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Le royaume de Dieu est parmi nous : 06 – Députés par la Parole et pour la Parole

jeudi 31 juillet 2014 par Phap
Lancement–Entretien n°01–02–03–04–05–06– 07–08–09

Exercice spirituel dans le cadre d’une retraite avec les instituts séculiers dominicains.

  • Donné le dimanche 20 juillet 2014 après-midi à Fanjeaux..
  • La retranscription conserve le style oral de l’entretien (durée : 45 minutes).
  • Le point de vue exprimé ici est celui d’un chrétien s’adressant à des chrétiens de confession catholique. Le ton est celui d’un ami s’adressant à des amies, avec simplicité et respect.
  • Les passages de la Bible sont cités à partir de la Traduction œcuménique biblique (TOB)

Table des matières

Instructions préalables
1. Voir Jésus qui envoie en mission
2. Le style apostolique voulu par Jésus
3. La prophétie d’Isaïe se réalise
Ma conclusion. Être avec Jésus et prêcher, çà va ensemble



Instructions préalables

La prière
1§ Je vous propose une prière à partir de la messe en l’honneur de Notre Dame reine des Apôtres.

Dieu qui as envoyé l’Esprit Saint sur les Apôtres quand ils étaient en prière avec Marie, la Mère de Jésus,
Donne-nous, par son intercession, de savoir te servir avec fidélité et de travailler par la parole et l’exemple au rayonnement de ta gloire.
Par Jésus Christ.

Préface

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant.
Et nous voulons te bénir en faisant mémoire de la Vierge Marie, reine des Apôtres, car elle les a précédés dans l’annonce du Christ.
Guidée par l’Esprit Saint, elle s’est hâtée d’apporter le Christ à son précurseur, et sa venue a rempli Jean de sainteté et de joie.
Poussés par le même Esprit, Pierre et les autres Apôtres n’ont pas craint d’annoncer à tous les peuples l’Évangile, la bonne nouvelle du salut et de la vie.
Et maintenant encore, les messagers de l’Évangile sont entraînés par l’exemple de Marie, soutenus par sa charité et aidés par sa prière incessante, dans l’annonce du Christ Sauveur à tous les peuples.
C’est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous chantons l’hymne de ta gloire,
et sans fin nous proclamons : Saint ! …

Textes à méditer
Je vous propose de méditer la mission des Douze dans les évangiles synoptiques :

  • Lc 9,1-6
  • ou bien le parallèle en Mc 6,6-13
  • ou bien Mt 10,1-15 :

La grâce à demander

2§ Savoir travailler par la parole et par l’exemple au rayonnement de Ta gloire.

Et la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant selon saint Irénée de Lyon, patron de la province dominicaine de France.


1. Voir Jésus qui envoie en mission

3§ Rappel préalable.
Nous sommes à mi-parcours, pensez bien à vous ménager pour éviter les nervous breakdowns, les dépressions nerveuses, et les burn out, les cas d’épuisement total. Tendez la corde mais ni trop ni pas assez, à la juste mesure.


Lc 10,1-20
Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres disciples et les envoya deux par deux devant lui dans toute ville et localité où il devait aller lui-même.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson.

4§ Les 72 disciples partent en ambassadeurs du Christ. Ils vont avant lui partout où il doit aller, comme le précurseur Jean le Baptiste qui prépare la venue du Christ – personnellement, j’aime bien considérer que le cantique de Zacharie de l’office des Laudes parle de nous : nous ne sommes pas le Christ, nous préparons la venue du Christ.

5§ Les 70 ou 72 disciples symboliseraient toutes les nations sur la terre d’après Genèse 10 – une tentative d’explication intéressante au bémol près qu’ils partent deux par deux, ce qui fait 36 ou 35 nations. Le symbolisme numérique signifierait que le message : la venue du Christ qui va passer dans la localité, concerne toute l’humanité.

6§ A suivre l’évangéliste Luc, le missionnaire, l’homme délégué par Dieu pour annoncer la Parole, ne s’appuie pas d’abord sur le calcul, les statistiques du nombre de chrétiens dans un endroit, il part d’abord parce qu’il est entré dans la vision du Christ.
Voir le monde comme Jésus le voit : il voit une moisson immense à travailler. Adopter la vision d’un monde à moissonner et alors on ressent ce manque d’ouvriers – à l’époque de Jésus, les ouvriers manquaient déjà.

7§ Le missionnaire sera d’autant plus efficace qu’il aura épousé le désir du Christ vis-à-vis de ce monde, et par delà le désir du Christ celui du Père qui a envoyé son Fils, le premier missionné.

8§ Nous qui sommes à la suite du Christ dans le style de Dominique, nous pouvons entrer dans la vision de Dominique qui qui entend monter de lui le cri du monde et qui y répond par un autre cri, adressé à Dieu, la nuit dans le secret – mal gardé – de sa cellule : « Mon Dieu, mon Dieu, ma miséricorde, que vont devenir les pêcheurs ? ».
C’est dans ce souci universel du salut des hommes que Dominique reçoit son élan missionnaire, c’est cela qui le députe vers les autres.

9§ C’est ce souci du salut de tous les hommes amène Jésus à démultiplier son action en envoyant les 12 puis les 72. Les pouvoirs de Jésus – proclamation de l’Évangile, guérisons, exorcismes, résurrection des morts (chez Matthieu) – mais pas encore celui de lever les péchés (dans l’évangile de Jean, il ne délèguera ce pouvoir, cette faculté, qu’après sa résurrection) – sont donc délégables - par lui, à des disciples choisis, élus par lui pour le service de la communauté. Dès le début, l’Église reçoit une organisation, une charpente, dont la pierre angulaire est le Christ et les Apôtres les colonnes.

10§ Le missionnaire est envoyé, il ne se donne pas sa mission, il la reçoit. L’agent pastoral reçoit de l’évêque sa lettre de mission, il ne s’institue pas lui-même prédicateur, catéchiste, il s’inscrit dans la mission collective de l’Église et c’est à l’intérieur de l’Église et d’elle qu’il reçoit sa mission.

11§ Voilà ce qui sépare François d’Assise de Pierre Valdo, deux hommes qui ont tous deux fait l’expérience d’être brulés par le feu de l’Évangile mais qui le monnayent différemment : les frères franciscains prêchent la Parole évangélique seulement après en avoir obtenu l’autorisation de l’évêque du lieu tandis que les prédicateurs vaudois n’hésitent pas à passer outre à l’éventuel refus de l’évêque, sans doute avec les meilleures raisons du monde.

12§ Il y a une grande joie à être choisi par le Christ pour prêcher et celui qui reçoit la mission de prêcher peut s’en réjouir. Il devra le faire pour de justes motifs, comme nous le verrons en conclusion.

Romains 10,13-15
En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
Or, comment l’invoqueraient-ils, sans avoir cru en lui ?
Et comment croiraient-ils en lui, sans l’avoir entendu ?
Et comment l’entendraient-ils, si personne ne le proclame ?
Et comment le proclamer, sans être envoyé ?
Aussi est-il écrit : Qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles !

13§ Paul remonte de maillon en maillon dans la chaine : le salut proposé à tous naît de l’invocation du nom de Jésus - « Dieu sauve » en hébreu -, invocation qui suppose la foi, foi qui présuppose d’avoir entendu l’Évangile, audition évangélique qui présuppose quelqu’un qui proclame (kerussein, le kérigme en grec) le nom du Sauveur, et celui qui proclame doit avoir été envoyé (en grec apostolein) : l’apôtre est un envoyé, un ambassadeur de Dieu, il reçoit sa mission.

14§ Revenons sur ce désir de Dieu de se communiquer, de communiquer sa Parole vivante qui est son Fils. Dans les évangiles, on entend cet écho dans le feu qui dévore Jésus, un feu qui demande à sortir, à se transmettre : « là où je suis [auprès du Père dans l’évangile de Jean], que les hommes y soient aussi ».

15§ pitié, compassion de Jésus pour les foules qui errent sans berger et qui le prend littéralement aux entrailles, il ne s’agit pas d’une compassion intellectuelle :

Matthieu 9,36 : Voyant les foules, il fut pris de pitié pour elles, parce qu’elles étaient harassées et prostrées comme des brebis qui n’ont pas de berger.

16§ Désir aussi de donner entièrement la vie en lui :

« C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
C’est un baptême que j’ai à recevoir, et comme cela me pèse jusqu’à ce qu’il soit accompli !

17§ Le feu qui dévore Jésus et qui dévorera Dominique fait écho à celui dont parle Jérémie dans l’Ancien Testament :

Jérémie 20,9
Quand je dis : « Je n’en ferai plus mention, je ne dirai plus la parole en son nom », alors elle devient au-dedans de moi comme un feu dévorant, prisonnier de mon corps ; je m’épuise à le contenir, mais n’y arrive pas.


2. Le style apostolique voulu par Jésus


Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
N’emportez pas de bourse, pas de sac, pas de sandales, et n’échangez de salutations avec personne en chemin.
« Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord : ‹Paix à cette maison.›
Et s’il s’y trouve un homme de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Demeurez dans cette maison, mangeant et buvant ce qu’on vous donnera, car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
« Dans quelque ville que vous entriez et où l’on vous accueillera, mangez ce qu’on vous offrira.

18§ Référons-nous à Dominique qui allait pauvrement, simplement. Voir son allure, son port de visage. Sans doute tient-il un bâton pour marcher, son visage est buriné par la marche en plein air. Voir comment il demande du pain aux villageois. Il leur annonce la Parole de Dieu par la parole et par l’exemple, mais en retour il mendie le logement, la nourriture, le vêtement, le médicament.

19§ La légende dominicaine rapporte que Dominique aurait frappé à la porte d’une maison pour mendier. Le maître de maison lui donne alors une miche de pain qu’il reçoit à genoux.
Voir cela.
Dominique se met à genoux pour recevoir la miche de pain : le maître de maison n’a pas donné quelques tranches de pain, non, il a donné une miche entière.
Cela nous rappelle, à l’encontre de nos rêves de grandeur, que nous sommes à la suite du Christ, humble, pauvre et nu.

20§ Voilà comment Dominique se comporte alors que les villageois sont hostiles à une Église qu’ils perçoivent comme outrageusement opulente, écrasante : les légats du pape venaient combattre l’hétérodoxie cathare juchés sur des mules somptueusement harnachées, leurs habits en imposaient par leur luxe, ils étaient entourés de gardes et de serviteurs. Comment auraient-ils pu contrebalancer l’influence des prêcheurs cathares qui allaient pauvrement et sobrement ?

21§ Les apôtres devront être prudents afin de ne pas recevoir le coup de dent de ceux à qui ils sont envoyés. L’apôtre, l’homme spirituel habité par la Parole divine, devra tenir compte de la nature « psychique » de ceux à qui il est envoyé : blocages, fragilités, blessures intérieures, orgueils mal placés, fausses convictions, attachements immodérés, auto-centrage maladif et les réactions de violence disproportionnée que cette nature psychique peut engendrer.

22§ Cela signifie aussi que les apôtres peuvent être mis en pièce par les loups, qu’ils seront peut-être appelés au témoignage du sang parce qu’ils se refusent à hurler avec la meute.

23§ Cela signifie aussi que les loups peuvent devenir des agneaux, tels les apôtres convertis par le Christ, en sachant que la transformation n’est pas irréversible : l’apôtre Judas l’Iscariote a fini par trahir son maître, à cause de son attachement à l’argent selon l’évangéliste Jean.
Nous aussi, nous sommes sur ce chemin de conversion où nous pouvons toujours régresser, revenir en arrière.

24§ Nous ne pouvons donc pas faire comme le Pharisien de l’Évangile que nous avons vu précédemment et qui méprisait le publicain : parce que nous avons été nous aussi du côté des loups, parce que notre maître Jésus aime ces loups qui peuvent devenir des agneaux et que nous participons de cet amour, parce que notre force n’est pas la nôtre mais celle de Jésus, qu’il nous a déléguée et que nous perdrons si nous cessons d’être en communion avec lui – comme Simon qui coule quand il cesse de regarder Jésus [1] ou comme le sarment qui se dessèche quand il se sépare de la vigne [2].

25§ Jésus recommande de partir sans assurance, sans viatique. Cela rappelle un épisode dans la vie de Dominique, quand il avait voulu envoyer un frère à Paris. Ce dernier avait refusé de partir tant qu’il n’avait pas reçu la somme d’argent qui lui permettra de faire le chemin, ce qu’on appelle le viatique.

26§ Dominique se met à genoux, pleure, il le supplie : « non, fais comme les apôtres, notre voie est celle de l’imitation de la vie des apôtres, fais confiance au chemin et à la providence, compte sur le fait que les hommes te nourriront sur la route ».
Or, comme chanoine, ce frère a effectivement droit de revendiquer le viatique et Dominique devra finalement lui verser.
[Dominique fera rédiger des constitutions demandant la pauvreté volontaire, empêchant ainsi le frère de rejouer cette scène].

27§ Imiter la vie des apôtres, c’est vouloir dépendre de la providence, accepter de ne pas avoir de garantie, à la suite des apôtres que Jésus a envoyé devant lui. L’apôtre est prêt à s’exposer au froid, à la faim, à la pluie, à coucher dehors.
Cela signifie qu’il est prêt à coucher chez le premier qui l’invitera chez lui, que la maison soit riche ou pauvre. Il n’en changera pas : si la maison dispose d’une piscine, de serviteurs, de bons repas, il en profitera ; s’il s’agit d’une cahute, avec une paillasse infestée par des punaises, il habitera là et il ne déménagera pas pour aller dans une maison plus riche ensuite lorsqu’il aura rencontré le succès.

28§ Quelle différence avec le frère précédent qui dispose de son viatique malgré les supplications de Dominique : le frère sait qu’il aura gîte et couvert assurés à chaque étape.

29§ L’apôtre se rend dépendant de ceux à qui il est envoyé : on ne donne pas du haut de son superflu, je dis la parole à hauteur d’homme, je m’adresse à quelqu’un à qui je demanderai le gîte et le couvert.

30§ Une anecdote à propos de cela : une sœur qui va faire les courses en habit – d’où l’intérêt de porter l’habit. La sœur passe à la caisse, elle veut payer et là, la cliente suivante dit à la caissière : « non, je règle pour la sœur ».
Question : la sœur devait-elle accepter ou non ?

31§ Cette femme qui veut t’offrir le caddie, en refusant son offre, cela veut-il dire que tu refuses de dépendre d’elle ? Ou que tu ne veux pas être humiliée aux yeux des autres clients ?
Ou inversement en l’acceptant, cela veut-il dire que tu exploites la religiosité des gens, que tu cherches à accumuler de l’argent en prétendant être pauvre ?
Au final, quelle est ta motivation profonde ? Tu es sœur dominicaine pour quoi ? Pour prêcher. Oui, alors quelle décision vas-tu prendre ?

32§ Refuser de recevoir, n’être que quelqu’un qui donne sans jamais recevoir, cela veut dire quoi ? Personnellement, il me semble important de se mettre en dette vis-à-vis de ceux à qui je suis envoyé. Est-ce que notre prédication ne sera pas d’autant plus efficace que nous aurons partagé des choses avec ceux à qui nous sommes envoyés ? Que nous nous serons mis en dette vis-à-vis d’eux : accepter une invitation à déjeuner en venant les mains vides, sans pouvoir inviter en retour ; accepter d’être aidé par eux, comme un pauvre qui n’a rien à donner à part sa présence et la présence de celui qui l’habite ?

33§ La dette ici devrait être librement contractée, librement consentie, non par intérêt personnel mais par souci du salut des âmes qui, pour les dominicains, s’exprime dans la prédication.
Si l’échange n’est pas au bon niveau, alors oui, il faudra refuser que le caddie soit offert : si l’on sent qu’il s’agit d’une relation d’intérêt de la part de la personne, si l’on sent qu’il s’agit d’une tentative de mettre la main sur un bénéfice spirituel comme on met la main sur un bénéfice matériel.
En bref, il faudra être clair sur ses motivations et sur celles de la personne en face en prenant la décision : il faudra sentir.


3. La prophétie d’Isaïe se réalise


Guérissez les malades qui s’y trouveront, et dites-leur : ‹Le Règne de Dieu est arrivé jusqu’à vous.›

34§ Jean le Baptiste avait certes reconnu en Jésus le Christ, cela dit, de sa prison, il lui fait demander : « es-tu le Christ ou devons-nous en attendre un autre ? » [3]
Autrement dit, Jean ne comprend pas comment Jésus établit le règne de Dieu. Cela a l’air de se faire petitement, à la marge, dans un coin perdu, la Galilée.
La puissance de Dieu qui devait se déployer instantanément ne le fait pas, elle ne s’impose pas. Moi, j’attendais le feu qui embrase la terre d’un bout à l’autre de l’horizon. Or ce que j’entends de ton action me semble plutôt petit.

35§ Que répond Jésus à Jean le Baptiste :

Matthieu 14,4-6
Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez :
les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent
et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ;
et heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! »

36§ Quand Jésus envoie les 12 puis les 72, il est en train de réaliser le programme prophétisé par Isaïe et il confirme à Jean qu’il ne sait pas trompé en le reconnaissant comme le Messie : Jésus guérit les malades, les estropiés, les lépreux, les aveugles, il ressuscite les morts (cf. Lazare) et l’Évangile est annoncé effectivement, celle du Royaume.
Jésus ajoute ensuite une précision qui ne figure pas dans Isaïe : « heureux qui ne chûte pas à cause de moi », « heureux qui ne sera pas scandalisé (en grec) »

37§ Isaïe parlait déjà de la bonne nouvelle, de l’évangile qui est effectivement la bonne nouvelle du règne de Dieu qui vient .

Isaie 61,1-3
L’Esprit du Seigneur DIEU est sur moi. Le SEIGNEUR, en effet, a fait de moi un messie, il m’a envoyé porter joyeux message aux humiliés, panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs l’évasion, aux prisonniers l’éblouissement,
proclamer l’année de la faveur du SEIGNEUR, le jour de la vengeance de notre Dieu, réconforter tous les endeuillés,
mettre aux endeuillés de Sion un diadème, oui, leur donner ce diadème et non pas de la cendre, un onguent marquant l’enthousiasme, et non pas le deuil, un costume accordé à la louange, et non pas à la langueur.

38§ Les prisonniers sont éblouis en sortant du cachot.
Chez Isaïe, le message s’adresse aux pauvres d’Israël, entendu au sens religieux. Il y a une articulation entre la bonne nouvelle et les infirmités qui jouent métaphoriquement sur le plan religieux : les sourds n’entendent pas la Torah ; les aveugles sont ceux qui vivent dans les ténèbres de l’idolâtrie les boiteux sont ceux qui n’arrivent pas à marcher sur ce chemin, les prisonniers ceux qui sont retenus dans les religions païennes.

39§ Les maladies sont à entendre métaphoriquement : les malades sont ceux qui étaient incapables de vivre selon la Loi de Dieu, qui sont guéries de leurs infirmités spirituelles et qui vont pouvoir pratiquer la Torah : il s’agit des juifs de la diaspora, mais aussi sans doute des nations qui se sont mises au service de faux dieux, de dieux incapables de donner la vie.

40§ Dans les Évangiles, on retrouve la liaison entre la proclamation de la Bonne nouvelle et la guérison des malades, la maladie étant entendue ici dans son sens littéral et non figuré comme chez Isaïe. L’action salvifique de Jésus se traduit par la restauration de la santé des malades.

41§ La Tob traduit par : « Le royaume de Dieu est arrivé », la Bible de Jérusalem par : « le Royaume de Dieu s’est approché ». Le Règne est à portée de la main, il nous touche mais c’est à nous d’aller vers lui, de faire le pas qui manque, c’est à nous de nous laisser pénétrer par le Royaume de Dieu.
Mon interprétation : quand le Christ arrivera dans le village, ce sera simultanément la venue du Royaume de Dieu.

42§ Que pouvait déclencher une telle proclamation : « le royaume de Dieu s’est approché » ? une hystérie collective, une espérance, un désir de conversion personnel et communautaire. Pouvoir me tenir debout quand il sera là, être dedans, être capable de l’accueillir dans mon cœur qui devra être rectifié, creusé – converti.

43§ Le message devait trouver une résonance très forte à l’époque de Jésus, alors que la Terre sainte était sous occupation étrangère avec la déstabilisation sociale qui en résultait : des collaborateurs juifs qui tiraient partie d’une situation troublée pour s’enrichir rapidement, pour occuper des postes politiques importants, avec une injustice généralisé dans le pays.

44§ Je pense à un prédicateur comme le dominicain Vincent Ferrier qui prêchait la venue du Christ en gloire, la parousie, la fin des temps. Ce type de conversion du règne de Dieu qui arrive a déclenché beaucoup de conversions.
Récemment, on a assisté à des attentes apocalyptiques avec par la peur comme ressort.

45§ Cela vous est-il arrivé de vous dire que le Christ allait venir là, aujourd’hui, et que toutes choses allaient changer ?


Ma conclusion. Être avec Jésus et prêcher, deux choses qui vont ensemble


Les soixante-douze disciples revinrent dans la joie, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
Voici, je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents et scorpions, et toute la puissance de l’ennemi, et rien ne pourra vous nuire.
Pourtant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »

46§ Vous allez partir évangéliser le monde, rencontrer du succès, vous serez interviewé à la télévision, vous prêcherez au Jour du Seigneur, le pape vous recevra, le président des États-Unis voudra vous rencontrer. Des hommes, des femmes vous aimeront car vous faites beaucoup de bien.

47§ Face à cela, Jésus vous dit de ne pas vous réjouir de la gloire de ce monde, gloire qui sera certes méritée, mais de faire la volonté de Dieu.
Réjouissez-vous d’être admis au service de sa Majesté divine, vous le serviteur indigne, inutile, admis par grâce au service du Roi et qui ne fait que son devoir. Cela évite de jouer à la diva, si fière de ses talents qu’elle croit pouvoir imposer en retour ses caprices à son entourage. Rappelons-nous toujours que la prédication dans l’ordre des Prêcheurs se veut portée par la communauté, elle est communautaire avant d’être personnelle.
Ne rien s’attribuer, tout vient de Dieu. Dans quel but Jésus choisit-il ses apôtres, pour quoi faire ?
Pour être avec lui et pour les envoyer prêcher.

Marc 3,13-15
Il monte dans la montagne et il appelle ceux qu’il voulait. Ils vinrent à lui et il en établit douze pour être avec lui et pour les envoyer prêcher avec pouvoir de chasser les démons.

Notre joie, c’est d’être avec lui, et c’est cette présence qui nourrit, qui informe notre prédication. C’est la présence au Christ qui précède, accompagne et récompense notre prédication.
Amen.


© esperer-isshoni.info, juillet 2014

[1Mt 14,23-34

[2Jn 15, 2-6

[3Voir dans Matthieu et Luc :

Matthieu 11,2-6 Luc 7,18-23
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya demander par ses disciples : 3 « Es-tu ‹Celui qui doit venir› ou devons-nous en attendre un autre ? » 8 Les disciples de Jean rapportèrent tous ces faits à leur maître ; et lui, s’adressant à deux de ses disciples, 19 les envoya vers le Seigneur pour lui demander : « Es-tu ‹Celui qui vient› ou devons-nous en attendre un autre ? »
20 Arrivés auprès de Jésus, ces hommes lui dirent : « Jean le Baptiste nous a envoyés vers toi pour te demander : Es-tu ‹Celui qui vient›, ou devons-nous en attendre un autre ? »
4 Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : 21 À ce moment-là Jésus guérit beaucoup de gens de maladies, d’infirmités et d’esprits mauvais et il donna la vue à beaucoup d’aveugles. 22 Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu :
5 les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent es aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent,
et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres,
6 et heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » 23 et heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi. »

.


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