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La mission du jésuite François-Xavier (1506-1552) au Japon - 2 - Sa vision des "bonzes"

vendredi 16 mai 2014 par Phap

La mission du jésuite François-Xavier (1506-1552) au Japon - 1 - Le contexte
La mission du jésuite François-Xavier (1506-1552) au Japon - 2 - Sa vision des "bonzes"
La mission du jésuite François-Xavier (1506-1552) au Japon - 3 - Ce que François-Xavier ne savait pas
La mission du jésuite François-Xavier (1506-1552) au Japon - 4 - Le dialogue inter-religieux depuis Vatican II
La mission du jésuite François-Xavier (1506-1552) au Japon - 5 - Conclusion sur l’art de la rencontre


Table des matières

1. Ce que François-Xavier sait des « bonzes » avant d’arriver au Japon

2. Ce que François-Xavier découvre au Japon sur les « bonzes »



1. Ce que François-Xavier sait des « bonzes » avant d’arriver au Japon


1.a) Ce que François-Xavier sait de ses informateurs

[1.] Avant même d’arriver au Japon, François-Xavier a déjà une certaine connaissance des « bonzes » et de leurs traditions. Il tient ses informations d’abord du capitaine Jorge Alvares, qui lui a appris entre autres [1] :

  • que les bonzes vivent dans des « maisons de dévotion » où ils étudient des écritures chinoises (ils savent lire le chinois mais non le parler, remarque Jorge Alvares, qui connaît aussi la Chine – p.171)
  • qu’ils utilisent des instruments de musique chinois pour leurs rites et leurs offices (p.170)
  • que les femmes leur sont interdites sous peine de mort (p.170)
  • que ces bonzes « pratiquent la sodomie avec les garçons qu’ils enseignent, et ce n’est pas tenu pour répréhensible [2] » (p. 170)
  • que le régime des bonzes est végétarien (p.170)
  • qu’ils diffèrent par l’habit, gris ou noir (p. 171)
  • qu’ils honorent des « idoles » qui ressemblent aux statues des saints chrétiens (p.171)

[2.] Jorge Alvares fait remarquer que ces bonzes « sont des gens très curieux de savoir ce que nous adorons, ils apprécient nos images, qu’ils mettent sur leur front et montrent ainsi qu’ils désirent venir dans notre pays ». (p.171).

[3.] François-Xavier tient aussi une autre source d’information en la personne du japonais Anjirô, qu’il a rencontré à Malacca avec Jorge Alvares en 1547-1548, et qui parle « assez bien » le portugais (cf. lettre 59 du 20 I 1548). Anjirô sera baptisé au Collège Sainte Foi de Goa, et il recevra le nom de « Paul de Sainte Foi ». Il accompagnera François-Xavier dans sa mission au Japon : les missionnaires seront reçus dans la famille d’Anjirô à Kagoshima.

Dans sa lettre 70 du 12 I 1549, François-Xavier dit tenir de Paul :
que les Japonais vivent selon une « Loi » provenant du « Tenjku  [3] », Loi qui n’est ni celle des Juifs ni celle des « Maures » ;
que cette Loi est enseignée dans de grandes universités.

[4.] François-Xavier forme le projet d’aller dans les universités du Japon, afin de connaître les Écritures de la Loi japonaise. Il sait qu’il ne peut pas compter sur Paul - Anjirô, « car c’est un homme sans instruction, étant donné qu’il n’a jamais pu toucher aux volumes des Écritures du Japon, qui sont, de la même façon que chez nous les livres écrits en latin, écrits en une langue pour ainsi dire étrangère [4] ».

La langue étrangère dont il s’agit est le chinois, comme l’a bien vu Jorge Alvares : les idéogrammes ont beau être communs à la Chine et au Japon, le japonais fonctionne avec une syntaxe différente, ce qui fait que la lecture d’un texte bouddhiste chinois demande des efforts à un japonais.

[5.] François-Xavier découvrira que non seulement Paul ne connaît pas les Écritures, mais que ses connaissances sont aussi très approximatives : Paul est à l’origine de la traduction initiale de Dieu par Dai nichi 大日 ("grand soleil"), si l’on en croit l’ « information » de Nicolas Lanzillotto rédigée en 1548 [5] : ce qu’a dit Anjirô à Lanzillotto, il a dû aussi le dire à François-Xavier, même si on n’en trouve pas trace dans ses lettres avant son arrivée au Japon [6].

Voilà pourquoi François-Xavier proclamera aux japonais qu’il vient prêcher Dainichi – jusqu’au moment où il se rendra compte qu’il emprunte là un vocable propre à une des écoles bouddhistes appelée Shingon, fondée en 806 par Kûkai à son retour de Chine.
Dans cette école, Dainichi désigne l’un des Bouddhas appelé Vairocana, conçu dans le Shingon comme le Bouddha suprême. François-Xavier traduira alors « Dieu » par sa transcription phonétique en Japonais – De-u-su  -, provoquant alors la moquerie de ses adversaires qui feindront d’entendre Dai uso 大 嘘 (« grand mensonge ») [7].


1.b) Ce que François-Xavier sait déjà par lui-même

[6.] François-Xavier donne son intention : il s’agit pour lui de se confronter à la Loi et aux érudits, aux clercs du Japon. Il faut parler ici d’une confrontation, au sens où, pour François-Xavier, il s’agit d’aller affronter dans les « centres d’études » non seulement les infidèles, mais aussi les démons.
François-Xavier prononce une sentence sans appel :

« celui qui ne connaît ni Dieu ni Jésus-Christ, que peut-il savoir ? » [8]

François-Xavier hérite d’une attitude qui remonte à saint Augustin et, plus haut encore, à Paul, Paul reprenant lui-même l’attitude polémique juive contre la culture grecque : tout savoir qui n’est pas référé à Dieu est vain. Pire même, il est mauvais en ce qu’il fait obstacle à la vraie connaissance de Dieu, puisqu’il enfle d’orgueil la créature, et qu’il l’empêche ainsi de rendre le culte qui revient à son créateur.

En prenant une telle attitude, François-Xavier balaye d’un revers de main des siècles d’études et de réflexions bouddhistes, mais le suspecte-t-il ? Et le suspecterait-il, on voit mal comment cela aurait pu changer son appréciation.

[7.] La rencontre avec les « bonzes » part d’un principe où il s’agit d’apprendre aux bonzes une connaissance vitale (l’enjeu n’est rien moins que le salut des âmes), à savoir la connaissance du Dieu créateur et de son fils Jésus Christ, d’après la citation précédente. La rencontre a donc un caractère dissymétrique : les « bonzes » ne connaissent pas la Vérité, partant leurs vérités sont des savoirs vains, et même faux ; François-Xavier et les missionnaires chrétiens connaissent la Vérité, et ils ont le devoir de la faire connaître aux « bonzes ».

[8.] Plus loin, François-Xavier montre que la dimension christologique (la manifestation de Jésus Christ) est subordonnée à un théocentrisme (la glorification de Dieu d’abord perçu comme Dieu créateur) : il déclare en effet :

« Grande est la consolation que nous éprouvons en voyant que notre Seigneur voit les intentions, les désirs et les buts avec lesquels nous partons pour le Japon. Étant donné que notre départ a seulement pour fin que les images de Dieu connaissent le Créateur , que le Créateur soit glorifié par ses créatures qu’il créa à son image et à sa ressemblance et que les limites de la sainte Mère Église se dilatent, nous partons très confiants dans le succès de notre voyage [9]. »

Il s’agit pour François-Xavier d’établir la reconnaissance par les créatures humaines de leur Créateur, reconnaissance qui les amènent à le glorifier, comme l’image rend l’hommage à celui dont elle est l’image. Cette glorification, ce culte véritable au Dieu véritable, se fait à l’intérieur de l’Église, dont l’Église catholique romaine est la manifestation visible.

[9.] La perspective sotériologique et christologique est introduite par la troisième fin (« que les limites de la sainte Mère Église se dilatent »), en tant que l’Église médiatise le salut en Jésus Christ : pour François-Xavier, il est hors de doute que « extra ecclesiam, nullus salus est  », « hors de l’Église point de salut », selon la formule de saint Cyprien.
Et l’appartenance à l’Église invisible, seul lieu du salut, passe par l’appartenance à l’Église visible : il faut avoir reçu le baptême.

Le développement sur le salut des ancêtres morts permet de vérifier que telle est bien la pensée de François-Xavier. On peut d’ors et déjà rappeler que, pour François-Xavier, le païen va en enfer, et l’on ne peut plus rien pour lui :

Le « Pirate » [le surnom du Chinois qui a amené François-Xavier au Japon] est mort ici, à Kagoshima il a été bon envers nous pendant tout le voyage et nous, nous ne pouvons pas être bons envers lui, car il est mort dans son infidélité et nous ne pouvons plus être bons envers lui en le recommandant à Dieu, car son âme doit se trouver en enfer [10].

[10.] Pour François-Xavier, l’infidélité ne semble pas être seulement une ignorance par défaut, l’infidèle étant celui qui ignorerait la révélation divine sans qu’il y ait faute de sa part : elle est une volonté de ne pas (re)connaître Dieu, et elle est sanctionnée en tant que faute par la condamnation divine.
On peut remarquer que, sans doute, le Chinois avait entendu la prédication de François-Xavier, et qu’il avait persévéré dans l’adoration de ses idoles : son infidélité peut sembler volontaire. Mais peut-on dire la même chose pour ceux qui sont morts « dans leur infidélité » sans avoir pu entendre la prédication du Christ de leur vivant ? En quoi les Japonais qui sont morts avant la venue de François-Xavier seraient-ils coupables de leur ignorance ? Nous traiterons de ce point plus bas.


2. Ce que François-Xavier découvre au Japon sur les « bonzes »


2.a) Des doctrines inspirées par les démons

[11.] Une fois débarqué au Japon, François-Xavier découvre que la Loi de Tenjiku se compose en fait de récits venus de Chine (ce qui n’exclut pas que leur origine soit Tenjicu, la Chine ayant joué le rôle de relais intermédiaire entre l’Inde / Tenjiku et le Japon) ; François-Xavier découvre que ces récits ont été écrits par deux hommes qui vivaient comme des « philosophes [11] ». Ils ont pour nom « Shaka et Amida » [12]. Ces deux hommes ont fait des « pénitences » de plusieurs millénaires, afin de sauver ceux qui ne se repentaient pas de leurs péchés, dit François-Xavier [13].

« Ces sectes soutiennent seulement que les hommes qui les ont fondées furent des hommes qui accomplirent de grandes pénitences, c’est-à-dire des pénitences de mille, de deux mille et de trois mille ans , et que s’ils firent de pareilles pénitences, c’était parce qu’ils prenaient en considération la perdition de beaucoup de gens qui ne faisaient aucune pénitence de leurs péchés. S’ils avaient accompli tant de pénitences, c’était pour ceux-ci , afin qu’il leur reste quelque remède . »

[12.] Et François-Xavier de s’interroger sur des philosophes qui peuvent avoir une activité sur plusieurs millénaires : quel type d’homme peuvent-ils être ? Sa conclusion est sans appel :

Je tâchai de savoir si ces Amida et Shaka avaient été des hommes adonnés à la philosophie. Je demandai aux Chrétiens de traduire fidèlement leurs vies. J’appris par ce qui est écrit dans leurs livres que ce ne sont pas des hommes, parce qu’ils y ont écrit que ceux-ci ont vécu mille ans et deux mille ans et que Shaka est né huit mille fois, ainsi que beaucoup d’autres impossibilités, si bien qu’ils n’ont point été des hommes, mais de pures inventions des démons [14],

[13.] Pour François-Xavier, il est évident que celui qui ne connaît pas Dieu et son Fils rédempteur ne peut être que sous la coupe du démon : le culte qu’il rend aux « idoles » ne s’adresse pas à Dieu mais au démon qui usurpe l’identité de Dieu. Ainsi, les « pauvres désirs » de François-Xavier portent sur les « malheureux Japonais », prisonniers du démon depuis 1 500 ans :

« ... nos pauvres désirs, qui sont de délivrer les âmes qui vivent captives de Lucifer depuis plus de mille cinq cents ans, ce dernier se faisant adorer par elles comme Dieu sur la terre. En effet, il n’a pas été assez puissant pour y parvenir dans le Ciel et c’est pourquoi il s’en venge autant qu’il le peut sur bien des hommes, et aussi sur ces malheureux Japonais. [15] »

[14.] Les 1 500 ans renvoient à la période écoulée entre la venue du Christ et le moment où il est annoncé par François-Xavier au Japon. Ils sont à distinguer de la période qui va de la création du monde à la venue du Christ, en ce qu’avant la venue du Christ, il n’était pas possible à aucun homme d’être sauvé, tandis que, depuis la venue du Christ, le salut est devenu une possibilité.

[15.] La théologie chrétienne classique attribuait cependant un destin particulier au peuple d’Israël et à ses patriarches : ces derniers attendaient dans un lieu spécial des Enfers (considérés comme le séjour des morts, où l’on est dans la privation de la vision béatifique de Dieu) la venue du Christ, dont ils avaient la révélation prophétique de leur vivant ; lors de sa descente aux Enfers, le Christ les libère de ce lieu.
Dans ce lieu spécial des Enfers, les condamnés ne souffraient pas de la « peine des sens », et leur séjour y était provisoire. François-Xavier n’y met pas Shaka et Amida, qui sont des démons et qui méritent l’enfer le plus bas. Y mettait-il les « malheureux japonais » morts avant l’arrivée de François-Xavier ? Nous débattrons de ce point plus bas.

[16.] Pour François-Xavier, les sectateurs de Shaka et Amida, les bonzes et bonzesses, sont condamnés, comme le montre leur comportement sexuel, qui résulte de leur incapacité à reconnaître Dieu :

Quant à moi, je ne m’étonne point des péchés qu’il y a chez les bonzes et chez les bonzesses, bien qu’ils soient une grande quantité en effet, des gens qui s’abstiennent d’adorer Dieu pour adorer le démon en le considérant comme leur seigneur, ne peuvent manquer de commettre d’énormes péchés [à savoir nommément la sodomie et l’avortement]. Je m’étonne plutôt de ce qu’ils n’en fassent pas davantage qu’ils n’en font. [16]

L’infidélité apparaît ici comme une faute volontaire des bonzes et bonzesses :

  • d’une part, ils pêchent par omission lorsqu’ils « s’abstiennent » d’adorer Dieu – c’est une décision personnelle de leur part - ;
  • d’autre part, ils pêchent par action en adorant le démon et en se soumettant à lui – le démon ayant ici le nom de Shaka ou d’Amida, selon le fondateur que s’est choisi la secte.

[17.] En attribuant l’immoralité sexuelle des bonzes et bonzesses à leur infidélité, François-Xavier ne fait que reprendre la théologie courante à son époque, et qui s’est développée à partir de l’épître aux Romains de Paul :

Ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, adoré et servi la créature au lieu du Créateur qui est béni éternellement. Amen. C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions avilissantes : leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature ; les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l’infamie d’homme à homme et recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement. [17].

François-Xavier reprend donc un topos théologique, qu’il applique à la réalité des bonzes et bonzesses du Japon. Aussi peut-il dire qu’il ne « s’étonne point » : le comportement des bonzes et bonzesses était prévisible selon la grille de lecture qu’il a reçue dans les Universités chrétiennes.


2.b) Pas de salut en dehors de l’Église catholique

[18.] Encore faut-il demander à François-Xavier comment les bonzes et bonzesses peuvent choisir de ne pas adorer Dieu, s’ils l’ignorent.
La réponse est elle aussi un topos, celui de la Loi naturelle : tout homme, parce qu’il est formé à l’image et ressemblance de Dieu, connaît Dieu à travers les lois (morales) que celui-ci a inscrit dans son cœur dès sa naissance.
Nous retrouvons ce topos chez François-Xavier quand il doit répondre à l’angoisse des Japonais attirés par le christianisme. Citons longuement François-Xavier, car il illustre une problématique qui se reposera aux missionnaires jésuites en Chine, celui du salut des ancêtres.

[19.]

« 23. avant de recevoir le baptême, ces gens de Yamaguchi éprouvèrent de grands doutes à propos de la suprême bonté de Dieu et ils disaient qu’il n’est pas miséricordieux, puisqu’il ne s’est pas manifesté plus tôt à eux, avant que nous ne vinssions là-bas. s’il est vrai (comme nous le disions) que tous ceux qui n’adorent pas Dieu vont en enfer, Dieu, disaient-ils , n’a pas eu pitié de leurs ancêtres car il les a laissés aller en enfer , sans leur donner la moindre connaissance de lui-même.

24. Tel fut l’un des grands doutes qu’ils objectèrent à l’adoration de Dieu. Mais il plut à Notre Seigneur de les rendre capables de la vérité et de les délivrer du doute dans lequel ils se trouvaient. Nous leur apportâmes la raison grâce à laquelle nous leur prouvâmes que la Loi de Dieu est la première de toutes , en leur disant ceci :
avant que les Lois de la Chine ne parvinssent au Japon, les Japonais savaient que tuer, voler, porter de faux témoignages et agir contre les dix commandements était mal, ils éprouvaient déjà des remords de conscience, en signe du mal commis, car s’éloigner du mal et faire le bien étaient des choses inscrites dans les cœurs des hommes. Ainsi , les gens connaissaient donc les commandements de Dieu, sans que personne d’autre ne les leur eût enseignés, si ce n’est le Créateur de tous les gens .

25. S’ils avaient quelque doute à ce sujet, ils pouvaient faire cette expérience : prendre un homme qui a grandi dans les bois, n’a aucune connaissance des Lois venues de Chine et ne sait ni lire ni écrire. Qu’ils demandent donc à cet homme qui a grandi dans la brousse si tuer, voler ou agir contre les dix commandements est un péché ou non, si c’est un bien ou non de les observer. Par la réponse que celui-ci donnerait, aussi barbare qu’il puisse être et bien que personne ne l’ait instruit, ils verraient clairement que cet homme connaît la Loi de Dieu . Qui donc lui a enseigné le bien et le mai, si ce n’est Dieu qui l’a créé ? Et s’il existe chez les barbares une telle connaissance, qu’en sera-t-il chez les gens doués de sagesse ? Ainsi donc, avant même qu’il existât une loi écrite, la Loi de Dieu était inscrite dans les cœurs des hommes . Ce raisonnement leur plut tellement à eux tous qu’ils en furent très satisfaits. Les avoir tirés de ce doute les aida beaucoup à devenir chrétiens . [18]

[20.] La question est celle du salut des ancêtres. Elle a certes un rapport indirect à notre sujet. Nous la reprenons ici parce que la réponse de François-Xavier rejoint directement notre sujet. François-Xavier répond que la Loi de Dieu (sous la forme des dix commandements) est inscrite dans le cœur de tout homme dès sa naissance, et indépendamment de sa culture (cf. l’exemple de François-Xavier de l’homme « grandi dans la brousse ») ; par conséquent, la Loi de Dieu est antérieure à toute Loi, y compris « les Lois de la Chine » qui sont parvenues au Japon, c’est-à-dire les Lois de Shaka et Amida.

Cette antériorité chronologique découle d’une antériorité ontologique : la Loi de Dieu est antérieure à toute Loi parce que Dieu est le Dieu créateur : c’est parce qu’il est le Dieu créateur des hommes que chaque homme créé par lui porte inscrit dans son cœur dès sa naissance, et même dès sa conception, la Loi de Dieu.

[21.] François-Xavier dit que sa réponse réjouit les aspirants au baptême, en levant leur doute : ils sont rassurés sur la bonté de Dieu : leurs ancêtres n’étaient pas jugés injustement par Dieu, puisqu’ils avaient « naturellement » la connaissance des dix commandements, autrement dit ils pouvaient choisir de faire le bien ou de faire le mal, envers leur prochain et envers Dieu, même avant que le Christ soit proclamé.
Et Brodrick de se réjouir lui aussi de la réponse de François-Xavier [19].

Plus tard, en Chine, Matteo espèrera [22] que Confucius sera sauvé ; mais il sera critiqué pour cela, et les missionnaires de Macao « ne se gênaient pas pour proclamer que tous les Saints du confucianisme, Yao, Shun, Yu, le roi Wen et Confucius lui-même étaient des diables » [20].
Concernant Shaka et Amida, Matteo rejoignait cependant la position de François-Xavier et faisait d’eux des diables.

[22.] Cela dit, il convient de ne pas se réjouir trop vite.
François-Xavier dit que les ancêtres japonais ont la connaissance des commandements divins, et donc qu’ils peuvent y obéir dans la mesure où leur intelligence est « naturellement » éclairée par cette Loi de Dieu immanente. Mais peuvent-ils y obéir, au sens où leur volonté les porterait à choisir le bien et à rejeter le mal ?
Ou bien faut-il considérer que depuis la faute d’Adam, la nature humaine est corrompue, qu’il n’est plus possible à l’homme d’obéir aux commandements naturels, et que, d’une manière ou d’une autre, à un moment ou un autre, l’homme pêchera, et même « mortellement », c’est-à-dire de façon à « mériter » l’enfer ?
A suivre cette hypothèse de l’universelle incapacité à faire la volonté de Dieu [21], il faut bien conclure alors que tous les ancêtres des Japonais sont en enfer – et que l’on n’y peut rien.

[23.] Est-ce la pensée de François-Xavier ? Il ne le dit pas explicitement, donc cela reste affaire d’interprétation. On peut adopter l’interprétation pessimiste si on pousse l’affirmation de François-Xavier dans sa conclusion logique : François-Xavier affirme soupirer après la libération des « âmes qui vivent captives de Lucifer depuis plus de mille cinq cents ans, ce dernier se faisant adorer par elles comme Dieu sur la terre [22] » ; cela signifie que les ancêtres ont adoré Lucifer et non Dieu, et qu’ils ont eu le comportement qui en découle, comportement condamnable de jure et condamné de facto par Dieu ; leurs « âmes » se trouvent donc en enfer, et on ne peut plus rien pour eux, de même que François-Xavier ne pouvait plus rien pour le « Pirate ».

[24.] Pour finir sur ce sujet, signalons simplement que, si François-Xavier a réconforté les aspirants au baptême, plus loin dans la même lettre, il fera pleurer les baptisés en leur disant que, pour les ancêtres damnés – mais le sont-ils tous ? – on ne peut plus rien [23].


2.c) Vérité ici, erreur et mensonge là

[25.] Lois venues de Chine qui sont inspirées par les démons, adorateurs de Shaka et d’Amida qui adorent en fait des démons, telle est l’opinion de François-Xavier sur les sectes des « bonzes » et « bonzesses ».
Par opposition, François-Xavier perçoit sa propre doctrine comme inspirée par Dieu, et comme libératrice des démons. François-Xavier résume sa perception en termes d’opposition entre vérité et fausseté, la vérité se trouvant tout entière de son côté, tandis que la fausseté – François-Xavier parlera aussi de « mensonges » [24] – se trouve du côté des Lois venues de Chine.

Pour François-Xavier, il suffit de réfléchir, d’utiliser la raison, pour s’apercevoir que les lois du Japon sont fausses. Il cite pour preuve l’exemple d’un érudit japonais de Yamaguchi qui, avant même que François-Xavier prêche, avait quitté l’état de bonze « parce qu’il a jugé que les Lois du Japon ne sont pas vraies ; c’est pour cela qu’il n’y croyait pas et que lui, il a toujours adoré celui qui a créé le monde [25] ».

L’argument rationnel décisif est celui du Dieu créateur, dont les « Lois du Japon » ne parlent pas.
Pour les Japonais qui ont entendu la prédication de François-Xavier, à eux qui sont, aux yeux de François-Xavier, les hommes les plus raisonnables du monde, il est évident que « la Loi de Dieu est vraie et que leurs Lois sont fausses » [26] : s’ils ne se convertissent pas, dit François-Xavier, c’est par peur de leur daimyô.
Un peu plus loin, François-Xavier fera même reconnaître par les « prêtres japonais » et les « nonnes » que « les lois des saints [Shaka et Amida, qui sont en fait pour François-Xavier des démons], auxquelles ils avaient crues, sont fausses et que la Loi de Dieu est vraie » [27].

[26.] En adoptant une position où la vérité se trouve d’un seul côté, et où tout ce qui s’est pensé et pratiqué dans les doctrines bouddhistes du Japon se trouve rangé du côté de la fausseté, il est évident que François-Xavier va vers l’affrontement avec les « bonzes ». Il le dit lui-même dès 1549 :

« Étant donné qu’eux et nous, nous avons des opinions très opposées sur la façon de sentir Dieu et sur la manière que doivent suivre les gens pour être sauvés, il ne sera pas étonnant que nous soyons très persécutés par eux, et plus qu’en paroles [28] ».

[27.] Il faut se demander quelles sont les « opinions très opposées » dont parle François-Xavier. Il nous semble qu’on les trouve dans le programme de prédication de François-Xavier, celui qu’il a fait traduire à grand peine à Kagoshima, « la ville de Paul », pendant un an,

« à savoir : la création du monde , expliquée avec toute la .brièveté possible ainsi que ce qui est nécessaire pour qu’ils puissent savoir qu’il y a un Créateur de toutes les choses, ce dont ils n’avaient aucune connaissance, et d’autres choses nécessaires en outre, jusqu’à en venir à l’incarnation du Christ, et traitant de la vie du Christ à travers tous ses mystères jusqu’à l’Ascension, ainsi qu’une explication du Jour du Jugement [29] ».

[28. François-Xavier expose donc l’histoire du monde vue entièrement comme une histoire progressive du salut, allant du commencement (la création du monde par le Dieu unique, suivie de la faute d’Adam) jusqu’à la fin à venir (lors du Jour du Jugement qui est le jour de la rétribution finale, lorsque chacun ressuscitera soit pour la condamnation soit pour la glorification). Entre ce début et cette fin se trouve l’évènement de la vie, mort et résurrection du Christ, évènement par lequel Dieu donne sa grâce à l’homme pécheur qui confesse son Fils Christ et Seigneur [30].

[29.] François-Xavier fait remarquer que les Japonais ignoraient l’existence du Dieu créateur, mais il ne dit pas cela de la venue du Christ, ni du Jour du Jugement.
Les Japonais auraient donc eu une certaine connaissance de la venue du Christ, et du Jour du Jugement ? Les Shaka, Amida et autres fondateurs de sectes auraient jouer un rôle de sauveur analogue à celui du Christ, et les enfers et paradis de ces sectes auraient un rapport avec les destinations finales du Jour du Jugement ? Nous allons revenir sur ces points.

[30.] François-Xavier a mentionné uniquement la révélation du Dieu créateur comme connaissance entièrement nouvelle. En effet, c’est celle-là qui choque le plus ses auditeurs, habitués à la conception chinoise et indienne d’un cosmos sans commencement.

... les Japonais ne possèdent, d’après les récits de leurs sectes, aucune connaissance de la création du monde, soleil, lune, étoiles, terre et mer, ainsi que de toutes les autres choses... Il leur semble que tout cela n’a point de commencement . Ce qui les impressionnait le plus, ce fut de nous entendre dire que les âmes ont un Créateur qui les a créées. 19. C’est de cela qu’en général ils s’étonnaient beaucoup, à savoir que puisque, dans le récit de leurs saints, on ne mentionnait pas ce Créateur, il ne pouvait y avoir de Créateur de toutes les choses.

Nous retrouvons là l’opposition connue entre la conception juive et chrétienne d’un temps linéaire, avec un début et une fin absolus, et la conception asiatique d’un temps cyclique constitué d’une répétition à l’infini de cycles de contraction et d’expansion.

[31.] François-Xavier ne semble pas faire de différences entre les enfers et paradis des sectes du Japon, et leur pendant en christianisme, ce qui explique sans doute qu’il ne mentionne pas le Jour du Jugement comme une entière nouveauté pour les Japonais :

« Aucune de ces neuf sectes ne parle de la création du monde ni de celle des âmes .
Ils [sic] disent tous qu’il y a un enfer et un Paradis et cependant aucune secte n’explique ce qu’est donc le Paradis et encore moins ne dit quelle est l’ordonnance ou la sentence en vertu de laquelle les âmes vont en enfer » [31].

[32. François-Xavier en déduit la supériorité de la Loi qu’il proclame, en terme de rationalité : à la différence des sectes qui en sont incapables, sa Loi peut « expliquer » la création du monde ; elle peut aussi « expliquer » le processus d’aiguillage soit vers le Paradis soit vers l’Enfer.

[33.] François-Xavier retrouve dans les personnages des « saints » (au dire des Japonais, et non de François-Xavier), fondateurs des sectes, la notion chrétienne (et juive) d’un personnage identifié comme un sauveur qui vient sauver les hommes menacés de l’enfer. Nous avons déjà vu que Shaka et Amida ont enduré des siècles de pénitence afin de laisser un « remède » aux hommes impénitents [32]. D’après François-Xavier, les bonzes promettent que celui qui croit en tel fondateur (Amida ou Shaka) sera délivré des enfers par ce fondateur, quels que soient les péchés qu’il a commis par ailleurs :

Dans toutes leurs prédications [les bonzes, ces « sortes de prêtres »], le point principal abordé est que les gens ne doivent avoir de doutes sur aucun sujet même s’ils ont commis de nombreux péchés et même s’ils en commettent encore, ce saint fondateur de la Loi qu’ils ont choisie les délivrera de l’enfer , s’ils y vont, à la condition que les bonzes prient pour eux, étant donné qu’ils observent les cinq commandements. [33]

[34.] L’analogie avec le Christ a dû sembler évidente à François-Xavier : il s’agit à chaque fois d’un personnage dont la vie, marquée de « pénitences », a été voulue et vécue « pour les pécheurs », afin qu’ils échappent aux enfers. Au « pécheur », il est demandé de croire en ce personnage : sans la « foi », on ne peut être sauvé.
Il y a bien sûr des différences qui font que le rapport d’analogie n’est pas un rapport d’identité. La plus considérable pour François-Xavier est bien entendu que ces « saints », Shaka et Amida, sont des « pseudo-saints » - faux saints mais vrais démons.

[35.] François-Xavier analyse la façon dont les « bonzes » tirent profit du « remède » mérité par les millénaires de pénitence des saints fondateurs : les bonzes se posent en intermédiaires entre le « remède » des « saints » et les laïcs, intermédiaires qualifiés par leur observance des cinq commandements, et qu’il convient de rémunérer. Malheur donc au pauvre qui ne peut pas faire d’aumônes, dit François-Xavier !

Les « bonzes » ajoutent un deuxième ressort au « business model » que leur attribue François-Xavier : ils promettent de prendre sur eux le châtiment mérité par les « laïcs », toujours sous réserve de dons en échange :

En expliquant au peuple la doctrine de leurs sectes, les bonzes et les bonzesses ont persuadé les gens qu’ils ne pouvaient pas observer ces cinq commandements, car ils sont des hommes qui fréquentent le monde et qu’ils ne pourraient pas les observer.
10. C’est pourquoi, eux, ils ont voulu prendre sur eux-mêmes le mal qui leur adviendrait du fait de l’inobservance de ces cinq commandements, à la condition que le peuple leur donne des maisons et des monastères , des rentes et de l’argent pour leurs besoins , et surtout à la condition que les gens les respectent et les honorent beaucoup. S’ils faisaient cela, eux, ils observeraient les commandements à leur place [34].

[36.] Là encore, il y a des analogies qui ont dû frapper François-Xavier : on a affaire à une société étagée entre les « laïcs » et les « religieux » ; on trouve en jeu l’idée de la substitution d’une personne à une autre lors de l’exécution d’un châtiment. Les effets financiers d’une telle doctrine se retrouvent aussi par analogie dans les ventes d’indulgences en Chrétienté.

[37.] L’opposition devient ici mortelle : en effet, si les bonzes tirent leur revenu de la haute opinion que les laïcs ont d’eux, et que cette haute opinion n’est pas justifiée, cela veut dire que les bonzes mentent et la proclamation de la vérité entraînera leur ruine économique.
Nous ne sommes plus ici seulement dans le domaine des idées mais dans celui de l’argent. Et de fait, dit François-Xavier, la ruine des monastères est déjà annoncée, et déjà des bonzes reconnaissent qu’ils n’ont pas le pouvoir de retirer les hommes des enfers [35].

[38.] François-Xavier tient alors un propos surprenant :

« C’est sur l’enfer que portèrent tous les désaccords entre les bonzes et nous ; il me semble que nous tarderons à être amis [à lire sans doute en un sens ironique] ».

Il ne me semble pas qu’il faille lire cela uniquement dans l’optique du « business model  » attribué aux sectateurs de Shaka et Amida. L’incompréhension est plus profonde que cela, elle tient à des règles du jeu conceptuelles qui fonctionnent différemment en bouddhisme et en christianisme. (à suivre..)


© esperer-isshoni.fr, avril 2007
© esperer-isshoni.info, mai 2014

[1Les pages de ce paragraphe renvoient au livre : Frois Luis, Traité de Luis Frois, s.j. (1585) sur les contradictions de moeurs entre Européens et Japonais, premières informations sur le Japon de Jorge Alvares & Nicolas Lanzillotto, traduit par X. de Castro et R. Schrimpf, présenté par J. Manuel Garcia, Éditions Chandeigne, 1993

[2François-Xavier reviendra à plusieurs reprises dans ses lettres sur ce point. Il semble que ce fait soit effectivement avéré dans l’histoire des monastères bouddhistes au Japon – cf. l’article « l’homosexualité, ni prohibée ni exhibée » de Philippe Pons, dans L’état du Japon, collectif sous la direction de J.F. Sabouret, La Découverte, 1995, p. 148 : « L’homosexualité a inspiré une abondante littérature. L’un des grands genres fut les chigo monogatari ou « récits de chigo »稚児物語 – jeunes garçons âgés de sept à quatorze ans confiés à un temple pour servir les moines et étudier ».

[3c’est-à-dire l’Inde, où François-Xavier se trouvait justement : le bouddhisme ne s’est pas maintenu en Inde, mais il a prospéré dans sa variante sinisée au Japon : François-Xavier ne pouvait pas savoir qu’il se tenait dans le pays d’origine de la Loi du Japon.

[4Saint François-Xavier, Correspondance 1535-1552, Lettres et documents, traduction intégrale, présentation, notes et index de Hugues Didier, Christus, Desclée de Brouwer Bellarmin, 1987, Ep. 72 du 14.I.1549, p. 258

[5Voir Frois Luis, Traité de Luis Frois, s.j. (1585) sur les contradictions de moeurs entre Européens et Japonais, premières informations sur le Japon de Jorge Alvares & Nicolas Lanzillotto, traduit par X. de Castro et R. Schrimpf, présenté par J. Manuel Garcia, Éditions Chandeigne, 1993 , p. 176.
Voir aussi sur le sujet : J. Brodrick s.j., Saint François Xavier (1506-1552), Traduit par J. Boulangé s.j. et Ch. Lambotte s.j., Spes, Paris, 1954p. 386-387, 392-395

[6Pour cet épisode du Dainichi, cf. note 57 de Schurhammer, Ép.96 du 29.I.1552, p. 266 : «  Xaverius a Paulo Anjirô in errorem inductus, nomen Dainichi pro Deo elegerat. Cum autem bonzii sectae Shingon religionem missionariorum suam esse Yamaguchii spargerent, Xaverius stupefactus in sacris buddhistarum libris requiri iussit. »

[7Cf. Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 374 § 33.

[8Didier, Ep. 85 du 22.VI.1549 p.312 §9

[9Didier, Ep. 85 du 22.VI.1549, p.313 §11

[10Didier, Ép. 94 du 5.XI.1549 p.373 §8
Voir la mise au point de Brodrick au propos de François-Xavier sur le « Pirate » dans J. Brodrick s.j., Saint François Xavier (1506-1552), Traduit par J. Boulangé s.j. et Ch. Lambotte s.j., Spes, Paris, 1954 p. 386-387p.353

[11Didier, ep.90 du 5.XI.1549, p.330-331 §15

[12Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p.362 §5 ; Ép. 96 du 29.I.1552, p.373 §29

[13Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 362.§7

[14Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 373 .§30].

Entre la lettre 90 du 5.XI.1549 et la lettre 96 du 29.I.1552, François-Xavier a abouti à la conclusion que les fondateurs des sectes bouddhistes (François-Xavier en ignore le terme) ne sont pas des hommes qui auraient vécu en philosophes : Amida et Shaka sont les inventions des démons, et même, dira François-Xavier, ce sont des démons :

Pour l’amour de Notre Seigneur, et pour son service, je prie tous ceux qui liront cette lettre de prier Dieu de nous donner la victoire sur ces deux démons, Shaka et Amida, et sur tous les autres [[ Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 373 .§31

[15Didier, Ép. 90 du 5.XI.1549, p 345 .§52

[16Didier, Ép. 96 du 29.I.1552,.p 372-373 § 28

[17Rom 1,25-27 dans la traduction de la T.O.B.

[18Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 370-371 .§23-25

[19J. Brodrick s.j., Saint François Xavier (1506-1552), Traduit par J. Boulangé s.j. et Ch. Lambotte s.j., Spes, Paris, 1954 p. 433

[20Gernet, Chine et Christianisme, Action et réaction, NRF, Éditions Gallimard, 1982. p. 238

[21thèse que Paul soutiendra comme conséquence de l’affirmation du salut universel en Jésus Christ, même si l’ordre de l’exposition peut faire croire que la faillibilité universelle est le donné primordial que le salut en Christ viendrait « corriger » :

« 22 C’est la justice de Dieu par la foi en Jésus Christ pour tous ceux qui croient, car il n’y a pas de différence : 23 tous ont péché, sont privés de la gloire de Dieu, 24 mais sont gratuitement justifiés par sa grâce, en vertu de la délivrance accomplie en Jésus Christ ». (Rom 3,22-24 dans la traduction de la T.O.B.)

Voir aussi :

« Voilà pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a atteint tous les hommes : d’ailleurs tous ont péché... » (Rom 5,12 dans la traduction de la T.O.B.)

[22Cf. Didier, Ép. 90 du 5.XI.1549, p 345 .§52, déjà cité plus haut

[23Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 378-379 § 48-49

[24Didier, Ép. 96 du 29.I.1552 §26 p.371

[25Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 377 § 44

[26Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 365 § 13

[27Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 368 § 16

[28Didier, Ép. 90 du 5.XI.1549, p 343 .§47

[29Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 365 § 13

[30Nous retrouvons en Chine le programme d’évangélisation de François-Xavier : « Certes, écrit-il [Ricci] en 1596, nous n’expliquons pas jusqu’à ce jour tous les mystères de notre sainte foi ; toutefois, nous avançons en en posant les fondements principaux : Dieu créateur du ciel et de la terre, l’âme immortelle, la récompense des bons et la punition des méchants, toutes choses inconnues et non crues par eux jusqu’à présent » J. Gernet, Chine et Christianisme, Action et réaction, NRF, Éditions Gallimard, 1982,p. 31

[31Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 362.§7

[32Cf. Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 362.§7

[33Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 363.§11 ; ibid. §9

[34Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 363.§9-10

[35Cf. Didier, Ép. 96 du 29.I.1552, p 372.§26


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