dans le Seigneur, de sa force toute-puissante. Revêtez l’armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manœuvres du diable. Ce n’est pas à l’homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités, aux Pouvoirs, aux Dominateurs de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui sont dans les cieux. Saisissez donc l’armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais, vous puissiez résister et demeurer debout, ayant tout mis en œuvre. Debout donc ! À la taille, la vérité pour ceinturon, avec la justice pour cuirasse et, comme chaussures aux pieds, l’élan pour annoncer l’Évangile de la paix. Prenez surtout le bouclier de la foi, il vous permettra d’éteindre tous les projectiles enflammés du Malin. Recevez enfin le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu. »[Éphésiens 6,10-17 ]

[4Le pape Jean-Paul II l’a dit lui-même :

L’événement d’Assise peut ainsi être considéré comme une illustration visible, une leçon de choses, une catéchèse intelligible à tous de ce que présuppose et signifie l’engagement œcuménique et l’engagement pour le dialogue interreligieux recommandé et promu par le Concile Vatican II.
(discours du 22/12/1986 à la Curie romaine n°7)

.

[5dans l’erreur

[6« scandalise » en grec

[7deux références dans le texte. L’abbé sous-entend ici que la rencontre d’Assise véhicule des idéaux maçonniques qui sont pour lui inacceptables

[9Traduction par la Documentation Catholique du texte italien publié dans l’Osservatore Romano des 22-23 décembre 1986 (DC 1987, n°1933, p. 133-136). Voir le texte sur le site Croire de Bayard

[10cf. n°7 du discours à la Curie romaine du 22/12/1986 :

L’unité universelle fondée sur l’événement de la création et de la rédemption ne peut pas ne pas laisser une trace dans la vie réelle des hommes, même de ceux qui appartiennent à des religions différentes. C’est pourquoi, le Concile a invité l’Église à respecter les semences du Verbe présentes dans ces religions (Ad gentes, 11) et il affirme que tous ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile sont "ordonnés" à l’unité suprême de l’unique Peuple de Dieu à laquelle appartiennent déjà par la grâce de Dieu et par le don de la foi et du baptême tous les chrétiens avec qui les catholiques "qui conservent l’unité de la communion sous le Successeur de Pierre", savent qu’ils "sont unis pour de multiples raisons" (cf. Lumen gentium, 15).

[11cf. n°9 du discours à la Curie romaine du pape Jean-Paul II le 22/12/1986, après Assise :

La Journée ne nous a-t-elle pas enseigné à relire, à notre tour, avec des yeux plus ouverts et plus pénétrants, le riche enseignement conciliaire sur le dessein salvifique de Dieu, le caractère central de ce dessein en Jésus-Christ et la profonde unité dont il part et vers laquelle il tend à travers la diaconie de l’Église ? L’Église catholique s’est manifestée à ses fils et au monde dans l’exercice de sa fonction de "promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et même entre les peuples" (Nostra aetate, 1).

[12cf. le livre de Samuel Huttington intitulé "The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order" (le choc des civilisations et la refonte de l’ordre mondial) publié en 1996

[13rappelons qu’en 1864, dans son Syllabus, le pape Pie IX avait qualifié d’erreurs liées au « libéralisme moderne » les propositions suivantes :

LXXVII. A notre époque, il n’est plus utile que la religion catholique soit considérée comme l’unique religion de l’État, à l’exclusion de tous les autres cultes.
LXXVIII. Aussi c’est avec raison que, dans quelques pays catholiques, la loi a pourvu à ce que les étrangers qui s’y rendent y jouissent de l’exercice public de leurs cultes particuliers.
LXXIX. Il est faux que la liberté civile de tous les cultes, et que le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement et publiquement toutes leurs pensées et toutes leurs opinions, jettent plus facilement les peuples dans la corruption des mœurs et de l’esprit, et propagent la peste de l’Indifférentisme.
XV. Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison.


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